King Kong (1933) ne fut pas seulement une date dans l’histoire du cinéma, c’est aussi la première pierre d’un vaste temple dédié aux singes géants voués tout entier au Roi Kong. Expédition au cœur de la jungle des hommages, copies, ratages et autres complications.
.
C’est peut-être ce qui explique la démarche d’Herman J. Cohen qui décide, avec Konga (1961), de réhabiliter les grands singes (alors même qu’il participa à leur déchéance avec Bride of the Gorilla ou Bela Lugosi Meets a Brooklyn Gorilla). Producteur et scénariste de toute la série des I Was a Teenage… (Konga devait s’appeler I Was a Teenage Gorilla), imagine une intrigue rocambolesque où un savant injecte à un chimpanzé un vaccin de son invention qui a pour conséquence de faire grandir considérablement le primate qui atteint les dix mètres. Assommé par une critique désastreuse, Konga (1961) n’en reste pas moins une curiosité au kitsch assumé et référentiel. Enfin le grand guignol se poursuit en 1965 avec The Beast That Killed Women (1965) ou les tribulations d’un camp de nudistes terrorisé par un gorille géant. Tout un programme.Mad Monster Party
En 1967 Jules Bass signe l’excellent Mad Monster Party, film d’animation musical étonnant qui inspira à Tim Burton son Etrange Noël de Monsieur Jack (The Nightmare Before Christmas – 1993). Le script est l’œuvre de Len Korobkin et Harvey Kurtzman, fondateur en 1952 du déjà très culte magazine MAD (d’où le titre du film). Grosse farce potache sans prétention, Mad Monster Party nous narre les dérives mégalomaniaque du docteur Frankenstein qui souhaite prendre sa retraite et se trouver un successeur. C’est pourquoi il convie à son château la crème du freak show représentée par Dracula, la Momie, le Docteur Jeckyll (et par extension Mister Hyde), le Loup-garou ou encore l’Homme Invisible. Le problème est qu’il vient d’inventer une arme de destruction très massive qui ne doit pas tomber en de mauvaises mains. Animées image par image, les marionnettes bénéficient d’un design délirant mais soigné, appuyé par un casting vocal de choix dont Boris Karloff dans le rôle du Baron Frankenstein. Et le lien avec King Kong me direz-vous ? Il ne pouvait pas manquer cette rencontre au sommet et s’offre une arrivée de star en fin de métrage pour un enlèvement féminin enchaîné avec une grimpette en haut d’un pic montagneux (on ne change pas les bonnes habitudes). L’humour omniprésent et la qualité de l’animation en font un petit bijou du genre malheureusement indisponible en France, mais récemment édité en DVD aux Etats-Unis. Indispensable !
En 1967 Jules Bass signe l’excellent Mad Monster Party, film d’animation musical étonnant qui inspira à Tim Burton son Etrange Noël de Monsieur Jack (The Nightmare Before Christmas – 1993). Le script est l’œuvre de Len Korobkin et Harvey Kurtzman, fondateur en 1952 du déjà très culte magazine MAD (d’où le titre du film). Grosse farce potache sans prétention, Mad Monster Party nous narre les dérives mégalomaniaque du docteur Frankenstein qui souhaite prendre sa retraite et se trouver un successeur. C’est pourquoi il convie à son château la crème du freak show représentée par Dracula, la Momie, le Docteur Jeckyll (et par extension Mister Hyde), le Loup-garou ou encore l’Homme Invisible. Le problème est qu’il vient d’inventer une arme de destruction très massive qui ne doit pas tomber en de mauvaises mains. Animées image par image, les marionnettes bénéficient d’un design délirant mais soigné, appuyé par un casting vocal de choix dont Boris Karloff dans le rôle du Baron Frankenstein. Et le lien avec King Kong me direz-vous ? Il ne pouvait pas manquer cette rencontre au sommet et s’offre une arrivée de star en fin de métrage pour un enlèvement féminin enchaîné avec une grimpette en haut d’un pic montagneux (on ne change pas les bonnes habitudes). L’humour omniprésent et la qualité de l’animation en font un petit bijou du genre malheureusement indisponible en France, mais récemment édité en DVD aux Etats-Unis. Indispensable ! .
Enfer & Damnation
A l’orée des seventies, King Kong et sa tribu sont devenus des icônes classiques (mais pesantes) dont le cinéma ne sait plus trop quoi faire. Quelque soit le genre choisi (comédie, animation, épouvante), le public suit ces multiples pérégrinations d’un œil distrait et lointain. C’est ainsi qu’arrive sur les écrans en 1968 le prophétique King of Kong Island (Eva, la Venere selvaggia) de Robert Mauri où un scientifique implante un boitier de contrôle dans le crâne de gorilles dans l’espoir de mettre au point un système similaire applicable aux hommes politiques d’envergure mondiale. Outre un script à faire vomir un bouc, il est bon de préciser que ce film n’a aucun rapport avec King Kong (si ce n’est des gorilles) et surtout ne situe pas son action sur une île !
