Bien avant Spider-Man, Sam Raimi avait Un Plan Simple : se perdre dans les bois dans l’espoir d’y découvrir de quoi sustenter sa soif de découvertes, d’horreurs et rires. Bien que très différents, pour ne pas dire diamétralement opposés, les films qui composent la trilogie Evil Dead s’imposent comme des références intemporelles, tout à la fois modèle, expérience et renouveau. Explication de texte des meilleures pages du Livre des Morts.
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Il suffit d’un peu de culot, d’une bonne dose d’inventivité et d’une passion qui vous transporte par-delà les frontières du possible, pour donner naissance à une chose appelée à traverser les décennies sans perdre une once de sa superbe. C’est le cas pour la plupart des films considérés comme « cultes ». Un terme qui s’applique désormais à tort et à travers dès lors que le public apprécie ce qu’il voit. Ainsi chaque année accueille une bonne dizaine de « films cultes » aussitôt remplacés l’année suivante par la cuvée de « films encore plus cultes » ! Pourtant, force est de constater que les références du cinéma fantastique moderne se situent entre 1977 - Georges Lucas réalisait Star Wars et modifiait à jamais notre regard sur la SF et les effets spéciaux - et 1991 - année où James Cameron ouvrait la porte aux effets numériques avec l’étonnant Terminator 2. .
Révolution graphique
Durant cette période, les faiseurs d’images usaient de tous les artifices, redoublant d’ingéniosité pour mettre en scène les délires les plus fantasmagoriques et détonants vus sur un grand écran. A l’heure où seul Peter Jackson (cf. notre dossier) et son Seigneur des Anneaux parviennent encore à nous émerveiller (pour mémoire le bonhomme débuta sa carrière avec Bad Taste, un incontournable du gore réalisé en 1987 avec deux bouts de ficelles), on ne peut qu’être nostalgique d’un temps révolu que l’on qualifie sans peine « d’âge d’or du fantastique ». De cette période charnière sont issus les plus grands noms du genre : Wes Craven, John Carpenter, Tobe Hopper, Georges A Romero, David Cronenberg, Sean S. Cunningham, sans oublier Dario Argento, Joe Dante, Clive Barker, Lucio Fulci, Tom Savini ou encore Sam Raimi. Si beaucoup besognent désormais sur des productions plus « grand public & familial », aucun ne renie un passé sanglant, et souvent désopilant, devenu une base indispensable pour les nouvelles générations.
Révolution graphique
Durant cette période, les faiseurs d’images usaient de tous les artifices, redoublant d’ingéniosité pour mettre en scène les délires les plus fantasmagoriques et détonants vus sur un grand écran. A l’heure où seul Peter Jackson (cf. notre dossier) et son Seigneur des Anneaux parviennent encore à nous émerveiller (pour mémoire le bonhomme débuta sa carrière avec Bad Taste, un incontournable du gore réalisé en 1987 avec deux bouts de ficelles), on ne peut qu’être nostalgique d’un temps révolu que l’on qualifie sans peine « d’âge d’or du fantastique ». De cette période charnière sont issus les plus grands noms du genre : Wes Craven, John Carpenter, Tobe Hopper, Georges A Romero, David Cronenberg, Sean S. Cunningham, sans oublier Dario Argento, Joe Dante, Clive Barker, Lucio Fulci, Tom Savini ou encore Sam Raimi. Si beaucoup besognent désormais sur des productions plus « grand public & familial », aucun ne renie un passé sanglant, et souvent désopilant, devenu une base indispensable pour les nouvelles générations. .
Sam je suis Sam
Bien avant de connaître un immense succès public grâce aux déboires cinématographiques d’un tisseur de toile, Sam Raimi espérait tout juste pouvoir vivre des bandes qu’il tournait avec sa bande de potes. C’est dans cet état d’esprit qu’il entame en 1975 la rédaction de son premier script. Inspiré des livres lus durant ses études, et plus particulièrement des écrits de Lovecraft et de son légendaire Nécronomicon (ou Livre des Morts), il rédige un scénario faisant de ce livre le point de départ d’une fiction horrifique. Avec l’appui de ses amis Bruce Campbell et Robert Tapert, il fonde le studio « Renaissance Picture » dans l’espoir de donner vie à son projet. Mais le manque de moyens force Sam Raimi à revoir sa copie et la ramener à une dizaine de pages, leur budget avoisinant à peine les 1600 dollars. Finalement en 1978, il entame la réalisation de Within the Woods, sorte de prologue à sa mémorable trilogie. Nous y retrouvons Bruce Campbell dans le rôle titre, tandis qu’Ellen Sandweiss, une amie rencontrée sur les bancs de la fac, y joue son propre rôle, avant d’incarner Cheryl dans Evil Dead 1.
