dimanche 21 février 2010

Loup-Garou : le dossier poilu - Part 1/3

Né de récits ancestraux remontant aux écrits d’Hérode et de Virgile, le mythe du loup-garou se développe dans l’inconscient collectif au fil des siècles et au grès des histoires que chaque peuple se transmet de génération en génération (cf. encadré). Aujourd’hui c’est le cinéma qui se charge, depuis sa création, d’entretenir la légende au travers de films dont certains ont redéfinis les contours de la lycanthropie.
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Dès 1913, Henry McRae réalise le court métrage The werewolf dans lequel une jeune squaw Navajo revient à la vie sous la forme d’un loup pour traquer la réincarnation de son assassin. En 1935, Stuart Walker signe Le monstre de Londres pour le compte du studio Universal , film qui s’inscrit comme le point de départ d’une nouvelle mythologie plus codifiée et complexe, et dont les traditions sont toujours d'actualité, du moins dans la majorité des productions lycantropiques.
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Depuis le succès de Dracula et Frankenstein (1931), Universal sait combien les films d’épouvante attirent les foules. En 1941, le studio produit Le loup-garou que met en images George Waggner. Le rôle-titre est tenu par Lon Chaney Jr. qui prête ses traits au personnage de Larry Talbot qui, mordu par un loup, se transforme en un loup-garou sanguinaire et brutal. Une condition qu’il n’accepte pas et dont il cherche à se guérir ou se délivrer. Ce film est capital pour la mythologie des lycanthropes puisqu’il en définit les fondations, les contours et les figures imposées. Ainsi il n’est plus question d’un banal loup, mais d’un être se déplaçant sur ses deux jambes, et dont le corps est entièrement recouvert de poils, laissant apparaître des yeux luisants, et des griffes et des crocs acérés. Il en va de même quant à son élimination qui repose sur l’utilisation d’un objet en argent (ici une canne).
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Universal et méchant
Nous retrouvons de Larry Talbot en 1943 dans Frankenstein rencontre le Loup-garou de Roy William Neill. Miraculeusement conservé dans la glace, le corps du monstre de Frankenstein (Bela Lugosi) est découvert par Talbot (Lon Chaney Jr.), à la recherche du docteur dans l’espoir d’être soigné. Si la réussite graphique de l’ensemble est indéniable, la rivalité entre les deux stars pèse sur le climat général. Reste qu’Universal offrira trois autres apparitions au loup-garou à l’occasion de La maison de Frankenstein (1944), La maison de Dracula (1945) et Deux Nigauds contre Frankenstein (1948), film parodique qui clôt le cycle. A noter la sortie de La fille du loup-garou (1944) qui met en scène une louve-garou. Et comment ne pas citer le poétique et enivrant La belle et la belle (1946) de Jean Cocteau qui, sans qu’il soit explicitement question d’un loup-garou, n’en reste pas moins rattaché au genre, proposant une vision onirique de la bête.
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American Graffiti
Durant les années 50, le monde baigne dans le rock’n’roll et une certaine insouciance héritée de la Seconde Guerre Mondiale. Les comics et leurs héros sont en pleine expansion, et les pin-up envahissent les couvertures de magazines. L’émergence de cette nouvelle culture se retrouve au cinéma où les producteurs misent davantage sur le contenu que le contenant, aboutissant à des films sans grande saveur, conçus pour répondre aux attentes du public. C’est le cas de I was a teenage werewolf (1957) de Gene Fowler Jr. où un adolescent devient un loup-garou par la faute d’un hypnotiseur, tandis que l’indigeste How to make a monster (1957) d’Herbert Strock voit deux comédiens se transformer en monstre de Frankenstein et en loup-garou suite à la malveillance d’un maquilleur remercié par ses employeurs. En 1961 c’est au tour de Terence Fisher, maître de l’épouvante à l’anglaise, d’entrer dans la danse avec La nuit du loup-garou dans lequel les origines de la bête ne sont plus une morsure, mais le fruit d’une étrange malédiction. Dès lors, et malgré une violence exaltée teintée de cruauté, il s’agit avant tout de la solitude d’un homme incapable de s’accepter. Il en résulte un film remarquable sur le plan pictural et dramatique, à même de raviver le mythe.
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Le train des épouvantes
Une renaissance qui ne fait pas que des heureux comme le prouve Freddie Francis en 1965 avec Le train des épouvantes et son sketch Werewolf centré sur une louve-garou, puis en 1975 avec La légende du loup-garou, remake vaguement inspiré de La nuit du loup-garou prenant pour héros un Mowgli belliqueux, élevé par une louve. Enfin citons pêle-mêle diverses productions dispensables de la fin des seventies telles Face of the screaming werewolf (1964), Werewolves of wheels (1971), The boy who cried werewolf (1972), Blood (1972), The rats are coming ! The werewolves are here ! (1972), Le loup-garou de Washington (1973) ou encore Le mystère de la bête humaine (1973).