L’année suivante, David L. Hewitt, nabab du nanar, poursuit dans la voie de l’indigence et imagine The Mighty Gorga (1969) qu’il pressent comme « un retour aux sources du mythe ». En guise de retour, sa bobine vomit son amateurisme, son manque de moyens de d’ambition à chaque séquence. S’attirant les foudres d’une critique qui n’hésite pas à le qualifier de « plus mauvais film de singe géant de tous les temps », Hewitt renonce lui-même à soutenir son rejeton qu’il sait être affligeant.
A l’orée des seventies, King Kong et sa tribu sont devenus des icônes classiques (mais pesantes) dont le cinéma ne sait plus trop quoi faire. Quelque soit le genre choisi (comédie, animation, épouvante), le public suit ces multiples pérégrinations d’un œil distrait et lointain. C’est ainsi qu’arrive sur les écrans en 1968 le prophétique King of Kong Island (Eva, la Venere selvaggia) de Robert Mauri où un scientifique implante un boitier de contrôle dans le crâne de gorilles dans l’espoir de mettre au point un système similaire applicable aux hommes politiques d’envergure mondiale. Outre un script à faire vomir un bouc, il est bon de préciser que ce film n’a aucun rapport avec King Kong (si ce n’est des gorilles) et surtout ne situe pas son action sur une île !
L’année suivante, David L. Hewitt, nabab du nanar, poursuit dans la voie de l’indigence et imagine The Mighty Gorga (1969) qu’il pressent comme « un retour aux sources du mythe ». En guise de retour, sa bobine vomit son amateurisme, son manque de moyens de d’ambition à chaque séquence. S’attirant les foudres d’une critique qui n’hésite pas à le qualifier de « plus mauvais film de singe géant de tous les temps », Hewitt renonce lui-même à soutenir son rejeton qu’il sait être affligeant.
.
Dancing Kong
Tout le monde pense alors que le fameux « retour aux sources » sera l’œuvre de John Guillermin et son remake du film de 1933, King Kong 76. Deux autres productions vont largement profiter du plan média visant à vanter les mérites de ce Kong nouvelle génération : King Kong Revient (APE) de Paul Leder (1976) et Queen Kong de Frank Agrama (1976). Le premier repousse les limites du bon goût avec en point d’orgue un duel entre le gorille et un requin tout en plastique probablement emprunté dans les jouets de bain du réalisateur. Et comme si cela ne suffisait pas à nous donner la nausée, Leder ne trouve rien d’autre à faire que nous proposer le tout en relief ! La coupe est pleine n’en jetez plus, King Kong Revient (1976) est à classer définitivement dans la catégorie des films dont seule l’affiche mérite le voyage.
Tout le monde pense alors que le fameux « retour aux sources » sera l’œuvre de John Guillermin et son remake du film de 1933, King Kong 76. Deux autres productions vont largement profiter du plan média visant à vanter les mérites de ce Kong nouvelle génération : King Kong Revient (APE) de Paul Leder (1976) et Queen Kong de Frank Agrama (1976). Le premier repousse les limites du bon goût avec en point d’orgue un duel entre le gorille et un requin tout en plastique probablement emprunté dans les jouets de bain du réalisateur. Et comme si cela ne suffisait pas à nous donner la nausée, Leder ne trouve rien d’autre à faire que nous proposer le tout en relief ! La coupe est pleine n’en jetez plus, King Kong Revient (1976) est à classer définitivement dans la catégorie des films dont seule l’affiche mérite le voyage. Queen Kong (1976) ne fera pas beaucoup mieux même si son titre est suffisamment éloquent pour que Dino De Laurentiis (producteur de King Kong 76) n’entame une procédure pour en interdire la distribution par peur de l’amalgame. Reste que cette version féminine conserve le canevas traditionnel à savoir une cinéaste et un adonis se rendent sur une île mystérieuse sur laquelle vit une guenon gigantesque qui s’amourache du jeune homme. Le tout s’achève dans les rues de Londres sur la Post Office Tower en compagnie du pauvre malheureux. Entre blague de mauvais goût et hommage certain, Frank Agrama parvient péniblement au bout de son métrage dont on ne retient que le culot teinté de dérision.
.
Colosse Returns1976 encore avec la sortie impromptue de King Kung Fu écrit et réalisé par Lance D. Hayes. Cette fois l’action se situe dans un monastère occupé par des moines Shaolin qui initient un gorille parlant au « King Kung Fu », art martial ancestral dérivé du kung-fu. Il va sans dire que la joyeuse bande est un monument du genre, alternant scènes d’action et comédie dans une déluge de raffinement. Le 7ème art en sort grandit !
Et puisque tout le monde y va de sa petite adaptation, voilà que Hong-Kong s’y essaye à son tour avec Le Colosse de Hong-Kong (Hsing Hsing Wang – 1977) de Meng-Hwa Ho. Là encore il est question d’un singe géant qu’un groupe d’investisseurs cupides espèrent utiliser pour amasser fortune et gloire. Ils dépêchent sur place un aventurier chargé de sa capture. Mais le Colosse du titre vit en compagnie d’une jeune amazone élevée dans la jungle qui accepte de le suivre à Hong-Kong avec son gorille prénommé Utam. Mais lorsque la belle est en danger, le colosse laisse exploser sa rage. Et nous aimerions faire de même si de spasmes d’hilarité nous n’étions pas saisis ! Récemment édité chez nous en DVD par CTV International, n’attendez plus pour rassembler quelques amis avant d’insérer la galette dans le lecteur, soirée inoubliable garantie.
