dimanche 21 septembre 2008

Tales from the Crypt : EC History - Part 2/2

L’histoire du comic-book est jalonnée de succès et d’échecs, de maisons d’éditions ayant connues des réussites phénoménales, et d’autres dont seules quelques personnes se souviennent. Pour certaines d’entre elles, si leur nom est parvenu jusqu’à nous, c’est souvent l’œuvre d’un homme. C’est le cas de l’éditeur EC, acronyme originel d’Educational Comic, et qui allait, grâce à l’horreur, entrer au Panthéon des grands noms du comics américain. Découvrez l'histoire incroyable de William B. Gaines et ses célèbres Tales From The Crypt.
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Judgment Day
Avec la mort de ses enfants de papier, Gaines doit relever la tête s’il ne veut pas sombrer dans l’oubli. Il lance de nouveaux titres dés le mois de janvier 1955. Aces High, Impact, Piracy, Valor, Extra !, MD et Psychoanalysis deviennent les séries régulières de la maison EC. Mais la tempête ne semble pas vouloir quitter les bureaux et un autre scandale éclate.
Dans un numéro de Incredible Science Fiction (magazine réunissant les anciens Weird Science/Fantasy), une histoire nommée Judgment Day va déclencher les foudres de la censure. L’histoire nous présente un astronaute qui débarque sur une planète peuplée de robots rouges et bleus. Sa mission consiste à vérifier que cette race est suffisamment évoluée pour entrer dans l’Alliance Galactique. A la fin du récit, l’émissaire déclare la planète apte. Lorsqu’il retourne dans son vaisseau et qu’il retire son casque, on s’aperçoit que ce cosmonaute est un noir. Et c’est là tout le problème, du moins aux yeux des censeurs. Ils leur paraient inconcevables que ce personnage puisse être noir. Gaines et Feldstein crient à la conspiration et envoient toute la commission du comics code au diable.
En 1992, John Goldwater (président du CMAA et de Archie Comics à l’époque) laisse entendre que les suspicions de Feldstein quant à une conspiration visant à détruire EC, ont un fond de vérité. En effet, les directions d'Archie Comics et de DC comics voyaient d’un mauvais œil les chiffres de ventes atteints par EC, et auraient bien voulu voir l’éditeur disparaître. Mais le sort en a décidé autrement.
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Tout le Monde est MAD
Cet acharnement, subit par EC durant ces quelques années, aurait pu causer sa perte. Gaines en est bien conscient et il doit son salut en majeure partie au célèbre Mad Magazine. En 1958, 58% des étudiants américains se prononcent en faveur de la revue qu’ils jugent comme la meilleure sur le marché. Ainsi de 1955 à 1971, EC ne vit qu’au travers de sa revue satirique, même s’ils publient d’autres titres par ailleurs.
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D’entre les Morts
En 1971, Amicus Films propose à William Gaines de produire une version cinéma de ses Tales from the Crypt. Si au départ il est un peu retissant, craignant que l’adaptation ne soit pas à la hauteur, il se ravise et donne son aval. Le film voit le jour en 1972 sous le titre générique de Tales from the Crypt (Les Horreurs de la Crypte en France). Réalisé par l’anglais Freddie Francis, on y retrouve l’acteur de théâtre Sir Ralph Richardson dans le rôle du Crypt Keeper, et une batterie de comédiens parmi lesquels Joan Collins et Peter Cushing. Ce long métrage se compose de cinq histoires directement tirées des comics : And All Through the House (Vault of Horror # 35), Reflection of Death (Tales from the Crypt # 23), Poetic Justice (Haunt of Fear # 12), Wish You Were Here (Haunt of Fear # 23) et Blind Alleys (Tales from the Crypt # 46).
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En 1973, Amicus produit une suite qui s’intitulera Vault of Horror. Aux commandes, on trouve Roy Ward Baker, plus connu pour un film-document sur les dernière heures du Titanic, A Night to Remember (1958). Côté acteurs, citons Terry Thomas et Curt Jurgens. A nouveau, ce sont cinq histoires inspirées des comics originaux qui sont misent en scène : Midnight Mess (Tales from the Crypt # 35), Neat Job (Shock SupenStories # 1), This Trick’ll Kill You (Tales from the Crypt # 33), Bargain in Death (Tales from the Crypt # 28) et Drawn and Quartered (Tales from the Crypt # 26). Notez qu’il n’y a aucune histoire tirée d’un Vault of Horror malgré le titre du film !
Bizarrement il ne s’agit pas là des premières adaptations des titres EC. En 1966, Feldstein avait eut l’occasion de voir un court métrage appelé The Fisherman, qui reprenait un scénario écrit par lui pour une histoire de Vault of Horror # 22, Gone Fishing.
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Résurrection
