Depuis plus de 50 ans, Godzilla traîne son haleine atomique et son allure de dragon ancestral sur les écrans du monde entier. Véritable icône populaire dont la filmographie affiche fièrement 27 titres, il fait désormais partie du patrimoine mondial. Parcours d’un enfant de l’atome devenu roi des monstres.
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Au lendemain des bombardements de Hiroshima et Nagasaki, le Japon anéanti par ces attaques, devient une nation repliée sur elle-même, démilitarisée, humiliée et profondément marquée. Si les deux bombes ont mis un terme à la guerre, ce n’est que pour installer un nouvel équilibre tout aussi précaire, celui de la terreur nucléaire.
En 1954 Inoshiro Honda, premier assistant depuis 1935 (Otome-gokoro Sannin Shimai de Mikio Naruse), présente un scénario à Tomoyuki Tanada, producteur au sein de la Toho. Titré Godzilla (Gojira en japonais), il le présente comme une réponse à la vague des films de SF américains, et plus particulièrement au Monstre des Temps Perdus (Beast from the 20.000 Fathoms – 1953) d’Eugène Lourié dont il s’inspire largement. Mais Honda ne souhaite pas mettre en boîte un simple film de monstre destructeur. Son ambition est ailleurs. Godzilla, créature atomique, stigmatise les traumatismes de tout un peuple victime de la plus terrifiante création humaine.
Au lendemain des bombardements de Hiroshima et Nagasaki, le Japon anéanti par ces attaques, devient une nation repliée sur elle-même, démilitarisée, humiliée et profondément marquée. Si les deux bombes ont mis un terme à la guerre, ce n’est que pour installer un nouvel équilibre tout aussi précaire, celui de la terreur nucléaire.En 1954 Inoshiro Honda, premier assistant depuis 1935 (Otome-gokoro Sannin Shimai de Mikio Naruse), présente un scénario à Tomoyuki Tanada, producteur au sein de la Toho. Titré Godzilla (Gojira en japonais), il le présente comme une réponse à la vague des films de SF américains, et plus particulièrement au Monstre des Temps Perdus (Beast from the 20.000 Fathoms – 1953) d’Eugène Lourié dont il s’inspire largement. Mais Honda ne souhaite pas mettre en boîte un simple film de monstre destructeur. Son ambition est ailleurs. Godzilla, créature atomique, stigmatise les traumatismes de tout un peuple victime de la plus terrifiante création humaine.
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Naissance d’un mythe
Avec Godzilla (1954), Inoshiro Honda invente le film de genre baptisé Kaiju, signifiant "monstre" en japonais, parfois précédé du préfixe Dai, traduisible par “géant”. Godzilla (ou Gojira) doit son nom de l’association de deux mots : Gorilla et Kujira (qui veut dire Baleine).
Avec Godzilla (1954), Inoshiro Honda invente le film de genre baptisé Kaiju, signifiant "monstre" en japonais, parfois précédé du préfixe Dai, traduisible par “géant”. Godzilla (ou Gojira) doit son nom de l’association de deux mots : Gorilla et Kujira (qui veut dire Baleine).
Sa silhouette, reconnaissable entre toutes grâce à son épine dorsale fonctionnant tel un accumulateur d’énergie, est une sorte de croisement improbable entre un tyrannosaure mâtiné de stégosaure et d’une pincée de dragon. Contrairement aux productions de cette période qui privilégient l’animation image par image, Honda souhaite qu’un comédien endosse le costume de Godzilla. Ce choix artistique va donner au mythe toute sa mesure puisque à ce jour, et bien que nous soyons aujourd'hui à l’ère du numérique, il est toujours d’actualité. Ceci explique la démarche hésitante et maladroite des Godzilla et consorts, et l’aspect carton-pâte des décors miniatures.
Le feu du ciel
Sous couvert d’un film de SF classique, Godzilla (1954) égrène son message comme autant de mises en garde face à cette puissance incontrôlable, et s’achève sur un constat sans appel : “Les hommes inventeront encore d’autres armes qui réveilleront d’autres monstres”.
Sous couvert d’un film de SF classique, Godzilla (1954) égrène son message comme autant de mises en garde face à cette puissance incontrôlable, et s’achève sur un constat sans appel : “Les hommes inventeront encore d’autres armes qui réveilleront d’autres monstres”.
