dimanche 27 septembre 2009

Dans l'espace profond de l'Univers Etendu - Part 5/6

Si les Aliens sont connus pour leurs exploits cinématographiques, c’est pourtant sous la forme de comics qu’ils sont le plus répandus. Des mini-séries les mettant en scène seuls à celles les opposant à d’autres personnalités (Predator, Batman, Judge Dredd, etc.), ils n’en finissent pas d’envahir vaisseaux, planètes et réalités alternatives à la recherche de victimes à même de perpétuer leur race. Voyage au cœur de la galaxie d’encre et de papier du xénomorphe.
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S’inspirant de Star Wars et des innombrables comics qui en furent tirés, la firme Dark Horse profita de l’engouement suscité par le succès du Aliens (1986) de James Cameron (à noter qu’à compter de ce film, le titre qui apparaît sur l’affiche devient l’emblème de la licence) pour lancer sur le marché les premières BD mettant en scène la créature, et ce sans être convaincu de la viabilité d’une telle démarche. Il faut dire qu’à l’inverse de l’univers établi, codifié et propice aux grandes aventures dépeint par les films de Lucas, les deux Aliens (1979 & 1986) nous présentent un monde sombre, claustrophobe et paranoïaque où l’unique motivation des personnages réside dans la survie (et non le retour de la paix ou la lutte éternelle entre le bien et le mal). Les Aliens sont certes belliqueux, mais ils n’aspirent pas à contrôler ou dominer une espèce. Ils n’attaquent que pour se défendre ou protéger leur espèce. Il semblait donc difficile de faire naître une série régulière en s’appuyant sur des monstres qui ne complotent, ni ne préparent d’invasions majeures et qui paraissent encore moins aptes à élaborer un quelconque plan de bataille.
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One Shot
Afin de vérifier la popularité de la licence, Dark Horse commence par publier de brèves histoires au sein du magazine Dark Horse Presents, sorte de vitrine de la société et laboratoire de test pour toute série « délicate » (comprenez « à la rentabilité non établie »). Plusieurs épisodes verront le jour sous la houlette de divers artistes maisons. Grâce à l’approche guerrière prescrite par James Cameron, les scénaristes parviennent à revisiter le mythe et y apporter des idées nouvelles. Si les Colonial Marines sont souvent au cœur des scénarii (succès du film oblige), c’est bien l’Alien qui s’impose comme la vraie star.
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En novembre 1988 paraît le Dark Horse Present # 24. Il contient l’introduction à une mini-série en six parties (disponible à partir du mois de janvier 1989), signée Mark Verheiden et mise en images par Mark A. Nelson : Aliens – Series I. Situant son action quelques années après Aliens (Alien 3 ne sortira qu’en 1991), elle met en scène le caporal Hicks, seul rescapé de l’escouade de marines, et une Newt âgée de 18 ans. Plébiscitée par le public, une suite voit le jour dès le mois d’août 1989 (avec Denis Beauvais aux dessins). Baptisée Aliens – Series II, nous y retrouvons Hicks et Newt tentant de fuir la terre sur le point d’être submergée par les Aliens. Cette réussite permet aux comics dérivés d’Aliens d’entrer dans le cercle des « séries viables » à même de connaître une publication régulière. Néanmoins, et contrairement aux héros type Spider-Man, établir une continuité stricte parait malaisé. Loin de desservir les titres à venir, le choix d’une distribution sous la forme d’aventures complètes sans lien réel les unes avec les autres offrira des perspectives narratives étonnantes.
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Que la chasse commence
En 1987 John McTierman réalise Predator, donnant naissance à un extraterrestre tout aussi captivant, envoûtant et sanguinaire que l’Alien. Il n’en fallait pas plus pour pousser Phill Norwood, Karl Story et Randy Stradley à imaginer une rencontre au sommet entre les deux prédateurs dès 1989 (idée qui sera reprise en 1992 lors du final de Predator 2). Aliens vs Predator use d’une trame devenue un classique du genre, à savoir une paisible colonie qui voit débarquer des Predators venus chasser des Aliens. Les deux agités de la griffe se retrouveront le temps d’une rixe bien sauvage l’année suivante.
