dimanche 6 avril 2008

Terry Gilliam, le Monty Python - Part 2/13

De toutes les formations d’humoristes, celle des Monty Python s’impose comme l’une des plus importantes et novatrices à ce jour. En redéfinissant les codes de narration, des thématiques abordées, du ton et de l’approche, ils ont donné vie à un courant irrévérencieux et absurde devenu une marque de fabrique.
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En 1967 John Cleese et Graham Chapman, qui ont étudié ensemble à Cambridge, écrivent et jouent dans la série comique At Last the 1948 Show (1967). Eric Idle, lui aussi ex-étudiant à Cambridge, y fait quelques apparitions. En 1968 Idle retrouve Michael Palin, Terry Jones et Terry Gilliam sur l’émission pour enfants (du moins en théorie, le public étant plutôt composé d’adultes) Do Not Adjust Your Set (1967-1969).
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The Goon Show
Au début 69, Palin et Jones (tous deux ex-étudiants d’Oxford) travaillent sur la mini-série Complete and Utter History of Britain qui propose de revivre les grands moments de l’Histoire comme si une caméra avait filmé les évènements. John Cleese, qui apprécie le show, souhaite collaborer avec Michael Palin. Ce dernier n’est pas emballé mais après deux semaines de réflexion, ils décident d’aller voir ensemble Barry Took, producteur sur BBC.
Cleese et Chapman viennent d’un côté et Palin, Idle, Jones et Gilliam de l’autre. Tous s’aperçoivent avoir une passion commune pour The Goon Show, le programme radiophonique satyrique de Spike Milliga diffusé depuis 1951 sur le réseau BBC. Sans qu’ils aient besoin d’argumenter ou de faire une quelconque proposition, la BBC leur signe un contrat pour 13 épisodes avec pour seule directive de faire rire les téléspectateurs.

Cirque volant
Avant toute chose il faut à la nouvelle troupe un nom de scène. Ils proposent tout d’abord d’en changer chaque semaine, mais la BBC s’y oppose craignant la confusion. Sont envisagés Owl-Stretching Time et Sex & Violence (qui deviendront des titres d’épisodes), Bun, Whackett, Buzzard, Stubble and Boot, A Toad Elevating Moment, A Horse, a Bucket and a Spoon ou encore It's (appelé à devenir un personnage récurrent).
L’idée viendra d’une mention inscrite sur les documents internes de BBC où le show à venir, faute de nom, est appelé « The Circus ». L’ajout de Flying s’est fait presque naturellement, suggérant la folie et le désordre. Enfin Monty Python fait évidemment référence à l’énorme serpent, mais aussi au patronyme d’un très mauvais agent artistique. A noter que le titre Gwen Dibley's Flying Circus fut aussi proposé.

Nonsensiquement Vôtre
Désormais baptisés, les Monty Python se mettent à l’écriture. La majorité des idées sont des reprises de sketches refusés par leurs employeurs précédents, soit parce qu’ils étaient trop grossiers, trop polémiques ou simplement stupides.
Le tournage du premier épisode commence le 30 août 1969 pour une diffusion le 05 octobre à 23 heures. Titré Sex & Violence, il est une réponse à un dirigeant particulièrement anxieux qui leur avait demandé de ne pas mettre trop de violence et de sexe. Comme souvent les débuts sont difficiles et le succès n’est pas au rendez-vous : « C’était diffusé tard, peu de gens l’avaient vu. Mais l’ émission est devenue culte. En gros elle était regardée par les insomniaques, les intellectuels et les cambrioleurs ! » se souvient Michael Palin.
S’ajoute une certaine incompréhension doublée d’incrédulité de la part du public qui ne saisit pas encore la portée de ce qu’il voit. Personne ne semble être en mesure de justifier du pourquoi d’une telle débauche d’effets aussi ineptes : « Ceux qui ont aimé dès le début savaient exactement où on voulait en venir. La deuxième vague de téléspectateurs n’y voyait que des mecs qui se déguisaient et faisaient les mariolles. » ironise John Cleese. Reste qu’en érigeant l’absurde au rang d’art jubilatoire, les Monty Python allaient entrer dans légende.
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Pythonesque
Très vite les Python trouvent leur rythme de croisière et mettent au point un méthode de travail pour le moins étonnante. John Cleese et Graham Chapman écrivent ensemble, Michael Palin et Terry Jones font de même et Eric Idle œuvre en solitaire. Terry Gilliam, en charge des animations reliant les sketches, ne se joint à eux que lors des réunions de travail où chacun venait présenter aux autres ce qu’il avait pondu. S’ensuivait des discutions interminables sur ce qui devait ou pas apparaître à l’antenne : « J’ai des moments de pure débilité gratuite comme dans la Danse du Poisson. Il a fallu convaincre les autres de le faire tant ça n’avait ni queue ni tête. » confesse Michael Palin.
Basculant systématiquement dans l’absurde, jouant avec le non-sens dont ils deviennent les maîtres et brisant tous les codes en vigueur, le Flying Circus s’est rapidement taillé une réputation de programme OVNI, créant l’adjectif Pythonesque : « On écrivait quelques lignes qui fonctionnaient et on les intégrait à un sketch au lieu de dire : Laisse tomber, tu n’as pas respecté les règles de base de la comédie à savoir un début, une fin et une chute. » explique Michael Palin. Ici pas besoin de chute. Lorsqu’ils n’ont plus rien à dire, ils interrompent simplement la scène n’hésitant pas interpeller le spectateur. Tel est le style Python. Une bonne dose d’absurde, une lampée de non-sens, une absence totale de construction traditionnelle, le tout saupoudré d’irrévérence et de provocations gratuites.

