En 1939, Bob Kane et Bill Finger proposent la première aventure de Batman (The Case of the Chemical Syndicate) dans les pages du Detective Comics # 27. Près de 72 ans plus tard, et malgré un parcours plus que chaotique, Batman reste un personnage phare et emblématique du monde des comics. Retour sur une histoire faite d’ombres et de lumières.
Apparu en 1939 dans les pages du Detective Comics # 27, Batman surprend les lecteurs de DC Comics qui découvrent un univers d’une rare violence. Meurtres sauvages, monstres abominables et règlements de comptes impitoyables, nous sommes loin de l’image d’Épinal véhiculée par l’autre héros maison, Superman. Sombre et brutal, le personnage ne convainc pas le public qui se désintéresse du titre après seulement quelques mois.
Bob Kane décide, à contre cœur, d’en adoucir les traits tout en développant son côté humain. Pour ce faire décision est prise de lui accoler un équipier beaucoup plus jeune, dont l’innocence et la fougue permettraient de tempérer les excès du Batman et attirer sur le titre le jeune public. A l’instar de Dick Tracy, Batman se retrouve flanquer d’un compagnon qui déboule dans le Detective Comics # 38 (1940).
Issu d’une famille d’acrobates, Dick Grayson voit ses parents périrent sous ses yeux lors d’une représentation. Fou de douleur, il décide de se venger. Bruce Wayne se retrouve dans ce garçon et décide de le prendre sous son aile, lui révélant son secret. Une fois sa formation achevée, Dick enfile le costume de Robin et devient le suppléant inséparable de Batman. Malgré quelques protestations de mères effrayées par l’exemple donné par Robin, les ventes s’envolent et le titre devient un des piliers de DC Comics.
Issu d’une famille d’acrobates, Dick Grayson voit ses parents périrent sous ses yeux lors d’une représentation. Fou de douleur, il décide de se venger. Bruce Wayne se retrouve dans ce garçon et décide de le prendre sous son aile, lui révélant son secret. Une fois sa formation achevée, Dick enfile le costume de Robin et devient le suppléant inséparable de Batman. Malgré quelques protestations de mères effrayées par l’exemple donné par Robin, les ventes s’envolent et le titre devient un des piliers de DC Comics.
Ronronne de plaisirs
Si les malfaiteurs présentés dans Batman redoublent de méchanceté et de cruauté, ils n’en restent pas moins des criminels de pacotilles sans grande envergure. Pour le premier numéro de Batman (revue qui lui est exclusivement consacrée) Bob Kane et Bill Finger cherchent à créer des vilains à même de concurrencer Batman en termes de charisme. Kane lance l’idée d’un fou. Finger lui trouve un look en s’inspirant d’une photo de Conrad Veidt dans l’Homme Qui Rit (The Man Who Laughs – 1928) de Paul Leni. Jerry Robinson (proche collaborateur de Kane) propose l’image du clown des cartes à jouer. Le résultat fut baptisé « Joker ». Meurtrier insatiable, il connaît un triste sort dés sa première apparition. Mais DC Comics est tellement emballé qu’il demande à Kane de changer les dernières pages afin que le Joker puisse revenir. Par la suite, et par peur de la censure, sa folie et ses actes de barbarie seront tempérés (pour ne pas dire édulcorés), le Joker devenant une espèce de bouffon rigolard aux blagues lugubres, et ce jusqu’à ce que Neal Adams arrive sur le titre en 1967.
Toujours dans ce premier numéro apparaît The Cat. Mariée à une grosse fortune, elle perd tout le jour où son mari demande le divorce. Décidée à se venger, elle le cambriole et récupère une partie de sa fortune. C’est une révélation. En moins de temps qu’il ne faut pour dire « Miaou », elle transcende son amour des chats et se confectionne une tenue à leur image. Désormais Selina Kyle sera connue sous le nom de « The Cat » (rapidement remplacé par Catwoman). Véritable locomotive commerciale, cette bombe d’érotisme devient l’attraction principale du titre, chacune de ses apparitions entraînant une hausse significative des ventes.
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La Nef des fous
Ces super-vilains ayant remporté un franc succès, Bob Kane et Bill Finger inventent deux nouveaux affreux. C’est en fumant une cigarette de marque Kool, dont l’emblème est un pingouin, que Kane imagine Oswald Chesterfield Cobblepot alias le Pingouin. Vilain petit canard, vaniteux, grassouillet mais terriblement cruel, Bill Finger va le transcender en lui donnant cette manie des parapluies-gadgets en souvenir de son père, mort d'une pneumonie faute d'avoir pu échapper à une averse glaciale (voilà une justification comme seuls les comics osent les faire !). Cet accessoire donnera lieu à tous les délires de la part des différents auteurs en charge des scénarii de Batman : para-pistolet, para-copter, para-lysant, para-fumigène ou para-mitrailleuse ne sont que quelques exemples parmi les centaines de parapluies que possède le Pingouin. Il est apparu dans le Detective Comics # 58 (1941).
