Il aura fallu le courage et la volonté d’un homme pour qu’après 40 ans d’attente, le Seigneur des Anneaux connaissent une adaptation fidèle, soignée et réussie. Retour sur une aventure hors du commun et qui donna naissance au premier mythe cinématographique du nouveau millénaire.
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Depuis des décennies, Hollywood dardait d'adapter le livre le plus vendu après la bible, le légendaire Seigneur des Anneaux. Si sa rédaction débuta en 1936, il ne fut publié qu’au milieu des années 50 sous la forme de trois livres (au lieu des six initiaux). Le chef d'oeuvre de J.R.R. Tolkien (ou John Ronald Reuel Tolkien pour les intimes) s'imposa immédiatement comme une source inépuisable d'inspiration à la fois romanesque, cinématographique et visuelle, considéré par beaucoup comme une référence incontournable en matière d'imaginaire. Une aventure épique faisant intervenir différentes races et décrivant leurs langages, leurs pays et leurs us et coutumes. Une quête parsemée de doutes, de guerres, de courage et de remise en question. Un univers si touffu qu'il faudra plus de 1000 pages pour en conter la totalité. Dès lors, il paraissait évident que son adaptation sur grand écran remporterait un vif succès public. Encore eut-il fallu que le principal intéressé, Tolkien, n'exprime son refus de voir son livre simplement « adapté », ramenant toute l'intensité de ses écrits à une durée maximale de trois heures ! .
Les Premiers Ages
Au début des années 70, John Boorman contacte Tolkien et parvient finalement à le convaincre de le laisser transposer son oeuvre au cinéma. Le script ramène le récit à un film de deux heures. United Artists semble partant avant s'effacer au profit de Disney, puis de TriStar. Les droits finissent par échouer aux mains de Saul Zaentz, futur producteur d'Amadeus (1984) et du Patient Anglais (1996), auquel Boorman propose 1 million de dollars. Zaentz est plus gourmand et le projet abandonné.
Ce dernier lance alors la production d'une version animée en 1978. La réalisation est confiée à Ralph Bakshi qui dès le départ fait connaître son intention de tourner au minimum deux films. Au final il ne tournera que la première partie, humblement baptisée Le Seigneur des Anneaux alors que la trame s'arrête à la moitié des Deux Tours (sic), et dont l'échec cuisant au box-office condamna une hypothétique suite. Le temps aidant, on finit par lui trouver des qualités esthétiques et narratives, doublées d’une certaine audace pour un dessin animé de cette époque. Pour ma part j'ai une affaction toute particulière pour ce film d'animation qui a berçé mon enfance et s'impose comme une belle réussite artistique.
Au début des années 70, John Boorman contacte Tolkien et parvient finalement à le convaincre de le laisser transposer son oeuvre au cinéma. Le script ramène le récit à un film de deux heures. United Artists semble partant avant s'effacer au profit de Disney, puis de TriStar. Les droits finissent par échouer aux mains de Saul Zaentz, futur producteur d'Amadeus (1984) et du Patient Anglais (1996), auquel Boorman propose 1 million de dollars. Zaentz est plus gourmand et le projet abandonné.Ce dernier lance alors la production d'une version animée en 1978. La réalisation est confiée à Ralph Bakshi qui dès le départ fait connaître son intention de tourner au minimum deux films. Au final il ne tournera que la première partie, humblement baptisée Le Seigneur des Anneaux alors que la trame s'arrête à la moitié des Deux Tours (sic), et dont l'échec cuisant au box-office condamna une hypothétique suite. Le temps aidant, on finit par lui trouver des qualités esthétiques et narratives, doublées d’une certaine audace pour un dessin animé de cette époque. Pour ma part j'ai une affaction toute particulière pour ce film d'animation qui a berçé mon enfance et s'impose comme une belle réussite artistique.