En 1971, Gaine rencontre Russ Cochran. Ce dernier est un passionné des éditions EC. Il propose à Gaines de réimprimé tous les titres d’épouvantes dans une édition de luxe. En 1978, alors que les réimpressions connaissent un succès retentissant, Cochran décide de republier de la même manière les autres parutions (Weird Science, Crime Patrol, Piracy).
A l’aube des années 80, la censure ayant laissé sa place à la créativité, Gaines décide de réimprimer toutes ses publications sous leurs formes originelles. Ainsi peut-on retrouver dans les bacs les Tales from the Crypt, Aces High et autres Haunt of Fear dans des versions très proches des originaux parus dans les années 50.
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The Sun Always Shine On TV
En 1989, la chaîne de télévision américaine HBO accueille une série appelée à devenir culte : Tales from the Crypt. A la production, on retrouve les plus grands du cinéma US de l’époque : Robert Zemeckis (Retour vers le futur), Joel Silver (producteur des Arme Fatale), Richard Donner (Superman), Walter Hill (48 heures) et David Giler (producteur des Aliens). L’idée de départ est que tous les épisodes de la série doivent être tirés de ceux parus dans les comics, ainsi que le souhaitait William Gaines.
Pour le pilote, Richard Donner réalise Dig That Cat … He’s Real Gone (Haunt of Fear # 21). Succès immédiat et démarrage en trombe. Le rôle du Crypt Keeper est confié à une marionnette, dont les interventions, en début et en fin d’épisode, sont hilarantes. La musique du générique est due à Danny Elfman, compositeur attitré de Tim Burton et auteur du, déjà célèbre, générique des Simspon. Par la suite James Horner, Alan Silvestri ou Jay Ferguson signeront des partitions originales.
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La Ronde des Revenants
Un des points forts de la série vient de son casting. Chaque épisode met en scène une célébrité du cinéma ou de la télévision. Ainsi a-t-on pu croiser Demi Moore, Christopher Reeves, Lance Henriksen, Kyle MacLachlan, Joe Pesci, Alfred Hitchcock (épisode # 80), et bien d’autres.
Aujourd’hui la série compte plus d’une centaine d’épisodes et a été vendue un peu partout dans le monde. Outre la télé, Tales from the Crypt retrouve le chemin des salles obscures avec deux films. Le premier, Demon Knight (Le Cavalier du Diable) est réalisé en 1995 par Ernest Dikerson. Bien sûr le Crypt Keeper est de la fête, ainsi que Billy Zane (Titanic) dans le rôle du méchant. Le second, Bordello of Blood (La Reine des Vampires), est l’œuvre de Gilbert Alder. Enfin, tirons un coup de chapeau au travail excellent fournit par John Kassir, voix américaine du Crypt Keeper depuis le début du show. A noter que la série est intégralement disponible en DVD aux Etats-Unis, contrairement à la France où seule une sélection de divers épisodes est éditée.
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Un Air de Famille
En 1982, George Romero, rendu célèbre pour sa saga sur les zombies, s’associe à Stephen King pour produire et réaliser Creepshow. Film qui s’inscrit dans la continuité des comics d’EC, il présente des contes horrifiques liés entre eux par de courtes scènes. Une suite verra le jour quelques années plus tard, Creepshow 2, avec moins de succès malgré une excellente histoire de blob aquatique. Actuellement il est question qu'un Creepshow 3 soit produit. Affaire à suivre.
A la télévision, Steven Spielberg s’essaie aussi au genre avec Histoires Fantastiques, série qui garde le concept des Tales from the Crypt, mais destinée à un public plus jeune. Malheureusement, le nom du réalisateur n’est pas suffisant pour en faire un succès, ni en garantir l'intérêt malgré de très bons opus et la présence de quelques stars au générique.
Enfin citons pour mémoire les deux opus de Darkside, les Contes de la Nuit Noire et Nécronomicon, trois films à sketches dans lesquels s’illustra - entres autres - Christophe Gans (Crying Freeman).
Epilogue
Pendant plus de cinquante ans, les productions EC ont fait frémir des millions de lecteurs. Actuellement, la maison d’édition poursuit ses réimpressions sous la direction des éditons Gemstone. L’histoire de EC est intimement liée à celle du comics. Grâce à la persévérance de William B. Gaines et de son plus proche collaborateur, Al Feldstein, les publications ont gardé toute leur fraîcheur, sans subir les affres du temps. William B. Gaines nous a quitté en 1992, rejoignant le royaume auquel il consacra la majeure partie de son existence. Il laisse derrière lui un héritage dense, horrifique, drôle et varié que l’on se plaît à découvrir et redécouvrir à chaque lecture, comme une saison de plus en enfer. « Le bon goût est l’ennemi ultime de la création » Picasso

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Guide de lecture 
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