De tous les super-héros, Batman est sans conteste le plus complexe et le plus difficile à appréhender. Son histoire court sur 72 ans. 72 ans durant lesquels il est allé des comics à la télé en passant par le cinéma. 72 ans d’un mythe qui semble ne jamais vouloir mourir parce qu’en perpétuelle évolution.
Créé en 1939 par Bob Kane et Bill Finger, Batman est un personnage atypique dans l’univers des comics. Contrairement à la plupart de ses confrères (qu’il s’agisse de DC Comics, Marvel ou tout autre éditeur), il ne possède aucun pouvoir particulier si ce n’est une haine profonde du crime, un sens du combat incroyable et une intelligence aussi affûtée que ses armes.
En cela il pourrait se rapprocher du Punisher (officiant chez Marvel), anti-héros par excellence qui après avoir assisté à l’assassinat de sa famille devient un justicier sans pitié, prompt à supprimer tous ceux qui menacent la société. Ainsi ils ne sont pas si différents : usant d’une symbolique à même de terrifier leurs adversaires (une tête de mort pour l’un, une chauve-souris pour l’autre) et ne rendant de compte à personne (ce qui les oppose souvent aux forces de l’ordre et aux autres héros).
En cela il pourrait se rapprocher du Punisher (officiant chez Marvel), anti-héros par excellence qui après avoir assisté à l’assassinat de sa famille devient un justicier sans pitié, prompt à supprimer tous ceux qui menacent la société. Ainsi ils ne sont pas si différents : usant d’une symbolique à même de terrifier leurs adversaires (une tête de mort pour l’un, une chauve-souris pour l’autre) et ne rendant de compte à personne (ce qui les oppose souvent aux forces de l’ordre et aux autres héros).
Dans la chaleur de la nuit
Mais Batman n’est pas seulement une machine à éradiquer le crime, et s’il partage beaucoup de points communs avec le Punisher, il en va tout autrement quant à la manière dont il est traité. Dès le premier épisode, publié dans le Detective Comics # 27 (1939), nous apprenons que derrière le masque se trouve en réalité le milliardaire mondain Bruce Wayne, dandy jouant au riche héritier naïf. Mais grâce à la fortune léguée par ses parents, et avec le soutien sans faille de son majordome Alfred, il est devenu une créature de la nuit traquant les prédateurs qui hantent les rues de sa ville natale, Gotham City. Dans un premier temps la majeure partie des représentants de la loi l’assimile aux malfaiteurs qu’il pourchasse. Très vite il ne fait plus aucun doute qu’il œuvre au maintien de la justice, allant jusqu’à offrir à la ville un immense projecteur envoyant dans le ciel son symbole en guise d’appel au secours. Néanmoins les relations entre Batman et le commissaire Gordon (et à travers lui la police) ne sont pas toujours au beau fixe, Batman usant de méthodes jugées trop radicales et contraire au règlement.
Comics Alley
Au cours de ses 72 ans d’existence, Batman connu trois carrières distinctes dans trois domaines très différents, à commencer par la plus importante de toutes, car fondatrice du mythe, les comics. Profitant de l’engouement provoqué par Superman (créé en 1938), Batman reçoit à ses débuts un très bon accueil de la part d’un lectorat en quête de nouveaux héros. Mais l’extrême noirceur des récits et du personnage finissent par lasser le public. L’arrivée de Robin en 1941 donne un sérieux coup de fouet au titre tout en entraînant le Dark Knight vers des rivages qui ne sont pas les siens (humour, extravagance, légèreté). Cette période dure jusqu’en 1967 lorsque Neal Adams arrive avec pour ambition de rendre à Batman l’obscurité qui est sienne. Si son travail ne sera reconnu que bien plus tard, il ouvre une voie par une approche plus mûre. Et lorsque Frank Miller livre son Dark Knight Return (1986), les lecteurs sont enfin prêts à accepter Batman tel qu’il est.
Avec la mort orchestrée par DC Comics du second Robin (Jason Todd), Batman laisse éclater toute sa fureur et son amertume, gagnant en profondeur mais aussi en folie. Si certains restent dubitatifs face à cette descente aux enfers, le succès du film Batman de Tim Burton (1989) donne l’ultime impulsion qui permet à Batman d’entrer dans la légende. Depuis tout le monde a accepté l’idée que Bruce Wayne est aussi psychotique que les vilains qu’il tente d’arrêter. Il en résulte des récits moins racoleurs et plus humains dans lesquels les personnages et leurs doubles tentent de surmonter les épreuves de la vie. Pourtant il semble aujourd’hui qu’il existe deux Batman : celui dont on peut lire les exploits dans les séries qui lui sont dédiées (Batman, Detective Comics, etc.) et celui qui apparaît comme simple invité (Superman, Robin, Flash) ou membre d’une équipe (JLA). Le premier est conforme à l’idée traditionnelle du Batman, sombre, torturé et sur la corde raide. L’autre est plus enjoué, plus sociable, plus ouvert. Si ses deux profils parviennent à cohabiter c’est en grande partie parce que le public a changé et accepte désormais qu’un héros ne soit pas irréprochable et ne réussisse pas tout ce qu’il entreprend… bien au contraire !
