En seulement six films, Peter Jackson s’est imposé comme l’un des plus grands cinéastes de tous les temps. Promenant sa barbe touffue, son allure de jeune ado et sa mine débonnaire depuis près de 15 ans, il entama sa carrière avec du gore sauvage, la poursuivit avec du gore rustique avant de passer au superbe. Parcours d’un enfant de la tripe qui, bien avant d’enfiler l’Anneau Unique, jouait à qui dépècera sa proie le plus vite.
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La forme du fondSi le budget est plus confortable, ce n'est pas pour autant que Jackson peut se permettre toutes les excentricités. Pas question de faire appel aux effets numériques ou aux explosions de synthèse : « Je ne pouvais pas me permettre de gaspiller mon capital en effets coûteux au résultat incertain. J'ai donc confectionné un story-board rigoureux, détaillant précisément chaque scène gore. Non seulement j'ai gagné un temps fou ». Et le moins que l'on puisse dire, c'est que BrainDead est un vrai manuel du petit bricoleur. Depuis Bad Taste, nous connaissions la capacité de Jackson à user du système D comme d’autres d’une brosse à dent. BrainDead en est l’apologie et la preuve éclatante ! Pour parvenir à tenir son engagement, soit « le film le plus gore de tous les temps », il accomplit un véritable exploit artistique, technique et humain.
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Une Saison en Enfer
Un tournage de 12 semaines, pilotant deux équipes en simultané sur un plateau exigu et faisant appel à tout les ficelles possibles (image par image, maquettes, fils suspendus, dynamite et j’en passe !), il obtient un bobine à nulle autre pareil. Pour n’importe qui, un tel tournage aurait été qualifier de cauchemardesque et d’éreintant, mais pas pour l’homme qui devait, quelques années plus tard, diriger la plus grande épopée cinématographique de tous les temps : « Après le cauchemardesque Feebles, le tournage de BrainDead m’a semblé d’une simplicité enfantine ! Nous avions terminé sur les genoux Feebles, ce qui nous poussa à mieux agencer le suivant. C’est cela qui m’a poussé à tout planifier à l’avance et préparer de vrais plans de bataille à même de répondre à tous les cas de figure. Ce qui se passe à l’écran peut donner l’impression d’un énorme chaos, hors ce n’était pas le cas sur le plateau. Avec le recul, ces deux films m’ont énormément apporté lorsqu’il a fallu se pencher sur le Seigneur des Anneaux. Je dirais, toutes proportions gardées, que la trilogie et BrainDead ont bénéficié de la même approche : une préparation sans faille, la gestion de plusieurs équipes et d’un projet complexe, hétéroclite et probablement démesuré » explique Peter Jackson avant d’ajouter « BrainDead est un parfait condensé des choses que j’affectionne au cinéma : le film d’horreur, le slapstick de Buster Keaton, l’agilité d’un Jackie Chan, la technique de la stop-motion, le tout mâtiné de romantisme et d’une pincée de philosophie. Une certaine idée du cinéma en somme ! »
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Dans la chambre froide
Acclamé dans le monde entier, BrainDead récoltera pas moins de seize prix, dont le Saturn Award et le Prix Spécial du Film d’Avoriaz, faisant de Peter Jackson une icône au même titre qu’un Romero, un Carpenter ou un Raimi. Pourtant, loin de vouloir se contenter de la seule casquette de « mixeur d’hémoglobine », Jackson envisage la suite des hostilités d’une manière bien moins saignante. Refusant la facilité et les compromis, il s’attaque à un fait divers ayant traumatisé la Nouvelle-Zélande durant les années 50 : « Après BrainDead, j’avais besoin de m’affirmer dans quelque chose de résolument nouveau. Fran s’intéressait à une affaire qui avait laissé notre pays dans l’effroi. Deux adolescentes partageant une amitié exclusive sont allées jusqu’au meurtre pour préserver leur relation. Un sujet fort, stupéfiant et une histoire que j’avais envie de raconter. » Là où tout le monde attendait une nouvelle débauche de viscères, Peter Jackson propose un film fragile, poétique, unique et d'une violence rare dans la retranscription des sentiments. Si nous sommes loin des dérives goresques de ses précédentes productions, Créatures Célestes (1994) marque une étape décisive dans sa carrière. Outre les nombreux prix qu’il remporte (Grand prix du Festival de Gérardmer, Lion d'argent au Festival de Venise, nomination pour l'Oscar du Meilleur scénario), il permet la création d’une société d'effets spéciaux qu’il baptise WETA Workshop : « Créatures Célestes fut une excellente opportunité de tester les capacités de cette jeune structure qui, à l’époque, se résumait à une seule station graphique perdue à l’arrière d’une maison de Wellington ! »
