Depuis sa sortie en 1933, sa légende traverse les décennies sans perdre de sa superbe tout en conservant la force de son récit et de ses images. Chef d’œuvre précurseur du 7ème art, il mérite sans doute son titre de 8ème Merveille du Monde comme le laissaient entendre les affiches publicitaires de l’époque. Pourtant rien de prédestinait une bobine apparemment fauchée (et pour le moins amatrice) à faire partie du patrimoine universel.
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La Naissance d’un GéantFilmer image par image, King Kong incarne sans doute l’étape la plus fastidieuse. Courte anecdote amusante à ce sujet, ce que beaucoup ont pris pour le mouvement du vent dans la fourrure de Kong n’est en réalité que la conséquence des multiples manipulations manuelles indispensables à son animation. Le tournage de ces séquences achevé, restait à incruster ces plans dans le métrage. O’Brien et Delago font appel à la rétro-projection qui permet de combiner les images où apparaissent les comédiens à celles des monstres animés. Bien que régulièrement utilisée, cette technique semble atteindre ici son paroxysme tant le résultat à l’écran est bluffant. Cela s’explique par l’utilisation d’écrans en fibre de cellulose au détriment des ceux en verre qui avaient la fâcheuse habitude de mal répartir la lumière. Plus de 70 ans ont passé et la chose peut paraître rudimentaire, voire risible. Un jugement trop hâtif qui oublierait presque l’âge du film, ses conditions de réalisation et surtout son aspect révolutionnaire. A titre de comparaison cela reviendrait à regarder Le Seigneur des Anneaux en 2071 avec les évolutions et le décalage que l’on peut aisément imaginer en termes de technologies ! S’ajoute pour ceux qui trouveraient à redire quant au jeu des acteurs (qui n’a certes aucun lien avec l’année de production, un bon comédien étant bon tout le temps !), que nous sommes à l’aube du cinéma parlant apparu en 1927 dans The Jazz Singer d’Alan Crosland. Cette innovation majeure entraîna une refonte totale dans la façon d’aborder un film. La synchronisation était très délicate (difficulté d’isolation des studios et des caméras encore très bruyantes), et les comédiens forcés à placer leurs voix (ce que beaucoup ne parviendront jamais à faire). Il est donc naturel que les lignes de dialogues apparaissent superflues ou naïves, et que les interprètes soient mal à l’aise puisque agissant tels des pionniers.
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Envers et Kong tous
En janvier 1933, une projection-test est organisée dans les faubourgs de San Bernardina, en Californie. King Kong contient alors une scène montrant Kong en train de secouer quatre hommes avant de les jeter dans une crevasse où ils sont dévorés vivants par des araignées géantes. Le public réagit très mal à la vision de cette séquence, certaines personnes allant jusqu’à quitter la salle. Au sortir de la projection, Merian C. Cooper fut contraint de censurer lui-même ce passage. Aujourd’hui cette scène est irrémédiablement perdue, seules des photos de tournages attestent de son existence. Pour la petite histoire, Willis O’Brien recycla les araignées dans The Black Scorpion d’Edward Ludwig (1957).
Ce ne fut pas la seule coupe franche que subit le film. Les producteurs et distributeurs jugeant le début sans intérêt et l’arrivée de Kong à l’image trop tardive, décidèrent de supprimer l’intégralité de la première bobine ! Entre 1933 et 1952, King Kong ressortit régulièrement sur les écrans amputés des images les plus choquantes (du moins au regard du tristement célèbre Code Hayes) : le brontosaure dévorant le marin, le « strip-tease » de Fay Wray, la destruction du village et enfin la méprise de Kong à New York qui lâche une pauvre femme qui s’écrase sur le trottoir. Il faut attendre 1971 pour enfin en découvrir une version complète et conforme aux ambitions de ses réalisateurs (exception faite des araignées géantes).
En janvier 1933, une projection-test est organisée dans les faubourgs de San Bernardina, en Californie. King Kong contient alors une scène montrant Kong en train de secouer quatre hommes avant de les jeter dans une crevasse où ils sont dévorés vivants par des araignées géantes. Le public réagit très mal à la vision de cette séquence, certaines personnes allant jusqu’à quitter la salle. Au sortir de la projection, Merian C. Cooper fut contraint de censurer lui-même ce passage. Aujourd’hui cette scène est irrémédiablement perdue, seules des photos de tournages attestent de son existence. Pour la petite histoire, Willis O’Brien recycla les araignées dans The Black Scorpion d’Edward Ludwig (1957).Ce ne fut pas la seule coupe franche que subit le film. Les producteurs et distributeurs jugeant le début sans intérêt et l’arrivée de Kong à l’image trop tardive, décidèrent de supprimer l’intégralité de la première bobine ! Entre 1933 et 1952, King Kong ressortit régulièrement sur les écrans amputés des images les plus choquantes (du moins au regard du tristement célèbre Code Hayes) : le brontosaure dévorant le marin, le « strip-tease » de Fay Wray, la destruction du village et enfin la méprise de Kong à New York qui lâche une pauvre femme qui s’écrase sur le trottoir. Il faut attendre 1971 pour enfin en découvrir une version complète et conforme aux ambitions de ses réalisateurs (exception faite des araignées géantes).
