Après le triomphe réservé au Sacré Graal (Holy Grail – 1975) des Monty Python, tout le monde attend leur prochain exploit cinématographique. Terry Gilliam, qui l’a co-réalisé avec Terry Jones, aspire à visiter d’autres univers que celui des Python et exprime son besoin de mettre en scène seul son premier film : Jabberwocky.
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La découverte d’Alice aux pays des merveilles, écrit par le révérend mathématicien Lewis Carroll (de son vrai nom Charles Lutwidge Dodgson) en 1865, reste un moment fondateur dans la vie de Gilliam. En 1961, alors qu’il travaille dans un camp de vacances, il décide de monter un spectacle basé sur l’histoire d’Alice à la manière de Cécile B. De Mille (sic) : « Chaque chose que j’entreprend est marqué, d’une manière ou d’une autre, par l’empreinte du roman de Carroll. Le titre et le monstre de Jabberwocky (1977), la petite fille dans Munchausen (1988) est Alice, tout comme Sam Lowry dans Brazil (1985). Pour beaucoup, dont moi-même, Carroll est l’inventeur du concept de « non-sens », et quelque part c’est donc une sorte de père pour les Monty Python et le magazine MAD d’Harvey Kutzman ! ».
Il était presque naturel que pour son baptême du feu en solitaire aux commandes d’un film passe par Carroll. Si Alice est une tâche bien trop difficile à mettre en scène, le roman contient un poème, Jabberwocky, se révélant tout à fait indiqué : « Tout est dans le livre ! A la lecture du poème, Alice dit qu’elle le trouve très beau sans pour autant en comprendre le sens. Le seul détail dont elle se souvient c’est que quelque chose à tuer quelqu’un. Cette simple phrase a rebondi dans ma tête jusqu’à devenir le point de départ d’un scénario situé à l’époque médiévale. » se souvient Gilliam.
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Gilliam au pays des merveillesIl contacte Charles Alverson, son ancien partenaire du temps où il travaillait sur le magazine Help ! (1963), afin de l’aider dans l’élaboration de son script : « Terry venait chez moi à Cambridge. Nous nous mettions dans mon garage, moi derrière une machine à écrire et lui affalé sur un fauteuil à lire un magazine. Souvent j’étais obligé de hurler pour qu’enfin il daigne se mettre au travail. Habitué à l’animation, qui ne demande que peu d’écriture, il n’avait pas l’habitude d’une concentration sur le long terme. Au final j’ai compris qu’il était bien meilleur dans la phase de réécriture que celle de l’écriture. » Lorsque Gilliam entame les démarches visant à réunir une équipe et un budget, seules deux scènes sont entièrement écrites. L’ouverture, dans laquelle Terry Jones (ex-Python) est tué, et le combat final qui voit la victoire de Michael Palin (ex-Python aussi).
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Le réveil de la BêteParvenu à réunir, non sans mal, 500.000 £, Gilliam sait qu’il n’aura pas une grande marge de manœuvre. Aussi il « emprunte » une partie des décors utilisés par Carol Reed dans sa comédie musicale Oliver ! (1968), confie le maquillage et les coiffures à Maggie Weston (sa femme) et rachète la plupart des costumes à une compagnie de théâtre allemande qui vient de terminer ses représentations du Mariage de Figaro de Beaumarchais (1784).
Néanmoins nous sommes loin des difficultés d’un Munchausen (1988) et plus encore d’un Don Quichotte (2000), malgré un problème de dépassement de budget qui failli lui coûter sa place. Sur Jabberwocky l’ambiance est détendue et Gilliam éprouve du plaisir au contact des comédiens : « Jusqu’à présent j’avais principalement connu les Monty Python où tout était défini par avance, puis au moment de tourner une scène chacun faisait comme bon lui semblait. Là je découvrais une manière de fonctionner très différente. Les acteurs donnaient leur avis, ajoutaient des dialogues ou apportaient des idées, mais toujours dans l’esprit du film et avec l’idée de l’améliorer. »
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Purin moyenâgeuxContrairement à Sacré Graal (1975) qui jouait sur les anachronismes et la dérision, Jabberwocky (1977) se veut plus réaliste dans sa présentation du moyen-âge. La pellicule transpire la crasse, la saleté et le manque d’hygiène. On marche dans des déjections de dragons, on mange des denrées avariées et les personnages sont tout sauf séduisants.
Pour autant le film n’est pas exempt de l’esprit Pythonesque qui transparaît régulièrement (les ordures jetées par les fenêtres, le gore sanglant du tournoi, l’atelier qu’un simple déplacement de table détruit, l’apparence du monstre en hommage au mythique Godzilla, etc.). Ce traitement n’est pas du goût des fans des Python qui s’attendaient à une nouvelle comédie désopilante. Pourtant, et en raison de la présence au générique de la moitié de la bande, le film sort aux Etats-Unis sous le titre Monty Python’s Jabberwocky malgré les protestations de Gilliam. Au final là où les Python étaient connus le film n’a eu aucun succès et inversement.
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Royal Rumble
Jabberwocky (1977), s’il est loin de se révéler être un film majeur, contient en filigrane toutes les problématiques que développera Gilliam au fil des ans. Ainsi espérant s’attirer enfin les faveurs de son ignoble et grassouillette fiancée, Dennis (M. Palin) s’octroie la mort du monstre oubliant que le roi a promis la main de sa superbe fille à qui en viendrai à bout ! Un final qui vaut à lui seul le détour, propulsant immédiatement le métrage dans la constellation onirique de Gilliam. A (re)découvrir de toute urgence !
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Disponibles
Terry Gilliam et le Jabberwocky (Part 5/13)
Terry Gilliam, le Time Bandits (Part 6/13)
Terry Gilliam à Brazil (Part 7/13)
Terry Gilliam et le Baron de Munchausen (Part 8/13)
Terry Gilliam, le Time Bandits (Part 6/13)
Terry Gilliam à Brazil (Part 7/13)
Terry Gilliam et le Baron de Munchausen (Part 8/13)
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Prochainement
Terry Gilliam, le Roi Pêcheur 3 (Part 9/13)
Terry Gilliam et le Fisher King (Part 10/13)
Terry Gilliam et l'Armée des 12 singes (Part 11/13)
Terry Gilliam fait une Las Vegas Parano (Part 12/13)
Terry : Lost in Gilliam (Part 13/13)











1 commentaires:
Un film bien sympa que je n'ai vu qu'une fois et il y a bien longtemps mais une réussite tout de même!
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