dimanche 26 avril 2009

Les Vampires dans la maison Hammer 2 - Part 6/12

Après une carrière émérite aux Etats-Unis sous la coupe du studio Universal, Dracula traverse l’atlantique en 1958 pour trouver refuge au cœur de la maison Hammer, célèbre pour ses productions horrifiques baignant dans un sang rouge écarlate. Une nouvelle ère d’épouvante venait de débuter. Mais à l'aube des années 70, le manteau de la Hammer commence à baigner dans un sang impur.
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En 1970 les signes d'une faiblesse à venir deviennent plus évidents lorsque Peter Sasdy nous livre Une Messe pour Dracula (Taste the Blood of Dracula). Originellement le film ne devait pas utiliser Dracula, mais face à l’insistance de Christopher Lee, la Hammer décide d’en modifier le scénario. Obscure histoire de vengeance dans laquelle le vampire traque les assassins de son serviteur, Une Messe pour Dracula (1970) parvient tout juste à renouer avec la profondeur des opus passés. On retient l’aspect manipulateur du Comte (qui use de ses pouvoirs pour pousser des innocents à tuer pour son lui) et sa destruction très religieuse.
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Premières Cicatrices
La même année déboule Les Cicatrices de Dracula (Scars of Dracula) de Roy Ward Baker qui opère un juste retour sur l’œuvre originale (Dracula se déplaçant le long des murs du château). Christopher Lee revient pour la énième fois d’entre les morts grâce au sang d’une chauve-souris avant de se lancer dans un carnage en règle. Véritable tournant dans la saga, Les Cicatrices de Dracula (1970) joue clairement la carte du gore à outrance (chauve-souris dévorant un visage, corps débité en morceaux, immolation) et de l’érotisme patenté. Des dérives destinées à satisfaire un nouveau public pas toujours au fait du mythe mais avide de sensations fortes et charnelles.
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En quête de sang neuf
Désireux de rajeunir son image et de moderniser ses productions, la Hammer se met en tête de produire des films novateurs tant dans le ton que les décors, les costumes et les personnages mis en scène. Si tout le monde s’accorde à penser que Dracula doit prendre un repos bien mérité, cela n’inclue pas la société vampirique dans son ensemble. Aussi The Vampire Lovers (1970) de Roy Ward Baker s’inspire de l’autre monument littéraire vampirique, le Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu (1872). Ingrid Pitt y prête ses formes généreuses – et largement exposées – à Carmilla, comtesse vampire enivrante. Nous la retrouvons l’année suivante dans La Comtesse Dracula (Countess Dracula – 1971) de Peter Sasdy ou l’histoire d’Elizabeth Bathory, figure emblématique du mythe. Jimmy Sangster, scénariste du Cauchemar de Dracula (1958), dirige Lust for a Vampire (1970) qui revient sur le personnage de Carmilla (ici incarnée par Yutte Stensgaard) le temps d’un métrage centré sur l’appétit saignant de la vampire dans un pensionnat de jeunes filles.
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Puis c’est au tour de John Hough de s’attaquer au genre lors des Sévices de Dracula (Twins of Evil – 1971) avec Peter Cushing dans le rôle d’un prêtre tentant de sauver ses nièces des crocs du cruel Comte Karnstein (Damien Thomas) désireux d’en faire ses servantes. S'ajoute Vampire Circus (1972) de Robert Young ou l’histoire d’un cirque maléfique arrivant dans un village maudit 50 ans plus tôt pour avoir tué un vampire. Enfin Capitaine Kronos, tueur de Vampires (Captain Kronos, Vampire Hunter – 1974) de Brian Clemens nous conte les exploits douteux d’un chasseur de vampires surnommé Captaine Kronos et clôt cette série aux canines proéminentes.
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Vampires d'Espagne
A toutes ses productions Hammer s’ajoutent une pléthore de titres à l’intérêt discutable (et sans lien avec les anglais) dont une majorité signés Jesus Franco, nabab du nanar érotique espagnol. On lui doit L'héritière de Dracula (Vampyros Lesbos – 1970), Dracula prisonnier de Frankenstein (Dracula contra el Dr Frankenstein – 1971), La Fille de Dracula (1972), Les Avaleuses (1973), sans oublier Les Nuits de Dracula (Count Dracula – 1970) avec Klaus Kinski et Christopher Lee dans le rôle du Comte ! Un film qui tente maladroitement de coller au livre de Stoker sans conviction. Pour l’anecdote un improbable Dracula Vs. Frankenstein voit le jour en 1971. Effrayant de nullité !