Godzilla est l'héritier d’une antique légende japonaise qui veut qu’un dragon sommeille sous le pays, ses mouvements étant à l’origine des tremblements de terre et autres raz-de-marée qui agitent régulièrement l'archipel. Dans le film, il s’éveille suite à des essais nucléaires et entame aussitôt la destruction méthodique du pays, rasant les villes qu’il traverse sans autre forme d’avertissement. L’armée, impuissante face à une telle menace, se tourne vers un jeune scientifique ayant élaboré une arme à même de terrasser la bête. À en croire ses propos, son invention pourrait éradiquer toute vie sur Terre ! Mais la leçon d’Hiroshima et Nagasaki a porté ses fruits, le chercheur optant pour l’utiliser contre Godzilla tout en mettant fin à ses jours afin que nul ne puisse en connaître la formule.
Godzilla présente les ravages causés par les bombes. Plusieurs scènes y font directement allusion. À l’image de cette infirmière mesurant le taux de radioactivité sur des enfants avant de s’effondrer face à l’ampleur de la contamination. Le succès est colossal, le film fonctionnant comme une catharsis à même d’évacuer toute la souffrance d’un peuple.
Godzilla présente les ravages causés par les bombes. Plusieurs scènes y font directement allusion. À l’image de cette infirmière mesurant le taux de radioactivité sur des enfants avant de s’effondrer face à l’ampleur de la contamination. Le succès est colossal, le film fonctionnant comme une catharsis à même d’évacuer toute la souffrance d’un peuple.
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Nouvelle donne
En 1955 la Toho décide de donner une suite à Godzilla. Réalisé par Motoyoshi Oda, Le Retour de Godzilla (Gojira no Gyakushu) marque le début du cycle « Shôwa ».
En 1955 la Toho décide de donner une suite à Godzilla. Réalisé par Motoyoshi Oda, Le Retour de Godzilla (Gojira no Gyakushu) marque le début du cycle « Shôwa ».
L’histoire des Godzilla se divise à ce jour en trois cycles : Shôwa (1954-1975), Hensei (1984-1995) et Shinsei (1999-2008). Les deux premières appellations se réfèrent au nom donné au règne de l’Empereur en place au moment de la production des films. Ainsi Hensei se rapporte à l’actuel souverain Akihito (Hensei Tennô), 125e empereur du Japon. Avant lui l’empereur Hirohito Shôwa trôna de 1926 à 1989, date de sa mort. L’ère Shinsei, signifiant “renaissance” en japonais, marque le renouveau de la série qui fait table rase du passé à compter de Godzilla 2000 (Gojira ni-sen mireniamu).
Revenons en 1955 avec la sortie du Retour de Godzilla qui engendre un nouveau monstre, Anguirus, sorte de porc-épic géant. Ce film ouvre la voie vers le divertissement. Délaissant l’approche fataliste et pessimiste du premier opus, Motoyoshi Oda livre une œuvre plus légère qui servira de modèle pour la suite de la série.
Revenons en 1955 avec la sortie du Retour de Godzilla qui engendre un nouveau monstre, Anguirus, sorte de porc-épic géant. Ce film ouvre la voie vers le divertissement. Délaissant l’approche fataliste et pessimiste du premier opus, Motoyoshi Oda livre une œuvre plus légère qui servira de modèle pour la suite de la série.
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Le choc des titans
Cette mode de la multiplication des monstres va aller crescendo pour le plus grand bonheur des amateurs. En 1962 Inoshiro Honda retrouve son protégé qu’il oppose à une autre légende du genre : King Kong. King Kong vs Godzilla (Kingu Kongu tai Gojira) confirme que l’alarmisme des débuts n’a plus de raison d’être. Le scénario libère un Godzilla congelé dans les glaces qui au saut du lit se lance dans l’anéantissement du pays. Dans le même temps, une équipe de scientifiques découvre King Kong et le ramène au Japon. Confrontées à deux monstres, les autorités espèrent qu’ils s’annihileront mutuellement. S’ensuit un duel titanesque (et drôle) qui se conclut par une sorte de consensus, Godzilla disparaissant dans la mer tandis que Kong s’en retourne sur son île. Entre parodie et hommage respectueux, King Kong vs Godzilla n’est que le préambule des dérives comico-fantastiques à venir. (cf. dossier King King au pays du soleil levant pour plus de détails).
Cette mode de la multiplication des monstres va aller crescendo pour le plus grand bonheur des amateurs. En 1962 Inoshiro Honda retrouve son protégé qu’il oppose à une autre légende du genre : King Kong. King Kong vs Godzilla (Kingu Kongu tai Gojira) confirme que l’alarmisme des débuts n’a plus de raison d’être. Le scénario libère un Godzilla congelé dans les glaces qui au saut du lit se lance dans l’anéantissement du pays. Dans le même temps, une équipe de scientifiques découvre King Kong et le ramène au Japon. Confrontées à deux monstres, les autorités espèrent qu’ils s’annihileront mutuellement. S’ensuit un duel titanesque (et drôle) qui se conclut par une sorte de consensus, Godzilla disparaissant dans la mer tandis que Kong s’en retourne sur son île. Entre parodie et hommage respectueux, King Kong vs Godzilla n’est que le préambule des dérives comico-fantastiques à venir. (cf. dossier King King au pays du soleil levant pour plus de détails).