Sam je suis SamBien avant de connaître un immense succès public grâce aux déboires cinématographiques d’un tisseur de toile, Sam Raimi espérait tout juste pouvoir vivre des bandes qu’il tournait avec sa bande de potes. C’est dans cet état d’esprit qu’il entame en 1975 la rédaction de son premier script. Inspiré des livres lus durant ses études, et plus particulièrement des écrits de Lovecraft et de son légendaire Nécronomicon (ou Livre des Morts), il rédige un scénario faisant de ce livre le point de départ d’une fiction horrifique. Avec l’appui de ses amis Bruce Campbell et Robert Tapert, il fonde le studio « Renaissance Picture » dans l’espoir de donner vie à son projet. Mais le manque de moyens force Sam Raimi à revoir sa copie et la ramener à une dizaine de pages, leur budget avoisinant à peine les 1600 dollars. Finalement en 1978, il entame la réalisation de Within the Woods, sorte de prologue à sa mémorable trilogie. Nous y retrouvons Bruce Campbell dans le rôle titre, tandis qu’Ellen Sandweiss, une amie rencontrée sur les bancs de la fac, y joue son propre rôle, avant d’incarner Cheryl dans Evil Dead 1.
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Within the Woods
L’histoire est un condensé de ce que seront bientôt les Evil Dead : Bruce et Ellen partent faire un pique-nique dans les bois. Bruce, cherchant à effrayer sa compagne, lui explique qu’ils vont déjeuner sur un terrain autrefois occupé par un cimetière indien. D’abord incrédule, Ellen doit se faire une raison lorsqu’elle découvre le corps mutilé de Bruce. Cherchant à fuir ce lieu maudit, elle tombe sur un chalet abritant Scotty et Shelly alors en pleine partie de monopoly (sic). Après quelques longues minutes d’un suspens insoutenable, la porte s’ouvre et Ellen se réfugie à l’intérieur. Scotty, n’écoutant que son courage, part dans la forêt à la recherche de Bruce. Shelly, qui commence à trouver le temps long, décide de sortir à son tour malgré les protestations d’Ellen. Et ce qui devait arriver… Elle tombe nez à nez avec un Bruce transfiguré qui la dépèce sauvagement dans la scène majeure du court-métrage. Puis il se tourne vers Ellen qui, dans la cuisine, récupère tout ce qui peut servir d’armes. Malheureusement Scotty, de retour de sa promenade, effraie la belle qui le poignarde accidentellement. Avant de mourir, il a juste le temps de lui indiquer la position d’une arme à feu. S’ensuit un combat épique, avec main coupée (et oui déjà !), au terme duquel Bruce se fera mettre en pièce (au sens propre comme au figuré).
D’une durée de 30 minutes, et regorgeant de trouvailles et de fraîcheur, cette bobine permet à Sam et consorts de pousser les portes de quelques studios avec, son le bras, un script plus long appelé à devenir Evil Dead.
Within the Woods
L’histoire est un condensé de ce que seront bientôt les Evil Dead : Bruce et Ellen partent faire un pique-nique dans les bois. Bruce, cherchant à effrayer sa compagne, lui explique qu’ils vont déjeuner sur un terrain autrefois occupé par un cimetière indien. D’abord incrédule, Ellen doit se faire une raison lorsqu’elle découvre le corps mutilé de Bruce. Cherchant à fuir ce lieu maudit, elle tombe sur un chalet abritant Scotty et Shelly alors en pleine partie de monopoly (sic). Après quelques longues minutes d’un suspens insoutenable, la porte s’ouvre et Ellen se réfugie à l’intérieur. Scotty, n’écoutant que son courage, part dans la forêt à la recherche de Bruce. Shelly, qui commence à trouver le temps long, décide de sortir à son tour malgré les protestations d’Ellen. Et ce qui devait arriver… Elle tombe nez à nez avec un Bruce transfiguré qui la dépèce sauvagement dans la scène majeure du court-métrage. Puis il se tourne vers Ellen qui, dans la cuisine, récupère tout ce qui peut servir d’armes. Malheureusement Scotty, de retour de sa promenade, effraie la belle qui le poignarde accidentellement. Avant de mourir, il a juste le temps de lui indiquer la position d’une arme à feu. S’ensuit un combat épique, avec main coupée (et oui déjà !), au terme duquel Bruce se fera mettre en pièce (au sens propre comme au figuré).D’une durée de 30 minutes, et regorgeant de trouvailles et de fraîcheur, cette bobine permet à Sam et consorts de pousser les portes de quelques studios avec, son le bras, un script plus long appelé à devenir Evil Dead.
