Truqueur de génie, Willis O’Brien est une légende du cinéma fantastique, et plus particulièrement de l’animation image par image dont il a quasiment inventé toutes les techniques. Parcours d’un homme hors du commun dont Ray Harryhausen disait de lui qu’il était son mentor.
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L’animation image par image, ou stop-motion, a retrouvé ses lettres de noblesse et les faveurs du public grâce à des œuvres telles que L’étrange Noël de Monsieur Jack (The Nightmare Before Christmas – 1993), la série des Wallace & Gromit (1989-2005), Chicken Run (2000) ou plus récemment Les Noces Funèbres (Corpse Bride – 2005). Pourtant son histoire remonte à la naissance du cinéma lorsqu’en 1898 Albert E. Smith réalisa The Humpty Dumpty Circus dans lequel des acrobates et des animaux de cirque en jouet prenaient vie. Mais c’est à Georges Méliès que l’on cède volontiers la paternité de sa création et de sa mise en pratique dans son fameux Voyage dans la Lune (1902).
L’animation image par image, ou stop-motion, a retrouvé ses lettres de noblesse et les faveurs du public grâce à des œuvres telles que L’étrange Noël de Monsieur Jack (The Nightmare Before Christmas – 1993), la série des Wallace & Gromit (1989-2005), Chicken Run (2000) ou plus récemment Les Noces Funèbres (Corpse Bride – 2005). Pourtant son histoire remonte à la naissance du cinéma lorsqu’en 1898 Albert E. Smith réalisa The Humpty Dumpty Circus dans lequel des acrobates et des animaux de cirque en jouet prenaient vie. Mais c’est à Georges Méliès que l’on cède volontiers la paternité de sa création et de sa mise en pratique dans son fameux Voyage dans la Lune (1902)..
Premier Âge
La difficulté principale de cette technique est le temps considérable qu’elle réclame. En effet le terme « image par image » implique une méthode de réalisation complexe et laborieuse puisqu’une seconde de métrage se compose de 24 images contre 12 pour un film traditionnel ! Plus concrètement à l’aide d’une caméra spéciale on capture une pose avant de modifier sensiblement ce qui doit être animé dans la scène pour capturer une seconde pose, et ainsi de suite jusqu’à parvenir à une animation fluide. Aussi quelques minutes peuvent prendre plusieurs mois de développement, ce qui explique pourquoi dans ses débuts la stop-motion se cantonne à des formats très courts dépassant rarement les cinq minutes.
Le premier film d’animation image par image, Battle of the Stag Beetles (1910), est l’œuvre du russe Wladyslaw Starewicz qui filma un combat de scarabées morts auxquels ils avaient retiré les pattes et mandibules avant de les replacer à l’aide de cire afin d’obtenir des sortes de marionnettes articulées. Reste que la révolution devait venir des Etats-Unis et du travail d’un homme, passionné de dinosaures, et souhaitant donner vie à ses fantasmes.
La difficulté principale de cette technique est le temps considérable qu’elle réclame. En effet le terme « image par image » implique une méthode de réalisation complexe et laborieuse puisqu’une seconde de métrage se compose de 24 images contre 12 pour un film traditionnel ! Plus concrètement à l’aide d’une caméra spéciale on capture une pose avant de modifier sensiblement ce qui doit être animé dans la scène pour capturer une seconde pose, et ainsi de suite jusqu’à parvenir à une animation fluide. Aussi quelques minutes peuvent prendre plusieurs mois de développement, ce qui explique pourquoi dans ses débuts la stop-motion se cantonne à des formats très courts dépassant rarement les cinq minutes.Le premier film d’animation image par image, Battle of the Stag Beetles (1910), est l’œuvre du russe Wladyslaw Starewicz qui filma un combat de scarabées morts auxquels ils avaient retiré les pattes et mandibules avant de les replacer à l’aide de cire afin d’obtenir des sortes de marionnettes articulées. Reste que la révolution devait venir des Etats-Unis et du travail d’un homme, passionné de dinosaures, et souhaitant donner vie à ses fantasmes.
