lundi 14 juillet 2008

Godzilla : un cinquantenaire de destruction - Part 2/2

Depuis plus de 50 ans, Godzilla traîne son haleine atomique et son allure de dragon ancestral sur les écrans du monde entier. Véritable icône populaire dont la filmographie affiche fièrement 27 titres, il fait désormais partie du patrimoine mondial. Parcours d’un enfant de l’atome devenu roi des monstres avec, au programme du jour, un zoom sur le dernier opus en date de la saga : Godzilla Final Wars.
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La fin d’un règne
Godzilla vs Space Godzilla (Gojira tai Supesu Gojira – 1994) de Kensho Yamashita est le chapitre le plus discutable de la série. Tourné à la va-vite, il voit débarquer un Space Godzilla venu des étoiles et né d’une cellule de Biollante contenant de l’ADN de Godzilla. S’ajoutent Mogera, robot géant conçu par le Japon pour contrer Godzilla, et Minya qui devient “Baby Godzilla”. La critique assassine le film qui ne trouve grâce qu'aux yeux des fans.

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Cela n’empêche pas Takao Okawara de reprendre du service l’année suivante pour Godzilla vs Destoroyah (Gojira tai Desutoroya – 1995). Entre temps la version américaine est officiellement sur les rails et tout est prêt pour reprendre le flambeau. La Toho en profite pour corriger le tir en annonçant rien de moins que la mort de Godzilla au terme du film ! Accumulant les références à la version de 1954 (images du professeur Yamane, citations intégrales de certaines scènes en flash-back), Destoroyah (1995) débute de façon prometteuse mais n’évite pas les travers de ses aînés sur la longueur. Utilisation de jouets en guise de miniatures, besoin de se rapprocher de l’imagerie yankee au détriment de l’esprit original, aucune prise de risque.
Autant de facteurs qui cantonnent ce titre (et plus généralement l’ère Hensei) à une production de seconde zone là où les Gamera (1995-1999), concurrents direct des Godzilla, parviennent à innover tout en respectant les œuvres passées (1965-1980). Comme promis Godzilla ne survit pas à son duel contre Destoroyah, tous les deux disparaissant dans une gigantesque explosion : le roi des monstres venait de partir en cendres.
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Renaissance
Après le Godzilla de Roland Emmerich (1998), la Toho redresse la tête et ressuscite sa star au terme de cinq années d’absence. Pour marquer le coup, la réalisation est confiée à Takao Okawara qui livre un étonnant Godzilla 2000 (Gojira ni-sen mireniamu – 1999). Le scénario ignore tous les films précédents à l’exception de l’original. Godzilla a depuis attaqué le Japon à deux reprises et une unité spéciale, le GPN (Godzilla Prediction Network), est chargé d’anticiper le réveil du monstre. Et celui-ci ne tarde pas à montrer le bout de son épine dorsale, plus impressionnante que jamais. Cette fois il est opposé à Orga, une entité tombée du ciel. Réussite critique et artistique, il apparaît évident que les Japonais ne voyaient pas d’un très bon œil le départ de l'une mythique créature de l’autre côté du Pacifique.
Autant battre le fer tant qu’il est chaud, Godzilla vs Megaguiras (Gojira tai Megagirasu : Jî shômetsu sakusen – 2000) arrive pour fêter le nouveau millénaire sous la direction de Masaaki Tezuka. Les échecs du passé ayant porté leurs fruits, cette nouvelle période semble synonyme de renouveau. Les costumes sont particulièrement soignés, les histoires conhérentes, les scènes de destruction nombreuses et (presque) crédibles et l’univers du géant atomique ne cesse de s’étoffer dans le bon sens, tout en honorant les codes inhérents au genre et à la saga.
Il en va de même avec Godzilla, Mothra, King Ghidorah : All Monsters Attack (Gojira, Mosura, Kingu Gidorâ : Daikaijû sôkôgeki – 2001) de Shusuke Kaneko qui renoue avec les rassemblements de Kaiju dans un film aussi réjouissant que sympathique, mais qui une fois encore, néglige la continuité établie. Ce triptyque inauguré en 1999 forme une trilogie distincte dans la série puisqu’elle semble se dérouler dans une réalité alternative. Et malgré la qualité indéniable de ces métrages, la Toho choisie de réinventer sa légende avec le très réussi Godzilla vs Mechagodzilla (Gojira tai Mekagojira – 2002), troisième du nom.
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Next Generation
Godzilla vs MechaGodzilla de Masaaki Tezuka se veut être une suite au film de 1954. Godzilla, disparu depuis près de 45 ans, refait subitement surface et entame son travail de destruction. Impuissantes face à cette force dévastatrice, les autorités récupèrent le squelette du premier Godzilla qu’elles utilisent afin de concevoir un MechaGodzilla capable d’endiguer la menace. Profitant de moyens conséquents, ce 26e opus est un vrai bonheur nonobstant une mise en place un peu laborieuse.
C’est tout naturellement que Tezuka revient en 2003 avec Godzilla vs Mothra vs MechaGodzilla : Tokyo S.O.S. (Gojira tai Mosura tai Mekagojira : Tôkyô S.O.S.), suite directe du MechaGodzilla 3. Si cette bande ne prête guère aux reproches, le fait est que les Kaiju ne remportent plus l’adhésion du public et la Toho l’a bien compris. Décision est donc prise : le prochain film sera aussi le dernier avant une énième période d’hibernation.
Et c’est ainsi qu’en 2004, soit 50 ans après sa création, Godzilla tire sa révérence dans le dantesque Godzilla Final Wars (Gojira : Fainaru uôzu) de Ryuhei Kitamura. Une œuvre spectaculaire en forme d’hommage à 50 ans d’histoire, de luttes et monstres multiples. Une oeuvre que nous découvrirons plus en détails dans la troisième et dernière partie de ce dossier.
