En parallèle de son escapade nippone tout ce qu’il a de plus officielle, King Kong est aussi la vedette de toutes sortes de productions plus ou moins farfelues mettant en scène des grands singes. Si nul ne peut utiliser le nom « King Kong », de nombreux producteurs débordent d’ingéniosité pour exploiter le filon. Mais au début des années 70, quelques studios américains estiment que l’heure est peut-être venue de ramener le seul et unique Kong sous les feux de la rampe.
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En 1975, Dino De Laurentiis (producteur avisé depuis 1941) et Paramount souhaitent mettre en branle une nouvelle adaptation du mythe Kong, remis au goût du jour. Dans le même temps, Universal met sur les rails son propre film qui se veut être un remake fidèle de la version de 1933. Il est question de Peter Falk (Columbo) dans le rôle du cinéaste aventurier Carl Denham et de Joseph Sargent (Les Dents de la Mer 4) aux commandes. Pour couronner le tout la partition musicale de Max Steiner doit être reprise dans son intégralité !
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Le Retour du Roi
Les deux projets sont évidemment concurrents, et chaque partie estime être la seule à être habilité à profiter de la célèbre licence. Commence une lourde procédure judiciaire opposant Paramount, Universal et la RKO, productrice du métrage original. Le bras de fer va durer plusieurs semaines avant que Paramount ne remporte la victoire. Si le montant réel de la transaction est tenu secret, nul doute qu’une pluie de billets verts a permis d’accélérer les choses. « Le destin c’est la destinée » dit l’adage et il est amusant de noter qu’après avoir perdu le premier round en 1975, l’ambition d’Universal trouve aujourd’hui un dénouement heureux avec un remake situant son action dans les années 30 et réalisé par Peter Jackson. La boucle est bouclée.
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Reste que dorénavant seul en lice, Dino De Laurentiis met sur pied une superproduction dotée d’un budget colossal de 26 millions de dollars. Budget qui doit servir à monter le film le plus spectaculaire de tous les temps.
Reste que dorénavant seul en lice, Dino De Laurentiis met sur pied une superproduction dotée d’un budget colossal de 26 millions de dollars. Budget qui doit servir à monter le film le plus spectaculaire de tous les temps..
Tout feu, tout poil
Alors qu’il pense être en route vers le succès, De Laurentiis se heurte à une nouvelle difficulté. En effet Frank Agrama réalise le parodique et déjanté Queen Kong (1976) dans lequel apparaît une femelle Kong tout aussi sauvage. Craignant que cette série B n’entache son propre film, De Laurentiis engage des poursuites dans l’espoir d’en limiter au maximum la diffusion et l’exploitation. Là encore il atteint son objectif, Queen Kong ne sortant que des années plus tard. Maintenant que la route semble dégagée, la production de King Kong 76 débute enfin. La mise en scène est confiée à John Guillermin qui vient de triompher avec La Tour Infernale (The Towering Inferno – 1974).
Alors qu’il pense être en route vers le succès, De Laurentiis se heurte à une nouvelle difficulté. En effet Frank Agrama réalise le parodique et déjanté Queen Kong (1976) dans lequel apparaît une femelle Kong tout aussi sauvage. Craignant que cette série B n’entache son propre film, De Laurentiis engage des poursuites dans l’espoir d’en limiter au maximum la diffusion et l’exploitation. Là encore il atteint son objectif, Queen Kong ne sortant que des années plus tard. Maintenant que la route semble dégagée, la production de King Kong 76 débute enfin. La mise en scène est confiée à John Guillermin qui vient de triompher avec La Tour Infernale (The Towering Inferno – 1974). Le premier problème auquel se confronte l’équipe est King Kong lui-même. Au début il est question de faire appel à Ray Harryhausen, élève surdoué de Willis O’Brien avec qui il collabore sur Mighty Joe Young (1949), autre film de gorille. Passé maître dans l’art de l’animation image par image, sa présence au générique serait un atout évident et apprécié. Malheureusement il est déjà très occupé sur Sinbad et l'Oeil du Tigre (Sinbad and the Eye of the Tiger – 1977) et ne peut pas trouver le temps nécessaire. Le temps qui jouera justement un rôle d’arbitre sur la question.
.La stop motion est une technique désormais au point mais excessivement laborieuse, entraînant un surcoût indéniable et une durée de post-production bien plus longue. De Laurentiis doit se résoudre à abandonner cette piste pour s’orienter vers l’utilisation d’un animatronique du singe géant. Il fait appel à Carlo Rambaldi, qui passera à la postérité en tant que créateur du E.T. de Spielberg, et de ses participations sur Alien (1979), Dune (1984) ou Conan le Destructeur (1984). Mais pour l’heure, à l’exception des films de Paul Morrissey et Antonio Margheriti (Du Sang pour Dracula – 1974 et De la Chair pour Frankenstein – 1973), Rambaldi a surtout œuvrer auprès des piliers de l’horreur à l’italienne que sont Mario Bava et Lucio Fulci. Son King Kong mécanique coûte la bagatelle 1,7 millions de dollars, somme que De Laurentiis accepte de payer tant les promesses d’un Kong ahurissant de réalisme sont assurées. Seulement voilà jamais ce maudit robot n’a voulu fonctionner ! Dès les premiers tests, les disfonctionnements s’enchaînent et personne ne semble être en mesure d’apporter une solution concrète et efficace. Et il va sans dire qu’en l’absence de King Kong, le film n’a plus de raison d’être.