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De leur côté, les Aliens poursuivent leur carrière en solitaire avec Newt’s Tale (1992) qui utilise ce que le scénario original de James Cameron avait laissé de côté, nous permettant d’en apprendre plus sur LV426 et la vie de Newt avant et après la rencontre avec les xénomorphes (ce que nous découvrons partiellement grâce à la version longue d’Aliens).
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Alien’s Hive
En 1993 le troisième opus de trilogie, Alien 3, divise, fascine, révulse, hypnotise et conclu la saga (du moins jusqu’à la résurrection inopinée de Ripley en 1997), tout en renouvelant le mythe d’une fort belle manière. A compter de cet instant, persuadé de tenir là une licence forte, Dark Horse décide de profiter de la Reine aux œufs d’or. Entre 1993 et 1999, pas moins de 38 titres verront le jour, allant du simple one-shot (soit une histoire racontée en un seul numéro telles Stalker, Glass Corridor, Pig, Purge ou Lovesick), à des séries en plusieurs parties (Stronghold, Music of Spears, Female War, Genocide, Labyrinth, Survival, Havoc ou Apocalypse) en passant par un long run en dix parties (Colonial Marines).
N’allez pas croire pour autant que les crossovers soient en reste. De 1993 à 1999, il s’agit principalement d’Aliens combattant des Predators (exception faite de Superman vs Aliens (1996) et Batman vs Aliens (1997)). Durant cette période seront publiées Eternal, Deadliest of the Species, Booty, Xenogenesis, War ou encore Blood Time.
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Versus
Mais dès 1998, les comics Aliens commencent à battre de l’aile et Dark Horse hésite à poursuivre sa folle cavalcade. Décision est prise de se concentrer sur les Versus, genre qui semble remporter l’adhésion du lectorat. La ronde débute par l’improbable Wildcats vs Aliens (1998), puis c’est au tour de Green Lantern vs Aliens et l’inénarrable Witchblade vs Darkness vs Aliens vs Predator : Overkill (2000). Ce dernier utilisant deux personnages phares de l’époque, l’expérience est reconduite en 2001 à l’occasion du tout aussi inutile Aliens vs Predator vs Witchblade vs Darkness : Mindhunter. Et puisque c’est la période des soldes et des croisements inattendus, n’oublions pas un Aliens vs Predator vs Terminator plutôt amusant.
En 2002, les Aliens reviennent en compagnie de Superman pour Superman vs Aliens II : Godwar, avant d’enchaîner en 2003 avec un face à face inédit, Judge Dredd vs Aliens : Incubus.
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Enfin 2004 marque la première confrontation au cinéma entre Aliens et Predator, les comics en profitant pour nous pondre un Aliens vs Predator : Thrill of the Hunt presque plus réussi que le film !
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Dérives & Dérivés
En parallèle aux comics, la licence Aliens se développe sous la forme d'un jeu de rôle et d'un jeu de plateau (accompagné de figurines en métal) publiés en 1991 par Leading Edge Games. Pour mémoire en 1979, la firme Kenner (principalement connue pour ses figurines Star Wars) avait distribué un jeu de plateau tiré du Alien de Ridley Scott (1979). En 2001 HarperPrism profite de l'engouement autours des jeux de cartes à collectionner type Magic pour nous livrer un Aliens vs Predator particulièrement efficace. Offrant la possibilité de prendre le contrôle d'une ruche Alien, d'un Predator ou d'une escouade de Marines, le jeu rencontre un succès mérité qui lui permet d'accueillir une extension courant 2002, Aliens Ressurection.
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Le Pixel de la Guerre
Mais tout ceci n'est rien face aux diverses adaptations vidéoludiques qui ont largement contribuées à l'entretient du mythe. Dès 1983, Fox Games édite un Alien sur Atari 2600, petit jeu composé de quatre niveaux dans l'esprit de Pacman. En 1984 c'est Argus Press Software qui fait son jeu Alien s'appuyant sur des textes pour ZX Spectrum, Commodore 64, Amstrad CPC et Apple IIe.1987 voit débarquer dans les salles obscures le Predator. Aussitôt Activision nous pond une adaptation sur Commodore 64/Amiga en forme de shoot simpliste mais divertissant.
