Large barbe blanche, chevauchant un traîneau dans la nuit, sachant qui a été bon ou mauvais durant l’année passée, le Père Noël occupe depuis des décennies une place particulière dans la conscience collective. Mais quand, de sa hotte, jaillissent corps mutilés, têtes arrachées et autres boyaux, la magie s’envole pour laisser place à la cruauté et la mort. Et s’il est vêtu de rouge, c’est peut-être pour mieux dissimuler le sang qui macule son costume. Joyeux Noël !
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Comment arriver à croire que le débonnaire Père Noël puisse devenir l’outil d’une vengeance, l’auteur d’un carnage, l’élément déclencheur d’une boucherie sans précédent dans laquelle les coups de couteaux, de haches et autres tronçonneuses remplacent les cadeaux savoureux que l’on trouve généralement sous le sapin ? Mais à bien y regarder, « Père Noël » se dit « Santa Claus » en anglais, et « Santa » n’est-il pas l’anagramme de « Satan » ! De la même manière, il est aussi connu sous le patronyme de « Saint Nick », tandis que le diable se fait appeler Nick Scratch ou Old Nick. Enfin, et c’est peut-être la goutte de sang qui fait déborder la coupe, n’a-t-il pas un alter ego en la personne du Père Fouettard, figure sadique et terrifiante s’il en est ? Autant de zones d’ombres qui sont trop flagrantes pour n’être que des coïncidences aux yeux des mordus d’hémoglobine que nous sommes, et plus particulièrement dans l’esprit (dérangé selon certains) de scénaristes en quête d’absolu. Et bien que cela puisse paraître incongru, voire immoral, le Père Noël mérite bien sa place au panthéon des criminels les plus acharnés du grand écran : « Petit Papa Noël, quand il descendra le ciel avec ses joujoux sans pitié, n’oublies pas de bien te cacher… »
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Comment arriver à croire que le débonnaire Père Noël puisse devenir l’outil d’une vengeance, l’auteur d’un carnage, l’élément déclencheur d’une boucherie sans précédent dans laquelle les coups de couteaux, de haches et autres tronçonneuses remplacent les cadeaux savoureux que l’on trouve généralement sous le sapin ? Mais à bien y regarder, « Père Noël » se dit « Santa Claus » en anglais, et « Santa » n’est-il pas l’anagramme de « Satan » ! De la même manière, il est aussi connu sous le patronyme de « Saint Nick », tandis que le diable se fait appeler Nick Scratch ou Old Nick. Enfin, et c’est peut-être la goutte de sang qui fait déborder la coupe, n’a-t-il pas un alter ego en la personne du Père Fouettard, figure sadique et terrifiante s’il en est ? Autant de zones d’ombres qui sont trop flagrantes pour n’être que des coïncidences aux yeux des mordus d’hémoglobine que nous sommes, et plus particulièrement dans l’esprit (dérangé selon certains) de scénaristes en quête d’absolu. Et bien que cela puisse paraître incongru, voire immoral, le Père Noël mérite bien sa place au panthéon des criminels les plus acharnés du grand écran : « Petit Papa Noël, quand il descendra le ciel avec ses joujoux sans pitié, n’oublies pas de bien te cacher… »
Le sapin et la hache
La première apparition remarquée de notre gros bonhomme rouge et joufflu remonte à 1964, alors qu’il se lançait à la conquête de Mars dans l’improbable Santa Claus Conquers the Martians de Nicholas Webster. Si nous ne sommes pas encore dans le cadre d’un film gore, il n’en reste pas moins que la violence est omniprésente sous la forme d’une interprétation plus qu’approximative, des décors et des costumes aux confins du risible, sans parler de l’intrigue repoussant les limites du concevable : Lassés de voir leur enfant hypnotisés par des émissions de télé terriennes vantant les mérites du Père Noël, un groupe de martiens décident de se rendre sur notre belle planète afin de l’enlever, et ainsi calmer la soif de consommation de leur progéniture. En route pour Mars, Voldar (un extraterrestre pas très amical) tente d’occire les captifs. Par chance Lomas, chef de l’expédition, le stoppe. Pour le remercier, le Père Noël met tout en œuvre pour apporter bonheur et joie aux petits martiens. A n’en pas douter, Santa Claus Conquers the Martians (1964) mérite le coup d’œil, ne serait-ce que pour son utilisation peu conventionnelle d’un mythe : Le Père Noël n’est plus obligé de se cantonner à des contes mielleux et sirupeux diffusés durant la nuit de Noël.