Reste que depuis Godzilla le vénérable (et vénéré) repose dans les eaux tempérées du Pacifique pour une durée indéfinie dans l’attente de son prochain réveil.
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Godzilla : Final Wars 
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Après un détour américain raté en 1998, Godzilla était revenu dans sa patrie natale avec l’espoir d’y retrouver sa superbe d’antan. Mais l’évolution du marché, le manque d’originalité et une certaine lassitude du public à l’égard du genre devait conduire la Toho (en charge de la destinée du monstre atomique depuis ses débuts en 1954) à mettre un terme à sa fructueuse saga. Pourtant les dernières productions, Godzilla vs Mechagodzilla (2002) et Godzilla vs Mothra vs MechaGodzilla : Tokyo S.O.S. (2003), étaient honorables mais ne remportèrent pas le succès escompté.
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Un cinquantenaire de destruction
Pour autant, il n’était pas question de laisser passer l’année du cinquantenaire, ne serait-ce que par considération pour les fans et une série longue de 28 épisodes à ce jour.
Aussi un ultime film en guise de requiem fut-il envisagé. La Toho, habituellement rétive à toute forme d’évolution, décida de confier ce projet à un réalisateur totalement novice en matière de kaiju eiga, espérant achever son cycle avec panache. Le choix se porta sur le très en vogue Ryuhei Kitamura dont les récents Versus (2000), Alive (2002) et Azumi (2003) ont connu un franc succès un peu partout dans le monde.
Avec l’aide de son scénariste Isao Kiriyama, le jeune cinéaste rédige un script à la fois respectueux, parodique et révolutionnaire. La Toho, après l'avoir validé, lança officiellement la production de ce qui est annoncé comme le “dernier Godzilla
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L'ultime choc des monstres
Le point de départ de cette énième aventure est marquée par la victoire de l’Earth Defence Force qui parvient à ensevelir Godzilla sous les glaces. Mais lorsqu’une dizaine de monstres géants apparaissent aux quatre coins du monde, cette force internationale est rapidement dépassée.
Si ses agents sont génétiquement modifiés pour être des guerriers presque invincibles, ils ne sont pas suffisamment nombreux pour endiguer la menace. Alors que tout semble perdu, un vaisseau extraterrestre fait disparaître toutes les créatures. Dans un premier temps, les autorités pensent avoir trouvé des alliés de choix avant de comprendre que les Xilians espèrent utiliser l'homme à des fins culinaires ! Leur funeste complot mis à jour, ils relâchent les monstres, obligeant le capitaine Douglas Gordon (Don Frye) à réveiller Godzilla, ultime espoir de la planète.
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La Parade Monstrueuse
Dès le générique, les clins d’œil abondent, à commencer par le logo de la Toho qui reprend le design scintillant original vu sur le premier film (1954). Puis l’astéroïde se dirigeant vers la terre est baptisé Gorath en hommage à un autre film de la Toho, Gorath (1962), tandis la planète d’origine des Xilians n’est autre que la Planète X déjà présente dans divers opus de la saga, dont l'indispensable Invasion Planète X (1965). Dans le même temps, l’Earth Defence Force emprunte son nom au désormais classique Prisonnières des Martiens (1957). Enfin, Akira Takarada, dont la carrière débuta dans le Godzilla original (1954), tient ici un petit rôle emprunt de nostalgie.
En qualité d’épilogue, Godzilla : Final Wars nous permet de retrouver toutes les grandes figures que sont Mothra, Rodan, Manda, Ebirah, Angilas, Hedorah, Gigan, King Caesar, Kamacuras, Kumonga, sans oublier Zilla, la version américaine de Godzilla qui se fait exploser en deux coups de queue (juste revanche s'il en est !).
Mentions spéciales pour Minya, le fils de Godzilla qui apporte une touche d’humour bienvenue, et Monster X, le grand méchant de l’histoire. À noter que seuls Manda, Rodan (pour les séquences de vol) et Zilla (par simple moquerie) sont réalisés en images de synthèses, les autres restants fidèles à la tradition du cascadeur dans le costume.
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Godzilla : Final Wars, malgré une mise en place un peu laborieuse qui donne une trop grande importance aux humains et à des combats dignes de la trilogie Matrix, se révèle être un spectacle enthousiasmant et jubilatoire. Bourré de références au mythe, tout en prenant ses distances avec une audace qui s’avère payante, Kitamura réalise un film définitif et essentiel. De là à en conclure que Godzilla ne reviendra jamais plus, il y a un pas que nous nous garderons bien de franchir, le plan final nous engageant à croire le contraire.
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Fiche Technique
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Godzilla Final Wars (Gojira : Fainaru uôzu) - Japon 2004.
Réalisation : Ryuhei Kitamura. Scénario : Isao Kiriyama et Ryuhei Kitamura d'après une histoire de Wataru Mimura et Shogo Tomiyama. Production : Shogo Tomiyama. Photographie : Takumi Furuya et Fujio Okawa Musique : Keith Emerson. Réalisation des séquences d'effets spéciaux : Eiichi Asada. Effets digitaux : Nobuhiro Kondô. Distribution : Pretty Pictures. Durée : 2h04. Avec : Masahiro Matsuoka, Akirika Takarada. Kane Kosugi, Don Frye, Kenji Sahara, Kumi Mizuno, Masakatsu Funaki, Ryô Hashidume. Sortie France : 31 août 2005.
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