Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban
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Après deux opus salués par la critique et le public, Chris Columbus abandonne son siège de réalisateur tout en restant producteur, laissant derrière lui plus de neuf millions de téléspectateurs enchantés par la Chambre des Secrets (2002). Après quelques semaines d’hésitation, et tandis que la Warner prépare activement la mise en chantier du troisième volet – Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban – le nom du remplaçant de Columbus est officialisé. Il s’agit d’Alfonso Cuarón qui avait fait forte impression avec Une Petite Princesse (1995).
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Le tournage débute en mars 2003, moins de quatre mois après La Chambre des Secrets, pour une sortie prévue au mois de juin 2004. Alfonso Cuarón, désireux de s’approprier l’histoire, décide d’approfondir l’univers d’Harry en commençant par demander aux trois comédiens principaux (Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint) de mettre par écrit la manière dont ils voient leurs personnages respectifs. Ce travail avait pour but de modifier concrètement le point du vue des protagonistes, mais aussi du public, face à des situations, des intervenants et des lieux familiers. « A travers cette histoire qui nous parle de magie et de créatures fantastiques, se profilent des questions passionnantes sur le passage à l'adolescence, la quête d'identité, les relations avec les amis, l'absence de figure parentale, la recherche d'un mentor, explique Alfonso Cuarón. Ces livres évoquent aussi les rapports de classes, l'injustice ou bien le racisme, autant de sujets qui nous concernent tous à travers le monde. »
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Magie noire
Les décors du Prisonnier d’Azkaban, dont certains sont un héritage des films précédents, s’offrent sous un jour inédit grâce au remarquable travail sur la lumière et la photographie de Michael Seresin. Il en découle des jeux d’ombres particulièrement efficaces, conférant à l’ensemble une touche plus gothique, presque macabre, et résolument plus adulte. Cet aspect du film, couplé à une trame elle aussi plus difficile dans ses thèmes et ses enjeux, entraînent le film sur une pente plus raide où l’émerveillement des débuts s’efface peu à peu face à la réalité du monde magique. Tandis qu’on devine que dans l’ombre, les suppôts du Seigneur des Ténèbres commencent à rassembler leurs forces, non sans suivre un plan précis, les personnages gagnent en profondeur et en complexité. A la décharge d’Alfonso Cuarón, et du scénariste Steve Kloves qui signe l’adaptation, le livre original marquait déjà une évolution très nette par rapport aux deux autres volumes, J. K. Rowling suivant l’évolution logique d’un enfant, Harry Potter ayant 11 ans lors de sa première année pour atteindre l’âge de 13 ans au début du Prisonnier d’Azkaban, âge frontière entre l’enfance et l’adolescence.
Cette évolution narrative et visuelle se retrouve aussi dans les costumes qui délaissent la rigidité et le classicisme des collèges anglais, pour aller vers quelque chose de plus actuel. « J'ai voulu donner à Poudlard une apparence un peu plus réaliste, plus contemporaine, précise Alfonso Cuarón. En me documentant sur les écoles anglaises, j'ai constaté qu'aucun élève ne portait l'uniforme de la même manière. Tous s'arrangeaient pour y introduire une petite touche, révélatrice de sa personnalité. J'ai demandé aux comédiens de faire de même avec leurs costumes. » Et la costumière Jany Temine d’ajouter : « Nous avons assombri leurs teintes et ajouté des capuchons aux couleurs emblématiques de chaque maison. Pour inciter les acteurs à exprimer leur personnalité, nous leur avons laissé le libre choix des maillots, pulls, chemises et autres vêtements composant leurs uniformes. »
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Si Chris Columbus abandonne le petit sorcier à son destin, ce n’est pas le cas de John Williams, compositeur incontournable qui avait déjà orchestré les premiers films. Pour sa troisième incursion dans le monde de la magie, il propose une partition plus expérimentale à l’image du travail d’Alfonso Cuarón. Le ton se fait plus médiéval, et le thème du morceau Double Trouble détrône, durant un instant, le désormais classique Hedwig's Theme. A noter que le titre Forward To Time Past est entièrement rythmé au tic-tac d'une montre.
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... en passant par la nuit
... en passant par la nuit
Malheureusement, Le Prisonnier d’Azkaban doit aussi faire face à la disparition de Richard Harris en 2002, remplacé Michael Gambon dans le rôle d’Albus Dumbledore. Le casting est complété par l’arrivée de l’excellent Gary Oldman (Sirius Black), Emma Thompson (Sybille Trelawney), David Thewlis (Remus Lupin) et Timothy Spall (Peter Pettigrew). Enfin pour ce qui est des créatures, nous découvrons un Hippogriffe et le Magicobus, ainsi que les Détraqueurs, abominables gardiens de la prison d’Azkaban, et lointains cousins des Nazgûls du Seigneur des Anneaux, qui s’imposent comme le vrai choc du film.
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Le brusque changement de cap initié par Le Prisonnier d’Azkaban n’est pas du goût de tous, et le film connaît un succès moindre en salles (moins de 7 millions d’entrées). Pourtant tous reconnaissent le travail d’adaptation et l’audace d’un réalisateur qui a su s’approprier le mythe, le film ayant depuis gagné ses lettres de noblesse pour devenir l'un des préférés des fans.
