« Dans un premier temps je voulais présenter le film du point du vue de l’enfant. Mais j’ai rapidement douté de la capacité d’un enfant à porter un tel film sur sa seule personne. C’est alors que nous avons imaginé l’équipe de nains qui offraient l’avantage d’être de la même taille qu’un enfant. Ce choix engendra un problème technique auquel nous n’avions pas songé. La caméra devait se mettre à leur niveau, ce qui ne fut pas une sinécure pour le cameraman ! Avec le recul je pense que nous avons pris la bonne décision. Avant Time Bandits (1981), personne n’avait donné à un nain la chance d’être le héros d’un film. D’ailleurs les comédiens se sont pleinement investis dans l’aventure, tentant sans cesse de se surpasser et de nous étonner (ce qu’ils ont réussi à faire d’ailleurs !) » se souvient Gilliam.
La Folle Histoire du MondeTime Bandits (1981), s’il n’est pas un film des Monty Python, en retrouve toute la fièvre délirante et la construction sous forme de tableaux. Outre Terry Gilliam à la réalisation (pas de caméo ici), le casting compte Michael Palin, co-scénariste et interprète de Vincent, un amoureux transit mais passablement stupide et malchanceux, et John Cleese dans une composition de Robin des Bois savoureuse.
On y retrouve aussi Sean Connery qui prête ses traits au roi Agamemnon d’Argos, alors en plein affrontement contre le Minotaure qu’il parvient, non sans mal, à terrasser. Ian Holm campe un névrotique et pathétique Napoléon devenu manchot et passablement alcoolique. Shelly Duval (The Shining – 1980) est la fiancée attentive de Vincent (Palin) qui ne parvient pas à lui déclarer sa flamme. David Warner (second rôle bien connu) interprète le Mal absolu dont le casque est un hommage au « Face Hugger » imaginé par Giger pour Alien (1979). Enfin l’immense Ralph Richardson (Docteur Jivago – 1965) se glisse dans la peau de l’Etre Suprême.
Pour la petite histoire le rôle de Kevin - jeune "héros" du film - fut plus difficile à pourvoir. Au terme de semaines d’un casting éreintant, les derniers candidats ne parvenaient toujours pas à convaincre Gilliam. Parmi eux se trouvait Grant Warnock dont le frère Craig venu le soutenir, attira l’attention de Gilliam qui l’embaucha.
Porte dimensionnelle
Après Sacré Graal (Holy Grail – 1975), qui tournait en parodie le mythe arthurien, et La vie de Brian (Life of Brian – 1979), qui revisitait les origines du christianisme, Terry Gilliam s'attaque ici à d’autres icônes historique avec un plaisir évident. Napoléon, Robin des Bois, Agamemnon, le Minotaure et le Titanic, nul n’est épargné et tous sont sacrifiés sur l’autel de la dérision et du ridicule. Time Bandits (1981) fonctionne comme une introduction à l’univers de Gilliam en contenant presque toutes les clés à même de nous permettre d’en percer les mystères. Anachronisme, voyages dans le temps, héros improbables, fuite du réel, accomplissement de soi, rédemption, autant de thèmes qu’il développe depuis plus de 20 ans avec le talent que l’on sait. Ainsi au début du film on peut voir les parents de Kevin confrontés à quelques désagréments avec les appareils électroménagers. Scène qui trouve un écho dans Brazil (1985) où Sam Lowry peine avec son petit-déjeuner. Un rapport aux machines comme objets rétifs à l’homme qui, de l’aveu même de Gilliam, est récurrent dans son œuvre.
Terry Gilliam, le Time Bandits (Part 6/13)
Terry Gilliam à Brazil (Part 7/13)
Terry Gilliam et le Baron de Munchausen (Part 8/13)




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