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En 1964 Honda réitère l’expérience avec Godzilla vs the Thing (Mosura tai Gojira) qui introduit Mothra la gentille (mais grosse) mite, apparue en 1961 dans Mothra (Mosura) du même Honda.
S’il s’agit d’un épisode remarquable en raison de ses scènes d’action, il permet à Honda de suggérer l’idée d’un “Godzilla, force chaotique de la Nature” en opposition à “Mothra, champion du Bien”.
Au final Godzilla est contraint à rejoindre l’océan d'où il émergera quelques mois plus tard pour Ghidorah the Three Headed Monster (San Daikaiju-Chikyu Saidai no Kessen) que réalise Honda dès 1964. Un film résolument destiné aux plus jeunes où quatre monstres interviennent simultanément. Outre Godzilla, nous retrouvons Mothra sous sa forme larvaire et Rodan le ptérodactyle crée par Honda en 1956 (Sora no daikaijû Radon). Tous les trois s'allient contre King Ghidorah, le dragon à trois têtes dont la particularité est d’être le seul à rester foncièrement méchant tout au long de sa carrière, là où ses congénères deviennent plus sympathiques au fil des épisodes. Forcément acculé à la fuite, King Ghidorah disparaît dans les profondeurs de l’espace où nous le retrouvons dans le film suivant.
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Royal RumbleInvasion Planète X (Kaiju Daisenso) sort sur les écrans en 1965 sous la houlette d’Inoshiro Honda décidément tenace. Une mission d’exploration atterrit sur la planète X dont les entrailles abritent une race extraterrestre soucieuse d'échapper aux nuisances de King Ghidorah qui sévit en surface. Ils demandent aux humains de bien vouloir leur “prêter” Godzilla et Rodan afin qu’ils puissent les aider à détruire King Ghidorah. Malheureusement l’extraterrestre est fourbe et il s’agit d’une ruse visant à s’accaparer les monstres pour envahir notre monde.
Inoshiro Honda cède sa place à Jun Fukuda pour le cocasse Ebirah Horror of the Deep (Nankai No Daiketto – 1966) où Godzilla, confronté à un homard géant, fait preuve d’une certaine humanité (il s’assoit, se gratte le nez et adopte une démarche plus décontractée). Un traitement inédit que va amplifier Son of Godzilla (Kaiju to no Kessen-Gojira no Musuko) que signe Jun Fukuda en 1967. Désormais avéré, l’aspect caricatural de Godzilla éclate au grand jour, le monstre atomique devenant une sorte de casimir catcheur qui passe le plus clair de son temps à sortir de sa retraire, distribuer quelques baffes avant de reprendre sa sieste. Son of Godzilla s'inscrit comme l’apothéose de cette dérive burlesque, le rejeton (Minya) cabotinant sans cesse jusqu’aux frontières du pastiche.
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Le grand carnavalDans la foulée Inoshiro Honda revient sur le mythe avec deux films dans lesquels l’accumulation de monstres frise l’overdose : Les Envahisseurs Attaquent (Kaiju Soshingeki – 1968) et Minya : The Son of Godzilla (Gojira-Minira-Gabara : Oru Kaiju Daishingeki – 1969).
Avec ses deux bandes, Honda réunit tout le gotha du Kaiju et offre un spectacle jubilatoire bien qu'indigeste. Aux transfuges que sont Baragon (Fankenstein Conquers the World/Furankenshutain tai chitei kaijû Baragon d’Honda, 1965), Gorosaurus (La Revanche de King Kong/Kingukongu no gyakushu – Honda, 1967), Manda (Ataragon/Kaitei gunkan – Honda, 1963) et Varan (Varan the Unbelievable – Honda, 1958), s’ajoutent Godzilla, Rodan, Anguirus, Minya, Spiga, Mothra, Ebirah sans oublier King Ghidorah ! Honda n’hésite pas à utiliser des stock-shots de productions antérieures pour compléter ses films. Pourtant cette photo de famille mérite le coup d’œil tant elle amuse et détend.
