lundi 1 juin 2009

Les Vampires : Evolution d'un mythe - Part 11/12

Depuis des siècles nous les craignons. Depuis des siècles ils terrent dans l’ombre de nos angoisses. Depuis plus d’un siècle ils s’exposent sur nos écrans à la fois terrifiants, charmeurs, assassins et envoûtants. A n’en plus douter les vampires sont parmi nous et ils ont de multiples visages.
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Lors de sa première apparition majeure sous l’objectif de F.W. Murnau en 1922, le vampire adopte un physique monstrueux et repoussant en totale adéquation avec l’image que l’on s’en fait. Hypnotique, déroutant, tourmenté, Nosferatu est une bête se terrant dans l’ombre, attendant patiemment la venue d’une victime dont la curiosité imprudente entraîne l’anéantissement. Il n’a rien de social ou d’amical, simplement guidé par sa soif de sang et la convoitise qui l’anime. Pourtant au-delà de ce portrait manichéen se dessine déjà le devenir d’une entité qui cherche désespérément à être autre chose qu’un vil prédateur.
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Vampire Classic
C’est ainsi que Tod Browning et Bela Lugosi, s’inspirant du roman éponyme de Bram Stoker écrit en 1897, nous exposent avec Dracula (1931) une vision plus humaine et mondaine mais toute aussi vénéneuse. Avec ce film le vampire abandonne son linceul mortuaire pour le manteau de la civilité. Théâtral, exubérant dans ses attitudes et baroque dans sa tenue vestimentaire, il reste un être à part, difficile à situer dans le temps et à prendre au sérieux car trop caricatural.
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Le marteau et l’enclume
Il faut attendre la sortie du Cauchemar de Dracula (Horror of Dracula) en 1958 pour y découvrir un vampire plus réaliste dans son comportement tout en conservant le mystère qui entoure son existence. Christopher Lee est un point de non-retour entre l’antique et le moderne tant son interprétation tourne définitivement le dos aux terreurs d’antan. Le studio Hammer, s’il entretient la légende horrifique, y ajoute une dose de crédibilité en présentant le vampire comme une menace évidente, non par sa ressemblance avec une quelconque créature maléfique mais par le parallèle criant qu’il suggère avec l’homme. Sexualité débridée, soif de conquêtes, quête du pouvoir, tels sont les ambitions du vampire version sixties/seventies, miroir d’une société en pleine mutation et dont il incarne les interdits que l’on rêve de dépasser.
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Entretien avec des vampires
1976 est une année cruciale qui voit la naissance d’un nouveau genre d’enfants de la nuit. Avec Entretien avec un vampire, Anne Rice signe un roman dense, complexe et foisonnant dans lequel elle explore une société vampirique vivant depuis des siècles en marge de la nôtre. Il est loin le temps du vampire arpentant caves et donjons à la recherche du voyageur égaré. Lestat et consorts s’imposent comme la prochaine étape de notre évolution. Tour à tours raffinés, cruels, décadents, inspirés, grotesques ou troublants, ils symbolisent une liberté que l’on imagine totale mais que Rice présente comme une damnation. Le mot est lâché ! Les vampires sont maudits, condamnés à errer sans fin sur notre terre, à se cacher en raison de leurs faiblesses et se nourrir d’êtres humains considérés comme du bétail. Faisant voler en éclat l’imagerie traditionnelle du vampire, Anne Rice en propose une vision inédite, jusqu’au-boutiste et d’une puissance rare.
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Désormais les vampires ne sont plus de lointains cousins des chauves-souris dont ils partageraient la tanière, mais bien des créatures torturées, prisonnières d’une condition peu enviable et témoins privilégiés d’une humanité moribonde dont ils aiment à se repaître. Le film qui en sera tiré en 1994 par Neil Jordan rend hommage au livre, tout en offrant aux vampires une tribune internationale qui marquera instantanément le grand public.
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Les Enfants de la Nuit
Le cinéma répercute cette évolution nécessaire et salvatrice avec une certaine réussite (Génération Perdue – 1985, Aux frontières de l’aube – 1987), déclenchant une vague de sympathie et d’intérêt pour cette espèce. En 1991 le jeu de rôle Vampire la Mascarade enfonce le pieu et reprend à son compte les écrits d’Anne Rice. Une réussite sans précédent dans le domaine qui conduit à une adaptation télévisée sous le titre Kindred : The Embraced (1996).
