mardi 2 août 2011

Harry Potter : Dans les coulisses des Reliques de la Mort - Part 8/10

Les reliques de la mort est sans doute le plus grand défi relevé par la production depuis le début de la saga en 2001, puisqu’il s’agit de l’ultime chapitre divisée en deux parties, tournées en même temps. Carnet de bord du dernier paquebot Potter.
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Voilà dix années que l’équipe technique en charge du devenir d’Harry Potter travaille constamment sur trois films en même temps : la préparation de l’un, le tournage de l’autre, et la post-production d’un troisième ! Ce rythme effréné s’explique en partie par l’âge des comédiens et la nécessité de mettre en boite l’ensemble de la saga avant qu’ils ne soient trop vieux pour incarner des adolescents. Pour mémoire, Harry Potter a seulement 17 ans au début des Reliques de la mort, Daniel Radcliffe qui l’incarne depuis le premier film ayant déjà 21 ans aujourd’hui. Dès lors, il fallait tenir un rythme d’environ un film tous les 18 mois, ce qui, au regard de l’ampleur de chacun d’eux, est un véritable exploit, d’autant que chaque film s’est révélé meilleur et plus complexe que le précédent, même si le savoir-faire et l’expérience acquis par l’équipe technique immuable facilite grandement le travail en rendant le tout plus fluide et rapide.
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Un tournage fleuve
La réalisation de ces deux derniers opus revient à David Yates, déjà à l’origine de L’Ordre du Phénix (2007) et du Prince de sang-mêlé (2009). Si son expérience sur ces deux films était un atout pour Les reliques de la mort, Yates savait qu’il n’avait pas le droit à l’erreur d’autant que ce volet est très différent, sur le plan narratif, des six autres. « Je ne voulais pas que les deux films se ressemblent, explique le réalisateur. Le premier film ressemblera à un road movie. Il sera très intense et très cru, se déroulera loin de Poudlard et montrera trois réfugiés poursuivis par de terribles Mangemorts. La première partie se rapprochera donc d'un style vérité et nerveux de documentaire, et la seconde se présentera comme un grand opéra, elle est plus colorée et plus orientée sur le côté fantastique. Ce sera un film très épique avec des batailles gigantesques, mais aussi étrangement émouvant puisqu'il conclura toute la saga. Ce seront donc deux films très différents l'un de l'autre. »
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Le fait qu’une grande partie de l’action des Reliques de la mort se passe en dehors de Poudlard modifiait considérablement l’approche même des films et leur mise en œuvre technique. « C’est la première fois que nous passons autant de temps loin de l’école des sorciers, affirme le producteur David Heyman. Nous commençons le film alors que la guerre entre les deux camps est déjà engagée, affectant les personnages principaux et leurs familles. Harry, Ron et Hermione comprennent rapidement qu’ils doivent fuir s’ils ne veulent pas périr. C’est une approche très intéressante car nous avions l’habitude d’arriver à Poudlard après 25 minutes de film. Ici c’est l’inverse, et s’il y a toujours de la magie, l’ambiance est plus lourde, plus réaliste. »
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L’histoire de ce septième volet amène forcément d’innombrables bouleversements logistiques, tant pour les comédiens que pour l’équipe technique qui perd une partie de ses repères. Le tournage débute officiellement le 19 février 2009 aux studios Leavesden en Angleterre, tandis qu’une partie du tournage est prévue dans les célèbres studios Pinewood où furent tourner, entre autres, The dark knight (2008) ou Prince of Persia (2010). Si le premier tour de manivelle est donné en février 2010, ce n’est qu’à partir du mois d’octobre 2009 que Ralph Fiennes, impeccable Voldemort, rejoint les plateaux à l’instar de la plupart des comédiens adultes. Durant des mois, David Yates et son équipe travaille dur pour tenir les délais, le tournage s’achevant finalement le 12 juin 2010. Initialement prévu sur 250 jours, il en aura fallu au final 478 pour l’ensemble des deux films ! Un tournage fleuve justifié par l’envergure du récit et des scènes d’action, très nombreuses et réclamant énormément de préparation en amont. 
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Confrontation 