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En 1980, une adaptation sans queue ni tête du Retour du Roi voit le jour sous la houlette de Jules Bass et Arthur Rankin Jr. A noter la présence au générique de John Huston qui prête sa voix à Gandalf ! Un film effrayant pour les fans et résolument destiné aux enfants, contrairement au métrage de Ralph Bakshi . A noter que Jules Bass avait déjà signé l'adaptation de la préquelle au Seigneur des Anneaux avec un autre film d'animation datant de 1977 : The Hobbit. Un dessin animé assez réussi que je vous conseille de voir, ne serait-ce que pour votre culture personnelle.
Reste qu'après cette période très animée, plus rien durant les 15 prochaines années. Comme si l’anneau maléfique de Sauron avait trouvé le moyen de disparaître de la surface de la terre, à moins que l’ampleur d’une telle réalisation ne finisse pas terrifier tous les producteurs d’Hollywood. Du moins jusqu’au jour où Peter Jackson laisse échapper sa passion pour le roman et son envie d’en réaliser une version : La Guerre de l’Anneau reprenait.
Reste qu'après cette période très animée, plus rien durant les 15 prochaines années. Comme si l’anneau maléfique de Sauron avait trouvé le moyen de disparaître de la surface de la terre, à moins que l’ampleur d’une telle réalisation ne finisse pas terrifier tous les producteurs d’Hollywood. Du moins jusqu’au jour où Peter Jackson laisse échapper sa passion pour le roman et son envie d’en réaliser une version : La Guerre de l’Anneau reprenait.
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La Genèse d'un Mythe
Bénéficiant d’une imagination débordante (comme le prouvent ses précédentes productions) et de l’appui logistique de ses deux compagnies Wingnut Films et Weta Ltd (dont la notoriété égale désormais celle des studios Lucas), Peter Jackson entame la rédaction d’un premier script en 1995 avec l’aide de sa femme Frances Walsh. Une évidence s’impose à lui : il est impossible de ramener l’ensemble de l’histoire à un seul film. Si bien que deux films sont envisagés pour une durée moyenne de trois heures, et intitulés The Fellowship of the Ring et The War of the Ring.
Bénéficiant d’une imagination débordante (comme le prouvent ses précédentes productions) et de l’appui logistique de ses deux compagnies Wingnut Films et Weta Ltd (dont la notoriété égale désormais celle des studios Lucas), Peter Jackson entame la rédaction d’un premier script en 1995 avec l’aide de sa femme Frances Walsh. Une évidence s’impose à lui : il est impossible de ramener l’ensemble de l’histoire à un seul film. Si bien que deux films sont envisagés pour une durée moyenne de trois heures, et intitulés The Fellowship of the Ring et The War of the Ring. Malgré les coupes franches (la Lothlorien disparaît !), Jackson et Walsh aboutissent à un résultat suffisamment probant pour convaincre Saul Zaentz (encore lui) et surtout le studio Miramax qui se dit prêt à investir 100 millions de dollars ! La pré-production est officiellement lancée début 98. On part en repérage, on dessine décors, costumes et monstres et on projette des acteurs. Lentement la lourde machinerie se met en branle.
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Mais Miramax a peur. Le budget prévisionnel est revu à la baisse et les frères Weinstein ne veulent plus produire qu’un seul film, ce que Jackson refuse. Ils lui laissent alors l’opportunité de convaincre un autre studio de produire sa saga. En échange, et s’il y parvient, il devra verser 5 millions de dollars en guise de dédommagement des frais déjà engagés. Dans le cas contraire (c’est dire si personne ne veut se risquer dans l’aventure), Miramax récupère le script et embauche un « remplaçant » qui acceptera de ne tourner qu’un long métrage. La prospection commence mais à chaque fois Jackson se heurte à un mur de méfiance et une cohorte de refus (il faut dire qu’en plus d’être une œuvre pharaonique, il n’est pas considéré comme un réalisateur majeur malgré ses deux derniers succès hollywoodiens, Créatures Célestes (1994) et Fantômes contre Fantômes (1996). C’est finalement New Line qui donne son feu vert, convaincu par une casette d’une demi-heure signée Weta Ltd. et montrant les premières esquisses du devenir de la production. Littéralement abasourdi par ce qu’il vient de voir, Robert Shaye (le big boss) lâche un prophétique et libérateur : « Et pourquoi ne pas faire trois films ? ». En quelques minutes, Le Seigneur des Anneaux se trouve un producteur, devient une trilogie et voit son budget passer à 130 millions de dollars : Jackson et Walsh touchent leur rêve du bout des doigts.