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Le Retour du Prince
En 1972 la Hammer veut appliquer son nouveau traitement horrifique à un de ses personnages phares : Dracula. Elle confie la réalisation du septième épisode à Alan Gibson avec pour mission de réactualiser le mythe et le faire entrer dans les seventies. Pour s’assurer du succès de l’entreprise, Christopher Lee et Peter Cushing reprennent leurs rôles respectifs. Dracula 73 (Dracula A.D. – 1972) situe son action au coeur des années 70 sur fond de musique disco. Après une courte introduction engageante, la suite sombre dans la parodie compulsive teintée de grand guignol. Au final seule la présence des deux stars au générique garantie le divertissement et nous pousse à suivre cette aventure peu concluante.
Cela n’entame pas le moral de la Hammer qui conserve la même équipe sur Dracula vit toujours à Londres (The Satanic Rites of Dracula – 1974). Alan Gibson est derrière la caméra filmant Cushing et Lee qui tentent laborieusement de nous faire croire à cette histoire de culte satanique présidé par Dracula. Petit budget et petites ambitions pour une catastrophe prévisible qui espère dissimuler ses carences sous le manteau du sexe et de la violence.
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La même année Peter Cushing redevient Van Helsing le temps des Sept Vampires d’Or (The Legend of the 7 Golden Vampires – 1974) de Roy Ward Baker. Cette fois le professeur se rend en Chine afin de venir en aide à un village menacé par sept vampires légendaires. Le Comte Dracula est évidemment présent sous les traits de John Forbes-Robertson, Christopher Lee ayant refusé le rôle après avoir lu le script. Coproduit avec le studio hongkongais Shaw Brothers, Les Sept Vampires d’Or (1974) combine le style propre à la Hammer et les films de kung-fu du cinéma chinois dans ce qui reste comme l’ultime incursion du studio dans le genre.
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Le début de la faim
Ainsi, après Une Fille pour le Diable (To the Devil a Daughter – 1976) avec Christopher Lee, et le remake d’un film de Hitchcock datant de 1938 (The Lady Vanishes), la Hammer dépose les armes et referme les portes de son caveau pour revenir périodiquement à la télévision (Hammer House of Horror – 1980 et Hammer House of Mystery and Suspense – 1984). Supplantée par une production américaine toujours plus audacieuse et galopante, la maison des horreurs ne pouvait tenir le rythme, tandis que le public semblait être lassé des figures antiques et des monstres catafalques venus de la nuit des temps du septième art.
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Vivre pour mourir de rire ?
Pour autant l’aventure de s’arrête pas là puisque Peter Cushing se frotte une fois encore à nos amis aux longues canines dans Tendre Dracula (1975) dont il partage l’affiche avec Miou-Miou et Bernard Menez. Il y est question d’un acteur spécialisé dans les rôles de vampires ou d’un vampire amateur de comédie (question au centre de l’intrigue). Il en résulte une fantaisie amusante sans prétention. De son côté Christopher Lee croise à son tour la route de Bernard Menez (décidément incontournable) dans Dracula Père et Fils (1976) d’Edouard Molinaro. Dracula (Christopher Lee) est le père de Ferdinant Poitevin (Bernard Menez) qui, bien que vampire, refuse de tuer des gens pour se nourrir. Alors que son père devient une star de cinéma en jouant des vampires (il fallait y penser !), Ferdinant tombe amoureux d’une jeune femme. On sourit parfois et on est triste souvent. Triste de voir une telle légende tomber si bas, même si l’autodérision de Lee est plaisante à regarder. Enfin Paul Morrissey offre avec Du Sang pour Dracula (Blood for Dracula ou Andy Warhol's Dracula – 1974) un second souffle au mythe. Dracula (magnifiquement joué par Udo Kier) est un vampire malade qui n’a d’autre choix que de boire le sang de femmes vierges. Mais la présence d’un gigolo dans son entourage lui complique la tâche. Une ambiance lourde au service d’une bobine qui mérite le détour et fait le lien entre la vision classique des vampires et la nouvelle génération à venir.
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Les vestiges de la Maison des Horreurs
Aujourd’hui considérée comme un des temples du cinéma de genre, la Maison Hammer peut s’enorgueillir d’une histoire riche de nombreux films cultes (Le Retour de Frankenstein – 1969, Le Chien des Baskerville – 1959, La Nuit du Loup-Garou – 1961). Son empreinte sur la mythologie vampirique est immense, Christopher Lee incarnant (plus que tous autres) le Comte imaginé par Stoker. Si l’intégralité du cycle ne profite pas d’une qualité égale de bout en bout, l’ensemble reste convenable grâce à un charme qui résiste aux affres du temps (exception faite de Dracula 73 et Dracula vit toujours à Londres définitivement enfermés dans leur époque). Pourtant nous pardonnons sans peine ces écarts de conduite, qui sont l’apanage des séries de longue haleine, pour n’en retenir que le meilleur. Peter Cushing peut reposer en paix, le Dracula qu’il a si souvent pourchassé a gagné sa place au panthéon des monstres sacrés.
