Bien avant Don Quichotte, Terry Gilliam connaît un naufrage financier sans précédent lorsqu’il tente d’adapter Les Aventures du Baron de Munchausen (1988). Miraculeusement rescapé, il aura fallu plusieurs années à son film pour accéder à la reconnaissance du public et de la critique.
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Le siècle des Lumières. Une ville s'apprête à tomber sous les assauts des Turcs tandis qu’au théâtre royal une troupe de comédiens tentent de donner une représentation des Aventures du Baron Munchausen. C’est alors qu’un homme déclare être le vrai Baron et demande de l’aide afin de retrouver ses compagnons, seuls capables de repousser l’invasion turque.
Le Baron Karl Friedrich Hieronymous von Munchausen est un personnage réel né en 1720. Officier de cavalerie allemand dans l’armée russe, il passe à la postérité grâce aux récits merveilleux (et fabulés) de ses supposés exploits. Publiés à maintes reprises à partir de 1781, Théophile Gautier fils en propose une traduction française en 1866, illustrée par Gustave Doré.
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L’amour de l’art
Septième version des aventures cinématographiques du Baron (la plus connue étant Les Aventures Fantastiques du Baron de Münchhausen que Josef Von Baky réalise pour le compte du Troisième Reich qui espère ainsi concurrencer Hollywood), la genèse du film de Gilliam remonte à quelques années. En 1979 il découvre le célèbre Baron grâce à Georges Harrison, ex-Beatles devenu producteur du Sens de la Vie (Meaning of Life – 1979) via sa société Handmade Films. Puis son ami et collaborateur Ray Cooper lui offre un recueil d’histoires signées Munchausen et le défie d’en tirer un long métrage. Après le raz-de-marée Brazil (1985), Terry Gilliam convainc aisément le studio Columbia d’investir sur le projet.
Septième version des aventures cinématographiques du Baron (la plus connue étant Les Aventures Fantastiques du Baron de Münchhausen que Josef Von Baky réalise pour le compte du Troisième Reich qui espère ainsi concurrencer Hollywood), la genèse du film de Gilliam remonte à quelques années. En 1979 il découvre le célèbre Baron grâce à Georges Harrison, ex-Beatles devenu producteur du Sens de la Vie (Meaning of Life – 1979) via sa société Handmade Films. Puis son ami et collaborateur Ray Cooper lui offre un recueil d’histoires signées Munchausen et le défie d’en tirer un long métrage. Après le raz-de-marée Brazil (1985), Terry Gilliam convainc aisément le studio Columbia d’investir sur le projet.
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Premières larmes
Arnon Milchan, déjà producteur sur Brazil, se joint à Gilliam et lui présente Thomas Schühly, producteur allemand qui vient de connaître un franc succès grâce au Nom de la Rose de Jean-Jacques Anneau (1986). Celui-ci est enchanté à l’idée de travailler sur le film d’autant qu’il ambitionne de prouver aux américains que l’on peut faire des métrages en Europe aussi coûteux que chez eux : « Pour ma part je trouvais ça très bien étant donné mon rapport délicat, pour ne pas dire conflictuel, avec Hollywood depuis « l’affaire Brazil », se souvient Gilliam. Bien sûr l’attitude de Milchan fut un coup dur en début de production (il serait parti avec plus 150.000 dollars avancés par Columbia que Gilliam dû rembourser de sa poche, ndr). Mais je planais sur un petit nuage. J’étais choyé, on semblait désireux de me donner les moyens et le tournage devait se dérouler à Rome dans le studio de Cinecitta, fief de Frederico Fellini que j’admire énormément. »
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Parade nuptiale
Le script rédigé par Gilliam et Charles McKeown (co-scénariste de Brazil) préfigure d’un budget pharaonique. Plutôt que de voir la Columbia prendre peur et le projet capoter, Thomas Schühly fait établir une estimation globale à hauteur de 23,5 millions de dollars, soit la somme exacte déjà réunie. Evidemment très en dessous de la réalité, ce chiffre rassure tous les intervenants qui envisagent le tournage avec sérénité.
Gilliam débarque à Rome le cœur léger et l’âme en fête. Après avoir envisagé Peter O’Toole (Lawrence d’Arabie – 1962), Marcello Mastroianni (8½ – 1963) et même Frederico Fellini, c’est l’acteur de théâtre anglais John Neville (X-Files – 1993/2002) qui endosse le rôle du Baron.
1Le script rédigé par Gilliam et Charles McKeown (co-scénariste de Brazil) préfigure d’un budget pharaonique. Plutôt que de voir la Columbia prendre peur et le projet capoter, Thomas Schühly fait établir une estimation globale à hauteur de 23,5 millions de dollars, soit la somme exacte déjà réunie. Evidemment très en dessous de la réalité, ce chiffre rassure tous les intervenants qui envisagent le tournage avec sérénité.