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Procureur général à la cour de Gotham, Harvey Dent est un beau gosse surnommé « l’Apollon ». Fort d’une réputation d’incorruptible, il est sur le point de terminer une affaire à l’encontre d’une des gros caïds de la ville, et ce grâce à une pièce de monnaie, lorsqu’il se fait à moitié défiguré par la pègre en représailles. Mis à l’écart de la société, rejeté par sa fiancé, il sombre dans la folie. Rayant une des faces de la pièce qui lui coûtât tant, il devient Double Face, un psychopathe prenant toutes ses décisions sur un simple Pile ou Face. Il est apparu dans le Detective Comics # 66 (1942).
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Procureur général à la cour de Gotham, Harvey Dent est un beau gosse surnommé « l’Apollon ». Fort d’une réputation d’incorruptible, il est sur le point de terminer une affaire à l’encontre d’une des gros caïds de la ville, et ce grâce à une pièce de monnaie, lorsqu’il se fait à moitié défiguré par la pègre en représailles. Mis à l’écart de la société, rejeté par sa fiancé, il sombre dans la folie. Rayant une des faces de la pièce qui lui coûtât tant, il devient Double Face, un psychopathe prenant toutes ses décisions sur un simple Pile ou Face. Il est apparu dans le Detective Comics # 66 (1942).
Au début des années 50 Bill Finger, toujours scénariste, écrit des histoires tellement étranges, qu’elles obligent les dessinateurs à faire preuve d’une réelle imagination. Une énergie qui permit à Dick Sprang d’entrer dans la mythologie en créant la Batmobile, les Batplane, le Batboat et tout un attirail estampillé « Bat quelque chose ». Mais il ne s’arrête pas là. Puisque le public semble adhérer, c’est au tour des vilains d’avoir leurs petits plus. Le Joker se retrouve au volant d’une Jokermobile, Catwoman s’envole grâce à son Catplane et le Pingouin ne se déplace plus sans son Pingboat ! De ces années technologiques, Batman conservera la majeure partie des bat-créations (laissant derrière lui les plus improbables) d’un Sprang qui grava son nom dans un coin de la Batcave.
Fin des années 50 et début des années 60, et à force de censures et d’adoucissements, Batman n’est plus que l’ombre de lui-même. Hésitants entre un comics plus adulte et une approche juvénile de son univers, les différents auteurs entament une espèce de fuite en avant motivée par l’envie d’en donner toujours plus. Si Catwoman est un personnage vendeur elle aussi une criminelle et ne peut pas être présente à chaque numéro. Après une courte période de réflexion, une conclusion s’impose : il faut créer un second personnage féminin, d’autant que certaines rumeurs laissaient entendre que Batman et Robin entretiendraient des rapports ambigus. Il n’en faut pas plus pour voir débarquer Batwoman et Batgirl. La première devient la « fiancée » de Batman, alors que la seconde tombe dans les bras de Robin. Une situation ridicule à laquelle personne n’adhère. Au milieu des années 60, les deux héroïnes sont à l’image de cette décennie qui s’achève : une période de transition alternant le meilleur (Dick Sprang) et le pire (les alter ego féminins).
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La fin des années 60 est principalement marquée par l’arrivée d’une série TV (1966). Summum du kitsch réduisant Batman à une caricature burlesque et souvent pathétique, elle remporte un franc succès public. Mais lorsqu’elle est annulée après trois saisons (1968), les fans du comics se retrouvent face à des scénarios faciles et insipides, décrédibilisant totalement le personnage. Batman est un héros déchu. Son univers, jusqu’alors lugubre et fascinant, est devenu vide et complaisant. Plus proche de l’image de playboy que de celle d’un vigilante, il arpente les rues de Paris ou de Londres, délaisse le manoir Wayne au profit d’un grand appartement en ville et semble plus proche d’un Hercule Poirot que d’une menace pour le crime.
Bat-signal
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La fin des années 60 est principalement marquée par l’arrivée d’une série TV (1966). Summum du kitsch réduisant Batman à une caricature burlesque et souvent pathétique, elle remporte un franc succès public. Mais lorsqu’elle est annulée après trois saisons (1968), les fans du comics se retrouvent face à des scénarios faciles et insipides, décrédibilisant totalement le personnage. Batman est un héros déchu. Son univers, jusqu’alors lugubre et fascinant, est devenu vide et complaisant. Plus proche de l’image de playboy que de celle d’un vigilante, il arpente les rues de Paris ou de Londres, délaisse le manoir Wayne au profit d’un grand appartement en ville et semble plus proche d’un Hercule Poirot que d’une menace pour le crime.