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Le Livre des Morts
« Durant l’été 1979, Sam, Robert et moi avons réussi à collecter près de 375 000 dollars auprès de divers investisseurs de Détroit afin de mettre en boîte ce que vous connaissez sous le titre d’Evil Dead. J’y incarnais Ashly « Ash » J. Williams, un étudiant parti en week-end avec ses amis et poursuivi par des hordes de démons quelque part dans les bois du Tennessee. Suite au succès public et critique du film, et malgré tout ce que l’on peut reprocher au cinéma de genre, notre carrière était officiellement lancée ! » se souvient un Bruce Campbell encore étonné de la réussite même d’une entreprise aussi gonflée que miraculeuse. Il faut dire que le point de départ est d’une simplicité déconcertante. Cinq adolescents, deux hommes et trois femmes, louent une cabane perdue dans les bois afin d’y passer un week-end comme seuls les jeun’s savent les préparer. Mais lorsqu’ils découvrent dans les sous-sols un magnétophone sur lequel on peut entendre un discours pas très rassurant, une étrange dague et un curieux ouvrage, leur séjour va sombrer dans le chaos. Bientôt, la jeune Cheryl se retrouve possédée par un démon belliqueux qui ne souhaite qu’une chose : voir tout le monde mourir !
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Le Livre des Morts« Durant l’été 1979, Sam, Robert et moi avons réussi à collecter près de 375 000 dollars auprès de divers investisseurs de Détroit afin de mettre en boîte ce que vous connaissez sous le titre d’Evil Dead. J’y incarnais Ashly « Ash » J. Williams, un étudiant parti en week-end avec ses amis et poursuivi par des hordes de démons quelque part dans les bois du Tennessee. Suite au succès public et critique du film, et malgré tout ce que l’on peut reprocher au cinéma de genre, notre carrière était officiellement lancée ! » se souvient un Bruce Campbell encore étonné de la réussite même d’une entreprise aussi gonflée que miraculeuse. Il faut dire que le point de départ est d’une simplicité déconcertante. Cinq adolescents, deux hommes et trois femmes, louent une cabane perdue dans les bois afin d’y passer un week-end comme seuls les jeun’s savent les préparer. Mais lorsqu’ils découvrent dans les sous-sols un magnétophone sur lequel on peut entendre un discours pas très rassurant, une étrange dague et un curieux ouvrage, leur séjour va sombrer dans le chaos. Bientôt, la jeune Cheryl se retrouve possédée par un démon belliqueux qui ne souhaite qu’une chose : voir tout le monde mourir !
Promenons-nous dans les bois
Un pitch on ne peut plus basique pour un film que l’on imagine, en tout cas sur le papier, comme une petite série Z tout juste bonne à divertir des atrophiés cérébraux en quête d’hémoglobine. Mais Sam Raimi n’est pas de ceux qui se contentent du minimum quand il peut, avec deux artifices en carton-pâte, inspirer une peur viscérale et un sentiment de malaise inexplicable. Originellement titré In The Woods (avant de devenir Book of the Dead/Evil Dead), le tournage débute le 14 novembre 1979 pour s’achever le 29 janvier 1980. Trois mois d’un tournage laborieux où rien n’est facile, la mise en place de la plupart des scènes faisant intervenir les forces du mal prenant systématiquement des heures, sans parler des longues nuits de travail, d’une température flirtant avec le zéro, l’absence d’eau chaude, les interminables séances de maquillage et la nourriture infecte. Tout semblait préfigurer d’une catastrophe. Mais, et c’est peut-être ce qui manque à la majorité des productions douillettes actuelles, cette approche plus « roots » du cinéma a permis la naissance d’une œuvre majeure et intemporelle. Tenant plus du film de fin d'études concocté entre potes que de la production de studio, cette pellicule étonne de par son incroyable inventivité (et ce à partir de moyens presque inexistants), allant jusqu'à déclencher la passion de Stephen King, qui sera pour beaucoup dans la popularité du film, lui offrant une publicité gratuite de poids..