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La sortie française fut tout aussi tumultueuse. La première eut lieu le 09 septembre 1933 au Marivaux Pathé Nathan devant un parterre d’exploitants et de journalistes. Ces derniers assassinent le film, conspuent les réalisateurs, critiquent l’idéologie colonialiste et protestent contre une violence trop crue. King Kong se voit interdire aux moins de 13 ans, lynché dans tous les éditoriaux du pays, mutilé de son introduction et pour n’être finalement que peu diffusé. La rédemption viendra en 1965 sous l'impulsion d’Ado Kyrou et de certaines revues dont Midi-Minuit Fantastique.
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Sur le toit du monde
Malgré cette campagne de dénigrement, et l’acharnement du comité de censure à s’ingérer dans le montage final, King Kong remporte un franc succès public. Il faut dire que RKO a investi ses ultimes deniers dans une campagne de publicité habile et massive dès le 14 février 1933, le film sortant le 02 mars. Lors de sa première semaine d’exploitation, le film engrangea plus de 100.000 dollars de recette pour 150.000 tickets vendus ! Un engouement qui perdura et permit à RKO de se remettre à flot et au cinéma de sortir de la dépression.
Bien qu’il ne reçut jamais la moindre nomination pour un quelconque prix (les effets spéciaux n’étant pas encore récompensés), King Kong s’impose de part sa virtuosité et la puissance de ses images. Si les moments inoubliables sont nombreux (apparition de Kong, combats contre les monstres, hurlements de Fay Wray), la séquence finale en haut de l’Empire State Building restera comme un symbole indémodable et intemporel. A noter la présence de Cooper et Schoedsack en pilotes d’avion chargés d’abattre le gorille.
Malgré cette campagne de dénigrement, et l’acharnement du comité de censure à s’ingérer dans le montage final, King Kong remporte un franc succès public. Il faut dire que RKO a investi ses ultimes deniers dans une campagne de publicité habile et massive dès le 14 février 1933, le film sortant le 02 mars. Lors de sa première semaine d’exploitation, le film engrangea plus de 100.000 dollars de recette pour 150.000 tickets vendus ! Un engouement qui perdura et permit à RKO de se remettre à flot et au cinéma de sortir de la dépression.Bien qu’il ne reçut jamais la moindre nomination pour un quelconque prix (les effets spéciaux n’étant pas encore récompensés), King Kong s’impose de part sa virtuosité et la puissance de ses images. Si les moments inoubliables sont nombreux (apparition de Kong, combats contre les monstres, hurlements de Fay Wray), la séquence finale en haut de l’Empire State Building restera comme un symbole indémodable et intemporel. A noter la présence de Cooper et Schoedsack en pilotes d’avion chargés d’abattre le gorille.
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Fils de KongFace à un tel plébiscite, King Kong ne pouvait logiquement pas rester seul. Produit en moins de temps qu’il n’en faut pour envisager une suite, Le Fils de Kong (The Son of Kong) est tourné, monté et vendu quelques mois seulement après la sortie de King Kong (1933). Nous y retrouvons Robert Amstrong dans le rôle du cinéaste anthropologiste Carl Denham qui, suite aux dégâts causés par Kong dans les rues de New York, se voit contraint à l’exil. Il décide de retourner sur Skull Island dans l’espoir d’y découvrir quelque chose qui pourrait le réhabiliter. Fay Wray cède sa place d’héroïne à Helen Mack, tandis que Victor Vong et Frank Reicher reprennent respectivement leur rôle du cuisinier et du capitaine.