Bat-signal
C’est dans cet état que Neal Adams va se retrouver sur le titre en 1967. La tâche, si elle n’est pas impossible, est énorme et le moment est venu de remettre les pendules à zéro. Dés son arrivée sur le titre, il fait table rase de tout ce qui a pu se passer depuis une quinzaine d’années et s’attache à retrouver le souffle des premières aventures. Bruce Wayne réintègre sa vaste demeure et sa Batcave, tandis que Robin redevient le Boy Wonder de ses débuts. Gotham change de visage, ses bâtiments s’élèvent plus hauts, ses ruelles se font plus sombres et ses criminels plus violents. C’est ainsi que le Joker et consort deviennent des véritables machines à tuer, n’épargnants ni femmes, ni enfants. Batman lui-même change de look : ses oreilles s’allongent, sa cape claque au vent et ses apparitions sont plus « terrifiantes ». Les scénarios sont eux aussi résolument plus adultes. Le Comics Code, qui jusqu’ici veillait à ce que rien de dérangeant ne vienne troubler les jeunes lecteurs et leurs mères, commence à être plus laxiste et permissif. Ainsi, Batman sera confronté aux affres de la drogue (un sujet très en vogue) et à des affaires souvent malsaines. Si beaucoup considèrent Adams comme un sauveur, force est de constater que tout ceci ne fut pas suffisant pour relancer la carrière du justicier. Pourtant il ne ménage pas ses efforts en imposant deux nouveaux vilains : Ra’s Al Ghul et Man-bat. Le premier, vieux de trois siècles, est un manipulateur et un terroriste international. Sans aucune morale, il n’hésite pas à jeter sa propre fille dans les bras de Batman afin de le détruire. Man-bat est plus une victime qu’un réel danger. Sous ce nom quelque peu risible se cache le docteur Kirk Langstrom, spécialiste des chauves-souris, qu’une expérience malheureuse a condamné à devenir une abomination. Il trouvera un antidote mais continuera à prendre l’apparence de la bête afin planer au dessus de la ville.
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Ces deux personnages symbolisent toute cette période et l’attachement des auteurs à refaire de Batman une série profonde et mûre. Mais les comics sont en pleine expansion, la Marvel caracole en tête des ventes et Batman est un vieux personnage dont les aventures ne passionnent plus grand monde. Malgré tous les efforts déployés par le duo Adams/O’Neill, les histoires du plus « grand détective du monde » sont loin de faire l’unanimité. Batman fut un héros certes, mais un héros du passé.
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Ces deux personnages symbolisent toute cette période et l’attachement des auteurs à refaire de Batman une série profonde et mûre. Mais les comics sont en pleine expansion, la Marvel caracole en tête des ventes et Batman est un vieux personnage dont les aventures ne passionnent plus grand monde. Malgré tous les efforts déployés par le duo Adams/O’Neill, les histoires du plus « grand détective du monde » sont loin de faire l’unanimité. Batman fut un héros certes, mais un héros du passé.
1986. Il suffira d’un récit, une simple histoire pour faire de ce héros oublié de tous, un mythe immortel. DC Comics donne sa chance à un auteur phare de son concurrent Marvel, Frank Miller, découvert sur Daredevil, Elektra et Wolverine. Le résultat est immédiat et rien ne pouvait préparer le monde à ça : Batman était mort, le Dark Knight le ramène à la vie. Comment ne pas voir en cette aventure une résurrection, une révélation, une apothéose. Frank Miller réussi là où tout le monde avait échoué. Dark Knight Return nous présente un Batman âgé et seul. Ayant abandonné son rôle de justicier depuis plus de 15 ans (une durée qui n’est pas sans rappeler quelque chose), il est de nouveau seul avec son chagrin et sa douleur. Comme une bête se nourrissant de ses entrailles, l’ombre de Batman est toujours présente. Mais Bruce Wayne est un homme vieux et rouillé. La ville est tombée sous le joug de dangereux gangs et la police peine à endiguer ce flot de violence. Alors, tel le capitaine Akab pourchassant Moby Dick, Bruce cède à l’appel de la bête et se lance dans sa dernière chasse. Jamais scénario de comics n’avait été aussi bon et aussi poussif, offrant à Frank Miller la reconnaissance et à Batman une seconde jeunesse.