La vie avec les morts
Après l’électrochoc Evil Dead, et tandis que Mort sur le Gril (1985) est un joli ratage, Sam Raimi et son équipe décident de revenir à ce qu’ils maîtrisent le mieux et entament la production d’une suite à Evil Dead. Dans un premier temps, Dario Argento fait savoir qu’il est prêt à investir dessus avant de se rétracter. Il laisse sa place à Dino De Laurentis qui offre un peu plus de 3 millions et demi de dollars pour donner vie au projet. Le scénario original devait propulser Ash au cœur du Moyen-Âge pour un film qui aurait dû ressembler à l’actuel Evil Dead 3. Mais en raison d’un budget un peu juste il a fallu, là encore, corriger le tir. Autre difficulté, pour des raisons de droits, Sam Raimi ne peut pas utiliser d’images tirées du premier opus, l’obligeant à retourner certaines scènes indispensables aux raccords.
Folie Furieuse
... ou l'armée des morts ?
Depuis, le Livre des Morts semble ne pas avoir été retrouvé. Si les deux premiers films s’offrent de luxueuses éditions DVD (quid du 3 ?), l’annonce de la mise en chantier d’un quatrième volet est enfin devenue officielle, même si encore non datée, aussi la prudence est de mise. Récemment Bruce Campbell déclarait à ce sujet : « La principale raison pour laquelle il n’y a pas d’Evil Dead 4 est Spider-Man ! ». Et s’il devait un jour voir la lumière du jour, bien malin serait celui qui parviendrait à en découvrir la teneur : Horreur, Comédie, Drame ? Qui sait, le Nécronomicon ouvre tellement de portes…
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Points de vues
La grande force d’Evil Dead tient, non pas dans sa représentation visuelle, mais dans sa mise en scène inédite et foncièrement révolutionnaire. Ainsi, on y découvre des mouvements de caméra qui deviendront la « Raimi’s Touch ». Gros plans aussi soudains qu’inattendus, placement de la caméra dans les coins du plafond d’une pièce (angle de vue qui sera repris à l’identique par la série vidéoludique des Resident Evil), décors naturels filmés de nuit de manière très crue (et donc forcément dérangeante), utilisation de fumée dans les bois et montage de séquences à l’envers pour donner une impression surnaturelle à la scène sont autant d’astuces qui permettent d’installer un climat oppressant et lourd, où les quelques petits « à peu près » (l’incrustation de la lune, certains maquillages) passent inaperçus.
.La grande force d’Evil Dead tient, non pas dans sa représentation visuelle, mais dans sa mise en scène inédite et foncièrement révolutionnaire. Ainsi, on y découvre des mouvements de caméra qui deviendront la « Raimi’s Touch ». Gros plans aussi soudains qu’inattendus, placement de la caméra dans les coins du plafond d’une pièce (angle de vue qui sera repris à l’identique par la série vidéoludique des Resident Evil), décors naturels filmés de nuit de manière très crue (et donc forcément dérangeante), utilisation de fumée dans les bois et montage de séquences à l’envers pour donner une impression surnaturelle à la scène sont autant d’astuces qui permettent d’installer un climat oppressant et lourd, où les quelques petits « à peu près » (l’incrustation de la lune, certains maquillages) passent inaperçus.
Folie à deux
Fan des trois Stooges et de Chuck Jones, Sam Raimi ne peut résister à la tentation de truffer son film très gore de gags à la limite de l'incongru. Il s'acharne à faire subir à Ash les pires outrages, souvent jusqu'à l'absurde. Dans un apocalyptique final, les possédés se décomposent en explosant par strates successives au visage d’un héros recouvert d'entrailles sanguinolentes, clin d’œil à certains comiques se faisant asperger de tartes à la crème. Si le rire côtoie le frisson avec une telle aisance, c’est grâce à l’interprétation survoltée de Bruce Campbell, à mi-chemin entre le loup de Tex Avery et le chevalier héroïque cherchant à survivre par tous les moyens.
