Si Bram Stoker devait révolutionner le littérature en créant le vampire moderne avec Dracula (1897), le 7ème art allait lui donner ses lettres de noblesse et en faire un mythe populaire à même traverser les siècles.
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Aux premières heures du cinéma, les réalisateurs se sont orientés vers le fantastique, genre qui collait parfaitement à la merveille incarnée par cette nouvelle technologie. Durant cette ère préhistorique, les vampires et leurs servants apparaissent sur les écrans du monde, terrorisant les foules. Ainsi Georges Méliès dans son Manoir du Diable (1896) – un an avec Dracula – mettait en scène Méphistophélès prenant l’apparence d’une chauve-souris pour se déplacer.
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Premières Nuits
Le premier véritable film de vampire est signé Arthur Robison sous le titre Nächte des Grauens en 1916. Il est suivi en 1919 par Lilith und Ly d’Erich Kober sur un scénario de Frizt Lang, et dans lequel un explorateur tente de ramener à la vie Lilith considérée comme la reine des vampires. En 1920 Robert Wiene réalise Genuine : A Tale of a Vampire et applique aux vampires un traitement similaire à son Cabinet du docteur Caligari tourné quelques mois plus tôt. Une œuvre sombre baignant dans l’horreur. Enfin la même année Alice Guy nous livre sa version du mythe dans Vampire (1920).
Le premier véritable film de vampire est signé Arthur Robison sous le titre Nächte des Grauens en 1916. Il est suivi en 1919 par Lilith und Ly d’Erich Kober sur un scénario de Frizt Lang, et dans lequel un explorateur tente de ramener à la vie Lilith considérée comme la reine des vampires. En 1920 Robert Wiene réalise Genuine : A Tale of a Vampire et applique aux vampires un traitement similaire à son Cabinet du docteur Caligari tourné quelques mois plus tôt. Une œuvre sombre baignant dans l’horreur. Enfin la même année Alice Guy nous livre sa version du mythe dans Vampire (1920)..
En 1921 la société Varna-Films de Berlin entame la production de Nosferatu le Vampire (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens – 1922) sous la houlette de Friedrich Wilhelm Murnau. Sur un scénario d’Henri Galeen, très largement inspiré du roman de Bram Stoker, Nosferatu (1922) nous présente Thomas Hutter, un agent immobilier envoyé dans le château du Comte Orlock pour lui vendre une maison. Celui-ci est un vampire décidé à s’accaparer la fiancée du jeune homme qui devra se sacrifier pour attirer le monstre et l’exposer à la lumière du jour entraînant sa perte. Ainsi c’est avec Nosferatu (1922) que le soleil devient une menace mortelle pour les vampires, une règle qui influencera durablement le mythe et considérée depuis comme une méthode de destruction efficace.
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Destruction par le feu
Reste que pour le film, Galeen et Murnau se contentent de changer les noms, les lieux et les dates tout en conservant les grandes lignes de Dracula (1897), et ce sans s’acquitter des droits d’exploitation. Florence Stoker, veuve de l’écrivain disparu en 1912, entame aussitôt une procédure pour plagiat visant à en interdire la diffusion, la distribution et même l’existence. En 1925 un tribunal anglais condamne Varna-Films à détruire toutes les copies, une décision inapplicable en Allemagne où la bobine fut, fort heureusement, préservée.
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Reste que pour le film, Galeen et Murnau se contentent de changer les noms, les lieux et les dates tout en conservant les grandes lignes de Dracula (1897), et ce sans s’acquitter des droits d’exploitation. Florence Stoker, veuve de l’écrivain disparu en 1912, entame aussitôt une procédure pour plagiat visant à en interdire la diffusion, la distribution et même l’existence. En 1925 un tribunal anglais condamne Varna-Films à détruire toutes les copies, une décision inapplicable en Allemagne où la bobine fut, fort heureusement, préservée..
Depuis considéré comme un chef-d’œuvre de l’expressionnisme allemand, Nosferatu (1922) est un film muet d’une puissance évocatrice et visuelle phénoménale. Chaque image est construite à la manière d’une toile et conspire à créer une atmosphère tendue et pleine d’effroi. Le rôle-titre est confié à l’acteur Max Schreck, dont la rumeur veut qu’il soit lui-même un authentique vampire en raison de son physique inhabituel et de son comportement jugé équivoque. Pour l’anecdote, Schreck signifie « terreur » en allemand, détail qui favorisa la dite rumeur à partir de laquelle E. Elias Merhige réalisa L’Ombre du Vampire (Shadow of the vampire – 2000), version romancée du tournage de Nosferatu (1922) qui fait de Schreck un vampire.
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... à l'ombre du tournage
Evidemment ce film gagne en puissance dès lors que l’on connaît l’œuvre originale, Merhige reprenant certains plans, éclairages ou effets. Il s’en dégage une atmosphère suffocante et envoûtante, le vampirisme y étant traité de façon très pragmatique. Fable contemporaine nous proposant une seconde lecture d’un film fondateur, il est intéressant de voir comment la fiction peut se substituer à la réalité jusqu’à en devenir une à son tour..
