En seulement six films, Peter Jackson s’est imposé comme l’un des plus grands cinéastes de tous les temps. Promenant sa barbe touffue, son allure de jeune ado et sa mine débonnaire depuis près de 15 ans, il entama sa carrière avec du gore sauvage, la poursuivit avec du gore rustique avant de passer au superbe. Parcours d’un enfant de la tripe qui, bien avant d’enfiler l’Anneau Unique, jouait à qui dépècera sa proie le plus vite.
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Lors de la longue et difficile gestation de Bad Taste, Peter Jackson fait la connaissance de Fran Walsh (devenue depuis sa femme et son éminence grise) et Stephen Sinclair. Ensemble, galvanisés par le succès du premier film, ils décident d’entamer l’écriture du film de zombie ultime (rien que ça !) Envisagée comme une œuvre « sérieuse » et massivement gore, l’idée prend rapidement les allures d’un Tex Avery sous acide et résolument hargneux. Au final, le trio accouche de ce qui deviendra BrainDead et estime le budget global de sa production à 1,8 millions de dollars. Ils parviendront tout juste à en réunir 450.000 et devront se résoudre à remettre le projet. En attendant, et plutôt que de perdre l’investissement débloqué, Peter Jackson se voit proposé par les financiers principaux (des japonais) la réalisation du pilote d’une série télé interprétée par des marionnettes. Sans refuser ouvertement, il suggère plutôt la mise en chantier d’un long-métrage qui garderait le concept des marionnettes. Les japonais donnent leur accord à la seule condition que le film puisse être présenté au Marché du Film de Milan prévu pour le mois d’octobre 1989. Peter Jackson accepte. Nous sommes en décembre 1988.
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Muppet Chaud
« Au regard du type de film que nous devions faire, le délai était impossible à tenir. Nous avions tout juste six semaines entre le début de l’écriture du scénario et le tournage ! » se souvient un Peter Jackson encore étonné de la réussite du projet. « Nous ne voulions pas nous contenter d’une banale parodie du Muppet Show. Nous voulions singer les comportements humains, en mettant l’accent sur les aspects les plus détestables. Cette approche est due en grande partie de notre amertume face à l’échec de BrainDead. Du coup pendant l’écriture, nous cherchions à aller toujours plus loin dans l’abominable et le scabreux. » Il résulte de tout cela une film à la trame douteuse et furieusement décalée mettant en scène une troupe de marionnettes, Les Feebles, à la veille de leur grande première télévisée. Meurtres, magouilles, sexe, drogues et coups bas, tout conspire à en faire le parfait anti-Muppet Show. « Si nous sommes allés très loin tant dans la forme que dans le fond, nous avons toujours gardé en vue l’idée de nous amuser et d’amuser le public. Souvent, on me demande comment la famille Henson (créatrice du Muppet Show, ndrl) a accueilli le film. Lisa Henson l’a apprécié et a même pris sa défense aux Etats-Unis. Maintenant, il est vrai que le Kermit crucifié n’était pas de son goût ! »
Muppet Chaud
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Mort sur le grillLes Feebles reste dans les annales comme un tournage difficile, haletant et électrique : « Bad Taste a coûté environ 150.000 dollars alors que nous disposions d’un budget de 450.000 sur Les Feebles. D’apparence cela peut sembler plus confortable, ce qui est loin d’être le cas ! Non seulement nous devions créer une centaine de marionnettes, mais ensuite il fallait les filmer ! Je vous laisse imaginer l’enfer sur le plateau, dans les couloirs et la pression mise par les investisseurs et la date limite ! » Pourtant Peter Jackson parvient à rendre sa copie en temps et en heure. Les Feebles, présenté dans divers festivals, est acheté dans de nombreux pays (dont la France) et termine sa course effrénée sur les écrans en 1990 : « C’est un film étrange qui découle d’un tournage étrange, d’un financement étrange et d’une idée étrange ! Mais je suis très fier de ce film car sans lui, je n’aurais peut-être pas géré aussi bien la réalisation de la trilogie du Seigneur des Anneaux. Les Feebles m’ont appris à me canaliser, à préparer et à appréhender un plateau en perpétuel incendie. Et encore, j’étais loin de m’attendre à une telle apothéose sur BrainDead ! »
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Du sang sur l’objectif
Si Les Feebles remporte un succès d’estime (surtout auprès des amateurs), il permet à Peter Jackson de rouvrir la chasse aux investisseurs dans l’espoir de concrétiser son fantasme gorifique. S’appuyant sur son expérience durement (et longuement) acquise, il sait que seul un scénario en béton pourra lui ouvrir les porte-monnaie. « Les commissions voient passer des centaines de scripts et la seule chance d’être repéré est d’avoir quelque chose de vraiment bon et réfléchi. Le reste est une question d’opiniâtreté » argumente Jackson qui n’hésite pas à retravailler constamment la trame de son nouveau film. Finalement le budget total se monte à 1.800.000 dollars néo-zélandais, soit la somme maximale qu’il pouvait espérer sans faire appel aux financiers européens ou américains.
