dimanche 17 février 2008

La Fantasy dans tous ses états - Part 7/9 : Cinéma 3/3

La fantasy a toujours fait les beaux jours du cinéma tant le genre se prête aux rêves improbables, aux visions oniriques et aux délires créatifs les plus enthousiasmants. Et si pour bénéficier du meilleur il a parfois fallu s’atteler au pire, le constat final penche en faveur du succès et du plaisir que l’on éprouve à visiter ces mondes étranges et fascinants. Bienvenue dans une fantasy filmée.
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Nous nous étions arrêtés en 1985 et c'est ici que nous reprenons notre voyage avec Walt Disney et son inoubliable Taram et le Chaudron Magique, dessin animé atypique pour le studio en raison d’une atmosphère suffocante et de l’absence de chanson, figure imposée de tout Disney qui se respecte. Là encore l’approche pessimiste et sombre condamne le film jugé trop violent, Taram y saignant après un combat contre une créature !
Sorte de cocktail explosif de tout ce que la fantasy peut produire de meilleur (le sorcier malfaisant, le héros candide, le chaudron de pouvoir et l’épée magique), Taram et le Chaudron Magique reste un ovni injustement mésestimé mais qui est parvenu, au fil du temps, à obtenir la reconnaissance qu'il mérite.
Restons chez Disney le temps du Return to Oz de Walter Murch (1985), suite non-officielle du film de 1939, fraichement accueillie par la critique au moment de sa sortie avant de connaître une belle carrière en vidéo.
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Les Belles et les Bêtes, le retour
A compter de 1986, le public se lasse de ces épopées épiques, d’autant que la plupart des productions ne prennent plus temps de développer un propos intéressant, se contentant d’aligner les archétypes musculeux et sans cervelle.
Cette mouvance fut inaugurée dès 1985 avec le lourdaud Kalidor et la Quête du Talisman de Richard Fleischer, vaguement inspiré des écrits de Robert E. Howard. Espérant surfer sur la notoriété de Conan, Schwarzenegger y campe un guerrier sans relief aux côtés de la sculpturale Brigette Nielsen en « conanette » de pacotille. Les Barbarians de Ruggero Deodato (1987) parviennent néanmoins à faire pire, repoussant les frontières du ridicule dans ce qui ressemble plus à une parodie qu’à un film sérieux (d'ailleurs n'est-ce pas le cas ?), la qualité du jeu des jumeaux Paul y étant pour beaucoup. Et que devons-nous penser des Maîtres de l’univers de Gary Goddard (1987) où Dolph Lundgren incarne un Musclor monolithique dans cette adaptation manquée du célèbre dessin animé.
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Par chance pour la fantasy, trois films viendront rapidement relever le niveau : Labyrinth de Jim Henson (1986), variation sur le thème d’Alice aux pays des merveilles transposé dans un univers fantastique peuplé de marionnettes extravagantes entourant un David Bowie cabotin, prêtant ses traits (et sa voix) au magicien joueur ; Princess Bride de Rob Reiner (1987) reprise du roman culte de William Goldman qui mélange humour débridé, fantasy et romance dans un film méconnu mais essentiel ; Enfin Willow de Ron Howard (1988) conclue cette trilogie gagnante en renouant avec la tradition de l’héroic-fantasy classique puisque nous y voyons différentes races, une sorcière assoiffée de puissance, un héros butor au grand cœur et un monde féérique. De quoi satisfaire le public qui répond présent.
Et pour être tout à fait complet, n’oublions pas Monstres & Merveilles (1987), une anthologie télévisée en 9 parties de Jim Henson, dans laquelle John Hurt est un narrateur espiègle nous contant des histoires fantastico-médiévales peuplées de marionnettes. Comme toujours avec Henson, c’est du grand art.
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Chroniques des Guerres Oubliables
Et ces embellies sont d’autant plus appréciables en périodes de vaches maigres ! A l’exception des excellentes Chroniques de la Guerre de Lodoss (1990), formidable série animée japonaise puisant son inspiration dans les pages du jeu de rôle Donjons & Dragons (1977), les années 90 resteront celles du « grand n’importe quoi », une sorte de Ragnarök créatif où les havres de paix seront rares.
Et la valse des séries B à tendance nanar débute avec L’histoire sans fin 2 (1990), suivi de Dar l’invincible 2 (1991). Puis elle se poursuit de plus belle avec l’enfantin Richard aux pays des livres magiques (1994), lui-même talonné par L’histoire sans fin 3 (1995) et Dar l’invincible 3 (1996), sans oublier Kull le conquérant (1997) d’à peu près Robert E. Howard, et l’infâme Donjons & Dragons (2000) qui clôt (enfin) les festivités de l'horreur filmique.
Heureusement le décomplexé Evil Dead 3 : L’Armée des ténèbres de Sam Raimi (1992), le sautillant L’Auberge du Dragon de Tsui Hark (1992) et l’amusant Cœur de dragon de Rob Cohen (1996) apportent une bouffée d’air frais dans cette décennie de chaos.
Mais il serait malhonnête de faire l’impasse sur les séries télévisées Xena la guerrière (1995-2001) et Hercules (1995-1999), parvenues à s’imposer - à juste titre - sur le petit écran dans un genre généralement peu apprécié des téléspectateurs. Vous noterez que nous n’incluons pas la série Conan l’aventurier (1997) qui trouve sa place - malgré quelques bons épisodes - avec les autres fiascos précédemment cités.
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Les diamants sont éternels
Pourtant cette ère de désolation arrive à son terme, et le nouveau millénaire s’annonce sous les meilleurs auspices avec la sortie de La légende de Zu de Tsui Hark (2001).