A n’en pas douter, Evil Dead est une date pour le cinéma fantastique, imposant un réalisateur, une manière d’aborder l’horreur sans complexe et une film qui, vingt ans plus tard, reste un des piliers fondateurs.
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Fan des trois Stooges et de Chuck Jones, Sam Raimi ne peut résister à la tentation de truffer son film très gore de gags à la limite de l'incongru. Il s'acharne à faire subir à Ash les pires outrages, souvent jusqu'à l'absurde. Dans un apocalyptique final, les possédés se décomposent en explosant par strates successives au visage d’un héros recouvert d'entrailles sanguinolentes, clin d’œil à certains comiques se faisant asperger de tartes à la crème. Si le rire côtoie le frisson avec une telle aisance, c’est grâce à l’interprétation survoltée de Bruce Campbell, à mi-chemin entre le loup de Tex Avery et le chevalier héroïque cherchant à survivre par tous les moyens.A n’en pas douter, Evil Dead est une date pour le cinéma fantastique, imposant un réalisateur, une manière d’aborder l’horreur sans complexe et une film qui, vingt ans plus tard, reste un des piliers fondateurs.
La vie avec les mortsAprès l’électrochoc Evil Dead, et tandis que Mort sur le Gril (1985) est un joli ratage, Sam Raimi et son équipe décident de revenir à ce qu’ils maîtrisent le mieux et entament la production d’une suite à Evil Dead. Dans un premier temps, Dario Argento fait savoir qu’il est prêt à investir dessus avant de se rétracter. Il laisse sa place à Dino De Laurentis qui offre un peu plus de 3 millions et demi de dollars pour donner vie au projet. Le scénario original devait propulser Ash au cœur du Moyen-Âge pour un film qui aurait dû ressembler à l’actuel Evil Dead 3. Mais en raison d’un budget un peu juste il a fallu, là encore, corriger le tir. Autre difficulté, pour des raisons de droits, Sam Raimi ne peut pas utiliser d’images tirées du premier opus, l’obligeant à retourner certaines scènes indispensables aux raccords.
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Remake assumé
Quoiqu’il en soit, Evil Dead 2 est plus proche du remake que de la véritable suite. En effet, nous y retrouvons quasiment les mêmes personnages, placés dans une situation quasi-similaire : « Il ne s’agit pas réellement d’une suite directe à Evil Dead, mais plutôt d’un autre regard sur un même évènement. Le premier film serait en quelque sorte la version « objective » de l’histoire, une version plus atroce et plus sombre laissant peu de place à la fantaisie. Evil Dead 2 serait alors la version « subjective » d’un Ash en pleine déconfiture, sombrant doucement dans la folie, son esprit ne pouvant faire face à tant d’horreur et préférant tourner tout cela à la dérision hystérique ! » expliquait à l’époque Sam Raimi.
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Quoiqu’il en soit, Evil Dead 2 est plus proche du remake que de la véritable suite. En effet, nous y retrouvons quasiment les mêmes personnages, placés dans une situation quasi-similaire : « Il ne s’agit pas réellement d’une suite directe à Evil Dead, mais plutôt d’un autre regard sur un même évènement. Le premier film serait en quelque sorte la version « objective » de l’histoire, une version plus atroce et plus sombre laissant peu de place à la fantaisie. Evil Dead 2 serait alors la version « subjective » d’un Ash en pleine déconfiture, sombrant doucement dans la folie, son esprit ne pouvant faire face à tant d’horreur et préférant tourner tout cela à la dérision hystérique ! » expliquait à l’époque Sam Raimi.