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Gueule d’humain
En 1973, John Landis signe Schlock, the Banana Monster (l’histoire d’un singe qui tombe amoureux d’une jeune aveugle qui le prend pour un chien géant) et engage le novice Rick Baker en tant que maquilleur. C’est en regardant ce film que John Guillermin décide de le contacter pour son King Kong (1976). Une intuition payante qui remet la machine en marche. A l’instar des monstres japonais (Godzilla, Rodan), Baker estime que la méthode la plus sûre consiste à mettre un homme dans un costume. Bien moins onéreux que l’animatronique de Rambaldi, le résultat s’avère aussi beaucoup plus crédible et pratique. A tel point que dans la version finale du film telle que nous la connaissons, seuls deux plans utilisent le robot ! De Rambaldi il reste aussi les membres grandeur nature, telle que la main régulièrement utilisée. Si nous aurions pu craindre que la présence d’un déguisement altère considérablement la qualité du métrage, il n’en est rien. Tout d’abord Rick Baker insiste pour enfiler lui-même la tenue durant toutes les scènes (sans être pour autant crédité au générique dans le rôle de Kong). Autre gage de qualité, c’est un passionné des primates dont il devient le spécialiste mondial en matière de cinéma. On lui doit ceux de Greystoke (1984), Gorille dans la Brume (1988), Mon Ami Joe (1998) et La Planète des Singes (2001), sans oublier les lupins du Loup-garou de Londres (1981) et de Wolf (1994). Bref un spécialise du poil dont la fantastique carrière ne se limite pas à nos seuls amis velus (MIB, Ed Wood, Hellboy).
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En 1973, John Landis signe Schlock, the Banana Monster (l’histoire d’un singe qui tombe amoureux d’une jeune aveugle qui le prend pour un chien géant) et engage le novice Rick Baker en tant que maquilleur. C’est en regardant ce film que John Guillermin décide de le contacter pour son King Kong (1976). Une intuition payante qui remet la machine en marche. A l’instar des monstres japonais (Godzilla, Rodan), Baker estime que la méthode la plus sûre consiste à mettre un homme dans un costume. Bien moins onéreux que l’animatronique de Rambaldi, le résultat s’avère aussi beaucoup plus crédible et pratique. A tel point que dans la version finale du film telle que nous la connaissons, seuls deux plans utilisent le robot ! De Rambaldi il reste aussi les membres grandeur nature, telle que la main régulièrement utilisée. Si nous aurions pu craindre que la présence d’un déguisement altère considérablement la qualité du métrage, il n’en est rien. Tout d’abord Rick Baker insiste pour enfiler lui-même la tenue durant toutes les scènes (sans être pour autant crédité au générique dans le rôle de Kong). Autre gage de qualité, c’est un passionné des primates dont il devient le spécialiste mondial en matière de cinéma. On lui doit ceux de Greystoke (1984), Gorille dans la Brume (1988), Mon Ami Joe (1998) et La Planète des Singes (2001), sans oublier les lupins du Loup-garou de Londres (1981) et de Wolf (1994). Bref un spécialise du poil dont la fantastique carrière ne se limite pas à nos seuls amis velus (MIB, Ed Wood, Hellboy).
En route pour la VentureLe scénario est écrit par Lorenzo Semple Jr., qui s’était fait connaître en rédigeant 16 épisodes de la série télévisée Batman (1966-1968) et le script des Trois Jours du Condor (1975) avant de signer plus tard celui de Flash Gordon (1980). Si la base est identique à la version de 1933 (à savoir une société soumise à la crise et en pleine mutation), il adapte la plupart des nœuds dramatiques à l’époque actuelle. S’appuyant sur la crise pétrolière qui paralyse le monde économique depuis 1973, il n’est plus question d’un cinéaste en quête de sensationnel mais de l’employé d’une compagnie pétrochimique envoyé sur une île inconnue dans l’espoir d’y découvrir un nouveau gisement. Dans ce contexte, la présence d’une jeune blonde écervelée et d’un zoologiste fougueux est plus difficile à justifier. Le Jack Driscoll de 1933 devient l’anthropologiste Jack Prescott sous les traits d’un Jeff Bridges dont on se demande s’il ne tente pas d’égaler la pilosité du Roi Kong avec sa barbe touffue et sa longue crinière volant au vent ! Reste que celui-ci embarque clandestinement à bord du navire en partance afin de trouver Kong.