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Fiches Techniques
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Une Messe pour Dracula (1970)
(VO : Taste the Blood of Dracula) – 95 minutes
Réalisation : Peter Sasdy
Scénario : Anthony Hinds
Casting : Christopher Lee, Ralph Bates
Résumé : Suite à un rituel satanique ayant ramené Dracula à la vie, trois hommes sont victimes de sa traque mortelle pour avoir assassiner son serviteur, le Lord Courtley.
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The Vampire Lovers (1970)
(VO : Idem) – 91 minutes
Réalisation : Roy Ward Baker
Scénario : Harry Fine
Casting : Ingrid Pitt, Peter Cushing
Résumé : Carmilla, une princesse vampire, parvient à se faire accepter dans une famille où elle devient l’amie et la confidente de la fille de la maison. Mais le général Von Spielsdorf veille.
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Les Cicatrices de Dracula (1970)
(VO : Scars of Dracula) – 96 minutes
Réalisation : Roy Ward Baker
Scénario : Anthony Hinds
Casting : Christopher Lee, Patrick Troughton
Résumé :
Paul Calrson se lance sur les traces du Comte Dracula dans l’espoir de venger son frère. Mais rien ne l’avait préparé à faire face à un monstre assoiffé de sang dont les victimes s’accumulent.
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Lust for a Vampire (1970)
(VO : Idem) – 95 minutes
Réalisation : Jimmy Sangster
Scénario : Tudor Gates
Casting : Ralph Bates, Yutte Stensgaard
Résumé : La vampire Carmilla intègre un pensionnat de jeune fille dont elle tue quelques membres. Mais le professeur Giles Barton découvre sa nature réelle et ses objectifs.
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La Comtesse Dracula (1971)
(VO : Countess Dracula) – 93 minutes
Réalisation : Peter Sasdy
Scénario : Alexander Paal & Jeremy Paul
Casting : Ingrid Pitt, Nigel Green
Résumé : La vieille comtesse Elizabeth Nodosheen s’aperçoit que sa peau rajeunie au contact du sang jeune et frais. Elle décide de s’en procurer davantage afin de retrouver sa beauté d’antan.
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Les Sévices de Dracula (1971)
(VO : Twins of Evil) – 87 minutes
Réalisation : John Hough
Scénario : Tudor Gates
Casting : Peter Cushing, Dennis Price, Mary Collinson
Résumé : Un prêtre tente de sauver ses nièces des crocs Comte Karnstein (Damien Thomas), initié aux rites vampiriques et désireux d’en faire ses servantes.
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Vampire Circus (1972)
(VO : Idem) – 87 minutes
Réalisation : Robert Young
Scénario : George Baxt & Judson Kinberg
Casting : Adrienne Corri, Thorley Walters
Résumé : Un cirque maléfique arrive dans un village maudit 50 ans plus tôt pour avoir tué un vampire.
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Dracula 73 (1972)
(VO : Dracula A.D. 1972) – 96 minutes
Réalisation : Alan Gibson
Scénario : Don Houghton
Casting : Peter Cushing, Christopher Lee
Résumé : En 1972 un groupe de jeunes gens en quête de sensations fortes ramène Dracula à la vie, obligeant Van Helsing à sortir de sa retraite.
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Capitaine Kronos, tueur de Vampires (1974)
(VO : Captain Kronos, Vampire Hunter) – 91 minutes
Réalisation : Brian Clemens
Scénario : Brian Clemens
Casting : Horst Janson, John Carson
Résumé : Le capitaine Kronos, chasseur de vampires, découvre qu’une ville est tombée sous l’emprise de forces maléfiques contre lesquelles il engage le combat.
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Dracula vit toujours à Londres (1974)
(VO : The Satanic Rites of Dracula) – 91 minutes
Réalisation : Alan Gibson
Scénario : Don Houghton
Casting : Peter Cushing, Christopher Lee
Résumé : Van Helsing découvre l’existence d’un complot impliquant Dracula qui espère répandre la peste noire sur le monde.
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Les Sept Vampires d’Or (1974)
(VO : The Legend of the 7 Golden Vampires) – 91 minutes
Réalisation : Roy Ward Baker
Scénario : Don Houghton
Casting : Peter Cushing, David Chiang
Résumé : Le professeur Van Helsing se rend en Chine afin de venir en aide à un village menacé par la venue de sept vampires légendaires.
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Guide de Lecture

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