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Neuromantik
A l’aube du nouveau millénaire, nulle ne voit plus les vampires comme de banals suceurs de sang. Si en 1992 Dracula se paie le luxe d’une production grandiloquente où il retrouve toute la magie de ses illustres prédécesseurs, l’heure n’est plus au classicisme. Du coup Gary Oldman compose un comte alternant bestialité et douceur avec une verve surprenante de justesse. Les deux approches semblent devoir cohabiter sans jamais se faire défaut. Son Dracula, bien que situé dans le passé, est résolument contemporain pour ne pas dire avant-gardiste tant son charisme, sa physionomie et surtout son romantisme en parfont l’aura, le rapprochant ostensiblement de Lestat.
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Next Generation
Un parfum que l’on retrouve sur Angel, vampire humaniste qui finit par se ranger du côté des humains, luttant désespérément contre ses instincts dans l’espoir d’une non vie meilleure. Une dualité qui marque la troisième évolution du mythe dont Blade (1998) et Selene (Underworld – 2003) deviennent les porte-drapeaux. Tous deux sont des chasseurs, des guerriers lancés dans un conflit fratricide pour la sauvegarde des humains (Blade) ou la survie des vampires (Sélène). Là il n’est plus question de sang, de victimes et de crocs, mais d’êtres aux capacités hors normes luttant pour un idéal. Ancrés dans le 21ème siècle, ils ne partagent aucun trait avec leurs ancêtres à l’exception des canines. Rapides, mortels, déterminés et combatifs, ils sont la nouvelle génération.
Une génération qui doit aujourd’hui cohabiter avec une relève – incarnée entres autres par Edward Cullen (Twilight – 2008) – qui aspire à renouer avec le romantisme d’antan. Une recette qui a déjà fait ses preuves et qui continue de recevoir un large écho auprès des amateurs.
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Oraisons funèbres
Si l’image du vampire et son profil ont énormément évolués au fil des années, il en va de même pour ses faiblesses et ses pouvoirs surnaturels. Ainsi on lui prête facilement une aversion certaine pour l’ail qui l’indispose, tradition tombée depuis en désuétude et dorénavant réservée à un traitement comique ou classique du vampire. L’eau bénite le blesse comme de l’acide. Il ne peut franchir l’eau courante ni le seuil d’une maison sans y être invité. Son immortalité n’est déjouée que par un pieu dans le cœur, une décapitation ou l’absorption de sang mort qui a l’effet du poison. Il peut prendre différentes formes animales allant du loup à la chauve-souris en passant par le rat, sans oublier sa capacité à devenir brume. A ces commandements ajoutons l’impossibilité d’avaler autre chose que du sang frais, la nourriture et l’alcool devant être régurgités quelques heures seulement après ingestion. Des déficiences qui sont autant de moyens de protection.
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Le Petit Helsing Illustré
Si la plupart de ses restrictions sont observées avec plus ou moins de rigueur dans les romans et les films, il en va tout autrement des points suivants dont l’application est laissée à la discrétion de l’auteur/réalisateur. Dès lors l’absence de reflet dans les miroirs n’est usitée que lorsqu’elle sert le récit, le reste du temps le vampire parvenant à se regarder. Idem pour les crucifix qui les repoussent (voire les brûlent) ou deviennent sujet de moqueries de la part de vampires déclarant aimés les contempler. L’anéantissement résultant d’une exposition au soleil est apparu en 1922 dans le Nosferatu de F.W Murnau avant de s’imposer comme un principe majeur de destruction vampirique. Cette règle, que l’on pense à tort être un antique héritage, est remise en doute régulièrement, certains vampires n’étant que diminuer sous la lumière solaire.
Reste que tous possèdent une force colossale, un charisme hypnotique leur permettant de prendre facilement le contrôle d’un esprit faible, et surtout une libido exacerbée impliquant la présence du sang en abondance.
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Renaissance Eternelle ?
Au fil des années, le mythe a su se transformer pour élargir son champ d’action et ses capacités narratives. De la créature difforme de ses débuts jusqu’au prédateur sautillant, les vampires sont parvenus à écrire leur propre histoire dans laquelle ils ne sont plus simplement des monstres sans âme ni sentiment. Reste à savoir qu’elle sera la prochaine étape ? « Donc, belle dame, vais-je te faire vivre pour toujours ? Oui ? J’en suis heureux. Prends mon bras, ma chère. As-tu peur à présent ? Tu devrais. » (Vampire la Mascarade).