. La première apparition remarquée de notre gros bonhomme rouge et joufflu remonte à 1964, alors qu’il se lançait à la conquête de Mars dans l’improbable Santa Claus Conquers the Martians de Nicholas Webster. Si nous ne sommes pas encore dans le cadre d’un film gore, il n’en reste pas moins que la violence est omniprésente sous la forme d’une interprétation plus qu’approximative, des décors et des costumes aux confins du risible, sans parler de l’intrigue repoussant les limites du concevable : Lassés de voir leur enfant hypnotisés par des émissions de télé terriennes vantant les mérites du Père Noël, un groupe de martiens décident de se rendre sur notre belle planète afin de l’enlever, et ainsi calmer la soif de consommation de leur progéniture. En route pour Mars, Voldar (un extraterrestre pas très amical) tente d’occire les captifs. Par chance Lomas, chef de l’expédition, le stoppe. Pour le remercier, le Père Noël met tout en œuvre pour apporter bonheur et joie aux petits martiens. A n’en pas douter, Santa Claus Conquers the Martians (1964) mérite le coup d’œil, ne serait-ce que pour son utilisation peu conventionnelle d’un mythe : Le Père Noël n’est plus obligé de se cantonner à des contes mielleux et sirupeux diffusés durant la nuit de Noël.
Tales from the Crime
Dès 1972, Freddie Francis adapte la polémique bande dessinée Tales From The Crypt dans le film éponyme. Editée aux Etats-Unis par EC entre 1950 et 1954, elle finira par être interdite de parution après qu’une histoire (The Night Before Christmas publiée dans Panic #1) mettant en scène un père noël juché sur une décapotable en guise de traîneau, une pancarte accrochée à l’arrière sur laquelle on pouvait lire « Just Divorced », le tout emmené par un attelage composé de Jane Russell, Marilyn Monroe, une danseuse, un ange, un athlète et un renne, ait déclenché les foudres de la censure. Pour ce qui est de la version cinéma, le premier sketch (All Through The House) met en scène Joan Collins qui, le soir de noël, décide de tuer son mari. Malheureusement un maniaque, traînant dans les parages déguisé en Père Noël, ne tardera pas à la faire passer, elle aussi, de vie à trépas ! A noter que cette fable a fait l’objet d’un épisode signé Robert Zemeckis à l'occasion de la série télé Les Contes de la Crypte (1989-1996), sous le titre Nuit de noël pour femme adultère. .
Une saison en enfer
En 1973, Theodore Gershuny et Jeffrey Konvitz situent l’action de leur Silent Night, Bloody Night durant les fêtes de noël. Précédent le Black Christmas de Bob Clarke (1974), ils partagent d’étranges similitudes comme la période choisie, les appels anonymes ou encore l’utilisation de la caméra subjective. Le film s’articule autours de la maison Butler, utilisée comme asile d’aliénés par son propriétaire, qui finira par y mourir brûlé vif lors d’un « accident ». L’unique héritier, Jeffrey (James Patterson), récemment évadé d’une institution psychiatrique, dépêche son avocat afin qu’il vende la propriété dans les plus brefs délais. Profitant de l’occasion, ce dernier emmène sa maîtresse passer la nuit dans la vaste demeure. Mais ils ne sont pas les seuls à avoir eu cette idée, et ils se font massacrer à coups de hache par un mystérieux assassin. Jeffrey n’a d’autre choix que de se rendre sur place. Si l’intrigue réserve son lot de rebondissements, le budget dérisoire rend le tout difficilement accessible, le résultat étant trop cheap pour convaincre réellement. On retiendra plus particulièrement le double meurtre aussi inattendu que sanglant et le long flash-back aux tons sépia qui n'est pas sans rappeler certaines séquences de l’étonnant Carnival of Souls (Herk Harvey – 1962). Enfin, il est aussi connu sous les titres Zora, Death House et Night of the Dark Full Moon.
