dimanche 7 mars 2010

Loup-Garou : le dossier poilu - Part 2/3

Né de récits ancestraux remontant aux écrits d’Hérode et de Virgile, le mythe du loup-garou se développe dans l’inconscient collectif au fil des siècles et au grès des histoires que chaque peuple se transmet de génération en génération (cf. encadré). Aujourd’hui c’est le cinéma qui se charge, depuis sa création, d’entretenir la légende au travers de films dont certains ont redéfinis les contours de la lycanthropie. 
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Tout feu, tout poil
A partir de 1985, le loup-garou apparaît aux quatre coins de l’écran, soit dans le rôle principal, soit en qualité de monstre secondaire et sanguinaire. C’est ainsi que nous en retrouvons plusieurs spécimens au détour de films souvent parodiques ou ratés, dans lesquels nos amis à poils n’inspirent plus vraiment la peur : Transylvania 6-5000 (1985), Peur bleue (1985), The monster squad (1987), Curse of the queerwolf (1988) ou Maman est un loup-garou (1989). Au rayon des réussites, mentionnons Vampire, vous avez dit vampire ? (1985) de Tom Holland, film référentiel débordant de trouvailles et de séquences d’anthologie ; Teen wolf (1985) avec Michael J. Fox en adolescent mal dans sa peau, suivi de Teen Wolf Too (1987) qui se contente de reprendre la même intrigue sans grande conviction ; ou Waxwork (1988) d’Anthony Hickox qui réunit, en plus du loup-garou, les grandes figures de l’épouvante (Jack l’éventreur, Dracula, la Momie, etc.). En 1992, Francis Ford Coppola se met en tête de dépoussiérer les trois monstres sacrés que sont le loup-garou, Dracula et Frankenstein. Il abandonne le premier (qui deviendra Wolf – 1994), se contente de produire le second qui échoue à Kenneth Branagh (1994), pour se concentrer sur l’essentiel Dracula (1992), sans doute la plus belle adaptation du roman de Bram Stoker à ce jour. Il en profite pour nous y montrer une transformation spectaculaire du célèbre vampire en loup-garou.
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L'appel de la forêt
Malgré toutes ces apparitions, il faut attendre 1994 pour que le loup-garou reprenne enfin du poil de la bête sous l’égide de Mike Nichols qui fait de Jack Nicholson une énième victime lycanthrope, non sans y aller de sa métaphore sur la lutte que chacun doit mener pour sa propre survie, tant sur le plan professionnel que social. Si tout n’est pas du meilleur goût, Wolf reste une œuvre intéressante à plus d’un titre. En 1998 arrive le mal-nommé Frankenstein et le loup-garou qui rassemble en réalité deux moyen métrage de 45 minutes chacun (Frankenstein reborn de Julian Breen et Werewolf reborn de Jeff Burr) qui n’ont aucun rapport l’un avec l’autre, si ce n’est qu’ils sont produits par Full Moon. Le segment consacré au loup-garou, supposé réinventer la légende, n’apporte pas grand-chose et se contente de suivre les traces des films d’Universal.
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Chiens de guerre
En 2000, Ginger snaps de John Fawcett utilise le concept du loup-garou pour mettre en relief la difficulté du passage à l’âge adulte pour deux sœurs. Une lente métamorphose qui s’appuie sur un scénario habile démontrant qu’une absence de moyens n’a aucun rapport avec la qualité d’un film. Deux suites moins convaincantes verront le jour en 2004,  Ginger snaps : résurrection et Ginger snaps, aux origines du mal. Un peu plus de moyens pour Neil Marshall en 2002 qui nous concocte une pellicule tout bonnement remarquable. Inattendu, gore, virevoltant et plein d’audace, Dog soldiers combine l’horreur à l’action en un cocktail qui force le respect, non sans réveiller le fan d’hémoglobine qui sommeille en nous.
Après une prestation dans L’étrange noël de monsieur Jack (1994), le loup-garou revient le temps d’une courte scène irrésistible aux côtés de Tim Burton dans Big fish (2003). Puis Len Wiseman nous propose une relecture complète du mythe avec l’indispensable Underworld (2003) qui place son récit au cœur d’une guerre immémoriale opposant vampires et loups-garous. Trois films viendront compléter la saga : Underworld : évolution (2006), Underworld : rise of the lycans (2009) et le futur Undeworld 4 (2011) (cf. dossier Vampires).
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Le réveil de la bête
Tandis que l’espagnol Paco Plaza réalise le vivifiant L'enfer des loups (2004), Stephen Summers s’attaque au plus grand chasseur de monstres du 7ème art dans Van Helsing (2004) dans lequel nous croisons aussi Frankenstein et Dracula. Un métrage en demi-teinte qui peine à trouver son rythme et son public. Après un bref détour par l’école des sorciers et son lupus dans Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban (2004) d’Alfonso Cuaron, nous retrouvons un des maîtres de l’horreur – Wes Craven – aux commandes du regrettable Cursed (2005). Si les loups-garous de Twilight s’inscrivent dans la lignée des lycanthropes passés, ils le font avec une certaine grâce et une bonne pincée d’inédit à même d’en garantir l’intérêt.
