Bien avant Spider-Man, Sam Raimi avait Un Plan Simple : se perdre dans les bois dans l’espoir d’y découvrir de quoi sustenter sa soif de découvertes, d’horreurs et rires. Bien que très différents, pour ne pas dire diamétralement opposés, les films qui composent la trilogie Evil Dead s’imposent comme des références intemporelles, tout à la fois modèle, expérience et renouveau. Explication de texte des meilleures pages du Livre des Morts, seconde partie.
.Points de vues
La grande force d’Evil Dead tient, non pas dans sa représentation visuelle, mais dans sa mise en scène inédite et foncièrement révolutionnaire. Ainsi, on y découvre des mouvements de caméra qui deviendront la « Raimi’s Touch ». Gros plans aussi soudains qu’inattendus, placement de la caméra dans les coins du plafond d’une pièce (angle de vue qui sera repris à l’identique par la série vidéoludique des Resident Evil), décors naturels filmés de nuit de manière très crue (et donc forcément dérangeante), utilisation de fumée dans les bois et montage de séquences à l’envers pour donner une impression surnaturelle à la scène sont autant d’astuces qui permettent d’installer un climat oppressant et lourd, où les quelques petits « à peu près » (l’incrustation de la lune, certains maquillages) passent inaperçus.
.La grande force d’Evil Dead tient, non pas dans sa représentation visuelle, mais dans sa mise en scène inédite et foncièrement révolutionnaire. Ainsi, on y découvre des mouvements de caméra qui deviendront la « Raimi’s Touch ». Gros plans aussi soudains qu’inattendus, placement de la caméra dans les coins du plafond d’une pièce (angle de vue qui sera repris à l’identique par la série vidéoludique des Resident Evil), décors naturels filmés de nuit de manière très crue (et donc forcément dérangeante), utilisation de fumée dans les bois et montage de séquences à l’envers pour donner une impression surnaturelle à la scène sont autant d’astuces qui permettent d’installer un climat oppressant et lourd, où les quelques petits « à peu près » (l’incrustation de la lune, certains maquillages) passent inaperçus.
Folie à deux
Fan des trois Stooges et de Chuck Jones, Sam Raimi ne peut résister à la tentation de truffer son film très gore de gags à la limite de l'incongru. Il s'acharne à faire subir à Ash les pires outrages, souvent jusqu'à l'absurde. Dans un apocalyptique final, les possédés se décomposent en explosant par strates successives au visage d’un héros recouvert d'entrailles sanguinolentes, clin d’œil à certains comiques se faisant asperger de tartes à la crème. Si le rire côtoie le frisson avec une telle aisance, c’est grâce à l’interprétation survoltée de Bruce Campbell, à mi-chemin entre le loup de Tex Avery et le chevalier héroïque cherchant à survivre par tous les moyens.
A n’en pas douter, Evil Dead est une date pour le cinéma fantastique, imposant un réalisateur, une manière d’aborder l’horreur sans complexe et une film qui, vingt ans plus tard, reste un des piliers fondateurs.
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Fan des trois Stooges et de Chuck Jones, Sam Raimi ne peut résister à la tentation de truffer son film très gore de gags à la limite de l'incongru. Il s'acharne à faire subir à Ash les pires outrages, souvent jusqu'à l'absurde. Dans un apocalyptique final, les possédés se décomposent en explosant par strates successives au visage d’un héros recouvert d'entrailles sanguinolentes, clin d’œil à certains comiques se faisant asperger de tartes à la crème. Si le rire côtoie le frisson avec une telle aisance, c’est grâce à l’interprétation survoltée de Bruce Campbell, à mi-chemin entre le loup de Tex Avery et le chevalier héroïque cherchant à survivre par tous les moyens.A n’en pas douter, Evil Dead est une date pour le cinéma fantastique, imposant un réalisateur, une manière d’aborder l’horreur sans complexe et une film qui, vingt ans plus tard, reste un des piliers fondateurs.
La vie avec les mortsAprès l’électrochoc Evil Dead, et tandis que Mort sur le Gril (1985) est un joli ratage, Sam Raimi et son équipe décident de revenir à ce qu’ils maîtrisent le mieux et entament la production d’une suite à Evil Dead. Dans un premier temps, Dario Argento fait savoir qu’il est prêt à investir dessus avant de se rétracter. Il laisse sa place à Dino De Laurentis qui offre un peu plus de 3 millions et demi de dollars pour donner vie au projet. Le scénario original devait propulser Ash au cœur du Moyen-Âge pour un film qui aurait dû ressembler à l’actuel Evil Dead 3. Mais en raison d’un budget un peu juste il a fallu, là encore, corriger le tir. Autre difficulté, pour des raisons de droits, Sam Raimi ne peut pas utiliser d’images tirées du premier opus, l’obligeant à retourner certaines scènes indispensables aux raccords.
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Remake assumé
Quoiqu’il en soit, Evil Dead 2 est plus proche du remake que de la véritable suite. En effet, nous y retrouvons quasiment les mêmes personnages, placés dans une situation quasi-similaire : « Il ne s’agit pas réellement d’une suite directe à Evil Dead, mais plutôt d’un autre regard sur un même évènement. Le premier film serait en quelque sorte la version « objective » de l’histoire, une version plus atroce et plus sombre laissant peu de place à la fantaisie. Evil Dead 2 serait alors la version « subjective » d’un Ash en pleine déconfiture, sombrant doucement dans la folie, son esprit ne pouvant faire face à tant d’horreur et préférant tourner tout cela à la dérision hystérique ! » expliquait à l’époque Sam Raimi.