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Fiche Technique
Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban (Harry Potter and the Prisoner of Azkaban en VO) – USA/2004
Réalisateur : Alfonso Cuarón
Scénario : Steve Kloves
Producteurs : David Heyman, Chris Columbus
Musique : John Williams
Casting : Michael Gambon, Gary Oldman, Emma Thompson, David Thewlis, Timothy Spall, Tom Felton
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Harry Potter et la Coupe de Feu
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Harry Potter et la Coupe de Feu, sorti en 2005 sur les écrans, et le quatrième tome – et donc le quatrième film – de la saga. Il reste dans les annales comme un véritable casse-tête au moment de sa préparation et de sa conception, la production se heurtant à de nombreuses difficultés, à commencer par l’ampleur du récit au niveau littéraire.
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Suite aux vives critiques exprimées par les fans à l’encontre du Prisonnier d’Azkaban (2004), jugé comme très sombre au détriment de l’aspect merveilleux des premiers films, il était important de soigner l’adaptation de La coupe de feu. Or les 650 pages qui le composent deviennent rapidement un problème. Pendant plusieurs semaines, il est question de réaliser le film en deux parties. Mais la sortie en librairie du cinquième tome, Harry Potter et l’Ordre du Phénix (2003), allait tout remettre en question. Flirtant avec les 1000 pages, soit presque autant que l’intégral du Seigneur des Anneaux, il semblait difficile diviser La Coupe de Feu en deux, et de ne pas faire de même pour le suivant, encore plus imposant !
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Dans le vif du sujet
Une décision soutenue par le réalisateur Mike Newell (Quatre Mariages et un Enterrement – 1994), et qui implique d’innombrables coupes dans le récit original. Steve Kloves, le scénariste en titre de la franchise, décide de supprimer toutes les intrigues secondaires avec l’accord de J.K. Rowling. « Nous avons passé des heures à discuter de ce qui devait ou ne devait pas figurer dans le film, confie Mike Newell. C’est un processus long et fastidieux car nous somme tiraillés entre notre envie d’en mettre le maximum et la nécessité de s’adresser à un public large, tout en préservant une narration fluide et intelligible. Comme nous avons décidé de faire un film et non deux, il nous a fallu élaguer. Nous en sommes désolés. Mais l’intérêt de rester sur un seul métrage est que le Tournoi des Trois Sorciers et le complot de Voldemort gagnent en intensité. Bien sûr que le livre regorge de passages formidables, de personnages truculents et de détails fascinants, mais nous n’avions tout simplement pas la place de les mettre. Il est impossible de retranscrire un roman à l’identique, et plus encore de coller à l’imaginaire de chacun.
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Chaque lecteur visualise un Harry, un Poudlard ou un Voldemort qui lui est propre. Bien sûr les films influencent cette vision, mais en aucun cas ils ne peuvent la transcender complètement. Les coupes sont indispensables dans le cadre d’un film qui ne peut se permettre les multiples développements autorisés par un livre. Et c’est justement grâce à cette différence que nous savons ce que nous devons enlever : Ce qui marche dans le livre n’est pas forcément ce qui fonctionne à l’écran ! »
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Graine de champion
Harry Potter et la Coupe de Feu partage sa narration entre deux histoires : d’un côté le déroulement du Tournoi des Trois Sorciers auquel participe contre son gré Harry Potter, de l’autre le développement de l’intrigue mythologique en lien avec Voldemort. En outre, le film s’attarde sur les premiers émois amoureux des personnages, annonçant une adolescence naissante qui doit prendre toute sa mesure (avec les affres et les doutes qui l’accompagnent) lors du film suivant.
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Le final de La coupe de feu est un moment décisif dans l’intrigue puisque Voldemort est officiellement de retour, et nous assistons à son premier face-à-face avec Harry Potter. Un affrontement étonnant qui démontre que le jeune sorcier possède en lui toutes les ressources pour vaincre définitivement le Seigneur des Ténèbres, même si la lutte s’annonce aussi inégale que périlleuse. Si le ton général du film est plus léger, renouant par moment avec la naïveté des deux premiers volets, il n’est pas question pour Mike Newell de ne pas préserver l’intégrité de la saga en prenant le contre-pied du travail réalisé par son prédécesseur. Ainsi La coupe de feu n’est pas avare en scènes renversantes, allant jusqu’à s’aventurer – par petites touches – sur les chemins de l’épouvante.
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Outre l’arrivée de Mike Newell, ce quatrième volet est l’occasion d’accueillir toute une galerie de nouveaux visages à commencer par celui de Ralph Fiennes dans le rôle du funeste Voldemort, son interprétation d’une justesse incroyable donnant toute sa puissance à ce personnage emblématique. S’ajoutent aussi Brendan Gleeson dans le costume du combattif Alastor Maugrey dit Fol'Œil ; Miranda Richardson se glissant à merveille dans la plume de Rita Seeker ; ou encore David Tennant prêtant ses traits et sa folie à Barty Croupton Jr.. A noter aussi la présence de Robert Pattinson – devenu une icône grâce à la saga Twilight – qui campe ici le pauvre Cédric Diggory. Enfin notons l’arrivée de Patrick Doyle au poste de compositeur à la place du grand John Williams, succession difficile s’il en est.
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Avec plus de 895 millions de dollars de recette, La Coupe de Feu fait mieux que Le Prisonnier d’Azkaban et permet à la série d’envisager sereinement son avenir, même s’il n’a jamais été question d’arrêter la série en cas d’échec.
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Fiche Technique
Harry Potter et la Coupe de Feu (Harry Potter and the Goblet of Fire en VO) – USA/2005
Réalisateur : Mike Newell
Scénario : Steve Kloves
Producteurs : David Heyman, David Barron
Musique : Patrick Doyle
Casting : Ralph Fiennes, Brendan Gleeson, David Tennant, Robert Pattinson, Miranda Richardson, Stanislav Ianevski
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Guide de Lecture









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