Avant d’être le succès planétaire qu’il est devenu, Harry Potter était le héros d’une série de livres pour enfants, et on imaginait mal comment il pouvait prétendre à devenir plus que le héros d’un film familial. Dix ans après l’inauguration de la saga cinématographique, Harry et ses amis sont de véritables légendes au même titre que le petit sorcier au début de ses aventures.
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La naissance d’Harry Potter au cinéma est une aventure presque aussi trépidante que la saga elle-même. En 1997, J. K. Rowling signe Harry Potter à l’école des sorciers, livre pour enfants mettant en scène un jeune orphelin qui va découvrir un monde de magie et la place qu’il y occupe. Pour la petite histoire, la maison d’édition des romans – Bloomsbury Publishing – avait demandé à l’auteur de se choisir un nom de plume plus neutre afin d’éviter que les lecteurs masculins ne soient pas réticent à découvrir un livre écrit par une femme, c’est ainsi qu’elle choisit de signer ses œuvres « J. K. Rowling », reprenant l’initiale du prénom de sa grand-mère, Kathleen. Reste qu’au moment où arrive en librairie le premier tome, le producteur David Heyman cherchait à adapter un livre pour enfant au cinéma dans l’idée d’en tirer un grand film familial et merveilleux. Son choix se porte alors sur The Ogre Downstairs (1974) de Diana Wynne Jones avant qu’il ne s’intéresse au petit sorcier anglais, non sans trouver « le titre nul ». Mais ce qu’il découvre à la lecture du roman lui fait comprendre qu’il tient là un diamant brut.
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Lettre d’admission
En 1998, Steven Spielberg se dit intéressé par la mise en scène du film, et souhaite en faire un film d’animation en motion capture avec le comédien Haley Joel Osment (Sixième sens) dans le rôle-titre. Mais il jette rapidement l’éponge, affirmant que « la réalisation d’un tel film ne représente aucun challenge, c’est juste une manière de remplir son compte en banque facilement. » Peut-être voit-il les choses d’un autre œil aujourd’hui. Quoiqu’il en soit, David Heyman souhaite en produire une adaptation aussi fidèle que possible, là où Spielberg envisageait une simple trilogie couvrant toute l’histoire.
En 1999, l’enthousiasme d’Heyman fini par convaincre J. K. Rowling de vendre les droits des quatre premiers tomes déjà écrits à Warner Bros. Pictures au prix de 2 millions de dollars chacun. Elle ajoute quelques conditions parmi lesquelles un film par livre, un droit de regard sur l’adaptation, un casting essentiellement britannique, et le fait qu’elle reste propriétaire des personnages, craignant que le studio décide de produire des suites qu’elle n’aurait pas écrites.
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.A noter que le studio Disney refusa à l’époque de s’engager dans l’aventure, jugeant les livres « trop anglais » pour intéresser le reste du monde, et en particulier le public américain. Décision qu’ils doivent amèrement regretter, d’autant qu’ils en firent autant avec la trilogie du Seigneur des Anneaux, prétextant qu’elle coûtait trop cher pour une rentabilité douteuse.
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Aussitôt l’accord signé, Warner se met en quête d’un réalisateur afin de sortir le film courant 2001, l’enthousiasme des lecteurs pour les livres allant crescendo au fil des mois, faisant d’Harry Potter un véritable phénomène de société. Le studio envisage Terry Gilliam (Les Frères Grimm), Jonathan Demme (Le Silence des Agneaux), Alan Parker (Angel Heart), Wolfgang Petersen (Troie), Rob Reiner (Princess Bride), Tim Robbins (Dead Man Walking), Peter Weir (Le Cercle des Poètes Disparus) ou encore Mike Newell, qui réalisera le quatrième volet, Harry Potter et le coupe de feu (2005). Rowling s’exprime en faveur de Terry Gilliam, mais c’est finalement Chris Columbus, un habitué du cinéma familial mettant en scène des enfants, que choisi Warner. On lui doit, entre autres, Maman j’ai raté l’avion et sa suite (1990 & 1992), Madame Doubtfire (1994) et le scénario des Goonies (1985). Harry Potter à l’école des sorciers est donc un projet tout à fait adapté à son style efficace et son approche grand public.