La mort dans l’âme
Profitant de ce retour à la vie, DC Comics lance de nombreux titres franchement plus adultes, tandis que les lecteurs (re)découvrent le travail de Neal Adams durant les années 70. Si Miller faisait de Robin une fille, la série régulière préfère redonner ce rôle à un garçon. Le problème est que plus personne n’admet que Dick Grayson puisse encore jouer le Boy Wonder ! Abandonnant Robin, il devient Nightwing, prend la tête des Teen Titans et quitte Batman. Celui-ci rencontre un nouvel équipier en la personne de Jason Todd qui devient le nouveau Robin. Ce changement majeur n’est pas du goût du public, qui n’hésite pas à le faire savoir aux dirigeants de DC. La polémique fait rage et en 1988 DC Comics soumet le sort de Jason aux votes des lecteurs. Le résultat, sans appel, condamne Robin II à mourir des mains du Joker. L’affaire, considérée comme une erreur de jugement de la part des dirigeants, marque le début d’une des périodes les plus noires du Dark Knight. Il devient plus violent et laisse libre cours à sa fureur. Un collectif d’auteurs se passent même le mot afin d’écrire des récits de plus en plus sordides : le monde découvre alors que Batman est aussi fou que les bandits qu’il pourchasse. Le public, déconcerté, ne sait plus comment prendre la série. Batman est un héros ? Un criminel ? Les deux ? Une fois encore il se détourne d’un personnage qu’il ne comprend plus.
C’est dans cette période de flottement que la Warner, qui détient DC Comics, donne son feu vert pour la production d’un film sur Batman (1989), confiant la réalisation à Tim Burton. Le succès est colossal et les bénéfices se chiffrent en milliards de dollars de part le monde. Jamais la Batmania ne fut aussi importante et le héros aussi célèbre. On s’arrache à nouveau les comics et autres produits dérivés. Batman a tout juste 50 an et il entre au panthéon des immortels. Après ce ras de marée planétaire, Batman connaît un nouvel âge d’or. Tout d’abord grâce à diverses séries animées, dont les qualités graphiques et scénaristiques en font des incontestables réussites. Trois nouveaux films verront aussi le jour, les deux derniers restants des échecs cuisants. Côté comics Batman retrouve toute sa verve. Plus d’une dizaine de séries paraissent régulièrement : Detective Comics, Shadow of the Bat, Legend of the Dark Knight, Catwoman, Robin et j’en passe. Des auteurs comme Dave McKean, Alan Moore ou Kelley Jones ont su faire évoluer le personnage, tout en conservant les acquis. Les années 90 s’imposent sans conteste comme les « années Batman »
No Man’s Land
A l’aube d’un 21ème siècle, et malgré une immense popularité, Batman n’échappe pas à la crise qui secoue le monde des comics. Après une décennie marquée par la surenchère (multiplication des personnages, des séries, des histoires, des pouvoirs, etc.), il semble que l’heure soit à un retour aux sources. Tout le monde semble lassé de ces scénarii à rallonge, jouant sur une continuité difficile à suivre et accumulant les rencontres improbables (ou crossovers). DC Comics tente de rajeunir l’image de ses vieux héros, à commencer par Superman (qui devient double, un rouge et un bleu !) et Batman. Avec Cataclysm (1999) et No Man’s Land (2000-2001), le Dark Knight se retrouve confronter à son plus grand défi. Gotham City, détruite par un gigantesque tremblement de terre, devient une ville fantôme que les grands criminels (Joker, Pingouin, Double Face) se partagent. Face à eux Batman et les forces de l’Ordre tentent de redresser Gotham. Une aventure palpitante répartie sur plus d’une cinquantaine de numéros.
Puis vient Bruce Wayne Murderer (2002) et Bruce Wayne Fugitive (2003) dans lesquels Bruce Wayne est incarcéré pour meurtre. Devenu fugitif, il mène l’enquête sous l’apparence de Batman, laissant entendre que Wayne n’existe plus. Un long run passionnant et réellement novateur. En 2005, c'est la saga War Games qui a largement occupé Batman et ses alliés, Gotham étant devenue le théâtre d’une lutte sanglante pour le contrôle des rues. Epaulé par une dizaine de personnages (Robin III et IV, Nightwing, Oracle, Huntress, Batgirl, Alfred), il semble avoir enfin trouvé le ton voulu par ses créateurs pour mieux mettre en lumière son obscurité, car c’est là que réside le Batman.
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Guide de Lecture
Batman, l’ange des ténèbres - Part 1/8
Batman : un héros à travers les âges - Part 2/8
Batman : Serial Héros - Part 3/8
Batman entre Burton et Schumacher - Part 4/8
Batman anime notre télévision - Part 5/8
Batman, l'encyclopédie - Part 6/8
Batman, l'encyclopédie - Part 7/8
Batman, l'encyclopédie - Part 8/8
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Batman : un héros à travers les âges - Part 2/8
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