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Une Saison en Enfer
Un tournage de 12 semaines, pilotant deux équipes en simultané sur un plateau exigu et faisant appel à tout les ficelles possibles (image par image, maquettes, fils suspendus, dynamite et j’en passe !), il obtient un bobine à nulle autre pareil. Pour n’importe qui, un tel tournage aurait été qualifier de cauchemardesque et d’éreintant, mais pas pour l’homme qui devait, quelques années plus tard, diriger la plus grande épopée cinématographique de tous les temps : « Après le cauchemardesque Feebles, le tournage de BrainDead m’a semblé d’une simplicité enfantine ! Nous avions terminé sur les genoux Feebles, ce qui nous poussa à mieux agencer le suivant. C’est cela qui m’a poussé à tout planifier à l’avance et préparer de vrais plans de bataille à même de répondre à tous les cas de figure. Ce qui se passe à l’écran peut donner l’impression d’un énorme chaos, hors ce n’était pas le cas sur le plateau. Avec le recul, ces deux films m’ont énormément apporté lorsqu’il a fallu se pencher sur le Seigneur des Anneaux. Je dirais, toutes proportions gardées, que la trilogie et BrainDead ont bénéficié de la même approche : une préparation sans faille, la gestion de plusieurs équipes et d’un projet complexe, hétéroclite et probablement démesuré » explique Peter Jackson avant d’ajouter « BrainDead est un parfait condensé des choses que j’affectionne au cinéma : le film d’horreur, le slapstick de Buster Keaton, l’agilité d’un Jackie Chan, la technique de la stop-motion, le tout mâtiné de romantisme et d’une pincée de philosophie. Une certaine idée du cinéma en somme ! ».
Dans la chambre froideAcclamé dans le monde entier, BrainDead récoltera pas moins de seize prix, dont le Saturn Award et le Prix Spécial du Film d’Avoriaz, faisant de Peter Jackson une icône au même titre qu’un Romero, un Carpenter ou un Raimi. Pourtant, loin de vouloir se contenter de la seule casquette de « mixeur d’hémoglobine », Jackson envisage la suite des hostilités d’une manière bien moins saignante. Refusant la facilité et les compromis, il s’attaque à un fait divers ayant traumatisé la Nouvelle-Zélande durant les années 50 : « Après BrainDead, j’avais besoin de m’affirmer dans quelque chose de résolument nouveau. Fran s’intéressait à une affaire qui avait laissé notre pays dans l’effroi. Deux adolescentes partageant une amitié exclusive sont allées jusqu’au meurtre pour préserver leur relation. Un sujet fort, stupéfiant et une histoire que j’avais envie de raconter. » Là où tout le monde attendait une nouvelle débauche de viscères, Peter Jackson propose un film fragile, poétique, unique et d'une violence rare dans la retranscription des sentiments. Si nous sommes loin des dérives goresques de ses précédentes productions, Créatures Célestes (1994) marque une étape décisive dans sa carrière. Outre les nombreux prix qu’il remporte (Grand prix du Festival de Gérardmer, Lion d'argent au Festival de Venise, nomination pour l'Oscar du Meilleur scénario), il permet la création d’une société d'effets spéciaux qu’il baptise WETA Workshop : « Créatures Célestes fut une excellente opportunité de tester les capacités de cette jeune structure qui, à l’époque, se résumait à une seule station graphique perdue à l’arrière d’une maison de Wellington ! »
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De la suite dans les idées
Désormais, tout le monde sait que Jackson peut faire autre chose que des pellicules épouvantables et ce avec le même brio. Etrangement son film suivant est aussi inattendu qu’exceptionnel. Il réalise un documentaire sur la vie de Colin McKensie, cinéaste oublié du début du siècle et inventeur du cinéma tel que nous le connaissons aujourd’hui (parlant, en couleur, etc). Forgotten Silver devient l’évènement majeur de l’année 95 en Nouvelle-Zélande. Les média et la population se gargarisent de la mise à jour d’un personnage d’une telle importance et tout le pays se range derrière son nouveau héros. Du moins jusqu’à ce que Peter Jackson révèle la supercherie et confesse que son documentaire est en réalité un canular ! Egalant Orson Welles et sa Guerre des Mondes, Jackson prouve qu’il est un cinéaste imprévisible, insolent et plein d’humour.