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L’adaptation est confiée à Steve Kloves, qui n’avait aucun film du genre à son actif jusqu’ici, mais qui affirme que son ambition est de rester fidèle aux romans, et aussi proche que possible de l’esprit insufflé par J. K. Rowling. D’ailleurs, il la consultera régulièrement quant aux choix narratifs, coupes et aménagements à faire tout au long de la saga, Kloves ne cédant sa place qu’une seule fois à Michael Goldenberg à l’occasion de L’Ordre du Phénix en 2007. De l’aveu même de la romancière, le travail de Kloves est aussi soigné et cohérent que possible. Si les fans regrettent l’absence de nombreuses séquences ou intrigues secondaires, Kloves a toujours justifié ses choix en expliquant que, dès le départ, il a toujours été question de raconter l’histoire d’Harry, et donc de se concentrer sur les intrigues affectant directement ce dernier au détriment des histoires impliquant d’autres personnages. Le résultat est tout à fait convaincant et ne souffre d’aucun manquement majeur, du moment que l’on accepte le concept d’une narration selon ce qui affecte directement Harry Potter.
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Au terme d’un casting interminable, c’est Daniel Radcliffe qui endosse le rôle d’Harry Potter. Découvert en 1999 dans la série télé David Copperfield, son regard à la fois malicieux et enchanté colle parfaitement au personnage, aidé en cela par les fameuses lunettes rondes sans lesquelles Harry ne serait plus vraiment Potter. Rupert Grint hérite du rôle Ronald Weasley, tandis Emma Watson devient Hermione Granger. Si tous les deux se produisent depuis longtemps sur les planches, Harry Potter (2001) marque leurs débuts au cinéma. Les rôles principaux étant attribués, restait à compléter la distribution. Richard Harris (Gladiator) prête ses traits au vénérable Albus Dumbledore, le sage directeur de Poudlard. Suite à sa disparition en 2002, il est remplacé par Michael Gambon à compter du troisième volet. S’ajoutent Alan Rickman (Galaxy Quest) dans la tenue sombre de Severus Rogue, Robbie Coltrane (Le monde ne suffit pas) dans les bottes du géant Rubeus Hagrid, ou encore Maggie Smith (Hook) sous le chapeau de Minerva McGonagall. Par la suite, chaque film accueillera des visages connus et appréciés du public, tout en révélant nombre de comédiens.
Restait à résoudre le problème du casting. Nous sommes en 2000, et tout le monde est conscient qu’un enfant de dix ans au moment du tournage en aura probablement douze de plus lors de la sortie du dernier film, soit plus d’une vingtaine d’années là où Harry Potter n’est censé en avoir que 17 dans les livres. En outre Rowling ne sait pas encore quand elle aura terminé sa saga en librairie, ce qui ajoute à la difficulté. Un dilemme d’autant plus délicat que changer d’acteurs en cours de route (ce qui n’implique pas seulement Harry, mais aussi tous les autres élèves) pourrait entraîner un rejet massif de la part du public qui aurait du mal à accepter une valse incessante. Avec le recul, et le succès de franchise, il semble évident qu’engager d’autres comédiens auraient été catastrophique à tous les points de vue, d’autant que tous restent crédibles dans leurs rôles respectifs.