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Le Père Noël est une Ordure
L’année suivante Bob Clark nous offre le premier véritable slasher-movie, au sens où nous l’entendons aujourd’hui, avec Black Christmas (1974). Les fêtes de Noël approchent et les résidentes d’une pension pour jeunes filles élaborent toutes sortes de plans pour les vacances. C’est alors que de curieux coups de téléphone anonymes commencent. Salaces et abjectes, ils semblent être l’œuvre d’un détraqué sexuel souhaitant assouvir ses pervers fantasmes. Si personne ne prête attention à ses délires, la disparition de la jeune Clare et la découverte du cadavre d’une fillette dans le parc proche, auxquels s’ajoutent les appels de plus en plus nombreux, finissent par semer la panique. Et tandis que beaucoup de pensionnaires rentrent chez elles, Jess (Olivia Hussey), Barb (Margot Kidder), Phyllis (Andrea Martin) et Mrs MacHenry (Marian Waldman), la gouvernante alcoolique chargée de les surveiller, vont connaître une nuit d’horreur jusqu’à apprendre que les appels proviennent de la maison même qu’elles occupent !
.En 1973, Theodore Gershuny et Jeffrey Konvitz situent l’action de leur Silent Night, Bloody Night durant les fêtes de noël. Précédent le Black Christmas de Bob Clarke (1974), ils partagent d’étranges similitudes comme la période choisie, les appels anonymes ou encore l’utilisation de la caméra subjective. Le film s’articule autours de la maison Butler, utilisée comme asile d’aliénés par son propriétaire, qui finira par y mourir brûlé vif lors d’un « accident ». L’unique héritier, Jeffrey (James Patterson), récemment évadé d’une institution psychiatrique, dépêche son avocat afin qu’il vende la propriété dans les plus brefs délais. Profitant de l’occasion, ce dernier emmène sa maîtresse passer la nuit dans la vaste demeure. Mais ils ne sont pas les seuls à avoir eu cette idée, et ils se font massacrer à coups de hache par un mystérieux assassin. Jeffrey n’a d’autre choix que de se rendre sur place. Si l’intrigue réserve son lot de rebondissements, le budget dérisoire rend le tout difficilement accessible, le résultat étant trop cheap pour convaincre réellement. On retiendra plus particulièrement le double meurtre aussi inattendu que sanglant et le long flash-back aux tons sépia qui n'est pas sans rappeler certaines séquences de l’étonnant Carnival of Souls (Herk Harvey – 1962). Enfin, il est aussi connu sous les titres Zora, Death House et Night of the Dark Full Moon.
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Le Père Noël est une Ordure
L’année suivante Bob Clark nous offre le premier véritable slasher-movie, au sens où nous l’entendons aujourd’hui, avec Black Christmas (1974). Les fêtes de Noël approchent et les résidentes d’une pension pour jeunes filles élaborent toutes sortes de plans pour les vacances. C’est alors que de curieux coups de téléphone anonymes commencent. Salaces et abjectes, ils semblent être l’œuvre d’un détraqué sexuel souhaitant assouvir ses pervers fantasmes. Si personne ne prête attention à ses délires, la disparition de la jeune Clare et la découverte du cadavre d’une fillette dans le parc proche, auxquels s’ajoutent les appels de plus en plus nombreux, finissent par semer la panique. Et tandis que beaucoup de pensionnaires rentrent chez elles, Jess (Olivia Hussey), Barb (Margot Kidder), Phyllis (Andrea Martin) et Mrs MacHenry (Marian Waldman), la gouvernante alcoolique chargée de les surveiller, vont connaître une nuit d’horreur jusqu’à apprendre que les appels proviennent de la maison même qu’elles occupent !