Si les deux films seront jalonnés de séquences spectaculaires qui permettront d’assister à des affrontements magiques inédits et regorgeant d’effets visuels, c’est sans conteste la grande bataille finale au sein de Poudlard, attendue sur la seconde partie, qui retient toute l’attention des fans et de l’équipe. « La bataille de Poudlard reste, pour nous, le clou du spectacle et le point d’orgue des deux films, confirme David Heyman. En tout cas, c’est celle qui a demandé le plus de préparation et réclamé le plus de temps. Elle sera divisée en deux parties. La première se concentre sur l’affrontement général tandis que l’école est littéralement prise d’assaut. Elle est impressionnante et épique, comme peuvent l’imaginer les fans. La seconde partie – qui s’attarde plus longuement sur l’ultime face-à-face entre Harry et Voldemort – était plus délicate. En effet, personne ne veut assister à un duel de 40 minutes. Ce que j’aime, tant dans les livres que dans les films, c’est qu’ils se focalisent d’abord sur les personnages. Et je pense que David Yates parvient à rester concentré sur ce qui est vraiment important, ramenant ce duel à quelque chose de très humain avant d’être impressionnant sur le plan visuel. »
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Reste que la première partie ne sera pas exempte de scènes haletantes et trépidantes, à l’image de la course poursuite dans les bois entre Harry, Ron et Hermione, et les Mangemorts qui cherchent à les détruire. « Ce film est définitivement le plus nerveux de tous avec des scènes d’action vraiment spectaculaires, raconte Emma Watson qui incarne Hermione. Par exemple, il y a une séquence durant laquelle nous courons dans la forêt, pourchassés par les Mangemorts et c’est véritablement prenant à l’image car nous sautons, nous cavalons, nous enjambons, la tension est palpable. Pour parvenir à un tel résultat, David Yates à utiliser une caméra étonnante, montée sur une sorte de câble et nous suivant dans la course-poursuite à un rythme d’enfer. » Et David Yates d’ajouter : « Il me suffisait de dire « Action » et ils se mettaient tous à courir, presque comme des fous, comme s’il y avait une sorte de compétition tacite entre eux. C’était très amusant à filmer, même si cela restait assez complexe car le risque d’accident et bien réel. Il y avait des petites explosions appelées à devenir la conséquence de sortilèges lancés durant la poursuite, sans oublier cette caméra virevoltante au-dessus de la tête des comédiens, assurant à l’ensemble une sorte de rythme effréné, non sans donner une impression de vitesse incroyable. » 
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Poussière de fée
Si l’action du premier film se passe principalement en dehors de Poudlard, ce n’est pas pour autant que la magie est absente, mais elle devient beaucoup plus guerrière qu’enivrante, puisqu’elle est l’unique rempart des personnages principaux face aux nombreux ennemis qui les menacent. « Je ne dirais pas que chaque nouveau film est plus sombre que le précédent, confie David Heyman. Il y a une évolution logique qui s’explique par l’évolution des personnages qui gagnent en âge et en maturité au fur et à mesure que la menace grandit. Dans ce film, celle-ci est bien présente et ne cherche plus à se cacher. Le Ministère de la Magie est conquis par des forces obscures, et le danger est bien réel. Evidemment que la narration aborde des thématiques plus délicates et graves, mais c’est déjà le cas des contes des frères Grimm ou de Roald Dahl, et de tout ce qu’on peut lire entre 14 et 17 ans. Si vous prenez le cas de Twilight, il y a de la romance bien sûr, mais aussi beaucoup de noirceur. Je ne crois pas que le public soit effrayé, et de manière générale, je pense que les adultes ont plus facilement peur que les enfants. »
