En 1966 le Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien (1954-1955), roman fondateur de toute une culture, sort aux Etats-Unis. Greg Stafford, un féru de fantasy, en profite pour poser les bases d’un monde qu’il baptise Glorantha et qui servira de théâtre au futur RuneQuest (1978). En parallèle Ernest Gary Gygax, créateur de Donjons & Dragons (1974), découvre le chef-d’œuvre de Tolkien. Une découverte qui va changer à jamais le visage de la fantasy en donnant naissance au jeu de rôle. Armé de dés et de crayons, chacun peut désormais arpenter les couloirs suintants d’un donjon dans l’espoir d’y dénicher un fabuleux trésor gardé par un vénérable dragon.
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Emancipation héroïqueTandis qu’aux Etats-Unis le phénomène « Role Playing Games » bat son plein, la France n’est pas en reste avec le lancement en 1980 du magazine Casus Belli sous l’impulsion de François Marcela-Froideval et Didier Guiserix. Si pour le moment le public hexagonal doit se contenter des versions américaines des jeux, des traductions ne tardent pas à poindre le bout de leurs lames. Une étape capitale est franchie en 1983 lorsque Fabrice Cayla boucle L’Ultime épreuve, soit le premier jeu de rôle français. Suivront Légendes (1983) dont le système rappelle Rolemaster, et Mega (1984) jeu destiné aux néophytes vendu dans le cadre d’un hors-série du magazine Jeux & Stratégie. Par la suite de nombreux éditeurs français connaîtront de francs succès, souvent dans des genres autres que la fantasy (Hurlements, Maléfice, Rêve de dragon, Miles Christi, Qin, Vermine). Mention spéciale à Croc, créateur français très prolifique (In Nomine Satanis, Bitume, Nightprowler) à qui nous devons l’épique Bloodlust (1991), monument de barbarie où les joueurs incarnent une arme-démon.
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Enfin citons les Livres dont vous êtes le héros édités chez Gallimard durant les années 80 - et toujours disponibles à ce jour - qui participèrent pleinement à l’émancipation du jeu de rôle chez nous (c'est ainsi que votre serviteur débuta sa carrière de rôliste avec le Manoir de l'Enfer dans la collection Défi Fantastique).
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Le Souffle de l'Aventure
Aussi étrange que cela puisse paraître pour ce qui est considéré comme la « Bible du genre », ce n’est qu’en 1984 que J.R.R. Tolkien a officiellement droit à son jeu de rôle avec la publication du Jeu de rôle des Terres du Milieu (ou JRTM pour les initiés). Reprenant une version simplifiée du système Rolemaster, ce qui lui sera reproché car peu adapté à l’ambiance du Seigneur des anneaux, il permet néanmoins aux joueurs de fouler les Terres du Milieu. La gamme se poursuit jusqu’en 1997 date à laquelle elle est abandonnée suite à la banqueroute de son éditeur.
Puis c’est au tour de l’Allemagne de créer l’évènement avec la sortie de L’œil noir (1984) d’Ulrich Kiesow, qui correspond plus ou moins à un univers médiéval-fantastique classique interchangeable avec n'importe quel autre. L’engouement est important car il est une bonne introduction au jeu de rôle. 1984 toujours où nous retrouvons Chaosium et son fameux système (cf. partie 1) avec la parution d’Elfquest basé sur les BD de Wendy et Richard Pini.
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Chaosium encore avec Pendragon (1985) qui met en scène les légendes Arthuriennes dans un jeu remarquable où les lois de la chevalerie occupent une large place sans pour autant oublier la magie. Tout en poursuivant le développement d’ADD, qui rassemble des centaines de suppléments, TSR récupère les droits du personnage de Robert E. Howard pour en tirer le jeu de rôle Conan (1985) qui ne connaît pas la carrière escomptée.
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Comme une envie de GURPS ...Inauguré en 1983 avec Warhammer Fantasy Battle, jeu de figurines largement inspiré des écrits de Tolkien et point de départ de l’empire Games Workshop, le jeu de rôle Warhammer arrive en 1986 et se distingue des autres jeux par un univers plus proche historiquement de la fin du Moyen âge et du début de la Renaissance. Interrompu dans les années 90, Games Workshop préférant se concentrer sur ses jeux de figurines, une seconde édition plus sombre et gothique est diffusée en 2005. Dans le même temps Steve Jackson, nabab du jeu de plateau, édite GURPS (Generic Universal Role Playing System – 1986) système de règles générique adaptable à toutes les époques. Dès lors les suppléments, très appréciés de part la qualité des contenus, détaillent des mondes précis autorisant toutes les expériences (Conan, Vampire, Espace, Fantasy, Cyberpunk, etc.).