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Adaptation Difficile ?
Le travail reprend d’arrache-pied, d’autant que l’adaptation vient de gagner deux heures d’images supplémentaires. Le script est retravaillé et intègre bon nombre d’éléments abandonnés. Quelques jours après la reprise du chantier, le Net commence à frémir de diverses rumeurs. Plutôt que de laisser s’enflammer la toile, Peter Jackson décide de communiquer clairement sur son projet, tout en prenant soin de rester à la fois intègre et prévenant : « Il ne s’agira pas d’une adaptation au sens littéral mais plutôt de ma vision subjective de la chose. » Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! Cette annonce provoque une onde de choc sans précédent : les forums sont pris d’assaut, les débats frénétiques et l’attente des fans déjà plus pressante..
Première CommunautéIl faudra patienter plusieurs mois avant que le casting ne soit révélé. Aux côtés des acteurs confirmés (Ian McKellen/Gandalf, Christopher Lee/Saroumane, John Rhys-Davies/Gimli, Bernard Hill/Theoden, Hugo Weaving/Elrond, Ian Holm/Bilbon), nous découvrons des visages vaguement connus (Elijah Wood/Frodon, Liv Tyler/Arwin ou Sean Astin/Sam) et des illustres inconnus (Orlando Bloom/Legolas, Dominic Monaghan/Merry ou Billy Boyd/Pippin). Seul le rôle d’Aragorn posa un problème. Dans un premier temps proposé à Daniel Day-Lewis (Au nom du père), il échoue à Stuart Townsend (La Ligue des Gentlemen Extraordinaires) avant de lui être retiré car jugé trop jeune. Après une seconde tentative avec Day-Lewis, c’est Viggo Mortensen qui est appelé dans l’urgence pour endosser le costume d’Aragorn fils d’Arathorn et héritier du trône.
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Nouvelle Terre du Milieu
Autre difficulté, la précision avec laquelle Tolkien a décrit son monde et dont Peter Jackson n’imagine même pas modifier une brin d’herbe. Originaire de Nouvelle-Zélande, il n’hésite pas longtemps avant de décider que sa patrie est la meilleure incarnation de la Terre du Milieu : champs verdoyants, pics enneigés, forêts abondantes et plaines volcaniques, rien ne manque à l’appel. Réalisateur à l’ancienne, Jackson aime à travailler sur le terrain, au contact de la nature et des éléments. S’il faut déplacer des montagnes ou détourner des océans, il se relèvera les manches et se mettra à la tâche (rassurez-vous, cela n’a pas été jusque là !)
Autre difficulté, la précision avec laquelle Tolkien a décrit son monde et dont Peter Jackson n’imagine même pas modifier une brin d’herbe. Originaire de Nouvelle-Zélande, il n’hésite pas longtemps avant de décider que sa patrie est la meilleure incarnation de la Terre du Milieu : champs verdoyants, pics enneigés, forêts abondantes et plaines volcaniques, rien ne manque à l’appel. Réalisateur à l’ancienne, Jackson aime à travailler sur le terrain, au contact de la nature et des éléments. S’il faut déplacer des montagnes ou détourner des océans, il se relèvera les manches et se mettra à la tâche (rassurez-vous, cela n’a pas été jusque là !) Entre temps New Line consent à rallonger la mise à hauteur de 190 millions, soit la plus grosse somme jamais investie sur un film ! Enfin la date du début du tournage est fixée au lundi 11 octobre 1999, jour où Jackson entame son long et difficile voyage à travers le Mordor en vue de mettre en boîte plus de 11 heures de pellicule.
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Guide de Lecture
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