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1987 toujours avec l’arrivée de deux titres presque identiques, tout du moins dans leur conception. Avec Aliens, développé par Square pour la MSX, nous retrouvons une Ripley cherchant à annihiler le maximum de xénomorphes dans un jeu de shoot à l’horizontal. Même approche, même personnage (aidé d’une poignée de Marines importés du film éponyme) et même punition avec Aliens (la diversité des titres est remarquable) de Software Studios, disponible sur ZX Spectrum, Commodore 64/Plus 4, Amstrad CPC et MSX.
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Pourquoi changer un concept qui fonctionne et a fait ses preuves ? Le studio Konami l’a bien compris lorsqu’il sort en 1990 une borne d’arcade Aliens (sic). Une fois encore il s’agit d’un shoot à l’horizontal dans lequel vous contrôlez Ripley ou Hicks en route pour affronter la terrifiante Reine Mère. Pour l’anecdote, sachez que Paramount a produit un Xénomorphe (1990) sur Commodore 64 qui, à défaut de bénéficier de la licence Aliens, en reprend les grandes lignes dans un shoot à la première personne (soit un FPS ou Doom-Like) bien moche.
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La chasse est ouverte
La sortie d’Alien 3 (1992) sur les écrans précipitent les choses. Le premier sang est versé par Sega qui sort une borne d’arcade Alien 3 (1993) équipée de répliques d’armes vous permettant d’exterminer la fiente extraterrestre comme de vrais Marines. Puis Arena Entertainment nous confectionne les jeux officiels d’Alien 3 pour Commodore 64/Amiga, Sega Megadrive/Gamegear, SNES et Nintendo (en clair, tout le monde y a droit !). Enfin 1993 se termine en beauté avec le Alien vs Predator de Capcom, un beat’em all délirant où nous pouvions prendre le contrôle d’un Predator ou d’un Marines. A noter qu’en 1991, Konami réalise le shoot Predator II sur Commodore 64/Amiga.
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Mais la vraie claque arrive en 1994 lorsque Atari, Fox et Rebellion déboulent avec Alien vs Predator sur Atari Jaguar. Doom-like jubilatoire, vous pouvez y incarner au choix un Marine, un Alien ou un Predator. Devenue une référence incontournable toujours citée en exemple aujourd’hui, il allait entraîner la licence vers des sommets insoupçonnés.
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Comic Book Adventure
En 1995 Cryo Interactive termine Aliens : A Comic Book Adventure, jeu d’aventure en Point & Click il reste un modèle du genre de part ses qualités graphiques et scénaristiques indéniables. Autre succès colossal, Alien Trilogy de Fox Interactive (1996) qui revisite la trilogie à l’occasion d’un FPS nerveux, prenant et réservant de belles frayeurs sur PlayStation et Saturn. Un souffle que ne retrouvera pas Fox lors d’un Alien Ressurection (2000) manqué. Même constat pour Aliens vs Predator Extinction (2003), un jeu de stratégie hors sujet sur PS2 et XBox.
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L’honneur est sauf
En 1999, Rebellion est de retour avec le FPS Aliens vs Predator sur PC. A l’instar de la Jaguar, il est possible de choisir un des trois camps dans un jeu qui s’inscrit, dès sa sortie, comme la nouvelle référence du genre. Angoissant, stressant, fidèle à l’esprit des films et franchement réjouissant, AvP est une réussite totale (ou presque). Aliens vs Predator 2 est développé en 2001 et parvient à repousser les limites du plaisir de jeu tout en conservant le principe de base. Une extension, Primal Hunt, viendra compléter un tableau de chasse glorieux en 2002, faisant d’AvP (version PC) une série indispensable qui devrait prochainement voir venir un troisième opus.
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En conclusion, et comme le disait mon grand-père : « C’est au nombre de produits dérivés que l’on peut mesurer l’importance et l’impact d’une chose. » A n’en pas douter, l’impact des Aliens et du Predator n’a pas fini de faire des vagues, de connaître des adaptations diverses et variées sur moult supports et nous d’en entendre parler.
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2 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci encore. Difficile de ne plus être au courant désormais.

Thomas Debelle a dit…

Salut Anonyme !

Très heureux de voir que ce dossier Alien semble t'avoir passionné ! Je suis moi-même un fan inconditionnel de la saga, et tes nombreux commentaires sur l'ensemble des dossiers composant ce cycle sont aussi pertinents qu'appréciables !

Merci encore du temps que tu as pris pour commenter tout ça et à très bientôt j'espère sur le Plan 9 ;p