dimanche 6 janvier 2008

La Fantasy dans tous ses états - Part 1/9 : Littérature 1/2

La Fantasy – « imagination » en anglais – est avant tout un courant littéraire issu du Fantastique (ou de la science-fiction selon le pays où l’on se trouve), et devenu avec le temps un terreau privilégié tant pour le cinéma que les jeux vidéo ou le jeu de rôle. Généralement il y est question d’un récit intégrant des éléments fantastiques incarnés par l’irruption de la magie. Ainsi la fantasy situe son action dans des mondes parallèles au nôtre, peuplés de créatures imaginaires, possédant ses mythes fondateurs propres, son histoire et ses héros. Contrairement au fantastique qui voit l’irruption du surnaturel dans le quotidien, la fantasy se concentre sur des univers lointains présentés comme réalistes sans autre forme de justification. Enfin la lutte éternelle opposant le Bien et le Mal est souvent au cœur des écrits. Au fil des années, la fantasy s’est morcelée en divers sous-genres. Ainsi elle réunie désormais le Sword & Sorcery (Conan), l’Heroic Fantasy (Lancedragon), la High Fantasy (Le Seigneur des Anneaux), la Low Fantasy (Harry Potter, Narnia), la Light Fantasy (Les Annales du Disque-Monde) ou encore la Dark Fantasy (Elric). A ceux-là s’ajoutent une dizaine d’autres catégories (Romantic Fantasy, Fantasy Urbaine, Fantasy Historique), soit un éclatement qui fini par perdre les amateurs qui du coup résument toutes ces excroissances sous l’appellation unique de « Médiéval-Fantastique » (ou Med-Fan pour les initiés), ou simplement de « Fantastique » lorsque l'univers est plus comptemporain. A noter que nous nous contenterons de parler de « Fantasy » au sens large durant ce dossier pour éviter de se perdre dans le dédale des divers courants qui restent et composent de toute façon la Fantasy.
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Comme la majorité des domaines d’expressions artistiques, la culture médiévale-fantastique débuta sa vie dans les pages de lourds ouvrages dépeignant à la fois des aventures fabuleuses et des mondes très aboutis, riches de mille et une légendes. Des ouvrages écrits par des auteurs au talent indéniable et à l’imagination fertile. Une imagination qui donna son nom au genre : la Fantasy.
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La Princesse et le Gobelin
La fantasy fait partie de ces sujets pour lesquels il y a autant de définitions que de pays où elle appréciée. Dès lors parvenir à dater son origine est délicat, si ce n’est impossible, tout comme l’idée d’en dresser un portrait clair et précis. Reste que certains récits de L’Iliade et L’Odyssée au poème Beowulf en passant par les légendes Arthuriennes ou Les Contes des 1001 Nuits peuvent être considérés comme les premières œuvres de fantasy. Pour autant sa naissance moderne est fixée en 1872 avec la publication de The Princess and the Goblin de l’écossais George MacDonald, qui signait là le premier roman de fantasy destiné aux adultes, littérature jusqu’alors réputée pour enfants. Il eut une influence considérable sur le travail de J.R.R. Tolkien et C.S. Lewis, respectivement auteurs de deux monuments de la fantasy : Le Seigneur des Anneaux (1954-1955) et Les Chroniques de Narnia (1950-1956).
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Les enfants du Roi des Elfes
Pour l’heure MacDonald partage sa paternité avec deux autres écrivains d’importance. William Morris a signé The Wood Beyond the World (1895) dont s’inspira Lewis pour Narnia, et The House of the Wolfings (1888) et The Roots of the Mountains (1889) qui marquèrent profondément Tolkien de part la qualité des descriptions. Autre fondateur Lord Dussany qui débuta avec Les dieux de Pegana (1905) avant d’écrire plus d’une soixantaine de romans dont le plus connu reste sans doute La Fille du Roi des Elfes (1924). En plus de Lewis et Tolkien, Dussany fut une référence et un modèle pour H.P. Lovecraft (L'Appel de Cthulhu – 1926), Robert E. Howard ou L. Sprague de Camp (Conan – 1955-2004) et même de Neil Gaiman (Stardust – 1999).
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La première garde
La voie étant ouverte, bons nombres d’auteurs assoiffés de voyages homériques empruntent une route prometteuse. On peut y croiser H. Rider Haggard, Rudyard Kipling, Abraham Merritt ou encore Edgar Rice Burroughs qui se sont essayés, avec plus ou moins de réussite, au genre avant de passer à la postérité pour d’autres oeuvres. Durant cette première décade du 20ème siècle, qui vit aussi la publication de Peter Pan (J. M. Barrie – 1911) et du Magicien d’Oz (L. Frank Baum – 1900), la fantasy gagna ses lettres de noblesse jusqu’à donner vie à un magazine spécialisé en 1923 baptisé Weird Tales. Edité par Jacob Clark Henneberger et J.M. Lassinger, la première année est difficile sur le plan financier. Ce n’est qu’en 1924, après avoir proposé le poste de rédacteur en chef à H.P. Lovecraft qui refusa car jeune marié, que les éditeurs engagent Farnsworth Wright. Véritable découvreur de talents, il fait de la revue un franc succès en publiant (non sans peine parfois) les écrits de Lovecraft, Merritt, Robert Bloch, C. L. Moore, et surtout Robert E. Howard, père de Conan et pierre angulaire de la fantasy s’il en est.