TV Show
La seconde des trois carrières de notre justicier concerne le petit écran. En 1941 Batman jouit d’une solide réputation grâce à son association avec Robin. Deux serials (série à épisodes héritée du feuilleton radiophonique et diffusée au cinéma avant le film) de 15 épisodes voient le jour en 1943 et 1949. S’ils ne seront télédiffusés qu’à partir de 1966, il marque l’entrée de Batman dans le monde réel. En 1966, faute d’avoir pu acquérir les droits de Superman et Dick Tracy, la Columbia produit une série télévisée. Le rôle titre est confié à Adam West et celui de Robin à Burt Ward. Entre élucubrations burlesques, fidélité discutable aux comics et parodie involontaire, Batman cumule les fautes de goût et cultive sa particularité. A grands renforts d’onomatopées déchirant l’écran lors des combats à la manière d’une bande dessinée, la série met en scène un héros, certes très attachant, mais en totale rupture avec ce qu’il est censé représenter. Il ne fait plus peur, il n’a rien d’inquiétant et ses aventures sont dignes de Fantômas ! Après le succès d’une première saison, les téléspectateurs se tournent peu à peu vers d’autres programmes et abandonnent la série qui s’interrompt en 1968. Suivront quelques séries animées (The Adventures of Batman, The New Adventures of Batman) que les multiples rediffusions ne parviennent pas à rendre essentiel.
Comics Alley
Au cours de ses 72 ans d’existence, Batman connu trois carrières distinctes dans trois domaines très différents, à commencer par la plus importante de toutes, car fondatrice du mythe, les comics. Profitant de l’engouement provoqué par Superman (créé en 1938), Batman reçoit à ses débuts un très bon accueil de la part d’un lectorat en quête de nouveaux héros. Mais l’extrême noirceur des récits et du personnage finissent par lasser le public. L’arrivée de Robin en 1941 donne un sérieux coup de fouet au titre tout en entraînant le Dark Knight vers des rivages qui ne sont pas les siens (humour, extravagance, légèreté). Cette période dure jusqu’en 1967 lorsque Neal Adams arrive avec pour ambition de rendre à Batman l’obscurité qui est sienne. Si son travail ne sera reconnu que bien plus tard, il ouvre une voie par une approche plus mûre. Et lorsque Frank Miller livre son Dark Knight Return (1986), les lecteurs sont enfin prêts à accepter Batman tel qu’il est.
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Avec la mort orchestrée par DC Comics du second Robin (Jason Todd), Batman laisse éclater toute sa fureur et son amertume, gagnant en profondeur mais aussi en folie. Si certains restent dubitatifs face à cette descente aux enfers, le succès du film Batman de Tim Burton (1989) donne l’ultime impulsion qui permet à Batman d’entrer dans la légende. Depuis tout le monde a accepté l’idée que Bruce Wayne est aussi psychotique que les vilains qu’il tente d’arrêter. Il en résulte des récits moins racoleurs et plus humains dans lesquels les personnages et leurs doubles tentent de surmonter les épreuves de la vie. Pourtant il semble aujourd’hui qu’il existe deux Batman : celui dont on peut lire les exploits dans les séries qui lui sont dédiées (Batman, Detective Comics, etc.) et celui qui apparaît comme simple invité (Superman, Robin, Flash) ou membre d’une équipe (JLA). Le premier est conforme à l’idée traditionnelle du Batman, sombre, torturé et sur la corde raide. L’autre est plus enjoué, plus sociable, plus ouvert. Si ses deux profils parviennent à cohabiter c’est en grande partie parce que le public a changé et accepte désormais qu’un héros ne soit pas irréprochable et ne réussisse pas tout ce qu’il entreprend… bien au contraire !
TV Show
La seconde des trois carrières de notre justicier concerne le petit écran. En 1941 Batman jouit d’une solide réputation grâce à son association avec Robin. Deux serials (série à épisodes héritée du feuilleton radiophonique et diffusée au cinéma avant le film) de 15 épisodes voient le jour en 1943 et 1949. S’ils ne seront télédiffusés qu’à partir de 1966, il marque l’entrée de Batman dans le monde réel. En 1966, faute d’avoir pu acquérir les droits de Superman et Dick Tracy, la Columbia produit une série télévisée. Le rôle titre est confié à Adam West et celui de Robin à Burt Ward. Entre élucubrations burlesques, fidélité discutable aux comics et parodie involontaire, Batman cumule les fautes de goût et cultive sa particularité. A grands renforts d’onomatopées déchirant l’écran lors des combats à la manière d’une bande dessinée, la série met en scène un héros, certes très attachant, mais en totale rupture avec ce qu’il est censé représenter. Il ne fait plus peur, il n’a rien d’inquiétant et ses aventures sont dignes de Fantômas ! Après le succès d’une première saison, les téléspectateurs se tournent peu à peu vers d’autres programmes et abandonnent la série qui s’interrompt en 1968. Suivront quelques séries animées (The Adventures of Batman, The New Adventures of Batman) que les multiples rediffusions ne parviennent pas à rendre essentiel.