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Quoiqu’il en soit, Evil Dead 2 est plus proche du remake que de la véritable suite. En effet, nous y retrouvons quasiment les mêmes personnages, placés dans une situation quasi-similaire : « Il ne s’agit pas réellement d’une suite directe à Evil Dead, mais plutôt d’un autre regard sur un même évènement. Le premier film serait en quelque sorte la version « objective » de l’histoire, une version plus atroce et plus sombre laissant peu de place à la fantaisie. Evil Dead 2 serait alors la version « subjective » d’un Ash en pleine déconfiture, sombrant doucement dans la folie, son esprit ne pouvant faire face à tant d’horreur et préférant tourner tout cela à la dérision hystérique ! » expliquait à l’époque Sam Raimi.
Folie FurieuseBeaucoup plus démonstratif que son prédécesseur, cette seconde partie repousse les limites narratives, visuelles et horrifiques à leur paroxysme, introduisant l’humour nonsensique avec une maestria qui force le respect. Il en résulte un film ahurissant, bourré de bonnes idées, de prouesses visuelles, fleuretant régulièrement avec le génie et s’imposant comme le chef-d’œuvre du réalisateur. Sa caméra virevolte, s’offre des travellings impressionnants et mêle plongée et contre-plongée dans une euphorie souvent proche du grand guignol. A l’image de la scène hilarante de la main démoniaque tentant par tous les moyens (dont certains directement empruntés aux toons de la Warner) de massacrer son propriétaire, à savoir Ash ! Il finira par la couper, sans pour autant que cela ne la « tue » puisqu’elle devient une lointaine cousine sadique et sauvage de la Chose de la Famille Adams, tentant par tous les moyens d’atteindre son but : Casser du Ash ! Ce dernier lui trouvera assez rapidement une remplaçante en se greffant une tronçonneuse qui se révèlera bien plus utile. Tout à la fois film d’horreur et farce potache, Evil Dead 2 réussi l’exploit de surpasser l’original, allant jusqu’à nous offrir une fin annonciatrice d’un troisième chapitre en cours de gestation, et situant son action au Moyen-âge. Du grand art !
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Les ténèbres en armée ...
Si la trame du prochain Evil Dead est écrite depuis des lustres (puisqu’elle devait servir de scénario pour le 2 !), il faudra patienter six ans avant que Sam Raimi ne remette le couvert avec L’armée des ténèbres (1993). Pour ce nouveau volet, exit la cabane au fond des bois et place aux châteaux forts, aux preux chevaliers et aux légendes millénaires parlant d’un homme appelé à ramener la paix dans le monde. Si nous y retrouvons le fanatique Ash et son inséparable tronçonneuse, l’aspect gore/macabre des deux premiers disparaît totalement au profit de la comédie, faisant d’Evil Dead 3 un film tout public (ou presque) !
.Les ténèbres en armée ...
Si la trame du prochain Evil Dead est écrite depuis des lustres (puisqu’elle devait servir de scénario pour le 2 !), il faudra patienter six ans avant que Sam Raimi ne remette le couvert avec L’armée des ténèbres (1993). Pour ce nouveau volet, exit la cabane au fond des bois et place aux châteaux forts, aux preux chevaliers et aux légendes millénaires parlant d’un homme appelé à ramener la paix dans le monde. Si nous y retrouvons le fanatique Ash et son inséparable tronçonneuse, l’aspect gore/macabre des deux premiers disparaît totalement au profit de la comédie, faisant d’Evil Dead 3 un film tout public (ou presque) ! ... ou l'armée des morts ?
A la fin d’Evil Dead 2, Ash est aspiré par une faille temporelle qui le parachute quelque part dans le passé. Armé de son coupe-coupe mécanique et d’un fusil à canon scié, il parvient à convaincre le roi Arthur et ses autochtones de son pouvoir, avant de partie en quête du Livre des Morts, seul capable de le renvoyer à son époque. Un voyage qui le conduira à vivre des aventures extravagantes, à l’instar de sa visite dans un moulin peuplé de « mini-lui », et d’où il ressortira avec une seconde tête avant « d’accoucher » d’un Ash maléfique qu’il devra combattre ! Mais c’est sans nul doute la bataille finale, opposant notre héros et ses alliés à une armée de squelettes et autres morts-vivants (hommage évident aux travaux de Ray Harryhausen), que revient la palme. Tout finira par s’arranger, Ash retournant dans son époque pour s’apercevoir qu’elle est aussi menacée par des hordes de démons dont il entame immédiatement la destruction. A noter qu’il ne s’agit pas là de la fin originale voulue par Sam Raimi. En effet dans une précédente version, Ash se contentait de boire la potion avant de se réveiller dans un présent tout à fait banal. Mais les producteurs, craignant que cette conclusion ne mette une terme à la saga, imposèrent un autre final, celui que nous connaissons aujourd’hui (cette fin alternative est néanmoins disponible sur le DVD Zone 1).
.L’évolution de la série vers la comédie était assez prévisible au regard du second épisode. Fort d’un budget de 13 millions de dollars, les spectateurs boudent pourtant le film qui ne rapporte (aux Etats-Unis) que 10.5 millions de dollars. Si avec le recul, la trilogie dans son ensemble est devenue un classique, il aura fallu attendre quelques années avant que les fans ne pardonnent cette échappée burlesque et reconnaissent l’intérêt de l’ultime pièce.
.Evil Dead 4 ?
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Guide de lecture
Evil Dead ou le Démon qui riait - Part 1/2
Evil Dead ou le Démon qui riait - Part 2/2
Guide de lecture
Evil Dead ou le Démon qui riait - Part 1/2
Evil Dead ou le Démon qui riait - Part 2/2
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