Bien que nous retrouvions Ernest B. Schoedsack à la réalisation, Ruth Rose au scénario et Willis O’Brien, Marcel Delgado et E.B. Gibson aux effets spéciaux, nous sommes très loin du spectacle à la fois enivrant et homérique du premier film. A l’instar du fils de Godzilla des années plus tard (Kaijûtô no Kessen : Gojira no Musuko – 1967), le fils de Kong a perdu toute l’agressivité de son père au profit d’une bonhomie chaleureuse et pataude qui s’exprime dans une innocence difficile à comprendre. Cette naïveté le conduit d’ailleurs à se sacrifier afin de sauver de la noyade Carl Denham, pourtant coupable de la mort de son père ! N’hésitant pas réutiliser certaines séquences (le triceratops), les effets spéciaux reviennent ici à un niveau classique pour ce type de production, à savoir réduit au minimum. Willis O’Brien, déçu du résultat, tentera de faire supprimer son nom du générique sans succès.
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Héritage de Kong
Reste que ce Fils de Kong n’est pas dénué d’intérêt et mérite largement que l’on y jette plus qu’un coup d’œil. Depuis très longtemps inédit chez nous, les Editions Montparnasse viennent d’avoir l’excellente idée de le proposer, dans une très bonne copie sous-titrée français, en guise de bonus dans l’Edition Collector de King Kong en DVD. Une occasion à ne pas manquer de découvrir cette petite perle qui, à sa manière, est aussi importante que l’œuvre originale. Précisons que cette édition contient aussi les montages américain et français de King Kong (1933). .
72 ans plus tard, King Kong n’a rien perdu de sa force. Source d’inspiration inépuisable pour certains. Modèle du genre pour d’autres. Film éternel pour tous. Des monstres japonais (Godzilla, Rodan) aux remakes/hommages (King Kong, Mighty Joe Young) en passant par les pâles copies (Nabonga, Queen Kong), nul n’est parvenu à prendre sa place, pas même son fils qui tenta de lui ravir son trône. Régnant sans partage sur son royaume, le Roi Kong est pour toujours le souverain du cinéma de genre et une figure éternelle du 7ème art. Le Roi est mort, vive le Roi ! .
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Fiches Techniques
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King Kong (1933)
(VO : King Kong) – 100 minutes
Réalisation : Merian C. Cooper & Ernest B. Schoedsack.
Scénario : Merian C. Cooper, Edgar Wallace, James Ashmore Creelman & Ruth Rose.
Casting : Fay Wray, Robert Armstrong, Bruce Cabot, Frank Reicher.
Résumé : Carl Denham, cinéaste aventurier en quête de sensationnel, embarque avec son équipe de tournage pour Skull Island où il espère découvrir quelques mystères et mettre à jour une antique légende. Il engage une jeune femme pour incarner son héroïne que les indigènes capturent afin de l’offrir en sacrifice au dieu Kong. Mais au lieu de la dévorer, celui-ci se prend d’affection pour elle.
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Le Fils de Kong (1933)
Casting : Fay Wray, Robert Armstrong, Bruce Cabot, Frank Reicher.
Résumé : Carl Denham, cinéaste aventurier en quête de sensationnel, embarque avec son équipe de tournage pour Skull Island où il espère découvrir quelques mystères et mettre à jour une antique légende. Il engage une jeune femme pour incarner son héroïne que les indigènes capturent afin de l’offrir en sacrifice au dieu Kong. Mais au lieu de la dévorer, celui-ci se prend d’affection pour elle.
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Le Fils de Kong (1933)
(VO : The Son of Kong) – 70 minutes
Réalisation : Ernest B. Schoedsack.
Scénario : Merian C. Cooper, Edgar Wallace, James Ashmore Creelman & Ruth Rose.
Casting : Robert Armstrong, Helen Mack, Frank Reicher, John Marston
Résumé : Carl Denham, suite aux dégâts causés par Kong dans les rues de New York, se voit contraint à l’exil. Il décide de retourner sur Skull Island dans l’espoir d’y découvrir quelque chose qui pourrait le réhabiliter. C’est ainsi qu’il fait la connaissance du fils de King Kong.
Casting : Robert Armstrong, Helen Mack, Frank Reicher, John Marston
Résumé : Carl Denham, suite aux dégâts causés par Kong dans les rues de New York, se voit contraint à l’exil. Il décide de retourner sur Skull Island dans l’espoir d’y découvrir quelque chose qui pourrait le réhabiliter. C’est ainsi qu’il fait la connaissance du fils de King Kong.
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Guide de Lecture
King Kong, la 8ème Merveille du Monde 1 - Part 1/7
King Kong, la 8ème Merveille du Monde 2 - Part 2/7
Willis O’Brien, l’homme aux doigts d’or - Part 3/7
King Kong au pays du soleil levant - Part 4/7
King Kong : Grandeur & descendance - Part 5/7
King Kong Family 1 - Part 6/7
King Kong Family 2 - Part 7/7












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