dimanche 22 février 2009

Retour en Terre du Milieu - Part 2/2

Il aura fallu le courage et la volonté d’un homme pour qu’après 40 ans d’attente, le Seigneur des Anneaux connaissent une adaptation fidèle, soignée et réussie. Retour sur une aventure hors du commun et qui donna naissance au premier mythe cinématographique du nouveau millénaire.
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La Communauté de l’Anneau
Pour ce tournage-marathon s’étalant sur 15 mois (seul Robert Zemeckis avait tourné simultanément deux films à l’occasion de sa trilogie Retour vers le Futur – 1985/1990), Peter Jackson et son équipe réalise un véritable tour de force. Des journées pouvant atteindre les 16 heures de travail continu, les poses interminables et quotidiennes de maquillage et l’imposante organisation logistique ne sont que quelques-uns des désagréments qu’il a fallu surmonter afin de donner vie aux trois chapitres en même temps (le résultat à de quoi laisser pantois et admiratif !)
Aux quatre coins de la Nouvelle-Zélande, des dizaines d’équipes se partagent la tâche. Tournant des scènes entières ou de simples plans d’ensemble, chacune étant en contact permanent avec Peter Jackson qui se charge de la réalisation de toutes les séquences mettant en scène les acteurs principaux (pour mémoire la trilogie comporte une vingtaine de personnages centraux !). Ainsi Frances Walsh réalise la scène d’ouverture du Retour du Roi (2003), nous présentant Gollum alors qu’il était encore le hobbit Sméagol. A la moindre suggestion ou objection, Jackson intervient et rectifie le tir. Cette pratique donna lieu à la création par l’équipe technique du tampon « Approved P.J. », qui confirmait qu’une idée ou une scène était approuvée par le maître-contrôle.
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Bestiaire Monstrueux
Petit à petit la communauté prend vie et les films se dessinent. Les effets spéciaux, habile mélange de trompe-l’œil et d’imagerie numérique, sont évidemment confiés à Weta Ltd. Mais plus encore que la création des diverses créatures (Nazgûls, Arachné, etc.), c’est le personnage Gollum qui représente le vrai défi. De sa réussite et sa crédibilité dépend le succès de toute l’entreprise. Décision est prise d’en faire un être de synthèse en s’appuyant sur la gestuelle et le jeu de l’acteur anglais Andy Serkis, qui lui prête aussi sa voix. New Line souhaite garder le mystère total autours du design de la créature, du moins jusqu’à ce qu’une image non texturée déboule sur le net. La réponse ne se fait pas attendre puisque dès le lendemain de sa parution, un message est laissé sur le site officiel mentionnant que « par respect pour Peter Jackson et les employés de Weta, la photo devait être retirée ! » Conséquence immédiate, elle disparaît aussi rapidement qu’elle était apparue. Outre l’aspect anecdotique de cette affaire, c’est bien toute la force du projet, et particulièrement en matière de communication et de filtrage des informations, qui se révèle ici, confirmant l’impact du tournage en cours : Peter Jackson était légitimé par tous.
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Entre les Deux Tours
Un teaser voit le jour en avril 2000, suivi en janvier 2001 d’un second diffusé en salle et dévoilant quelques images de la trilogie. Puis vient la bande-annonce officielle du premier volet, tandis qu’une seconde arrive fin mai, attisant d’avantage la curiosité d’une communauté de plus en plus nombreuse. Mais le vrai coup de génie reste sans nul doute la présentation au festival de Cannes d’un montage de 26 minutes en exclusivité mondiale ! On y découvre des images des Deux Tours (2002) et du Retour du Roi (2003), et surtout 16 minutes tirées de La Communauté de l’Anneau (2001) et montrant la scène de la Moria, morceaux d’anthologie s’il en est ! A la sortie de la projection, les privilégiés n’avaient que des compliments emphatiques à la bouche. Avec la livraison d’une troisième et ultime bande-annonce, doublée d’un matraquage médiatique massif (figurines, objets de collection, etc.), plus aucun doute ne subsiste : Le Seigneur des Anneaux est l’évènement de la fin 2001.
C’est finalement le 19 décembre qu’est fixée la date de sortie internationale. Le film rencontre un succès aussi fulgurant que mérité. Acclamé par la critique et encensé par les fans, il remporte plus d’une soixantaine de récompenses partout dans le monde. Rassuré et conforté dans sa vision et son approche des choses, Peter Jackson peut poursuivre plus sereinement la post-production des deux autres chapitres.