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FondationWillis O’Brien naît le 02 mars 1886 à Oakland en Californie. Après une enfance difficile où la faillite personnelle de ses parents l’oblige très tôt à travailler, il parvient à récupérer une caméra qu’il utilise pour un petit film d’animation image par image mettant en scène un homme des cavernes aux prises avec un dinosaure. Le producteur Herman Wobber tombe sous le charme de la petite bobine et lui offre 5000 dollars pour qu’il mette en scène un projet plus long sur une thématique similaire. C’est ainsi qu’il réalise The Dinosaur and the Missing Link : A Prehistoric Tragedy en 1915 sur une durée de cinq minutes. Par la suite il met en scène d’autres dinosaures dans divers courts-métrages dont R.F.D. 10,000 B.C. (1916), Prehistoric Poultry (1916), Curious Pets of Our Ancestors (1917) ou The Ghost of Slumber Mountain (1918). Pour ce dernier il mit au point une technique révolutionnaire qui consiste à photographier ses monstres devant des maquettes avant d’y ajouter les plans avec comédiens tournés en décors réels. Ces travaux lui permettent de se faire engager par Watterson Rothacker qui lui confit tout le département effets spéciaux de sa prochaine production, Le Monde Perdu (The Lost World) que réalise Harry O. Hoyt en 1925.
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Faiseur de rêves
Le Monde Perdu (1925) adapte le roman éponyme d’Arthur Conan Doyle et met en scène des explorateurs débarquant sur île où ont survécu des dinosaures. Film muet de 63 minutes (1h40 pour la version restaurée), le tournage s’étale sur quatorze mois dans le plus grand secret. Willis O’Brien s’entoure de collaborateurs talentueux à l’image de Marcel Delgado, un maquettiste étonnant qui le suivra tout au long de sa carrière, et Ralph Hammeras, spécialiste des décors sur verre. Ensemble ils créent les 49 monstres préhistoriques et les différents décors avec une précision et un sens du détail tout à fait exemplaire. Les créatures se composent d’une armature en acier recouverte de cuir, d’éponges et de caoutchouc. Pour certaines ils ajoutèrent une vessie de ballon de foot afin de simuler un mouvement respiratoire. Le Monde Perdu (1925) enthousiasme critique, public et même les scientifiques de part la crédibilité surprenante de ses effets spéciaux. Willis O’Brien vient de relever un défi osé et inédit sur une durée aussi longue, avec un résultat allant au-delà de toutes ses espérances.
Le Monde Perdu (1925) adapte le roman éponyme d’Arthur Conan Doyle et met en scène des explorateurs débarquant sur île où ont survécu des dinosaures. Film muet de 63 minutes (1h40 pour la version restaurée), le tournage s’étale sur quatorze mois dans le plus grand secret. Willis O’Brien s’entoure de collaborateurs talentueux à l’image de Marcel Delgado, un maquettiste étonnant qui le suivra tout au long de sa carrière, et Ralph Hammeras, spécialiste des décors sur verre. Ensemble ils créent les 49 monstres préhistoriques et les différents décors avec une précision et un sens du détail tout à fait exemplaire. Les créatures se composent d’une armature en acier recouverte de cuir, d’éponges et de caoutchouc. Pour certaines ils ajoutèrent une vessie de ballon de foot afin de simuler un mouvement respiratoire. Le Monde Perdu (1925) enthousiasme critique, public et même les scientifiques de part la crédibilité surprenante de ses effets spéciaux. Willis O’Brien vient de relever un défi osé et inédit sur une durée aussi longue, avec un résultat allant au-delà de toutes ses espérances. .
Il se lance alors dans deux projets qui lui tiennent particulièrement à cœur et dans lesquels il pourra laisser parler sa créativité : Frankenstein et Atlantis. Mais la dépression met un terme à ses ambitions et en 1931 il entame la production du nouveau film d’Hoyt, Creation, qui doit mettre en scène une fois encore des dinosaures. Malheureusement en raison d’un budget prévisionnel trop élevé, le film est annulé au profit de King Kong (1933) sur lequel il est aussitôt engagé avec pour mission de faire vivre un gorille géant.