Rouge SangMéconnu en France (du moins jusqu'au remake sorti en 2006 sous la houlette de Glen Morgan), Black Christmas (1974) s’impose comme la source d’inspiration de toute une génération d’auteurs de John Carpenter (Halloween – 1978) à Fred Walton (When a Stranger Calls – 1979) en passant par Robert Hammer (Don't Answer the Phone – 1980) ou Sean S. Cunningham (Vendredi 13 – 1980). L’absence totale d’informations sur le tueur (motivations ? historique ?), l’utilisation de la caméra subjective comme vecteur d’angoisse et la gestion d’une ambiance sonore qui devient un personnage à part entière sont autant de techniques qui deviendront plus tard des ficelles du genre. Humour noir et scènes chocs font de ce film une perle rare qu’il convient de consommer sans modération. Pour information, il fut distribué sous deux autres titres Silent Night, Evil Night et Stranger in the House.
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Douces Nuits…
Opérons un bond dans le temps pour nous retrouver en 1980, date à laquelle les fanatiques du sympathique barbu vont redoubler de démence. Christmas Evil de Lewis Jackson (baptisé parfois You Better Watch Out ou Terror in Toyland), ouvre les hostilités. Harry Stadling (Brandon Maggart) est employé dans une fabrique de jouets. Obsédé par la fête de Noël, il voit son existence basculer le soir du réveillon. Son frère aîné lui avoue que l’homme qu’il prend pour le Père Noël n’est autre que son père déguisé, un fait qu’il vérifie en tombant sur ce dernier, toujours en costume et très occupé avec sa mère. Mais c’est en prenant conscience de l’avidité et de la cupidité de ses employeurs qu’il décide de punir ceux qui ne respectent plus l’esprit de Noël. Sous les traits d’un Père Noël névrotique conduisant un van décoré, il part en croisade sa hotte chargée de cadeaux tranchants et incisifs. Critique acerbe du mercantilisme entourant Noël, Christmas Evil pilonne l’ultra capitalisme de l’ère Reagan au travers d’un psychotique ravagé par la folie, mais foncièrement honnête. Tour à tour nous le voyons distribuer des jouets dans un hôpital avant de commettre des crimes atroces sans le moindre scrupule. Sans être un modèle du gore, le film se permet quelques douceurs avec crâne fracassé, égorgements, œil crevé, le tout surmonté d’un final hallucinant nous montrant le van décollé tel le traîneau du Père Noël !
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Un collège fou, fou, fou
Réalisé par un David Hess (découvert dans Dernière Maison sur la Gauche de Wes Craven – 1972) peu inspiré, To All A Goodnight (1980) est un slasher assez banal n’apportant que peu d’eau au moulin de l’horreur. Deux années ont passé depuis le bizutage qui coûta la vie à une étudiante, tombée du second étage d’une pension de jeunes filles. Et alors que la plupart des donzelles regagnent leurs doux foyers, celles restées sur place s’apprêtent à organiser une fête d’enfer en compagnie d’une poignée de garçons, normalement interdits dans l’enceinte de l’école. Une transgression qui ne semble pas être du goût de tous, et sûrement pas du Père Noël qui hante couloirs et jardins à l’affût de la moindre proie à occire. Et il s’en donne à cœur joie avec des crimes en série, tous plus délirants les uns que les autres. Une joie que ne partage pas le spectateur, qui se contente de compter les corps comme d’autres les moutons. Situations invraisemblables, bêtises des personnages, scènes érotiques inutiles et obscurité omniprésente qui complique la compréhension de l’action sont autant de faiblesses qui alourdissent une pellicule qui n’en avait pas vraiment besoin. L’abondance d’hémoglobine aurait pu palier à ses petites difficultés si seulement David Hess était allé au bout de son propos. Au final, il se satisfait trop souvent de suggérer plus qu’il ne montre, là où nous aurions aimé voir un peu de tripes. Reste une petite production tout juste passable qui se regarde sans passion, si ce n’est celle de découvrir un slasher inédit chez nous.