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Le Chant des Dieux
Arrêtons-nous un instant sur l’une des composantes de cette réussite, à savoir la partition musicale. Si dans un premier temps les noms de Basil Poledouris, Elliot Goldenthal et James Horner sont avancés, c’est au canadien Howard Shore (Se7en, Philadelphia, Ed Wood) qu’incombe la lourde tâche mettre en musique l’intégralité de la trilogie. Seul impératif, chaque générique de clôture sera interprété par une chanteuse différente. Enya ouvre la marche avec l’envoûtant « May It Be », puis Emiliana Torrini nous livre le crépusculaire « Gollum’s Song », avant qu’Annie Lennox ne conclue avec son fascinant « Into the West ». Au final les trois BO sont inégales dans leur contenu et leur inspiration, le troisième acte bénéficiant cependant d’un lyrisme et d’une poésie que l’on ne faisait que deviner précédemment. Et bien que ces bandes originales n’égalent pas celle de l’incontournable Conan le Barbare (Basil Poledouris - 1982), elle s’inscrit parfaitement dans les paysages chatoyants ou ténébreux de la Terre du Milieu.
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Le Retour du vrai Roi
Celui-ci aura lieu bien avant la sortie effective du dernier opus, puisque 2002 marque l’accession de Peter Jackson au panthéon des grands du cinéma. En parallèle à l’arrivée des Deux Tours en salle, une édition collector composée de 4 DVD débarque dans les rayonnages. Elle contient la version longue de La Communauté de l’Anneau (2001) et enfonce une porte ouverte : Oui la suite des hostilités s’annonce titanesque ! Les 26 minutes qui sont ici ajoutées transportent le film vers des hauteurs inespérées et inattendues. Si les plus pointilleux regretteront l’absence de Tom Bombadil, la scène de remise des présents de Galadriel justifie à elle seule cette édition.
Résultat, là où la seconde partie - Les Deux Tours - aurait pu nous laisser sur notre faim (le film n’ayant pas vraiment de début et encore moins de conclusion), la promesse d’une version longue fin 2003 suffit à convaincre même les plus septiques.
Quoiqu’il en soit Les Deux Tours (2002), s’il est moins primé que son aîné, reçoit tout de même plus d’une cinquantaine de prix et place la trilogie hors d’atteinte en matière de box-office. L’investissement de départ étant remboursé depuis bien longtemps, New Line remet le couvert et autorise Peter Jackson à rappeler tout le monde en Nouvelle-Zélande pour y tourner des nouvelles scènes du Retour du Roi (2003). On estime que 20% du produit final fut filmé à cette occasion. Là encore il s’agit d’une première dans l’histoire du cinéma, le budget global atteignant les 300 millions de dollars pour une recette approchant les 3000 millions à ce jour ! Peter Jackson est le nouveau Seigneur des Anneaux …
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Quelque part au Firmament
« J'ai consacré ces sept dernières année de ma vie à écrire, réaliser et produire la Trilogie du Seigneur des Anneaux. Ce fut une odyssée épuisante, finalement assez proche de celle de nos personnages, avec peu de sommeil, une vie qui n'a plus rien de normal et de nombreux moments où l'on se demande si on arrivera un jour au bout ». C’est par ces mots que Peter Jackson présenta l’ultime volet de sa trilogie. Avec la sortie sur les écrans du Retour du Roi (2003), c’est presque une vie qui s’achève. Accusant plus de deux cents récompenses, dont une quinzaine d’Oscars, et s'imposant comme la plus belle réussite artistique de tous les temps, ce Seigneur des Anneaux restera dans les mémoires comme une œuvre majeure du septième art, un formidable pari révélé haut la main et une grande aventure internationale et humaine, qui monopolisa des milliers de personnes sur le tournage et des millions de fans un peu partout.
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Et Peter Jackson de conclure : « Le professeur Tolkien a dit autrefois que « la marmite de soupe de l'histoire » a toujours bouillonné, et de nouveaux ingrédients, délicats ou moins raffinés, y ont été continuellement ajoutés. A présent, je suis heureux de laisser ces films vivre leur vie et devenir ce que cette génération, ou les prochaines, voudront faire d'eux. Que ma contribution soit en fin de compte jugée « délicate ou moins raffinée » n'est pas essentiel. Désormais, elle existe. La Trilogie ne m'appartient plus. Elle est maintenant entre les mains de ceux pour qui ces films ont été faits : les gens qui aiment ces livres et ont toujours aimé le cinéma. »
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