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Jeu d'enfants
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Jeu d'enfants
Au terme d’un casting interminable, c’est Daniel Radcliffe qui endosse le rôle d’Harry Potter. Découvert en 1999 dans la série télé David Copperfield, son regard à la fois malicieux et enchanté colle parfaitement au personnage, aidé en cela par les fameuses lunettes rondes sans lesquelles Harry ne serait plus vraiment Potter. Rupert Grint hérite du rôle Ronald Weasley, tandis Emma Watson devient Hermione Granger. Si tous les deux se produisent depuis longtemps sur les planches, Harry Potter (2001) marque leurs débuts au cinéma. Les rôles principaux étant attribués, restait à compléter la distribution. Richard Harris (Gladiator) prête ses traits au vénérable Albus Dumbledore, le sage directeur de Poudlard. Suite à sa disparition en 2002, il est remplacé par Michael Gambon à compter du troisième volet. S’ajoutent Alan Rickman (Galaxy Quest) dans la tenue sombre de Severus Rogue, Robbie Coltrane (Le monde ne suffit pas) dans les bottes du géant Rubeus Hagrid, ou encore Maggie Smith (Hook) sous le chapeau de Minerva McGonagall. Par la suite, chaque film accueillera des visages connus et appréciés du public, tout en révélant nombre de comédiens.
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Harry Potter à l’école des sorciers arrive sur les écrans américains le 16 novembre 2001, précédant la sortie française de quelques semaines. Plus de dix millions de spectateurs se pressent dans les salles pour découvrir les exploits du prodige en version cinéma. Lors de son premier week-end d’exploitation outre-manche, il engrange plus de 22 millions de dollars, Star wars : La Menace Fantôme sorti en 1999 atteignant tout juste les 10 millions. Fort d’un budget avoisinant les 125 millions de dollars, Chris Columbus nous convie à une féerie empreinte de mystère et d’envoûtement. Durant 142 minutes (une durée inhabituellement longue pour un film destiné aux plus jeunes), il promène sa caméra dans le monde imaginé par Rowling avec une maestria et une fidélité qui impose le respect. Si certains lui reprochent une trop grande naïveté, ce qui aussi le cas du livre dont il s’inspire, il truffe son récit de séquences fortes et parfois effrayantes, à l’image de Touffu le cerbère à trois têtes, le centaure Firenze, ou « l’apparition » du terrifiant Voldemort.
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Le phénomène Harry Potter connaît aussitôt une explosion spectaculaire, la franchise se plaçant en tête de tous les classements, à la fois littéraires et cinématographiques. On s’arrache les livres, chacun y allant de sa théorie sur le devenir des héros, tandis que fleurissent chez les libraires les ersatz et autres études sciento-magico-réalistes sur le sujet : Rowling devient à son tour une magicienne ayant découvert la formule permettant de transformer l’encre en or !
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Nouveau départ
Le tournage du second film débute le 19 novembre 2001, soit trois jours seulement après la sortie d’Harry Potter à l’école des sorciers. Etant donné que les principaux décors reprennent ceux du premier volet, le budget est ramené à 100 millions de dollars pour une œuvre bien plus dense en termes de pagination que le roman original. Chris Columbus reste réalisateur, enchaînant presque les deux films. « C'était intense, confiait-il à l’époque, mais nous avons tant appris sur le premier volet que j'étais ravi de pouvoir utiliser toutes ces connaissances sur le second film. Nous n'avons pas eu l'opportunité de nous asseoir et de réfléchir au succès du premier film. A ce niveau-là, nous formions comme une grande famille. Et c'était génial de pouvoir partager cette excitation, sans perdre notre élan, et de l'injecter dans La Chambre des secrets. »
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Harry Potter et la chambre des secrets sort le 15 novembre 2002 dans une euphorie qui frise l’hystérie. D’une durée de 150 minutes (certains parents affichant une triste mine), cette suite conserve tout ce qui faisait le charme de son prédécesseur. Avec plus de 878 millions de recettes, elle est un immense succès et inscrit définitivement la franchise comme une incontournable. Le public est ravi à l’idée de découvrir les cinq tomes restants à adapter, tandis que Warner se félicite d’avoir pris le risque de monter à bord du Poudlard Express pour un voyage aussi inoubliable que fructueux. Et si J. K. Rowling a redonné le goût de la lecture à des millions de lecteurs, le cinéma a renoué avec le merveilleux et le fantastique, genre devenu aujourd’hui incontournable.
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Guide de Lecture
.Guide de Lecture









Super article. Encore une fois écrit avec grand art ^^
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