.
Kong Gordon
L’échec de King Kong 76 met un sérieux coup de frein à l’embolie simiesque. Pendant près de dix ans, nul n’ose revenir sur le Roi Kong qui devient une guest-star de dessin animé et une image à laquelle on rend hommage de temps en temps. En 1986 Dino De Laurentiis et John Guillermin nous livrent l’indigeste King Kong 2 (King Kong Lives) qui confirme que l’ère des grands singes a vécue. Dès lors Howard Ziehm n’a aucune retenue lorsqu’il s’agit de parodier Kong dans son Retour de Flesh Gordon (Flesh Gordon Meets the Cosmic Cheerleaders – 1989) où on peut le voir se soulager fièrement. Un film incontournable aussi provocateur que libidineux imaginé par les ZAZ. .
Le Retour du RoiIl faut attendre 1998 pour voir ressurgir de la jungle un singe géant réussi, apprécié et appréciable. Ron Underwood signe Mon Ami Joe (Mighty Joe Young), remake du film éponyme datant de 1949. Il en reprend la trame générale en confiant les rôles principaux à Bill Paxton et Charlize Theron pour un résultat très probant bien que destiné aux plus jeunes (ce qui était aussi le cas de son modèle). En 2000 Kong : The Animated Series fait de King Kong le héros d’une seconde série animée survitaminée et sautillante, la précédente datant de 1966.
Aujourd’hui le Roi Kong semble vouloir reprendre la place qui est la sienne avec l’aide de Peter Jackson. Gageons que cette glorieuse renaissance ne manquera pas d’alimenter les scénarii de productions plus ou moins captivantes mais qui prouvent, si besoin l’était encore, la force d’un mythe vieux de 72 ans.
.
**********
Fiches Techniques
Fiches Techniques
.
Monsieur Joe (1949)
(VO : Mighty Joe Young) – 94 minutes
Réalisation : Ernest B. Schoedsack
Scénario : Merian C. Cooper & Ruth Rose
Casting : Terry Moore, Ben Johnson, Robert Armstrong, Frank McHugh
Résumé : Une petite fille de sept ans vit en Afrique avec d’un bébé gorille, Monsieur Joë. Douze ans plus tard Max O'Hara arrive en quête de numéros inédits pour son cabaret et engage la jeune femme et son singe qui se retrouvent à Hollywood.
.
Mon Ami Joe (1998)
Casting : Terry Moore, Ben Johnson, Robert Armstrong, Frank McHugh
Résumé : Une petite fille de sept ans vit en Afrique avec d’un bébé gorille, Monsieur Joë. Douze ans plus tard Max O'Hara arrive en quête de numéros inédits pour son cabaret et engage la jeune femme et son singe qui se retrouvent à Hollywood.
.
Mon Ami Joe (1998)
(VO : Mighty Joe Young) – 94 minutes
Réalisation : Ron Underwood
Scénario : Lawrence Konner & Mark Rosenthal sur une idée de Merian C. Cooper & Ruth Rose.
Casting : Bill Paxton, Charlize Theron, Rade Serbedzija, Regina King
Résumé : Joe Young est un gorille géant orphelin qui vit auprès de Jill Young, dont la mère est tombée avec la sienne sous les balles des braconniers. Craignant pour la survie de son ami, elle accepte de suivre le zoologue Gregg qui veut installer Joe dans une réserve californienne.
Casting : Bill Paxton, Charlize Theron, Rade Serbedzija, Regina King
Résumé : Joe Young est un gorille géant orphelin qui vit auprès de Jill Young, dont la mère est tombée avec la sienne sous les balles des braconniers. Craignant pour la survie de son ami, elle accepte de suivre le zoologue Gregg qui veut installer Joe dans une réserve californienne.
.
**********
Guide de Lecture
King Kong, la 8ème Merveille du Monde 1 - Part 1/7
King Kong, la 8ème Merveille du Monde 2 - Part 2/7
Willis O’Brien, l’homme aux doigts d’or - Part 3/7
King Kong au pays du soleil levant - Part 4/7
King Kong : Grandeur & descendance - Part 5/7
King Kong Family 1 - Part 6/7
King Kong Family 2 - Part 7/7
.
Guide de Lecture
King Kong, la 8ème Merveille du Monde 1 - Part 1/7
King Kong, la 8ème Merveille du Monde 2 - Part 2/7
Willis O’Brien, l’homme aux doigts d’or - Part 3/7
King Kong au pays du soleil levant - Part 4/7
King Kong : Grandeur & descendance - Part 5/7
King Kong Family 1 - Part 6/7
King Kong Family 2 - Part 7/7
.












0 commentaires:
Enregistrer un commentaire