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Batman : The Animated Series déboule en 1992 et conserve la verve des Batman de Tim Burton (1989 & 1992) en nous plongeant dans une Gotham gothique, décadente, nocturne et rongée par le délit. Scénarii novateurs et explosifs, animation soignée, réalisation cinématographique et ambiance lourde. Oui Batman est un dessin animé mais il s’adresse à un public plus adulte. La série remporte un succès largement mérité ainsi que divers prix.Gotham Knights
Après son arrêt en 1995, Gotham Knights prend le relais en 1997, faisant intervenir de nouveaux personnages emblématiques de la version « Batman comics ». A Robin (apparu lors de la 3ème et dernière saison de Batman : The Animated Series) s’ajoutent Nightwing et Batgirl. En 1999 la série cède sa place à Batman Beyond qui situe son action dans le futur où Bruce Wayne, trop âgé pour poursuivre sa carrière de justicier, met ses compétences et sa fortune au service d’un nouveau Batman, Terry McGinnis. Enfin une nouvelle série au design très manga, The Batman, fut produite avec un succès largement mérité. Batman version télé a forcément des traits adoucis et une violence contenue puisque s’adressant en grande partie aux plus jeunes. Néanmoins Batman : The Animated Series (1992–1995) n’a pas à rougir de la comparaison avec les BD ou les films de Burton. Nous y retrouvons l’atmosphère et l’esprit, le tout profitant d’une créativité artistique et narrative débordante. Seul bémol, et si la nostalgie et les qualités réelles du show sont à reconnaître, la série de 1966 est un faux-pas qui aurait pu coûter cher au personnage.
Ecran Noir
La troisième carrière du Dark Knight débute en 1966 avec Batman le Film, long-métrage tiré de la série télévisée (nous préférons considérer les serials comme des séries plutôt que des films bien que diffusés au cinéma). Réalisé par l’improbable Leslie H. Martison, Batman le Film (1966) s’impose comme un condensé du meilleur du pire de la série. Gags lourdauds, situations rocambolesques, réflexions ineptes, acteurs en cabotinage permanent, effets spéciaux à la sauce « Ed Wood » et combats approximatifs, bref une vraie pantalonnade ! Pourtant on ne lasse pas de revoir ce chef d’œuvre du kitsch et de la contre-culture tant il est drôle, décalé, surprenant, décomplexé et hilarant.
Suite à cela Batman entame une traversée du désert. Les comics sont au plus mal, la télévision lui a tourné le dos et le cinéma lui préfère d’autres héros plus crédibles et moins marqués. L’immense popularité du Dark Knight Return de Miller (1986) ouvre des perspectives inédites. En 1989 Tim Burton lâche sa bête qui déferle sur le monde, emportant tout sur son passage. Critiques comme spectateurs ne tarissent pas d’éloges face au film de super-héros le plus abouti et percutant jamais réalisé. Batman (1989) révèle au grand public ce que les comics s’évertuent à montrer depuis presque deux décennies : Batman a changé. En 1992, Burton enfonce le clou avec l’indispensable Batman Returns, œuvre crépusculaire, captivante et absolue. Batman sort de l’ombre et devient une figure emblématique de la culture américaine. Si les deux films suivants (Batman Forever – 1995 et Batman & Robin – 1997) essuient des échecs cuisants et justifiés, Christopher Nolan est parvenu à donner vie à une légende un peu fatiguée, allant jusqu'à renaître de ses cendres à l'occasion de l'indispensable The Dark Knight (2008), sans doute le film le plus abouti à ce jour.
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Avec plus de 72 ans d’histoire derrière lui, Batman a traversé toutes les époques, résisté à toutes les modes jusqu’à parvenir à se montrer tel qu’il est. Un héros dur, froid, meurtri par la vie et à la santé mentale instable. A la lumière des flashs des photographes people qui accompagnent Bruce Wayne, Batman préfère la solitude de l’ombre. Et s’il continue encore aujourd’hui à susciter une telle passion de la part d’un public qui dépasse largement le cadre strict des seuls amateurs de comics, c’est sans aucun doute parce que l’ombre n’a pas encore livré tous ses secrets.
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Guide de Lecture
Batman, l’ange des ténèbres - Part 1/8
Batman : un héros à travers les âges - Part 2/8
Batman : Serial Héros - Part 3/8
Batman entre Burton et Schumacher - Part 4/8
Batman anime notre télévision - Part 5/8
Batman, l'encyclopédie - Part 6/8
Batman, l'encyclopédie - Part 7/8
Batman, l'encyclopédie - Part 8/8
Batman : un héros à travers les âges - Part 2/8
Batman : Serial Héros - Part 3/8
Batman entre Burton et Schumacher - Part 4/8
Batman anime notre télévision - Part 5/8
Batman, l'encyclopédie - Part 6/8
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