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…Sanglantes Nuits
Nous sommes en 1984, une année qui s’annonce plus qu’alléchante pour les fans débridés du gros tout rouge. A l’image de Joe Dante qui nous offre un inoubliable Gremlins (1984), conte horrifique à la sauce Tex Avery dans lequel une petite bourgade américaine est envahie par des hordes de créatures hurlantes, grimaçantes et dévastatrices à l’heure des fêtes de fin d’année. Rendant hommage aux productions des années 50/60 mettant en scène des monstres singuliers, à la fois parodiques et effrayants, Gremlins détourne avec humour les us et coutumes liés à Noël. A ce titre, les séquences euphoriques durant lesquelles les Gremlins se lâchent dans le bar, avant de parcourir les rues pour y semer le chaos et entonner un hymne façon « petits chanteurs à la croix de bois » sont des purs instants de bonheur.
Bonheur toujours avec Douce Nuit, Sanglante Nuit (Silent Night, Deadly Night - 1984) de Charles E. Sellier Jr. Avec ce film, il réalise probablement le meilleur slasher de Noël, doublé d’un œuvre drôle, sauvage et enivrante. Pourtant l’intrigue est on ne peut plus simpliste. Le jeune Billy assiste impuissant au meurtre de ses parents par un déséquilibré vêtu d’un costume de Père Noël. Placé dans un orphelinat, il se retrouve confronté à une mère supérieure (Lilyan Chauvin) qui en fait son souffre-douleur. Devenu adulte, il est employé dans un magasin dont il devient le Père Noël officiel le temps des fêtes. Il n’en faut pas plus pour le transformer en une froide et impitoyable machine à débiter de l’humain. Dès lors, c’est un festival de chair fraîche et de boyaux durant lequel nous serons les témoins complices et amusés des homicides les plus inattendus qui soient : Empalement sur une tête de cerf empaillé, coup de marteau en pleine tête, étranglement à l’aide de guirlande ou hache bien basique, tout est bon pour faire couler des hectolitres de sang, et atteindre les sommets de l’épouvante. Profitant des nombreux succès au box-office remportés ces dernières années par les pontes du genre (Michael Myers, Jason Voorhees, Tronche de Cuir et consorts), Charles E. Sellier Jr expérimente, innove et surprend avec une maestria certaine.
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Douces Nuits…Opérons un bond dans le temps pour nous retrouver en 1980, date à laquelle les fanatiques du sympathique barbu vont redoubler de démence. Christmas Evil de Lewis Jackson (baptisé parfois You Better Watch Out ou Terror in Toyland), ouvre les hostilités. Harry Stadling (Brandon Maggart) est employé dans une fabrique de jouets. Obsédé par la fête de Noël, il voit son existence basculer le soir du réveillon. Son frère aîné lui avoue que l’homme qu’il prend pour le Père Noël n’est autre que son père déguisé, un fait qu’il vérifie en tombant sur ce dernier, toujours en costume et très occupé avec sa mère. Mais c’est en prenant conscience de l’avidité et de la cupidité de ses employeurs qu’il décide de punir ceux qui ne respectent plus l’esprit de Noël. Sous les traits d’un Père Noël névrotique conduisant un van décoré, il part en croisade sa hotte chargée de cadeaux tranchants et incisifs. Critique acerbe du mercantilisme entourant Noël, Christmas Evil pilonne l’ultra capitalisme de l’ère Reagan au travers d’un psychotique ravagé par la folie, mais foncièrement honnête. Tour à tour nous le voyons distribuer des jouets dans un hôpital avant de commettre des crimes atroces sans le moindre scrupule. Sans être un modèle du gore, le film se permet quelques douceurs avec crâne fracassé, égorgements, œil crevé, le tout surmonté d’un final hallucinant nous montrant le van décollé tel le traîneau du Père Noël !