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Et David Yates de poursuivre : « Harry, Ron et Hermione sont sur la route. Ils sont tout petits dans ce grand monde, loin de Poudlard, cocon familier et réconfortant où ils ont grandi. Ils se sentent étonnamment vulnérables dans le monde des Moldus. Du coup, j’ai tourné ce film d’une manière à ce qu’il accentue ce sentiment de fragilité. Le film est beaucoup plus brut. Mais c’est un style qui convient bien étant donné que l’histoire d’Harry Potter est une métaphore du passage à l’âge adulte. Ici, on sort ces personnages du cadre de Poudlard et on les place dans un monde dangereux. Par exemple, ils enterrent leur première victime. A un autre moment, Harry et Hermione dansent ensemble pour la première fois. Il y a une vraie tension sexuelle car ce sont deux adolescents et, Ron étant parti à ce moment-là, ils se retrouvent dans une situation très intime. De nouveaux thèmes apparaissent puisqu’ils sont désormais de jeunes adultes. Placer ces thèmes dans le monde réel était intéressant car le réalisme semble y correspondre parfaitement. » 
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Une vieille maison
Quoiqu’il en soit, cette évolution narrative affecte directement l’atmosphère générale des films, celle-ci devenant plus lourde de sens et de sous-entendus, tandis que l’urgence et la survie prennent le pas sur l’insouciance des débuts. Bruno Delbonnel, directeur de la photographie français ayant travaillé sur des films comme Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (2001) ou Harry Potter et le Prince de sang-mêlé (2009), préféra céder sa place à Eduardo Serra sur les deux derniers volets, craignant de se répéter. « Sur ce film, nous avons supprimé en grande partie la couleur un peu miel des premiers films, explique Stuart Craig, chef décorateur sur l’ensemble de la franchise. Pas complètement, mais nous avons rendu le château beaucoup plus sombre que précédemment. Quand on a commencé à travailler sur les Harry Potter, seulement deux livres étaient sortis. Il y avait beaucoup de choses que nous ignorions et nous avons dû effectuer divers changements au fur et à mesure. Certains nous ont été imposés, comme la Tour d’Astronomie apparue au beau milieu du décor, ou la taille de la cour. L’arrangement du viaduc, qui vous amène de la cour à l’entrée principale de la Grande Salle, a été également modifié. Sans oublier les diverses modifications ici et là visant à améliorer l’apparence générale de l’école. »
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Outre l’aspect du film, l’équipe technique devait aussi prendre en compte le fait que Les reliques de la mort était la fin, la dernière occasion de s’aventurer dans l’univers d’Harry Potter. Ce qui impliquait qu’il fallait donner le meilleur de soi-même, peut-être plus encore que sur les films précédents. « C’était un défi, parce que c’était la fin, explique la costumière Jany Temime. Il fallait faire le dernier du mieux qu’on pouvait, ce qui est fut un vrai challenge pour moi. J’ai eu un peu peur, en fait, parce qu’en faisant le 5 ou le 6, je me disais qu’on pouvait faire mieux dans celui d’après. Mais là, c’est le dernier, il fallait que je fasse de mon mieux. C’est la fin. C’est toujours difficile de faire le dernier film d’une série, parce que c’est celui dont les gens vont le plus se souvenir. » 
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La vie d’après
Étrangement, ce qui reste des différentes discussions que l’on peut avoir avec les comédiens, les techniciens ou les producteurs, ce n’est pas tant les révélations sur le film en lui-même, que les rapports humains qui unissent tous les intervenants. « Ces films sont une affaire de famille plus que de talents, affirme David Heyman. Beaucoup ont grandi ici, et c’est parfois les seuls films sur lesquels ils ont travaillé. Il y a une vraie continuité qui remonte, pour la plupart d’entre nous, au premier film. Stuart Craig (chef décorateur), John Richardson (effets spéciaux), et Nick Dudman (maquillage) sont là depuis le début, et je ne parle pas des comédiens ! Nous avons connu des décès, des drames, des mariages, des divorces, des disputes, des histoires d’amour, certains ont fait l’amour pour la première fois et d’autre pour la dernière. Nous sommes restés ensemble dix ans, et nous séparer sera difficile. Et aujourd’hui, même si les deux films à venir sont importants, si l’on veut parler de la manière dont ils sont faits, je veux d’abord que l’on parle des gens qui ont rendu cela possible. » Quand la technique disparaît derrière l’humain. 
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Guide de Lecture

1 commentaires:

  1. Après des mois sans nouveauté, le Plan 9 "revient" à la vie :)

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