Mais 2001 est surtout marqué par le lancement des deux franchises appelées à ressusciter le genre, avant de l’entraîner vers des hauteurs insoupçonnées. Ainsi Chris Colombus donne vie à la saga littéraire de J.K. Rowling, promue « Papesse de la fantasy », avec Harry Potter à l’école des sorciers (2001). Au raz-de-marée en librairie s’ajoute le cyclone cinématographique faisant du jeune Potter la licence la plus rentable, appréciée et plébiscitée du moment. Composée de 7 tomes, la saga Potter donnera lieu à 7 films, les 5 premiers étant d’ores et déjà disponibles tandis que le 6ème est en cours de tournage. Et qui dit Papesse dit Pape ! Réputé inadaptable suite à l’abandon des multiples projets au fil des années, Le Seigneur des Anneaux devient une trilogie réalisée d’une traite (2001-2003) par Peter Jackson, intronisé fils spirituel de J.R.R. Tolkien. Tout a été dit ou presque sur la qualité de ces films entrés au panthéon des œuvres majeures à la seule vision des bandes-annonces. Remarquables, fidèles, maitrisés, Jackson est le Seigneur des Anneaux ! Du coup les échecs du Règne du Feu de Rob Bowman (2002), du Roi Scorpion de Chuck Russell (2002) et du Donjons & Dragons 2 de Gerry Lively (2004) passent – heureusement – inaperçus.
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Pendant ce temps, conscients qu’une mine d’or venait d’être découverte, les studios américains se mettent en quête de grandes sagas à adapter. Ainsi en 2004 la chaîne américaine Sci-Fi produit un téléfilm fleuve de 3 heures, Terremer, La Prophétie du Sorcier, tiré des écrits d'Ursula Le Guin et son célèbre cycle des Contes de Terremer (1968-2001). L'adaptation est soignée et fidèle aux romans originaux.
Puis Disney, après avoir laissé passer Harry Potter et Le Seigneur des Anneaux, jette son dévolu sur Les Chroniques de Narnia (2005), autre pilier de la fantasy écrit par C.S. Lewis et réalisé par Andrew Adamson. En 2006 c'est une nouvelle adaptation qui arrive dans nos salles obscures avec Eragon de Stefen Fangmeier qui, malgré de bonnes intentions et une mise en image réussie, peine à convaincre le public, à l’instar des Portes du Temps de David Cunningham (2006). A ce jour l’éventualité d’un Eragon 2 est très sérieusement remise en question alors que l’auteur annonce que sa trilogie sera finalement une tétralogie. Reste le succès surprise et mérité de Stardust, le Mystère de l’Etoile de Matthew Vaughn (2006) qui profite d’un casting quatre étoiles (Robert De Niro, Michelle Pfieffer, Claire Danes) et d’une atmosphère envoûtante servie par des effets spéciaux soignés.
Avec A la croisée des mondes (2007), premier volet de la trilogie de Philip Pullman, c’est un énième roman de fantasy qui devient un long métrage fastueux à même d’enchanter nos salles pour le plus grand plaisir des amoureux d’imaginaire et de contrées magiques. Dans la foulée Robert Zemeckis signe une nouvelle adaptation de la légende de Beowulf (2007), réalisée selon le procédé de motion capture qui consiste à enregistrer les mouvements, gestes et expressions de véritables acteurs. Une méthode déjà utilisée par le même Zemeckis sur Le Pôle Express (2004). Si la prouesse technique est évidente, le métrage souffre d’un manque de rythme, de souffle et de réels enjeux dramatiques. Pour autant le spectacle visuel est assuré et Beowulf démontre que le cinéma peut encore innover et surprendre. D’ailleurs Peter Jackson et Steven Spielberg utiliseront la même technique sur leur trilogie Tintin attendue pour le courant 2009.
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Enfin terminons ce tour d’horizon avec Il Etait une Fois de Kevin Lima qui signe un « Disney de Noël » charmant et plein de trouvailles où une princesse de dessin animé « Disney » est projetée dans le monde réel de nos jours, au cœur de New-York. Irrésistible, drôle et bourré d’autodérision, le plaisir est total. Et au regard des films attendus dans les semaines et les mois à venir (Narnia 2, Harry Potter 6 et 7, Bilbo le Hobbit en deux parties, Conan qui devrait relancer la franchise, Dark crystal 2), le plaisir n’est pas prêt de rendre les armes et la fantasy n’a pas fini de nous émerveiller. Et nous n'allons pas nous en plaindre car lorsqu'elle est de qualité, c'est souvent un véritable don pour les spectateurs. Il était une fois un genre ...
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Filmographie Sélective
Blanche-Neige et les Sept Nains (1937)
La Belle et la Bête (1946)
Cendrillon (1950)
La Belle au Bois Dormant (1959)
Jabberwocky (1977)
Le Seigneur des Anneaux (1978)
Excalibur (1981)
Conan le Barbare (1982)
Dark Crystal (1982)
Zu et les Guerriers de la Montagne Magique (1983)
Le Sourire du Dragon (1983-1985) - TV
Conan le Destructeur (1984)
L’Histoire sans Fin (1984)
Legend (1985)
Ladyhawke (1985)
Taram et le Chaudron Magique (1985)
Labyrinth (1986)
Princess Bride (1987)
Willow (1988)
Les Chroniques de la Guerre de Lodoss (1990) – TV
Evil Dead 3 : L’Armée des ténèbres (1992)
L’Auberge du Dragon (1992)
Xena la guerrière (1995-2001) – TV
Hercules (1995-1999) – TV
Coeur de dragon (1996)
Conan l’aventurier (1997) – TV
Donjons & Dragons (2000)
Harry Potter (2001-en cours)
Le Seigneur des Anneaux (2001-2003)
Terremer, La Prophétie du Sorcier (2004)
Les Chroniques de Narnia - Chapitre 1 (2005)
Eragon (2006)
Stardust, le Mystère de l’Etoile (2006)
Beowulf (2007)
Il Etait une Fois (2007)
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2 commentaires:

Byzantin a dit…

Alors là je dis bravo pour ce dossier cinéma!!! Clair, complet, on ne s'enuie pas et en plus on découvre des trucs pour refaire sa culture (hein Arckhas ;) )

D'ailleurs sur tes conseils j'ai regardé un ou deux Monstre et Merveille mais j'ai moins accroché que sur Legend ou Dark Cristal!!!

Sinon Newt Bree je trouve que tu es un peu dur avec Kalidor, les Maître de l'Univers et surtout Beowulf. C'est vrai que c'est pas des chef d'oeuvre, mais c'est quand de bons films dans l'ensemble, surtout Beowulf.

Par contre je n'ai jamais entendu parler des Zu ou de l'Auberge du Dragon mais tu sembles dire que c'est excellent, donc à compulser peut-être ?

Arckhas a dit…

Toujours aussi intéressant à lire, Pour Zu j'en ai vu un et ce n'est pas mal du tout d'ailleurs j'en profite pour signaler la sortie de la trilogie "Histoires de fantômes chinois" qui à mon humble avis colle parfaitement à ce dossier! :)
Personnellement j'avais bien apprécié "Le Roi-Scorpion" et "le Règen du feu" par contre pour "donjons et Dragons2" même si ce n'est pas trop bon cela reste regardable^^.
Pour "Kalidor" je suis plutôt d'accord avec notre narrateur, il n'est pas très bon tout de même mais bizarrement je le regarde dès que je peux^^.
Je ne parlerai pas de l'univers Disney que je ne connais que très peu par contre... Honte à moi!
Bon ben vite la suite quoi!!!
Pour la culture^^, elle se forge différemment pour chacun et je ne doute pas mon chère Byzantin que tu peux m'en apprendre beaucoup!
Par contre la personne à laquelle je faisais référence, mon Dieu "quelle tanche"! héhé