1971, Godzilla semble vouloir reprendre le droit chemin sous l’égide de Yoshimitsu Banno qui dénonce, avec Godzilla vs Hedora (Gojira tai Hedora), les méfaits d’une pollution galopante. Hedora, nouveau venu formé à partir de déchets industriels, menace l’environnement et sert un discours écologiste candide que l’on retrouve dans le film suivant, Godzilla vs Gigan (Chikyu Kogeki Meirei-Gojira tai Gaigan - 1972) de Jun Fukuda. Passons sur une intrigue pour le moins inepte (des extraterrestres souhaitent envahir le monde avec l’appui de King Ghidorah et Gigan, mais doivent auparavant s’assurer de la défaite de Godzilla) pour nous rendre directement à la case suivante, mise en images par le même Fukuda, Godzilla vs Megalon (Gojira tai Megaro – 1973). Repoussant les limites une fois encore, Fukuda nous invite à une réunion pour le moins bigarrée composée de Gigan, Megalon (le petit dernier de la tribu Kaiju), Godzilla (promu défenseur officiel de la planète) et Jet Jaguar, une sorte de Bioman capable de modifier sa taille. Là encore les images empruntées aux films précédents pullulent et le combat final évoque davantage le catch que la science-fiction.
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GodtechnicaEn 1974 Fukuda récidive avec Godzilla vs MechaGodzilla (Gojira tai Mekagojira) qui reprend quasiment la trame du titre précédent (des extraterrestres construisent un faux Godzilla afin de discréditer l’original). Force est constater que ce MechaGodzilla possède un charisme évident, offrant au film une tenue et un intérêt inespéré (ce qui n’est pas le cas de son congénère, King Caesar, un dragon à tête féline).
Quoi qu'il en soit voilà une bande au charme certain et à laquelle Honda donne une suite dès 1975 avec Les Monstres du Continent Perdu (Mekagojira no Gyakushu). Si Godzilla y côtoie son homologue de métal et un Titanosaure pour le moins ridicule, le public boude cet opus qui sera le seul à ne pas franchir la barre du million de spectateurs. La Toho, lucide quant aux dérives plus ou moins heureuses de son filon monstre, affirme sa volonté de faire une pause. Une pause en forme de repli monastique qui dura neuf ans en raison d’une grave crise du cinéma japonais.
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Godzilla Returns
Profitant d’un repos bien mérité, Godzilla s’extrait de sa retraite sous l’impulsion d’un Kohji Hashimoto bien décidé à lui redonner ses lettres de noblesse. Exit les intrigues faciles, la prolifération abusive de monstres et l’absence d’imagination. La Toho, consciente de l’enjeu économique et critique, prône un retour aux sources de la légende, soit le film de 1954.
Hensei Godzilla
Confortée dans ses ambitions, la Toho entend poursuivre sur sa lancée. Le chapitre suivant est confié à Kazuki Omori qui en rédige le scénario avant de le tourner. Godzilla vs Biollante (Gojira tai Biollante – 1989), sans sombrer dans les dérives des années 70, renoue avec le principe de l’antagonisme entre Kaiju. Mais Omori ne cache pas son goût pour le cinéma américain et son Biollante s’en ressent fortement.
Si l’intrigue part sur des bonnes bases (expériences secrètes sur ADN), il coupe court à toute forme de développement pour nous livrer des fusillades qui n’ont rien à faire dans un Godzilla, avant d’en arriver péniblement au choc annoncé qui relève plus du pétard mouillé que de la guerre des monstres. Pourtant sa vedette, dont le design a énormément évolué pour se rapprocher d’une créature sauvage, est bien plus convaincant dans ses attitudes qui n’ont plus rien d’humain. Cela ne suffit pas à attirer les spectateurs dans les salles, ni à entamer le moral de la Toho qui produit Godzilla vs King Ghidorah (Gojira tai Kingu Gidora) dès 1991.
La tête dans les étoiles
Kazuki Omori retrouve son poste de scénariste/réalisateur sous un contrôle néanmoins accru de la Toho. Ce 18ème film de la saga met en scène des extraterrestres venus nous duper avant de nous envahir avec le soutien de King Ghidorah (une intrigue pour le moins classique !). Malgré le retour du dragon à trois têtes, la surabondance de personnages et d’intrigues secondaires finit par noyer un récit prometteur car emprunt de nostalgie. Une nostalgie sur laquelle surfe Takao Okawara avec Godzilla vs Mothra (Gojira tai Mosura) qu’il réalise en 1992.
Sorte de remake combiné de Mothra (1961) et Godzilla vs Mothra (1964), le script d’Omori fait de la mite géante la “Fée Mothra” et nous conte en parallèle de l’intrigue Kaiju, les déboires d’un couple en instance de divorce. Le public féminin plébiscite le film qui connaît une belle carrière générant un nouvel opus signé Okawara (on ne change pas une équipe qui gagne).