Folie FurieuseBeaucoup plus démonstratif que son prédécesseur, cette seconde partie repousse les limites narratives, visuelles et horrifiques à leur paroxysme, introduisant l’humour nonsensique avec une maestria qui force le respect. Il en résulte un film ahurissant, bourré de bonnes idées, de prouesses visuelles, fleuretant régulièrement avec le génie et s’imposant comme le chef-d’œuvre du réalisateur. Sa caméra virevolte, s’offre des travellings impressionnants et mêle plongée et contre-plongée dans une euphorie souvent proche du grand guignol. A l’image de la scène hilarante de la main démoniaque tentant par tous les moyens (dont certains directement empruntés aux toons de la Warner) de massacrer son propriétaire, à savoir Ash ! Il finira par la couper, sans pour autant que cela ne la « tue » puisqu’elle devient une lointaine cousine sadique et sauvage de la Chose de la Famille Adams, tentant par tous les moyens d’atteindre son but : Casser du Ash ! Ce dernier lui trouvera assez rapidement une remplaçante en se greffant une tronçonneuse qui se révèlera bien plus utile. Tout à la fois film d’horreur et farce potache, Evil Dead 2 réussi l’exploit de surpasser l’original, allant jusqu’à nous offrir une fin annonciatrice d’un troisième chapitre en cours de gestation, et situant son action au Moyen-âge. Du grand art !
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Les ténèbres en armée ...
Si la trame du prochain Evil Dead est écrite depuis des lustres (puisqu’elle devait servir de scénario pour le 2 !), il faudra patienter six ans avant que Sam Raimi ne remette le couvert avec L’armée des ténèbres (1993). Pour ce nouveau volet, exit la cabane au fond des bois et place aux châteaux forts, aux preux chevaliers et aux légendes millénaires parlant d’un homme appelé à ramener la paix dans le monde. Si nous y retrouvons le fanatique Ash et son inséparable tronçonneuse, l’aspect gore/macabre des deux premiers disparaît totalement au profit de la comédie, faisant d’Evil Dead 3 un film tout public (ou presque) !
.Les ténèbres en armée ...
Si la trame du prochain Evil Dead est écrite depuis des lustres (puisqu’elle devait servir de scénario pour le 2 !), il faudra patienter six ans avant que Sam Raimi ne remette le couvert avec L’armée des ténèbres (1993). Pour ce nouveau volet, exit la cabane au fond des bois et place aux châteaux forts, aux preux chevaliers et aux légendes millénaires parlant d’un homme appelé à ramener la paix dans le monde. Si nous y retrouvons le fanatique Ash et son inséparable tronçonneuse, l’aspect gore/macabre des deux premiers disparaît totalement au profit de la comédie, faisant d’Evil Dead 3 un film tout public (ou presque) ! ... ou l'armée des morts ?
A la fin d’Evil Dead 2, Ash est aspiré par une faille temporelle qui le parachute quelque part dans le passé. Armé de son coupe-coupe mécanique et d’un fusil à canon scié, il parvient à convaincre le roi Arthur et ses autochtones de son pouvoir, avant de partie en quête du Livre des Morts, seul capable de le renvoyer à son époque. Un voyage qui le conduira à vivre des aventures extravagantes, à l’instar de sa visite dans un moulin peuplé de « mini-lui », et d’où il ressortira avec une seconde tête avant « d’accoucher » d’un Ash maléfique qu’il devra combattre ! Mais c’est sans nul doute la bataille finale, opposant notre héros et ses alliés à une armée de squelettes et autres morts-vivants (hommage évident aux travaux de Ray Harryhausen), que revient la palme. Tout finira par s’arranger, Ash retournant dans son époque pour s’apercevoir qu’elle est aussi menacée par des hordes de démons dont il entame immédiatement la destruction. A noter qu’il ne s’agit pas là de la fin originale voulue par Sam Raimi. En effet dans une précédente version, Ash se contentait de boire la potion avant de se réveiller dans un présent tout à fait banal. Mais les producteurs, craignant que cette conclusion ne mette une terme à la saga, imposèrent un autre final, celui que nous connaissons aujourd’hui (cette fin alternative est néanmoins disponible sur le DVD Zone 1).
.L’évolution de la série vers la comédie était assez prévisible au regard du second épisode. Fort d’un budget de 13 millions de dollars, les spectateurs boudent pourtant le film qui ne rapporte (aux Etats-Unis) que 10.5 millions de dollars. Si avec le recul, la trilogie dans son ensemble est devenue un classique, il aura fallu attendre quelques années avant que les fans ne pardonnent cette échappée burlesque et reconnaissent l’intérêt de l’ultime pièce.
.Evil Dead 4 ?
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