Gilliam débarque à Rome le cœur léger et l’âme en fête. Après avoir envisagé Peter O’Toole (Lawrence d’Arabie – 1962), Marcello Mastroianni (8½ – 1963) et même Frederico Fellini, c’est l’acteur de théâtre anglais John Neville (X-Files – 1993/2002) qui endosse le rôle du Baron.
A ses côtés on retrouve Jonathan Pryce (héros de Brazil), Eric Idle (ex-Python) et la presque débutante Uma Thurman. Le rôle de Vulcain, que Schühly espérait confier à Marlon Brando, est finalement donné à Oliver Reed. Enfin Sean Connery devait incarner le Roi de la Lune avant de jeter l’éponge, obligeant Gilliam à se tourner vers Robin Williams. Pour l’anecdote sachez que Michael Palin (ex-Python) devait apparaître dans le film, mais son personnage disparu lors des nombreux ajustements scénaristiques.
L’œil du cyclone
Très vite ce qui s’annonçait comme un tournage de rêve vire au cauchemar. Outre l’indécision de Brando, la construction des décors entraîne un retard considérable avant même le premier tour de manivelle. Lorsque enfin la machine se met en branle, Gilliam s’aperçoit de la fragilité de ses fondations. Financièrement tout va mal !
Certains décors naturels ne pouvant être utilisés, une seconde équipe doit partir en Espagne afin d’y réaliser les scènes prévues. S’ajoutent des factures trop élevées, des salaires impayés et des désaccords avec certains techniciens (dont Giuseppe Rotunno qui tourne trop lentement pour Gilliam). Les dépassements de budget commencent à peser lourd et la compagnie en charge de l’assurance décide d’arrêter les frais et stoppe le tournage.
Déjà menacé sur Jabberwocky (1977) pour les mêmes raisons, Terry Gilliam est sur le point d’être remplacé par Richard Fleischer (Conan le Destructeur – 1984) ou Gary Nelson (Le Trou Noir – 1979). Mais la Columbia souhaite que le film soit signé « Gilliam » (merci Brazil) et lui apporte tout son soutien.
Très vite ce qui s’annonçait comme un tournage de rêve vire au cauchemar. Outre l’indécision de Brando, la construction des décors entraîne un retard considérable avant même le premier tour de manivelle. Lorsque enfin la machine se met en branle, Gilliam s’aperçoit de la fragilité de ses fondations. Financièrement tout va mal !
Certains décors naturels ne pouvant être utilisés, une seconde équipe doit partir en Espagne afin d’y réaliser les scènes prévues. S’ajoutent des factures trop élevées, des salaires impayés et des désaccords avec certains techniciens (dont Giuseppe Rotunno qui tourne trop lentement pour Gilliam). Les dépassements de budget commencent à peser lourd et la compagnie en charge de l’assurance décide d’arrêter les frais et stoppe le tournage.
Déjà menacé sur Jabberwocky (1977) pour les mêmes raisons, Terry Gilliam est sur le point d’être remplacé par Richard Fleischer (Conan le Destructeur – 1984) ou Gary Nelson (Le Trou Noir – 1979). Mais la Columbia souhaite que le film soit signé « Gilliam » (merci Brazil) et lui apporte tout son soutien.
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Au final, et fort d’un budget atteignant les 40 millions de dollars, Gilliam ramène son film à 2 heures au lieu de 3 ! En 1988 Munchausen arrive sur les écrans, précédé d’une très mauvaise réputation. Si critique et public n’ont pas grand-chose à lui reprocher, il est loin de répondre aux attentes du studio avec un score pour le moins médiocre au box-office. Avec le temps Les Aventures du Baron est devenue une œuvre à la fois touchante et drôle aux qualités aussi multiples qu’indéniables. Et comme l’a toujours dit Gilliam : « Munchausen est un cadeau fait à mes deux petites filles. » Si tous les réalisateurs pouvaient offrir des cadeaux comme celui-ci, le cinéma s’en porterait bien mieux ! 1
Disponibles
Terry Gilliam et le Jabberwocky (Part 5/13)
Terry Gilliam, le Time Bandits (Part 6/13)
Terry Gilliam à Brazil (Part 7/13)
Terry Gilliam et le Baron de Munchausen (Part 8/13)
Terry Gilliam, le Time Bandits (Part 6/13)
Terry Gilliam à Brazil (Part 7/13)
Terry Gilliam et le Baron de Munchausen (Part 8/13)
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Nous allons faire une pause dans la publication du dossier Gilliam afin de diversifier un peu le contenu rédactionnel. Evidemment les parties restantes seront publiées prochainement.
Prochainement
Terry Gilliam, le Roi Pêcheur 3 (Part 9/13)
Terry Gilliam et le Fisher King (Part 10/13)
Terry Gilliam et l'Armée des 12 singes (Part 11/13)
Terry Gilliam fait une Las Vegas Parano (Part 12/13)
Terry : Lost in Gilliam (Part 13/13)






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