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Godzilla ReturnsProfitant d’un repos bien mérité, Godzilla s’extrait de sa retraite sous l’impulsion d’un Kohji Hashimoto bien décidé à lui redonner ses lettres de noblesse. Exit les intrigues faciles, la prolifération abusive de monstres et l’absence d’imagination. La Toho, consciente de l’enjeu économique et critique, prône un retour aux sources de la légende, soit le film de 1954.
Premier signe fort, il est tout simplement intitulé Gojira (changé en Godzilla 1985 lors de sa sortie aux Etats-Unis pour éviter les confusions). Godzilla y retrouve ses prérogatives de monstre unique à l’image et enfin le thème de la terreur nucléaire associé à celui de la guerre froide nous ramène inévitablement au chef-d’œuvre d’Honda.
Il en résulte un énorme succès public qui s’explique largement par une campagne publicitaire d’envergure et une approche plus hollywoodienne. L’affiche même nous laisse imaginer une bobine aux effets spéciaux incroyables et à l’ambiance électrisante (ce qui sera d’ailleurs une marque de fabrique de la période Hensei, chaque affiche faisant l’objet d’une illustration particulièrement efficace et attrayante).
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Il en résulte un énorme succès public qui s’explique largement par une campagne publicitaire d’envergure et une approche plus hollywoodienne. L’affiche même nous laisse imaginer une bobine aux effets spéciaux incroyables et à l’ambiance électrisante (ce qui sera d’ailleurs une marque de fabrique de la période Hensei, chaque affiche faisant l’objet d’une illustration particulièrement efficace et attrayante).
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Hensei GodzillaConfortée dans ses ambitions, la Toho entend poursuivre sur sa lancée. Le chapitre suivant est confié à Kazuki Omori qui en rédige le scénario avant de le tourner. Godzilla vs Biollante (Gojira tai Biollante – 1989), sans sombrer dans les dérives des années 70, renoue avec le principe de l’antagonisme entre Kaiju. Mais Omori ne cache pas son goût pour le cinéma américain et son Biollante s’en ressent fortement.
Si l’intrigue part sur des bonnes bases (expériences secrètes sur ADN), il coupe court à toute forme de développement pour nous livrer des fusillades qui n’ont rien à faire dans un Godzilla, avant d’en arriver péniblement au choc annoncé qui relève plus du pétard mouillé que de la guerre des monstres. Pourtant sa vedette, dont le design a énormément évolué pour se rapprocher d’une créature sauvage, est bien plus convaincant dans ses attitudes qui n’ont plus rien d’humain. Cela ne suffit pas à attirer les spectateurs dans les salles, ni à entamer le moral de la Toho qui produit Godzilla vs King Ghidorah (Gojira tai Kingu Gidora) dès 1991.
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La tête dans les étoilesKazuki Omori retrouve son poste de scénariste/réalisateur sous un contrôle néanmoins accru de la Toho. Ce 18ème film de la saga met en scène des extraterrestres venus nous duper avant de nous envahir avec le soutien de King Ghidorah (une intrigue pour le moins classique !). Malgré le retour du dragon à trois têtes, la surabondance de personnages et d’intrigues secondaires finit par noyer un récit prometteur car emprunt de nostalgie. Une nostalgie sur laquelle surfe Takao Okawara avec Godzilla vs Mothra (Gojira tai Mosura) qu’il réalise en 1992.
Sorte de remake combiné de Mothra (1961) et Godzilla vs Mothra (1964), le script d’Omori fait de la mite géante la “Fée Mothra” et nous conte en parallèle de l’intrigue Kaiju, les déboires d’un couple en instance de divorce. Le public féminin plébiscite le film qui connaît une belle carrière générant un nouvel opus signé Okawara (on ne change pas une équipe qui gagne).
Godzilla vs MechaGodzilla (Gojira tai Mekagojira – 1993) conserve les mêmes ingrédients et ne livre qu’un remake déguisé du premier MechaGodzilla (1974). Outre le célèbre Godzilla mécanique, nous y retrouvons Rodan (qui fait sa réapparition dans le genre) et Minya. Sorti en 1993, la Toho veut en faire le film du 40e anniversaire et axe toute sa communication sur un message intrigant : Cette fois c’est la fin ! En effet, le studio américain TriStar projette de reprendre la licence durant l’été 95, assurant la relève du Godzilla nippon. Il en résulte un déluge d’effets spéciaux inédits et une question : doit-on tuer définitivement Godzilla ?
Par chance la Toho répond non et, face à l’incapacité des studios US à monter leur projet, annonce la sortie d’un 21ème métrage.
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