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Chroniques Némédiennes
Howard dépeint un monde barbare, violent mais riche de nombreuses régions, de peuples et de légendes. Ici il est question de puissants guerriers et de maléfiques sorciers, de formidables richesses et d’innombrables batailles. Conan est un esclave devenu roi par la seule force de ses mains, une épopée incroyable devenue source d’inspiration pour toute une génération : « C’est comme si Conan se tenait debout derrière moi pour me conter ses exploits tandis que je me contentais d’écrire ses mémoires. » aimait à raconter Howard. Malheureusement en 1936, il se suicide à l’âge de 30 ans en abandonnant son personnage au moment où il préparait sa succession par le biais de son fils Conn. Par la suite de nombreux auteurs reprennent le flambeau (L. Sprague de Camp, Lin Carter, Robert Jordan, Leonard Carpenter), offrant à Conan de nouvelles heures de gloire dont la dernière en date remonte à 2004..
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A compter des années 70 les comics américains lui assurent une reconnaissance planétaire sous la plume de vrais génies (Barry Windsor-Smith, John Buscema, Roy Thomas), avant que John Milius ne l’immortalise sur grand écran dans le magnifique Conan le Barbare (1982). Devenu une icône, Conan promène depuis ses larges épaules et sa chevelure ébène dans l’imaginaire collectif qui en a fait une figure emblématique de la fantasy. A noter la parution aux éditions Braglonne du premier des trois volumes dédiés à Conan. Des ouvrages remarquables et indispensables à tous les fans !
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Fondations I
En 1939 Fritz Leiber pose lui aussi les jalons de la fantasy en inaugurant son Cycle des Epées avec la première nouvelle d’une longue série tardivement réunie sous la forme de 7 tomes. Nous y suivons les pérégrinations de Fafhrd et du Souricier Gris dans le monde de Nehwon, un monde « antique et fabuleux, un monde de sortilèges et de joyaux, de crânes et d’épées affûtées » comme le précise la préface. C’est à Lieber que revient l’invention du courant Sword & Sorcery décrit comme plus sombre et brutal que la fantasy traditionnelle, et ce même si Le Cycle des Epées ne met pas en scène un héros du type Conan. Quoiqu’il en soit, il participa activement au renouveau de la fantasy après-guerre aux côtés de Michael Moorcock, J.R.R. Tolkien ou C.S. Lewis.

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L'Armoire magique
Ce dernier est l’auteur d’une série de 7 romans distincts qui forment Les Chroniques de Narnia (1950-1956) et n’ont en commun que le Royaume de Narnia et quelques personnages. En effet lors de la parution du premier volume en 1950 (L’Armoire Magique), Lewis ne cherchait qu’à faire plaisir à sa nièce en lui écrivant une histoire d’animaux parlants, de sorcières et de créatures fantastiques, le tout teinté de religion, écho de sa propre ferveur catholique. Face à l’intérêt suscité par le livre, il se décida à poursuivre son périple sans tenir compte de la chronologie des évènements, certains opus se situant avant ceux déjà parus. Anecdote amusante en 1933 il est le co-fondateur d’un cercle littéraire informel baptisé « The Inklings », que l’on peut traduire par « Le Peuple de l’Encre ». Il y côtoie, entre autres, J.R.R. Tolkien qui, lors de leurs réunions, y lit les différentes ébauches de son Seigneur des Anneaux.
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Fondations II
C’est en 1937 que Tolkien signe son premier livre, Bilbo le Hobbit, qui fut inventé sous forme oral avant d’être formalisé par écrit. A noter qu’il s’agit aussi d’un livre pour enfant, la fantasy étant toujours considérée comme un genre destiné aux plus jeunes. Dès 1938 il entame sérieusement la rédaction de ce qui va devenir la bible de la fantasy, faisant de Tolkien un seigneur parmi les rois. Depuis quelques années déjà, il imagine, élabore, tisse, rassemble et développe un univers foisonnant, inédit, complexe, fascinant et hypnotique. Ce n’est finalement qu’en 1954 qu’il publie La Communauté de l’Anneau, premier livre du Seigneur des Anneaux. La même année il édite la suite, Les Deux Tours, suivie en 1955 du Retour du Roi. Pourtant ce n’est qu’au milieu des années 60 que la saga impose Tolkien comme un auteur d’exception, célébré pour avoir imaginé un monde cohérent avec sa cosmogonie, son histoire, ses peuples et même ses langues et ses cultures.
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Depuis la Terre du Milieu, théâtre de la plupart des récits de Tolkien, est entrée au panthéon des créations intemporelles faisant du Seigneur des Anneaux le livre le plus vendu de part le monde après la Bible.
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Guide de Lecture
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3 commentaires:

Bizantin a dit…

J'ai hate de decouvrir les parties sur le jeu de role ... excellent idee que ce gros dossier !

Arckhas a dit…

Vraiment du bonheur que tout ceci!!
Vivement toutes les suites tiens!

Comte Zemo a dit…

Je ne connaissais pas du tout le cycle des épées! du coup je vais investir dans le premier tome ... merci et vivement la suite en effet!!!