Désormais, tout le monde sait que Jackson peut faire autre chose que des pellicules épouvantables et ce avec le même brio. Etrangement son film suivant est aussi inattendu qu’exceptionnel. Il réalise un documentaire sur la vie de Colin McKensie, cinéaste oublié du début du siècle et inventeur du cinéma tel que nous le connaissons aujourd’hui (parlant, en couleur, etc). Forgotten Silver devient l’évènement majeur de l’année 95 en Nouvelle-Zélande. Les média et la population se gargarisent de la mise à jour d’un personnage d’une telle importance et tout le pays se range derrière son nouveau héros. Du moins jusqu’à ce que Peter Jackson révèle la supercherie et confesse que son documentaire est en réalité un canular ! Egalant Orson Welles et sa Guerre des Mondes, Jackson prouve qu’il est un cinéaste imprévisible, insolent et plein d’humour. .
Dans le même temps, il envoie à Robert Zemeckis l’ébauche d’un scénario destiné à devenir un épisode de la série télé Les Contes de la Crypte. Mais l’ami Bob voit beaucoup plus grand ! Il veut faire de Fantômes contre Fantômes un long-métrage hollywoodien. Restait à convaincre la Mecque du cinéma de lui laisser tourner son film dans sa contrée natale. Quelques photos de paysages et un taux de change très favorable au dollar américain (et donc garant d’un coût de production moindre) plus tard, tout le monde débarque en Nouvelle-Zélande. Peter Jackson souhaite confier à WETA, devenue entre-temps WETA Digital, l’intégralité des effets numériques, ce qu’accepte Zemeckis. Au terme d’un tournage délicat, puisque faisant intervenir énormément d’images de synthèse, Fantômes contre Fantômes est présenté à la commission de censure américaine (MPAA) : « Je m’étais engagé à faire un film interdit aux moins de 13 ans, ce qui représentait pour moi un vrai challenge. Mais lorsque la MPAA voit une femme tirer sur une porte, nous voilà avec une interdiction aux moins de 17 ans ! Si j’avais su, il est clair que j’aurais suivi mon idée et fait une pellicule beaucoup plus gore ! » fulmine encore Peter Jackson. 1996 marque sa première collaboration hollywoodienne et son premier échec au box-office.
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Le Seigneur de l’Anneau
Un échec dont il se relève presque aussitôt en annonçant son intention de tourner un remake de King Kong. Le projet est retardé pour diverses raisons et Jackson n’a d’autre choix que de se lancer dans ce qui restera probablement comme son chef-d’œuvre : l’adaptation du livre culte de J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux. La suite fait partie de la légende – sur laquelle nous reviendrons en détails lors d’un futur dossier exclusivement consacré à la trilogie – et nul n’ignore plus le nom de Peter Jackson. Un néo-zélandais plein de fougue, d’imagination et de volonté qui, à l’instar de Frodo, a su gravir la Montagne du Destin et ainsi accomplir le sien.
Un échec dont il se relève presque aussitôt en annonçant son intention de tourner un remake de King Kong. Le projet est retardé pour diverses raisons et Jackson n’a d’autre choix que de se lancer dans ce qui restera probablement comme son chef-d’œuvre : l’adaptation du livre culte de J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux. La suite fait partie de la légende – sur laquelle nous reviendrons en détails lors d’un futur dossier exclusivement consacré à la trilogie – et nul n’ignore plus le nom de Peter Jackson. Un néo-zélandais plein de fougue, d’imagination et de volonté qui, à l’instar de Frodo, a su gravir la Montagne du Destin et ainsi accomplir le sien.
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Si le grand public a découvert tardivement son passé étourdissant dans le gore crade et l’horreur, son dernier monument filmique en date est le remake de King Kong. A l’instar du Seigneur des Anneaux, nous reviendrons prochainement sur King Kong à l’occasion d’un dossier fleuve dédié au grand singe (que vous pouvez désormais découvrir et lire ici).
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Actuellement le bonhomme use sa silouette fine et sa belle barbe sur les plateaux de The Lovely Bones, nouveau drame humaine dans la veine de Créatures Célestes attendu pour le courant 2008. Un film qui réunira un casting impeccable dont Mark Wahlberg, Susan Sarandon, Stanly Tucci et Rachel Weisz. Dans le même temps, les discussions quant à une éventuelle mise en scène du dyptique Bilbo the Hobbit se poursuivent, et Jackson affirme qu'il souhaite revenir au gore avec un film encore plus poussif, jouissif et débridé que ses précédents. Un film comme on en attend depuis plus de dix ans. Un film comme seul Peter Jackson sait les faire !
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Guide de Lecture
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