Enfin le loup-garou est revenu à la vie par la grande porte à l'occasion de The Wolfman (2010) de Joe Johnston, remake du film originel de 1941 avec Benicio Del Toro dans le rôle de Lawrence Talbot. Injustement décrié, The Wolfman est pourtant une incontestable réussite, en particulier dans sa version "Director's Cut". Fidèle à l'esprit du chef-d'oeuvre de George Waggner, renouant avec la superbe narrative et visuelle d'un Dracula (1992), nous avons là un formidable hommage qui mérite largement le détour, contrairement à ce que l'on peut entendre ici ou là. Quoiqu'il en soit, et avec l'arrivée prochaine des deux derniers Twilight, le loup-garou n’est donc pas prêt de quitter nos salles obscures pour le pire (parfois) et pour le meilleur (souvent), et c’est bien là son moindre atout.
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Vous voulez en savoir plus ?
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Loup-garou : mythes, légendes & réalité
Il est admis dans la plupart des légendes et folklores mondiaux que le loup-garou – ou lycanthrope – est un humain capable de se transformer en loup, ou en une créature anthropomorphe possédant de multiples caractéristiques physiques propres au loup (poil, griffes, crocs, oreilles). Le nom « loup-garou » vient du vieux français « leus warous » que l’on pourrait traduire par « homme loup ».
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Vox populi
A en écouter la croyance populaire, un humain souffrant de lycanthropie se transforme en un loup monstrueux à chaque pleine lune. Dès lors il chasse et attaque sans merci ses victimes, incapable de contrôler ses faits et gestes. Les loups-garous aiment la chair fraîche, et sont réputés pour étrangler le bétail, les chiens et les hommes, avec une nette préférence pour les enfants, dévorant ensuite leurs victimes. D’une grande férocité et d’une agilité hors du commun, un loup-garou peut faire des dégâts considérables en un temps record, d’autant qu’il est très difficile à combattre, et possède un pouvoir de guérison remarquable. De manière récurrente dans les légendes ou les fictions modernes, seuls les objets en argent, comme les balles et les poignards, peuvent venir à bout d’un loup-garou.
Le cinéma et la littérature ont largement répandu cette croyance à propos de la faiblesse à l’argent, méthode qui s’impose, dans l’imaginaire collectif, comme la plus concluante et avérée. Mais il existe d’autres. Durant des siècles en Bretagne, il fallait qu’ils soient décapités à la hache ou la faux, et leur corps jeté à la rivière. La sensibilité aux objets religieux (crucifix, eau bénite) est assez récente, les loups-garous étant depuis peu considérés comme des créatures du Diable.
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Folklore et traditions
Si on retrouve un point commun universel au lycanthrope dans l’Europe médiévale – son habitude de dévorer les cadavres fraîchement enterrés – chaque pays et période de l’Histoire possède une approche particulière des loups-garous. Dans la tradition gréco-romaine, on parle de la région montagneuse d’Arcadie, alors peuplée de loups, ou des Neuri, une tribu habitant le nord-est de la Scythie. Dans les mythologies d'Europe du nord et d'Europe germanique, le loup-garou est souvent présent dans les contes à l’image de la saga d’Egill, fils de Grímr le Chauve.
En Europe de l'ouest, nous retrouvons le Wulver, un lycanthrope propre au folklore des îles Shetland (Écosse) ; en Irlande des loups-garous se métamorphosaient durant la fête de Yule ; et en France, bastion d’innombrables légendes lycanthropiques, nous découvrons les Voirloups du Pays d’Othe, la bête du Gévaudan, la bête de Noth dans la Creuse, ou la bête de Sarlat. L’Europe centrale n’est pas en reste avec le Vârcolac roumain ou le Vulkodlak serbe. Il en va de même pour l’Europe de l'est, asiatique et baltique où l’on croise le prince russe Vseslav de Kiev, ou les Vilkacis lettons et lituaniens. Sans oublier les Amériques et le Rougarou de Louisiane, le Loogaroo des Caraïbes, le Jé-rouges haïtien, ou le Lobisón Brésilien.
Le débat sur l’origine des lycanthropes dure depuis des centaines d’années, et voit s’affronter des théories très diverses qui impliquent à la fois des théologiens, des anthropologues, des enquêteurs, des médecins, des occultistes et des spécialistes du loup. Aujourd’hui, la lycanthropie n’est scientifiquement reconnue que comme un symptôme de maladie mentale : la lycanthropie clinique. Mais les croyances restent vives, largement alimentées par le cinéma, la littérature et les légendes locales.
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2 commentaires:

  1. Très bon dossier Thomas, vivemant la 3e partie ;)
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  2. Merci le Critt, voilà qui fait plaisir ! Non seulement un commentaire, mais en plus encourageant et venant de quelqu'un qui connaît aussi bien le genre !

    Plaisir d'offrir, joie de recevoir ^^

    Merci pour les liens tant que j'y suis, You're the Man !
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