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Un collège fou, fou, fou
Réalisé par un David Hess (découvert dans Dernière Maison sur la Gauche de Wes Craven – 1972) peu inspiré, To All A Goodnight (1980) est un slasher assez banal n’apportant que peu d’eau au moulin de l’horreur. Deux années ont passé depuis le bizutage qui coûta la vie à une étudiante, tombée du second étage d’une pension de jeunes filles. Et alors que la plupart des donzelles regagnent leurs doux foyers, celles restées sur place s’apprêtent à organiser une fête d’enfer en compagnie d’une poignée de garçons, normalement interdits dans l’enceinte de l’école. Une transgression qui ne semble pas être du goût de tous, et sûrement pas du Père Noël qui hante couloirs et jardins à l’affût de la moindre proie à occire. Et il s’en donne à cœur joie avec des crimes en série, tous plus délirants les uns que les autres. Une joie que ne partage pas le spectateur, qui se contente de compter les corps comme d’autres les moutons. Situations invraisemblables, bêtises des personnages, scènes érotiques inutiles et obscurité omniprésente qui complique la compréhension de l’action sont autant de faiblesses qui alourdissent une pellicule qui n’en avait pas vraiment besoin. L’abondance d’hémoglobine aurait pu palier à ses petites difficultés si seulement David Hess était allé au bout de son propos. Au final, il se satisfait trop souvent de suggérer plus qu’il ne montre, là où nous aurions aimé voir un peu de tripes. Reste une petite production tout juste passable qui se regarde sans passion, si ce n’est celle de découvrir un slasher inédit chez nous..
…Sanglantes NuitsNous sommes en 1984, une année qui s’annonce plus qu’alléchante pour les fans débridés du gros tout rouge. A l’image de Joe Dante qui nous offre un inoubliable Gremlins (1984), conte horrifique à la sauce Tex Avery dans lequel une petite bourgade américaine est envahie par des hordes de créatures hurlantes, grimaçantes et dévastatrices à l’heure des fêtes de fin d’année. Rendant hommage aux productions des années 50/60 mettant en scène des monstres singuliers, à la fois parodiques et effrayants, Gremlins détourne avec humour les us et coutumes liés à Noël. A ce titre, les séquences euphoriques durant lesquelles les Gremlins se lâchent dans le bar, avant de parcourir les rues pour y semer le chaos et entonner un hymne façon « petits chanteurs à la croix de bois » sont des purs instants de bonheur.
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Père Noël, Père Fouettard
Bonheur toujours avec Douce Nuit, Sanglante Nuit (Silent Night, Deadly Night - 1984) de Charles E. Sellier Jr. Avec ce film, il réalise probablement le meilleur slasher de Noël, doublé d’un œuvre drôle, sauvage et enivrante. Pourtant l’intrigue est on ne peut plus simpliste. Le jeune Billy assiste impuissant au meurtre de ses parents par un déséquilibré vêtu d’un costume de Père Noël. Placé dans un orphelinat, il se retrouve confronté à une mère supérieure (Lilyan Chauvin) qui en fait son souffre-douleur. Devenu adulte, il est employé dans un magasin dont il devient le Père Noël officiel le temps des fêtes. Il n’en faut pas plus pour le transformer en une froide et impitoyable machine à débiter de l’humain. Dès lors, c’est un festival de chair fraîche et de boyaux durant lequel nous serons les témoins complices et amusés des homicides les plus inattendus qui soient : Empalement sur une tête de cerf empaillé, coup de marteau en pleine tête, étranglement à l’aide de guirlande ou hache bien basique, tout est bon pour faire couler des hectolitres de sang, et atteindre les sommets de l’épouvante. Profitant des nombreux succès au box-office remportés ces dernières années par les pontes du genre (Michael Myers, Jason Voorhees, Tronche de Cuir et consorts), Charles E. Sellier Jr expérimente, innove et surprend avec une maestria certaine. .
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