Du sang sur l’objectif
Si Les Feebles remporte un succès d’estime (surtout auprès des amateurs), il permet à Peter Jackson de rouvrir la chasse aux investisseurs dans l’espoir de concrétiser son fantasme gorifique. S’appuyant sur son expérience durement (et longuement) acquise, il sait que seul un scénario en béton pourra lui ouvrir les porte-monnaie. « Les commissions voient passer des centaines de scripts et la seule chance d’être repéré est d’avoir quelque chose de vraiment bon et réfléchi. Le reste est une question d’opiniâtreté » argumente Jackson qui n’hésite pas à retravailler constamment la trame de son nouveau film. Finalement le budget total se monte à 1.800.000 dollars néo-zélandais, soit la somme maximale qu’il pouvait espérer sans faire appel aux financiers européens ou américains. .
En 1992, Peter Jackson revient dans les salles obscures avec le dantesque BrainDead. Autours d'un récit prétexte, c'est à une véritable orgie sanguinaire que nous sommes conviés. Un drôle d’animal, né à la suite du viol d’un singe par un rat (sic), est ramené sur le sol néo-zélandais. Evidemment la moindre morsure transforme l'innocente victime en un mort-vivant avide de chair fraîche. C’est ce qui arrive à Vera (Elisabeth Moody), la mère acariâtre de Lionel (Timothy Balme). Dans l’espoir d’annihiler la petite amie de son fils (et son rejeton par là même occasion), la Tatie Danielle locale finie par infecter toute la ville, enfantant une armée d’affamés de la tripaille. Présenté comme un hommage à la trilogie zombiesque de Georges Romero, BrainDead devient une « comédie-gore » pour laquelle plus de 3000 litres de sang seront déversés : « J’ai du mal avec les films d’horreur trop sérieux. Je me souviens que New Line m’avait contacté pour que je réalise Freddy 6. Avec Fran Walsh et Danny Mulheron, nous avions proposé l’idée d’un Freddy vieillissant et décidé à prendre sa retraite. Les enfants du coin, apprenant la nouvelle, se forçaient à dormir afin d’aller le persécuter dans son propre monde ! Je trouvais ça bien drôle, New Line pas du tout ! C’est mon problème, il faut toujours que je dérape. Avec BrainDead, je voulais réaliser le film le plus gore et sanglant de tous les temps. J’espère y être parvenu ! » Et à n’en pas douter, il y est parvenu.
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Tondeuse-Party
Avec BrainDead, le trublion néo-zélandais dépasse les bornes du bon goût pour nous offrir un spectacle jubilatoire, frénétique et fulminant. Dès l'ouverture le ton est donné avec une bonne cuve de sang écarlate venant maculée nos rétines. Et il ne s'agit que d'une mise en bouche, certes épicée, mais qui tient de l'amuse-gueule au regard de la suite des opérations. Une fois ses personnages introduits et son intrigue posée, comédiens et caméras entament une danse macabre et hystérique où chaque pas nous entraîne un peu plus loin dans l'horreur. En véritable virtuose de l'image, Peter Jackson promène son objectif avec une maestria qui force le respect, osant l'impensable à chaque plan : bébé enragé se faisant fracasser la tête sur une balançoire, prêtre karatéka affrontant des hordes de zombies, mère mangeuse de berger allemand, sans oublier le point culminant qu'est le mythique massacre à la tondeuse à gazon qui reste la séquence la plus frapadingue du cinéma gore !
Avec BrainDead, le trublion néo-zélandais dépasse les bornes du bon goût pour nous offrir un spectacle jubilatoire, frénétique et fulminant. Dès l'ouverture le ton est donné avec une bonne cuve de sang écarlate venant maculée nos rétines. Et il ne s'agit que d'une mise en bouche, certes épicée, mais qui tient de l'amuse-gueule au regard de la suite des opérations. Une fois ses personnages introduits et son intrigue posée, comédiens et caméras entament une danse macabre et hystérique où chaque pas nous entraîne un peu plus loin dans l'horreur. En véritable virtuose de l'image, Peter Jackson promène son objectif avec une maestria qui force le respect, osant l'impensable à chaque plan : bébé enragé se faisant fracasser la tête sur une balançoire, prêtre karatéka affrontant des hordes de zombies, mère mangeuse de berger allemand, sans oublier le point culminant qu'est le mythique massacre à la tondeuse à gazon qui reste la séquence la plus frapadingue du cinéma gore ! ..
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