Juste avant l’aube
En 1979, Werner Herzog dirige Nosferatu : Fantôme de la Nuit (Nosferatu : Phantom der Nacht), remake du film de Murnau avec Klaus Kinski et Isabelle Adjani, mais reprenant les personnages de Bram Stoker. Plus riche en symbolisme que son prédécesseur, ce Nosferatu (1979) s’attache moins à la construction graphique (pourtant très réussie) au profit d’un approfondissement dans les rapports entre les personnages. Klaus Kinski reprit le rôle huit ans plus tard à l’occasion de Nosferatu a Venezia (1987) d’Augusto Caminito, piètre variation autour du même thème.
En 1979, Werner Herzog dirige Nosferatu : Fantôme de la Nuit (Nosferatu : Phantom der Nacht), remake du film de Murnau avec Klaus Kinski et Isabelle Adjani, mais reprenant les personnages de Bram Stoker. Plus riche en symbolisme que son prédécesseur, ce Nosferatu (1979) s’attache moins à la construction graphique (pourtant très réussie) au profit d’un approfondissement dans les rapports entre les personnages. Klaus Kinski reprit le rôle huit ans plus tard à l’occasion de Nosferatu a Venezia (1987) d’Augusto Caminito, piètre variation autour du même thème.
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Le Fils du Comte
1923 est marquée par la sortie de Drakula halála de Károly Lajthay ou l’histoire d’une jeune femme qui après avoir rencontré un psychotique se disant être Dracula est sujette à d’affreux cauchemars. Enfin en 1929 Tod Browning, qui réalisera deux ans plus tard le légendaire Dracula avec Bela Lugosi (1931), nous invite avec London After Midnight à un jeu de faux-semblant autours d’un château habité par des supposés vampires en quête de vengeance.
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1923 est marquée par la sortie de Drakula halála de Károly Lajthay ou l’histoire d’une jeune femme qui après avoir rencontré un psychotique se disant être Dracula est sujette à d’affreux cauchemars. Enfin en 1929 Tod Browning, qui réalisera deux ans plus tard le légendaire Dracula avec Bela Lugosi (1931), nous invite avec London After Midnight à un jeu de faux-semblant autours d’un château habité par des supposés vampires en quête de vengeance..
Si l’histoire ne retiendra que le Nosferatu de Murnau (1922), les débuts du vampirisme sur un écran reflètent parfaitement la vision du public et des auteurs sur le sujet. Les vampires sont des êtres effrayants, meurtriers et souvent liés au Diable. Une croyance populaire qui allait voler en éclat dès 1931, date à laquelle le vampire gagne en humanité pour, au fil des décennies, devenir un damné condamné à la solitude et la souffrance. Une image largement héritée du cinéma qui, bien plus que littérature, devait influencer notre vision de nos amis buveur de sang.
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Fiches Techniques
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Nosferatu, une Symphonie d’Horreur (1922)
(VO : Nosferatu, eine Symphonie des Grauens) – 60 à 90 minutes
(VO : Nosferatu, eine Symphonie des Grauens) – 60 à 90 minutes
Réalisation : Friedrich Wilhelm Murnau
Scénario : Henrik Galeen
Casting : Max Schreck, Gustav von Wangenheim, Greta Schröder
Résumé : Le Comte Orlock, un vampire, fait appel à un notaire afin d’acheter diverses propriétés. Mais lorsqu’il découvre le portrait de la fiancée du jeune homme, il n’a plus qu’une idée en tête : la retrouver.
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Nosferatu Fantôme de la Nuit (1979)
(VO : Nosferatu : Phantom der Nacht) – 107 minutes
Casting : Max Schreck, Gustav von Wangenheim, Greta Schröder
Résumé : Le Comte Orlock, un vampire, fait appel à un notaire afin d’acheter diverses propriétés. Mais lorsqu’il découvre le portrait de la fiancée du jeune homme, il n’a plus qu’une idée en tête : la retrouver.
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Nosferatu Fantôme de la Nuit (1979)
(VO : Nosferatu : Phantom der Nacht) – 107 minutes
Réalisation : Werner Herzog
Scénario : Werner Herzog
Casting : Klaus Kinski, Isabelle Adjani, Bruno Ganz
Résumé : Remake du film de Murnau (1922), il en conserve la trame et reprend les personnages du roman de Bram Stoker.
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L’Ombre du Vampire (2000)
(VO : Shadow of the Vampire) – 108 minutes
Réalisation : E. Elias MerhigeCasting : Klaus Kinski, Isabelle Adjani, Bruno Ganz
Résumé : Remake du film de Murnau (1922), il en conserve la trame et reprend les personnages du roman de Bram Stoker.
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L’Ombre du Vampire (2000)
(VO : Shadow of the Vampire) – 108 minutes
Scénario : Steven Katz
Casting : John Malkovich, Willem Dafoe, Cary Elwes
Résumé : Friedrich Wilhelm Murnau entame la réalisation de son film Nosferatu dont il a confié le rôle-titre à Max Schreck, un acteur au comportement étrange et troublant qui inquiète le reste de l’équipe.
Casting : John Malkovich, Willem Dafoe, Cary Elwes
Résumé : Friedrich Wilhelm Murnau entame la réalisation de son film Nosferatu dont il a confié le rôle-titre à Max Schreck, un acteur au comportement étrange et troublant qui inquiète le reste de l’équipe.
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Guide de Lecture
















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