Cirque volant
Avant toute chose il faut à la nouvelle troupe un nom de scène. Ils proposent tout d’abord d’en changer chaque semaine, mais la BBC s’y oppose craignant la confusion. Sont envisagés Owl-Stretching Time et Sex & Violence (qui deviendront des titres d’épisodes), Bun, Whackett, Buzzard, Stubble and Boot, A Toad Elevating Moment, A Horse, a Bucket and a Spoon ou encore It's (appelé à devenir un personnage récurrent). L’idée viendra d’une mention inscrite sur les documents internes de BBC où le show à venir, faute de nom, est appelé « The Circus ». L’ajout de Flying s’est fait presque naturellement, suggérant la folie et le désordre. Enfin Monty Python fait évidemment référence à l’énorme serpent, mais aussi au patronyme d’un très mauvais agent artistique. A noter que le titre Gwen Dibley's Flying Circus fut aussi proposé.
Nonsensiquement VôtreDésormais baptisés, les Monty Python se mettent à l’écriture. La majorité des idées sont des reprises de sketches refusés par leurs employeurs précédents, soit parce qu’ils étaient trop grossiers, trop polémiques ou simplement stupides.
Très vite les Python trouvent leur rythme de croisière et mettent au point un méthode de travail pour le moins étonnante. John Cleese et Graham Chapman écrivent ensemble, Michael Palin et Terry Jones font de même et Eric Idle œuvre en solitaire. Terry Gilliam, en charge des animations reliant les sketches, ne se joint à eux que lors des réunions de travail où chacun venait présenter aux autres ce qu’il avait pondu. S’ensuivait des discutions interminables sur ce qui devait ou pas apparaître à l’antenne : « J’ai des moments de pure débilité gratuite comme dans la Danse du Poisson. Il a fallu convaincre les autres de le faire tant ça n’avait ni queue ni tête. » confesse Michael Palin.
Basculant systématiquement dans l’absurde, jouant avec le non-sens dont ils deviennent les maîtres et brisant tous les codes en vigueur, le Flying Circus s’est rapidement taillé une réputation de programme OVNI, créant l’adjectif Pythonesque : « On écrivait quelques lignes qui fonctionnaient et on les intégrait à un sketch au lieu de dire : Laisse tomber, tu n’as pas respecté les règles de base de la comédie à savoir un début, une fin et une chute. » explique Michael Palin. Ici pas besoin de chute. Lorsqu’ils n’ont plus rien à dire, ils interrompent simplement la scène n’hésitant pas interpeller le spectateur. Tel est le style Python. Une bonne dose d’absurde, une lampée de non-sens, une absence totale de construction traditionnelle, le tout saupoudré d’irrévérence et de provocations gratuites.
Esprit d’équipe ?
En 1971 Ian MacNaughton, réalisateur attitré de la série, retourne une sélection des meilleurs sketches afin d’en faire un film visant à promouvoir le show aux Etats-Unis où vient de débuter la diffusion. Sous le titre And Now for Something Completely Different (gimmick couramment utilisé par les présentateurs de la BBC), il se pose comme une introduction idéale à l’univers débridé des Python. Renommé Pataquesse lors de sa sortie française en 1974, il est désormais connu comme La Première Folie des Monty Python. Si l’accueil n’est pas des plus enthousiaste, il n’entame pas le moral de la troupe qui poursuit ses délires télévisuels avec la même fougue. C’est à cette époque qu’ils inventent le mot « Spam » lors d’une séquence où il est répété sans arrêt parasitant le discours des intervenants. Depuis il s’applique aux mails indésirables qui parasitent nos messageries !
En 1972 John Cleese exprime son besoin de s’émanciper en dehors du groupe. S’il accepte de rester le temps d’une troisième saison, il quitte le show en 1973 pour se consacrer à des projets plus personnels. Les autres tournent encore six épisodes (très moyens) avant de se résoudre à jeter l’éponge et s’éparpiller aux quatre vents. L’ultime épisode, Party Political Broadcast, est diffusé le 05 décembre 1974.
En 1975 ils se retrouvent pour un film dont la réalisation est confiée à Terry Jones et Terry Gilliam. Sacré Graal (Holy Grail – 1975), comédie hilarante et indispensable, engrange plus de 10 millions de dollars offrant aux Python une reconnaisse internationale.
Après plus de 25 ans, le sens du non-sens des Python est toujours intact et fonctionne à merveille, rappelant que le génie est indémodable, immortel et essentiel. Et Terry Jones de conclure : « En tant que philosophes, on est plutôt lamentables. La critique de la société n’est pas notre fort. Notre seul intérêt c’est qu’on fait rire les gens. »
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2 commentaires:
Ma foi, bien sympathique de nouveau que tout ceci!
J'ai eu mon explication quant à l'origine du nom de leur show, fallait le savoir ça!^^
Allez on continue notre voyage au pays de l'absurde et des génies!
Franchement je suis étonné par la qualité de ce site et des dossiers proposé!
A chaque fois j'apprends des choses, je decouvre des films ou des livres pasionnants et c'est un vrai plaisir a lire chaque semaine. Merci pour ça et desolé de ne pas mettre plus de messages en ce moment mais j'ai des soucis avec internet :(
Heureux aussi de voir qu'arhckas le puissant est toujours là!!!
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