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Evolution du mythe à travers les âges
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Nom : Nosferatu
Première apparition : Nosferatu (1922)
Interprète : Max Schreck
Signes Particuliers : Un physique repoussant doublé d’une attitude et d’une présence dérangeante. Le vampire est encore très proche de légende populaire qui le présente comme une bête assoiffée de sang. Depuis ce type de vampire apparaît lorsqu’il est question d’en montrer une branche sauvage et sans pitié.
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Nom : Dracula
Première apparition : Dracula (1931)
Interprète : Bela Lugosi
Signes Particuliers : Un bel homme au regard aussi troublant qu’envoûtant. S’appuyant sur son pouvoir hypnotique et son charisme, le vampire devient mondain et charmeur bien que résolument attaché au folklore qui est le sien. Une étape transitoire qui démontre le besoin du vampire de s’émanciper de sa réputation de monstre. A noter l’absence de crocs.
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Nom : Dracula
Première apparition : Le Cauchemar de Dracula (1958)
Interprète : Christopher Lee
Signes Particuliers : Plus noble et imposant, le vampire devient un être déviant, poussé par sa soif de sang mais aussi de conquêtes tant amoureuses que territoriales ou assassines. Si nous retrouvons encore la cape et l’horreur sanguinolente, il est désormais question d’un prédateur manipulateur, froid et implacable.
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Nom : Lestat
Première apparition : Entretien avec un vampire (1976)
Interprète : Tom Cruise (1994) / Stuart Townsend (2002)
Signes Particuliers : En rupture avec son passé populaire, le vampire vit parmi les hommes qu’il côtoie et dont il se nourrit avec une délectation évidente. Néanmoins il apparaît plus torturé et marqué par une vie d’éternité dont la saveur disparaît pour ne laisser que la solitude.
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Nom : David
Première apparition : Génération Perdue (1987)
Interprète : Kiefer Sutherland
Signes Particuliers : Le passé appartient au passé ! Cette génération est pleine de révolte, gorgée de doutes et guidée par une soif impossible à étancher. Blousons noirs et grosses cylindrées, les vampires se mettent au goût du jour et brûlent les icônes d’antan.
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Nom : Dracula
Première apparition : Dracula (1992)
Interprète : Gary Oldman
Signes Particuliers : Bien que très attaché à ses racines classiques, ce Dracula se veut résolument contemporain, mêlant avec passion le romantisme et la bestialité, l’amour et la mort, le bien et le mal. Etre raffiné et poétique, il est aussi terrifiant qu’il fascine. Une fascination morbide qui fait le lien entre l’ancien et le moderne, ce Dracula devenant le pont entre les générations.
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Nom : Angel
Première apparition : Buffy contre les vampires (1997)
Interprète : David Boreanaz
Signes Particuliers : Devenu un beau gosse au charme évident, le vampire a définitivement rompu ses attaches avec l’ancien monde. Certes il est encore sujet à certaines contraintes d’ordre techniques (feu, soleil, crucifix, etc.), mais il n’est plus simplement guidé par sa soif de sang. Aspirant à être bien plus, il tente de trouver un sens à sa non vie.
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Nom : Blade
Première apparition : Blade (1998)
Interprète : Wesley Snipes
Signes Particuliers : Mi-homme mi-vampire, il est à la frontière des deux mondes. Un guerrier espérant ne pas avoir à succomber à la bête et bien décidé à éradiquer la vermine qui subsiste dans les bas-fond. Rapide, nerveux, électrique, high-tech, tourmenté, usant de ses pouvoirs pour faire le bien, Blade est le vampire moderne dans toute sa splendeur.
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Nom : Selene
Première apparition : Underworld (2003)
Interprète : Kate Beckinsale
Signes Particuliers : Déterminée à éradiquer ses ennemis jurés que sont les loups-garous, Selene est un vampire en guerre contre sa nature. Romantique autant que combative, elle n’a rien en commun avec ses ancêtres réfugiés dans un château lugubre, arpentant les couloirs drapés dans une cape. Belle, vénéneuse, sensuelle et mortelle. Quand la belle masque la bête.
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Nom : Edward Cullen
Première apparition : Twilight (2008)
Interprète : Robert Pattinson
Signes Particuliers : Membre de la famille vampirique connue sous le nom de Clan Cullen, Edward possède un don de télépathe et une force surhumaine. Devenu vampire en 1918, il vit au milieu des humains qui ignorent tout de sa nature jusqu’au jour où il rencontre Bella, une humaine dont il tombe éperdument amoureux. Un amour impossible auquel il ne peut pourtant tourner le dos.
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