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Une pincée de Magic
Dans la foulée Stephen Michael Sechi termine Talislanta (1987), Kerie L. Campbell-Robson et Sandy Petersen signent Hawkmoon d’après les romans de Moorcock (1988), FASA distribue Earthdawn (1993) et Chaosium offre une refonte totale de Strombringer sous le titre Elric (1993). Mais à compter de 1994, le jeu de rôle connaît une grave crise de popularité au profit d’un jeu de cartes à collectionner reposant sur les fondamentaux de la fantasy (magie, monstres, combats) : Magic l’assemblée de Richard Garfield (1993). Le raz-de-marée planétaire qui en découle impose la société éditrice Wizard of the Coast comme le nouveau temple de la fantasy ludique, un monopole dont l’apothéose est le rachat de TSR en 1997. La décennie qui suit l’avènement de Magic est un âge de ténèbres pour le jeu de rôle dont les parutions, en particulier en France, se raréfient au rythme des disparitions de gammes.
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Mais Wizard, conscient de la manne financière représentée par la licence ADD, relance le marché en créant un système générique, le D20 Système, qui accompagne la troisième édition de Donjons & Dragons (2000). Autorisant l’utilisation libre par d’autres éditeurs, Wizard donne corps au système OGL (Open Gaming Licence) utilisés par de nombreux jeux dont Conan chez Mongoose Publishing (2004). A noter la sortie en 2003 de Donjons & Dragons 3.5 qui améliore sensiblement le système.
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Enfin après en avoir été à l’origine du mouvement, Le Seigneur des Anneaux en favorise la renaissance suite à la réussite des films de Peter Jackson (2001-2003). En 2002 Matt Forbeck et Steven S. Long achève la deuxième version rôlistique du Seigneur des Anneaux qui redonne au genre ses lettres de noblesse. Depuis le jeu de rôle survit péniblement en France grâce à des éditeurs comme 7ème Cercle (Kult), Ubik (Fading Suns) ou le site incontournable de toute la communauté, le fameux GROG. Une survie d'autant plus admirable qu'elle assiste à l’effondrement d'éditeurs et de piliers du genre tels que Casus Belli, Descartes, Multisim ou récemment Asmodée !
Aux Etats-Unis, si sa popularité ne s’est jamais vraiment démentie, c’est désormais le jeu vidéo (Age of Conan, World of Warcraft, Le Seigneur des Anneaux Online) qui semble devoir reprendre le trône à l'instar du reste du monde. Depuis il n'est pas rare d'entendre au détour d'une conversation : "Ouais moi je suis rôliste depuis un moment déjà puisque j'ai commencé sur Dark Age of Camelot !" Et tombent les navires en flamme…
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Bibliographie Sélective
Donjons & Dragons (1974)
Tunnels & Trolls (1975)
Advanced Dungeons & Dragons (1977)
RuneQuest (1978)
Strombringer (1981)
Rolemaster (1982)
Le jeu de rôle des Terres du Milieu (1984)
L’Oeil noir (1984)
Elfquest (1984)
Pendragon (1985)
Conan TSR (1985)
Warhammer (1986)
Gurps (1986)
Talislanta (1987)
Hawkmoon (1988)
Bloodlust (1991)
Magic l’assemblée (1993)
Earthdawn (1993)
Elric (1993)
Donjons & Dragons 3 (2000)
Le Seigneur des Anneaux (2002)
Donjons & Dragons 3.5 (2003)
Conan (2004)
Advanced Dungeons & Dragons (1977)
RuneQuest (1978)
Strombringer (1981)
Rolemaster (1982)
Le jeu de rôle des Terres du Milieu (1984)
L’Oeil noir (1984)
Elfquest (1984)
Pendragon (1985)
Conan TSR (1985)
Warhammer (1986)
Gurps (1986)
Talislanta (1987)
Hawkmoon (1988)
Bloodlust (1991)
Magic l’assemblée (1993)
Earthdawn (1993)
Elric (1993)
Donjons & Dragons 3 (2000)
Le Seigneur des Anneaux (2002)
Donjons & Dragons 3.5 (2003)
Conan (2004)
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Guide de Lecture
La Fantasy dans tous ses états - Part 3/9 : Jeux de Rôle 1/2
La Fantasy dans tous ses états - Part 4/9 : Jeux de Rôle 2/2
La Fantasy dans tous ses états - Part 5/9 : Cinéma 1/3
La Fantasy dans tous ses états - Part 4/9 : Jeux de Rôle 2/2
La Fantasy dans tous ses états - Part 5/9 : Cinéma 1/3

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