Esprit d’équipe ?
En 1971 Ian MacNaughton, réalisateur attitré de la série, retourne une sélection des meilleurs sketches afin d’en faire un film visant à promouvoir le show aux Etats-Unis où vient de débuter la diffusion. Sous le titre And Now for Something Completely Different (gimmick couramment utilisé par les présentateurs de la BBC), il se pose comme une introduction idéale à l’univers débridé des Python. Renommé Pataquesse lors de sa sortie française en 1974, il est désormais connu comme La Première Folie des Monty Python. Si l’accueil n’est pas des plus enthousiaste, il n’entame pas le moral de la troupe qui poursuit ses délires télévisuels avec la même fougue. C’est à cette époque qu’ils inventent le mot « Spam » lors d’une séquence où il est répété sans arrêt parasitant le discours des intervenants. Depuis il s’applique aux mails indésirables qui parasitent nos messageries !
En 1972 John Cleese exprime son besoin de s’émanciper en dehors du groupe. S’il accepte de rester le temps d’une troisième saison, il quitte le show en 1973 pour se consacrer à des projets plus personnels. Les autres tournent encore six épisodes (très moyens) avant de se résoudre à jeter l’éponge et s’éparpiller aux quatre vents. L’ultime épisode, Party Political Broadcast, est diffusé le 05 décembre 1974.

Brian ou le sens du Graal
En 1975 ils se retrouvent pour un film dont la réalisation est confiée à Terry Jones et Terry Gilliam. Sacré Graal (Holy Grail – 1975), comédie hilarante et indispensable, engrange plus de 10 millions de dollars offrant aux Python une reconnaisse internationale.
Malgré quelques dissensions pour raisons artistiques, ils reviennent à la charge en 1979 avec La Vie de Brian (Life of Brian) qui revisite les origines du christianisme avec une maestria qui force le respect. Nouveau carton au box-office. Après un passage par la scène du Hollywood Bowl en 1980 pour un spectacle live de leurs meilleurs sketches, ils débarquent au cinéma en 1983 avec Le Sens de la Vie (Meaning of Life). Par la suite chacun suit sa propre route (réalisation, écriture, spectacle, animations de show), mais tous ont gardé ce brin de folie qui faisait des Monty les Python.
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Humour Eternel
Malheureusement le 04 octobre 1989, Graham Chapman décède des suites d’un cancer. Les Python décident que plus jamais ils ne pourront se reformer, bien que certains membres collaborent régulièrement. Depuis l’héritage des Python est partout (Les Nuls et les Robin des Bois chez nous) et se perpétue grâce aux divers livres, disques et vidéo produits par les membres de la troupe. Dernièrement ils se sont tous rassemblés pour la première de la comédie musicale tirée de Sacré Graal (1975), Monty Python’s Spamalot, écrite par Eric Idle, mise en scène par Mike Nichols et avec Tim Curry dans le rôle d’Arthur.
Après plus de 25 ans, le sens du non-sens des Python est toujours intact et fonctionne à merveille, rappelant que le génie est indémodable, immortel et essentiel. Et Terry Jones de conclure : « En tant que philosophes, on est plutôt lamentables. La critique de la société n’est pas notre fort. Notre seul intérêt c’est qu’on fait rire les gens. »
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Disponibles
Prochainement
Terry Gilliam, le Roi Pêcheur 3 (Part 9/13)
Terry Gilliam et le Fisher King (Part 10/13)
Terry Gilliam et l'Armée des 12 singes (Part 11/13)
Terry Gilliam fait une Las Vegas Parano (Part 12/13)
Terry : Lost in Gilliam (Part 13/13)

2 commentaires:

Arckhas a dit…

Ma foi, bien sympathique de nouveau que tout ceci!
J'ai eu mon explication quant à l'origine du nom de leur show, fallait le savoir ça!^^
Allez on continue notre voyage au pays de l'absurde et des génies!

Byzantin a dit…

Franchement je suis étonné par la qualité de ce site et des dossiers proposé!

A chaque fois j'apprends des choses, je decouvre des films ou des livres pasionnants et c'est un vrai plaisir a lire chaque semaine. Merci pour ça et desolé de ne pas mettre plus de messages en ce moment mais j'ai des soucis avec internet :(

Heureux aussi de voir qu'arhckas le puissant est toujours là!!!