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C’est en Espagne que le loup-garou se trouve une seconde jeunesse avec El castillo de los monstruos (1958, 1964), La loba (1965), ou Les vampires du docteur Dracula (1968), ce dernier étant le premier volet d’une longue saga baptisée La marca del hombre lobo, dont le héros est Waldemar Daninsky (Paul Naschy, récemment disparu). Développée sur douze opus, le dernier en date étant sorti en 2004 (Tomb of the werewolf), elle rassemble des films comme Doctor Jekyll and the werewolf (1972), Dans les griffes du loup-garou (1975) ou Lycantropus : the moonlight murders (1996).
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Dans la gueule des loups
A l’aube des années 80, et après une période de flottement, le loup-garou retrouve les faveurs des producteurs et du public, jusqu’à devenir aussi populaire que les morts-vivants. Un regain d’intérêt justifié par la sortie de deux films devenus cultes : Hurlements (1981) de Joe Dante et Le loup-garou de Londres (1981) de John Landis.
Hurlements nous narre les mésaventures d’une jeune journaliste enquêtant sur un tueur en série avant de se faire mordre par un loup-garou, blessure qui la transforme à son tour. Contrairement à ses prédécesseurs, Joe Dante abandonne le principe des images en surimpressions du comédien à différents stades du maquillage, au profit d’une métamorphose en direct et en gros plan de certaines parties du corps (mains, oreilles). C’est Rick Baker, spécialiste des maquillages de singe et autres animaux à fourrure, qui se charge de créer les effets spéciaux, tout en travaillant sur Le loup-garou de Londres.
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Hommage Hurlant
Pour la petite histoire, la plupart des personnages d’Hurlements portent le nom de réalisateurs de films de loup-garou : George Waggner (Le loup-garou – 1941), Roy William Neill (Frankenstein rencontre le loup-garou – 1943), Erle C. Kenton (La maison de Frankenstein – 1944, La maison de Dracula – 1945), Sam Newfield (The Mad Monster – 1942), Lew Landers (The Return of the Vampire – 1944), Charles Barton (Deux Nigauds contre Frankenstein – 1948), Terence Fisher (La nuit du loup-garou – 1961), Jerry Warren (Face of the screaming werewolf – 1964) et Freddie Francis (Le train des épouvantes – 1965 et Legend of the Werewolf – 1975). A ce jour, la saga Hurlements court sur sept volets réalisés entre 1981 et 1995, l’intérêt allant decrescendo malgré de bonnes trouvailles et la présence de Christopher Lee dans le second.
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Garou des villes
Là où Joe Dante reste dans l’horreur, Le loup-garou de Londres de John Landis alterne l’effroi et l’humour en un cocktail savamment dosé. Le loup-garou devient une entité à part entière, tandis que l’obscurantisme et les légendes tziganes des débuts sont abandonnés pour laisser place à une vision plus contemporaine et ancrée dans l’époque. Le succès du film appelait logiquement une suite développée par Landis avec une femme retrouvant la trace de David à Paris.
Titré Le loup-garou de Paris, le postulat de départ peine à convaincre les producteurs qui enterrent le projet. John Landis se consolera en mettant en scène Michael Jackson en loup-garou dans l’incroyable Thriller (1983). Reste que Le loup-garou de Paris verra finalement la lune en 1997 sous la direction d’Anthony Waller, qui ne conserve presque rien de la trame imaginée par Landis, totalement écarté du film. Le résultat est pour le moins navrant.
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En compagnie des loups
Mais revenons à l’année 1981 qui n’en a pas fini avec la lycanthropie puisque les salles obscures accueillent Le club des monstres de Roy Ward Baker, Full Moon High de Larry Cohen et Wolfen de Michael Wadleigh. Le premier rassemble Vincent Price, John Carradine et Donald Pleasance pour un film qui se laisse voir. Le second est une parodie potache à tendance vaudeville, qui reprend les codes du genre pour mieux s’en amuser. Le troisième, adaptation du roman éponyme de Whitley Strieber (1978), a la particularité de prendre le point de vue des « wolfen », des loups intelligents habités par les esprits des indiens chassés de leur territoire, et qui arpentent les rues de New York en quête de vengeance. Autre adaptation littéraire en 1984 avec La compagnie des loups de Neil Jordan, qui revisite le conte du Petit chaperon rouge à la sauce loup-garou.
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Guide de Lecture
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