La Belle de la Bête
La « fiancée » de King Kong fut plus délicate à trouver. John Guillermin pense d’abord à Sylvia Kristel (incontournable Emmanuelle de Just Jaeckin – 1974), puis les noms de Barbara Streisand et Cher sont avancés. Remarquée alors qu’elle était encore mannequin par Dino De Laurentiis, c’est finalement Jessica Lange qui incarnera la belle dans ce qui est son premier film. Lorenzo Semple Jr. choisi d’en faire une naufragée sauvée des eaux en cours de route. Tous les protagonistes étant sur le pont, l’intrigue pouvait suivre son déroulement normal. Arrivée sur l’île, enlèvement de la belle par Kong, retour au Etats-Unis, lâché de Kong urbain, rien de bien nouveau me direz-vous. Et pourtant deux différences de taille se glissent dans ce tableau supposé traditionnel : la disparition des dinosaures et le final se jouant, non plus au sommet de l’Empire State Building, mais en haut des Twin Towers où Kong est la cible d’hélicoptères et de lance-flammes.
Touché CouléCes entorses à la mythologie Kong portent un coup fatal à l’entreprise qui est aussitôt dénigrée par une partie du public. Certes Kong affronte un serpent géant (autre figure imposée), mais l’absence des dinosaures et de l’Empire State Building laisse un trou béant que tous les efforts du monde ont bien du mal à masquer. Alors oui nous ne sommes plus en 1933 et les tours jumelles incarnent à elles seules New York (et bien plus comme le prouvera la tragédie du 11 septembre 2001). Oui Guillermin pensait, à juste titre il faut le reconnaître, que les techniques en matière d’effets spéciaux n’étaient pas suffisamment au point pour permettre un rendu de qualité des animaux préhistoriques. Oui King Kong 76 s’inscrit dans son temps et donc en exploite l’environnement (hélicoptère, lance-flammes, urbanisation galopante). Mais là où le public attendait un vrai remake, il se trouve face à un pâle copie dont les incontestables qualités (nombreuses il est vrai) ne suffiront pas à en pérenniser le succès.
King Kong Lives and Let Die
Cette réussite en demi-teinte n’entame pas le moral de Dino De Laurentiis et John Guillermin qui tentent un come-back sous la forme d’une suite baptisée King Kong 2 (King Kong Lives – 1986). Sans pour autant reprendre les personnages du premier film, l’intrigue situe son action dix ans après la mort présumée de Kong alors que nous apprenons qu’il est en réalité plongé dans un coma profond. Malheureusement son état de santé se dégrade et il lui faut au plus vite une transfusion à même de garantir sa survie. Un groupe de scientifiques découvrent inopinément une femelle qu’ils utilisent pour sauver Kong. Revenu à lui le gorille géant et sa compagne s’échappent à nouveau. Rien ne peut éviter le naufrage annoncé d’une telle production. Moyens dérisoires, scénario inepte, effets spéciaux tout juste acceptable et une pauvre Linda Hamilton qui tente de faire de son mieux pour se sortir de ce marasme créatif. Aussi vite oublié que produit, King Kong 2 marque la fin du troisième cycle cinématographique du Roi Kong. Laissant sa place à une horde de plagiats sans vergogne, il ne reste aujourd’hui que le seigneur Jackson pour lui rendre sa couronne de lauriers. Mais ceci est une autre histoire..
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Fiches Techniques
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King Kong (1976)
(VO : King Kong) – 134 minutesRéalisation : John Guillermin
Scénario : Lorenzo Semple Jr.
Casting : Jeff Bridges, Charles Grodin, Jessica Lange, Rene Auberjonois, Rick Baker.
Résumé : Un employé d'une compagnie pétrolière, un zoologue et une jeune naufragée débarquent sur une île polynésienne. La jeune femme est aussitôt enlevée par les indigènes qui espèrent l’offrir en sacrifice à un singe gigantesque baptisé King Kong. Contre toute attente, il ne la dévore pas et même semble amoureux d’elle.
.Casting : Jeff Bridges, Charles Grodin, Jessica Lange, Rene Auberjonois, Rick Baker.
Résumé : Un employé d'une compagnie pétrolière, un zoologue et une jeune naufragée débarquent sur une île polynésienne. La jeune femme est aussitôt enlevée par les indigènes qui espèrent l’offrir en sacrifice à un singe gigantesque baptisé King Kong. Contre toute attente, il ne la dévore pas et même semble amoureux d’elle.
King Kong 2 (1986)
(VO : King Kong Lives) – 105 minutes
Réalisation : John Guillermin
Scénario : Steven Pressfield, Ronald Shusett
Casting : Linda Hamilton, John Ashton, Brian Kerwin, Peter Elliott
Résumé : King Kong, abattu à la fin du précédent volet et présumé mort, est en fait dans le coma depuis 10 ans. Malheureusement son état de santé se dégrade et il lui faut au plus vite une transfusion à même de garantir sa survie. Par chance une expédition découvre un autre singe géant qui s’avère être une femelle. Remis sur pied, King Kong et sa dulcinée s’échappent en direction des montagnes.
Résumé : King Kong, abattu à la fin du précédent volet et présumé mort, est en fait dans le coma depuis 10 ans. Malheureusement son état de santé se dégrade et il lui faut au plus vite une transfusion à même de garantir sa survie. Par chance une expédition découvre un autre singe géant qui s’avère être une femelle. Remis sur pied, King Kong et sa dulcinée s’échappent en direction des montagnes.
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Guide de Lecture
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