dimanche 10 février 2008

La Fantasy dans tous ses états - Part 6/9 : Cinéma 2/3

La fantasy a toujours fait les beaux jours du cinéma tant le genre se prête aux rêves improbables, aux visions oniriques et aux délires créatifs les plus enthousiasmants. Et si pour bénéficier du meilleur il a parfois fallu s’atteler au pire, le constat final penche en faveur du succès et du plaisir que l’on éprouve à visiter ces mondes étranges et fascinants. Bienvenue dans une fantasy filmée.
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Quêtes & Légendes
La fantasy est un genre qui attire le public, mais à qui il manque un franc succès pour en faire une valeur sûre. C’est ce que fournit John Boorman avec Excalibur en 1981. Epique, crépusculaire, enivrant, sa version du mythe arthurien est un hymne à vie, à la brutalité d’une époque présentée ici sans ambages. Merlin n’a rien à voir avec l’imagerie véhiculée par Disney, les rapports entre Arthur et ses hommes – et plus particulièrement Lancelot – sont complexifiés, tandis que la magie est présentée sous un jour plus inquiétant. Et que dire de la dernière partie du film qui nous entraîne dans un déluge d’images homériques à la limite du psychédélisme. 1981 c’est aussi la sortie de Bandits Bandits de Terry Gilliam qui s’en donne à cœur dans ce film un brin décousu où des nains pillent moult richesses à travers le temps à l’aide d’une carte magique. Enfin l’année s’achève sur le louable Le Dragon du Lac de Feu de Matthew Robbins, une production Disney d’une étonnante noirceur. Sous la menace d'un terrible dragon, un Roi décide de sacrifier de jeunes vierges pour protéger son royaume. Un magicien et son disciple se portent volontaires pour tuer la bête et sauver la prochaine victime, la fille du roi.
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L’Art de la Guerre
Si Excalibur (1981) avait éveillé l’attention, John Millium allait définitivement réveiller les consciences et faire de la fantasy un eldorado. Sur un scénario d’Oliver Stone, il réalise la première adaptation des écrits de Robert E. Howard, et en confie le rôle-titre à un champion de bodybuilding autrichien, Arnold Schwarzenegger. Conan le Barbare arrive sur les écrans en 1982 et la claque l’accompagne. Une œuvre d’une perfection qui plus de 20 ans plus tard continue à être une référence absolue. Tout dans ce film est une réussite : les décors, les costumes, les personnages, la qualité du script, la quasi absence de dialogue (Conan ne dit que 53 mots !) au profit de l’image, et une musique inoubliable signée Basil Pouledouris. Le succès est immédiat, la renommée du métrage devant s’accroître au fil des années jusqu’à devenir le classique qu’il est aujourd’hui. Sans concession, définitif, viscéral, dantesque, Conan est un monument du 7ème art et une vraie leçon de cinéma barbare.
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Le Pouvoir du Crystal
Autre leçon dans une autre catégorie avec Jim Henson et Frank Oz qui livrent l’ébouriffant Dark Crystal (1982) qui fait appel à des marionnettes le temps d’un récit puisant ses racines aux sources de la fantasy. Un conte magnifiquement mis en scène et qui réussit l’exploit de ne jamais sombrer dans le grand guignol tout en nous invitant à prendre part à un voyage unique. Un moment rare de cinéma qui devrait prochainement être complété d'un second opus. Genndy Tartakovsky (Star Wars Clone Wars) travaille sur The Power of the Dark Crystal prévu pour 2009. Il mettra en scène Jen et Kira – héros du premier opus – désormais en charge de leur monde. Mais lorsque les U-Mun dérobent un morceau du Crystal dans l’espoir de sauver leur soleil, les deux Gelflings doivent reprendre le chemin de l’aventure. Si la magie visuelle et onirique du premier est présente, The Power of the Dark Crystal s'annonce comme une bobine très excitante. Et comme le bon ne peut exister sans le décevant, citons l’inénarrable Dar l’invincible de Don Coscarelli (1982) qui aura tout de même droit à deux suites tout aussi calamiteuses en 1991 et 1996.
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Quand les Dragons souraient ...
En 1983 la chaîne CBS entame la diffusion de la série animée Le Sourire du Dragon (1983-1985) tirée du jeu de rôle Donjons & Dragons (1974). Nous y découvrons le groupe classique composé du magicien, du voleur, du barbare, du guerrier et autre guérisseur. Malencontreusement le rythme de production de chaque épisode est trop lent et condamne la série au terme de sa troisième saison, laissant les spectateurs dans l’expectative quant au devenir des personnages après seulement 27 épisodes. Dommage.
Passons rapidement sur le Deathstalker de James Sbardellati, premier opus d’une tétralogie édifiante réalisée entre 1983 et 1990, pour un détour par Hong Kong où Tsui Hark réalise le jouissif Zu ou les Guerriers de la Montagne Magique (1983). Largement inspiré d’Advanced Dungeons & Dragons (1977), c’est un film virevoltant et débridé ne ressemblant à rien de connu, ce qui lui vaut 5 nominations aux Hong Kong Films Awards et une suite en 2001 toute aussi convaincante.
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Bestaire Monstrueux
1984 débute par L’histoire sans fin de Wolfgang Petersen d’après le roman de Michael Ende, un métrage bien construit même s’il ne traite que la première moitié du livre. Mais la qualité des effets spéciaux et des multiples créatures présentes (dragon volant, escargot de course, chauve-souris géante, mangeur de pierres) rendent la vision agréable d’autant que l’univers est suffisamment détaillé pour favoriser l’immersion. Viendront L’histoire sans fin 2 de George Miller (1990), qui renforce l’aspect « film pour enfants » en essayant de raconter la seconde partie du livre, et L’histoire sans fin 3 de Peter MacDonald (1995), une aventure inédite. A noter qu’une série télévisée fut diffusée en 1996 pour être annulée après 26 épisodes.
1984 encore avec les très sympathiques Krull de Peter Yates et Conan le destructeur de Richard Fleischer. Le premier est un modèle du genre en matière d’héroic-fantasy. Laissons de côté la trame ridicule et les effets un peu datés pour nous concentrer sur les personnages remarquables et le bestiaire (cyclope, chevaux de feu, araignée) bien fourni. Passée inaperçue lors de sa sortie et conspuée par la critique, la réhabilitation de cette bobine s’impose. Idem pour la suite de Conan vilipendée à sa sortie et réduit à l’état de navet intégral. Certes la partition de Pouledouris est un copier-coller, évidemment le souffle épique a quelque peu disparu, d’accord les deux œuvres n’ont en commun que le héros, mais ce Conan se veut plus proche de la version comics éditée par Marvel. Dès lors, et si l'on évite la comparaison avec son aîné, Conan le destructeur est loin de démériter, se révélant être un pur divertissement où se croisent sorciers, monstres gigantesques et combattants sauvages, le tout dans un univers furieusement emprunté aux créations de Roy Thomas ou John Buscema. Et s’il vous faut absolument trouver une série Z cette année-là, allez plutôt faire un tour du côté de John C. Broderick et son indigeste The Warrior and the Sorceress (1984).
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Soif de Legend
Comme il fallait s’y attendre les studios font tourner à plein régime la machine à fantasy, l’année 1985 devenant le berceau de toutes les tentatives. Richard Donner ouvre le bal avec Ladyhawke la femme de la nuit. Prévu comme beaucoup plus orienté héroic-fantasy, avec animaux fantastiques et dragons, c’est Donner qui souhaita rendre le tout plus réaliste. Si le film est une réussite, on ne peut pas en dire autant de la musique d’Andrew Powell qui ne colle ni à l’action, ni au propos.
Puis Ridley Scott, tout juste auréolé du succès de Blade runner (1982), signe l’envoûtant Legend (1985) avec Tom Cruise en preux héros et Tim Curry dans la peau du démon Darkness, une des créatures les plus impressionnantes du cinéma. Echec au box-office, Legend est pourtant une perle de la fantasy, mettant en scène des gobelins, des fées, des lutins et même des licornes dans un environnement qui n’a rien à envier aux meilleures pages du genre. Un montage « Director’s Cut » fut proposé en DVD en 2001 (avec des sous-titres français), proposant plus de 20 minutes inédites permettant de mieux comprendre certaines séquences. Le film, déjà savoureux dans sa version courte, devient indispensable dans sa version longue : Ridley Scott reste un maître à filmer.
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5 commentaires:

Byzantin a dit…

Aaaahh un dossier toujours aussi excelent!!!

Bon j'avoue j'ai pas vu Dark Cristal ni Legende et j'ai l'impression que c'est une lacune en lisant ce dossier. Comme le Seigneur des anneaux en DA la semaine denière, que j'avais beaucoup aimé, je vais les louer et peut-être plus si c'est vraiement bien!!!

Petite note pour Archas : Ca y est j'ai aussi achété le SDA en DA!!!! ;p

Sinon y'avait pas un film aussi avec les muppets et david bowie dans le meme genre???

Arckhas a dit…

Labyrinthe^^ ( avec aussi la toute jeune Jenifer Connelly ;) ) bon faut que je lise le dossier je ne l'ai pas encore fait mais là il est bien tard je ferai ça demain :)

Arckhas a dit…

Mon Dieu toutes ces perles mises sur pellicules; que c'est beau!!!
Il faut absolument voir Legend et Dark Crystal, ce sont deux très bonnes oeuvres!
Pour info Jim Henson qui a participé à Dark Crystal est aussi à l'origine d'une série avec ses célèbres marionnettes du nom de Monstres et Merveilles. J'ai connu la série adolescent et dès la sortie en dvd j'ai tout acheté! Dans le style c'est vraiment du grand art!
Byzantin, il faut que tu perfectionnes ta culture cinématographique, tu me rappelles un de mes amis qui a lui aussi de grosses lacunes^^

Byzantin a dit…

Oui c'est ça Labyrinth!!! Bon par contre c'est vrai que je suis pas top au point sur le cinéma alors que j'adore ce genre de films! Mais j'ai un peu peur d'être déçu par certains, comme les dessin animés de mon enfance qui sont pas top top aujourd'hui :(

Bree a dit…

En même temps c'est pour ça que mon blog, et plus particulièrement existe ! Pour permettre à tous ceux qui ne connaissent pas ce type de merveilles de les découvrir.

Sinon pour vous rassurer - et même si vous n'êtes pas vraiment inquiets - Labyrinth et Monstres & Merveilles seront évidemment abordés dans la dernière partie du dossier Fantasy & Cinéma puisqu'ils datent tous deux de 1986 ^^

Sinon merci de votre fidélité et j'exhorte tous les autres visiteurs à poster à leur tour des commentaires ^^