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Pour qui sonne le Kong
King Kong (1933) reste dans les annales comme le chef-d’œuvre de Willis O’Brien. Il construit un mannequin à partir d’un squelette de métal qu’il recouvre avec des peaux de lapins avant le remplir le tout à l’aide de coton et de caoutchouc. C’est ce modèle que l’on voit tout au long du film, exception faite des scènes où apparaît la tête et le buste grandeur nature de Kong, une main dans laquelle se loge Fay Wray ou encore un pied écrasant les indigènes de Skull Island. Par atteindre un tel degré de réalisme, O’Brien passe beaucoup de temps à étudier les mouvements des gorilles dans des zoos. Un soucis du détail payant puisque son King Kong (1933), à l’époque présenté comme la 8ème merveille du monde, en mérite toujours le titre tant il a modifié à jamais notre regard sur le cinéma. En effet King Kong est bien plus qu’un banal monstre ou un dinosaure féroce et carnivore en quête de chair fraîche. Grâce aux nombreuses astuces qu’il met en place, O’Brien dote son singe d’une identité propre et d’expressions faisant jeu égal avec les comédiens. Kong éprouve des émotions (la joie, la colère, l’envie) que le traitement de O’Brien transmet sans difficulté, faisant passé le gorille du statut de menace à celui de victime de sa passion dévorante pour une jeune femme. Dès lors la ligne de dialogue en forme de conclusion au film, « C’est la belle qui a tué la bête », devient presque inutile tant le spectateur est depuis longtemps convaincu de l’humanité qui habite Kong.
King Kong (1933) reste dans les annales comme le chef-d’œuvre de Willis O’Brien. Il construit un mannequin à partir d’un squelette de métal qu’il recouvre avec des peaux de lapins avant le remplir le tout à l’aide de coton et de caoutchouc. C’est ce modèle que l’on voit tout au long du film, exception faite des scènes où apparaît la tête et le buste grandeur nature de Kong, une main dans laquelle se loge Fay Wray ou encore un pied écrasant les indigènes de Skull Island. Par atteindre un tel degré de réalisme, O’Brien passe beaucoup de temps à étudier les mouvements des gorilles dans des zoos. Un soucis du détail payant puisque son King Kong (1933), à l’époque présenté comme la 8ème merveille du monde, en mérite toujours le titre tant il a modifié à jamais notre regard sur le cinéma. En effet King Kong est bien plus qu’un banal monstre ou un dinosaure féroce et carnivore en quête de chair fraîche. Grâce aux nombreuses astuces qu’il met en place, O’Brien dote son singe d’une identité propre et d’expressions faisant jeu égal avec les comédiens. Kong éprouve des émotions (la joie, la colère, l’envie) que le traitement de O’Brien transmet sans difficulté, faisant passé le gorille du statut de menace à celui de victime de sa passion dévorante pour une jeune femme. Dès lors la ligne de dialogue en forme de conclusion au film, « C’est la belle qui a tué la bête », devient presque inutile tant le spectateur est depuis longtemps convaincu de l’humanité qui habite Kong. .
PostéritéAprès une participation qu’il regrette sur Le Fils de Kong (The Son of Kong – 1933), il retrouve Ernest B. Schoedsack sur Les Derniers Jours de Pompéi (The Last Days of Pompeii – 1935), puis sur Mighty Joe Young (1949) sur lequel il forme Ray Harryhausen (autre génie de la stop-motion).
En 1957, il collabore avec Edward Ludwig sur The Black Scorpion, avant de rejoindre Eugène Lourié sur Behemoth, The Sea Monster (1959). En 1962 il signe l’histoire originale de King Kong vs Godzilla (Kingukongu tai Gojira) d’Ishirô Honda, avant de succomber à une crise cardiaque le 08 novembre de la même année.
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L’héritage de Willis O’Brien est inimaginable. Inventeur des effets spéciaux modernes, le cinéma d’aujourd’hui lui doit tout et bien plus encore. Si la stop-motion est rarement utilisée par les studios, car trop fastidieuse, elle conserve un charme que ne parviendra jamais à reproduire le plus puissant des ordinateurs. Une sensation de « fait à la main » que seuls les artisans sont capables d’insuffler à leurs œuvres. Et pour s’en convaincre, il suffit de regarder n’importe quel film basé sur cette technique pour se rendre compte que malgré le passage du temps, rien ne semble pouvoir altérer sa beauté : King Kong (1933) aura toujours plus de saveur que le plus réussi des effets numériques. .
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Guide de Lecture
King Kong, la 8ème Merveille du Monde 1 - Part 1/7
King Kong, la 8ème Merveille du Monde 2 - Part 2/7
Willis O’Brien, l’homme aux doigts d’or - Part 3/7
King Kong au pays du soleil levant - Part 4/7
King Kong : Grandeur & descendance - Part 5/7
King Kong Family 1 - Part 6/7
King Kong Family 2 - Part 7/7
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Guide de Lecture
King Kong, la 8ème Merveille du Monde 1 - Part 1/7
King Kong, la 8ème Merveille du Monde 2 - Part 2/7
Willis O’Brien, l’homme aux doigts d’or - Part 3/7
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King Kong : Grandeur & descendance - Part 5/7
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